Fiscalité…………………..(28/01/2012)

La «révolution fiscale» du PS vise-t-elle les classes moyennes ?

Les clésDécryptage de l’argument récurrent, mais bien fragile, de l’UMP contre cette mesure, que François Hollande envisage d’ailleurs de repousser à plus tard.

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Par DOMINIQUE ALBERTINI

Ce vendredi sur France Inter, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a fustigé la fusion IR-CSG prônée par François Hollande. (Photo Philippe Huguen. AFP)

Hollande, bourreau des classes moyennes : c’est le principal axe d’attaque de l’UMP contre le candidat socialiste. Parmi les mesures ciblées par la droite, la fusion entre l’impôt sur le revenu (IR) et la Contribution sociale généralisée (CSG), idée phare de la «révolution fiscale» prônée par l’économiste Thomas Piketty. Face à la grande complexité du chantier, François Hollande a renoncé à la mener à terme dans la durée de son éventuel quinquennat. Ce qui n’empêche pas l’UMP de continuer à la prendre pour cible.

Le principe de la réforme

Actuellement, l’impôt sur le revenu est composé de deux piliers. D’une part, l’impôt sur le revenu proprement dit, progressif, mais mité par les niches fiscales qui épargnent une bonne partie des revenus du capital. D’autre part, la CSG, qui finance la Sécurité sociale : elle concerne les revenus du capital comme ceux du travail, mais à un taux unique proche de 8%. Thomas Piketty - et le projet PS originel -- prônait la fusion des deux impôts en un seul, prélevé à la source. Celui-ci est censé être plus juste, car véritablement progressif, et plus rentable car concernant tous les types de revenus.

Le raccourci de Besson

Interrogé sur France Inter ce vendredi, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a fustigé la fusion IR-CSG au motif que même «ceux qui ne payent pas l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire 50% des Français», devraient s’acquitter du nouvel impôt «fusionné». Or, contrairement à ce que sous-entend Eric Besson, aucun contribuable n’est totalement exempté d’impôt sous le système actuel. Même un contribuable exempté d’IR doit s’acquitter de la CSG, à hauteur de 8% environ de ses revenus.

Selon le barême prôné par Piketty, le niveau d’imposition «fusionné» ne serait que de 2% pour les contribuables gagnant entre 1 100 et 2 220 euros par mois. Des barèmes différents, plus ou moins lourds, pourraient bien sûr être appliqués. Mais il n’est pas possible d’affirmer que des Français jusqu’ici exemptés d’impôts devraient désormais s’en acquitter.

Des classes moyennes «trois étoiles»

Eric Besson avance un autre argument contre la réforme : «La CSG progressive va toucher de plein fouet les classes moyennes.» Secrétaire national de l’UMP chargé de l’écononomie, Olivier Carré développe : «A partir du moment où vous créez un barème pour la CSG, des personnes en paieront forcément plus qu’avant. Or, la grande masse de la CSG provient des revenus moyens. La réforme va forcément mordre sur les classes moyennes « plus », qui gagnent 3 000 ou 3 500 euros».

Un argument hasardeux. Car tout dépend, encore une fois, du barème retenu. A l’extrême, on peut imaginer un système - très virtuel - concentrant toute la charge sur les 10% les plus riches. De plus, dans le nouvel impôt «fusionné», la CSG en tant que telle aura disparu. C’est le barême global du nouvel impôt, intégrant aussi l’IR, qu’il faut examiner pour savoir qui il avantagera et qui il pénalisera.

D’ailleurs, le simulateur de Thomas Piketty (fonctionnant selon les taux préconisés par l’économiste) montre que même un ménage gagnant 6 000 euros peut gagner à la réforme.

Enfin, on peut difficilement assimiler les contribuables gagnant 3 000 euros par mois - soit 36 000 euros par an - à la classe moyenne, même supérieure. Selon l’Insee, ceux qui atteignent ce niveau de revenus font partie des 10% les plus riches de la population, ce que permet facilement de visualiser le calculateur de l’Observatoire des inégalités.

De toute façon, le débat sur la fusion IR/CSG ne devrait pas se poser lors d’un éventuel premier quinquennat de François Hollande : «Nous n’irons pas vers une fusion totale dans les cinq ans, explique le secrétaire du PS à l’économie, Michel Sapin. L’objectif, c’est d’abord de rapprocher les bases des deux impôts, pour faire en sorte que l’IR ait une assiette comparable à celle de la CSG.»

Au grand dam de Thomas Piketty, qui qualifie d’«erreur» cette temporisation : «C’est absurde de dire qu’on a une bonne réforme sous la main, mais qu’on va attendre dix ans pour la faire. Tous les pays qui s’y sont lancé l’ont fait en une fois.»

Publié dans : |le 28 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Prudence est mère de surêté………………..(28/01/2012)

Hollande: «Mon élection n’est pas faite, il faut calmer l’ambiance»

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Par François Frualdo, étudiant à l’Ecole de Journalisme de Grenoble

François Hollande aux Etats généraux du renouveau. (François Frualdo)

 

Le candidat socialiste sur un petit nuage depuis son meeting au Bourget? A Grenoble François Hollande avait les pieds bien campés sur le sol rappelant que l’élection présidentielle est encore loin. «Mon élection n’est pas faite, il faut calmer l’ambiance. La campagne va être longue. Il reste trois mois et nous devons en faire une phase utile pour les Français», a-t-il annoncé en début de conférence devant plus d’un millier de personnes.

Il faut dire que, deux jours après la présentation de son programme, François Hollande était très attendu par les Grenoblois. Si le candidat s’est déclaré «à l’entière disposition du public pendant une heure et demie», ce délai ne lui a pas permis d’aborder l’ensemble de ses «60 engagements pour la France».

Ce fut néanmoins suffisant pour rappeler qui était son adversaire principal: la finance, ou plutôt «le monde de la finance», précisant qu’il n’avait «jamais mis en cause le système fiscal mais ses dysfonctionnements». «Cette élection présidentielle n’est pas une élection comme les autres car nous ne sommes pas dans une situation comme les autres. Nous devons apprendre à vivre dans cet environnement et le dépasser», a-t-il déclaré à propos de la crise financière.

Interrogé sur le décrochage scolaire, François Hollande en a profité pour détailler un thème essentiel de sa campagne: l’éducation. «Aujourd’hui, 150.000 jeunes sortent du système scolaire sans formation. Nous voulons réduire ce chiffre de moitié sur cinq ans.» Accusant le rythme scolaire français et le manque d’accompagnement des élèves d’être en partie responsables du décrochage scolaire, le candidat a annoncé qu’il comptait donner les moyens aux établissements scolaires de résoudre ces problèmes, notamment grâce à un suivi des élèves les plus en difficulté.

Des mesures qui nécessiteront bien entendu des moyens financiers. «Il y aura une augmentation d’impôts de toute façon. Il doit y avoir une partie des Français, les plus fortunés, qui doivent participer à l’effort financier plus que les autres», a-t-il annoncé.

Malgré l’appel au calme du début de conférence, un jeune homme du public n’a pas résisté à l’envie de demandé à François Hollande quelles seraient ses premières mesures s’il était élu en mai prochain. «Une fois élu, il y a une autre élection qui arrive, les législatives, mais aussi un double rendez-vous international, le G8 et le sommet de l’Otan. […] Si je vais à ce sommet de l’Otan, j’annoncerais à nos alliés le retraits de nos troupes d’Afghanistan», a répondu le candidat à l’élection suprême.

Publié dans : |le 28 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Une analyse de Philippe Chriqui……………………(28/01/2012)

Petit kit de survie citoyenne face aux sondages

Créé le 27-01-2012 à 14h34 -- Mis à jour le 28-01-2012 à 07h43      Réagir

Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste de l'opinion publique

Par Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste de l’opinion publique

Inutiles et indispensables, agaçants, intrigants et fascinants, les sondages méritent d’être lus avec intérêt, circonspection et attention.

Sondage ERIC CABANIS / AFP

Sondage ERIC CABANIS / AFP

Devant le nombre de sondages publiés à l’approche de la présidentielle, outils autant critiqués qu’auscultés de près par les citoyens, disposer de clés de lecture devient une vertu démocratique.

La multiplication ne fait pas l’addition

L’effet est simple et involontaire. La publication quasi simultanée de plusieurs sondages d’instituts différents dans des médias distincts annonçant, qui une hausse d’un candidat, qui une baisse d’un autre, donne l’impression que l’un franchit des sommets et l’autre creuse son trou. Or, cinq sondages annonçant par exemple une hausse de 1 point pour Bayrou ne font pas une hausse de 5 points…mais toujours de 1 point.

Les instruments utilisés par les instituts concurrents sont les mêmes. Ils mesurent le même phénomène au même moment. C’est l’accumulation de publications qui crée un effet en trompe l’œil. Certains instituts publient à des rythmes mensuels ou bimensuels, d’autres à des rythmes hebdomadaires ou quotidiens. On comprend aisément qu’une hausse d’un point en un mois ou en une semaine ne sont pas de même nature. Dans ce cas, le citoyen avisé fera la part des choses, en distinguant d’abord les fréquences de publications des baromètres pour bien évaluer les évolutions. Et en n’oubliant pas de lire le niveau des résultats avant leur évolution.

La division des sondages démultiplie artificiellement leurs effets

Plus subtil : la méthode consiste à réaliser plusieurs sondages à partir d’un seul échantillon par un seul institut. C’est le principe de l’omnibus. Rien d’illégal ni de répréhensible. Sinon que la publication de différents indicateurs issus d’un sondage réalisé sur la base d’un seul et même échantillon réalisé à un moment donné, revient à illustrer de différentes façons, les mêmes tendances de fond.

Un même sondage peut par exemple mesure la popularité du président et du Premier ministre, la confiance dans envers les personnalités politiques et les intentions de vote. Une baisse du président dans le premier volet, sera sans doute accompagnée d’un recul des personnalités de droite puis d’un recul des intentions de vote pour le président sortant. Mais, ces trois volets d’un même sondage, publiés dans trois médias distincts, à des périodes décalées, donneront une impression d’accumulation de nouvelles allant toutes dans le même sens. Alors qu’en réalité, elles mesurent plus ou moins un phénomène unique.

Le citoyen curieux lira avec attention les notices obligatoires accompagnant la publication de tous les sondages, qui indiquent les tailles d’échantillons et les dates de réalisations, pour distinguer les informations fraîches des scoops réchauffés.

Aucune méthode n’est parfaite

Les sondages d’intentions de vote sont réalisés aujourd’hui soit par téléphone, soit encore en face à face au domicile, et pour la première fois en France pour une présidentielle, par Internet. Toutes les méthodes ont leurs inconvénients sans qu’aucune ne dispose d’avantage décisif. Les défauts concernent les barrières d’accès à l’ensemble de la population.

Barrière des digicodes, de l’insécurité et de la dispersion rurale pour le face à face. Barrière des listes rouges et des « mobiles only » pour le téléphone, qui impose par exemple à certains instituts américains de générer des numéros aléatoires ou de sonder sur des téléphones mobiles, ce qui est cher et inconfortable et que ne font guère les instituts en France. Barrière socio-démographiques des connexions à Internet et multiplication des spam pour les études en ligne.

L’avantage recherché dans tous les cas est la garantie de l’anonymat du répondant pour lui permettre de déclarer le plus sincèrement possible son vote. Par une urne et des bulletins fictifs en face à face. Par le côté impersonnel au téléphone. Par la solitude en absence d’enquêteur dans le cas d’Internet. De toutes les méthodes, seul le téléphone permet un vrai contrôle des interviews (par écoute simultanée). Le face à face est contrôlé localement. Et Internet impose un contrôle méticuleux de cohérence des réponses a postériori.

Malgré tout, peu ou prou, les résultats obtenus par les différentes méthodes ne sont guère éloignés. Les divergences relèvent plus des « marques » des instituts que des modes de recueils eux-mêmes. Pour éviter d’entrer dans ces considérations et disposer d’une information satisfaisante, le citoyen vigilant fera des moyennes des sondages des divers instituts. Seul moyen de disposer de tendances de fond.

Digérer les « rolling polls »

Nouvel arrivant sur la scène des campagnes présidentielles française depuis 2007, le rolling poll est à l’origine un outil de stratégie de campagne pour les candidats désormais transformé en outil médiatique sous la pression de l’actualité en continu.

Il s’agit d’une publication quotidienne d’intentions de vote, réalisée non pas sur la base d’échantillons nouveaux chaque jour, mais fondé sur le renouvellement quotidien d’un tiers seulement de l’échantillon. Avantage annoncé : lisser et arrondir les évolutions des intentions de vote et suivre en temps réel la campagne. En temps normal, un rolling au quotidien est aussi ennuyeux que le lac Léman sous le brouillard. A l’inverse, qu’il enregistre des sursauts et il devient suspect.

Si un rolling laisse par exemple apparaître une évolution de 2 points pour un candidat en un jour, c’est que le tiers de l’échantillon du jour même a enregistré une évolution de 6 points. Or c’est de risque d’à-coups incohérents que le rolling est censé nous prémunir. Le citoyen patient prendra du recul face à l’accélération du temps médiatique et l’information en temps trop réel.

Inutiles et indispensables, agaçants, intriguants et fascinants, les sondages pré-électoraux méritent d’être lus par les citoyens avec intérêt, circonspection et attention. En toute connaissance de cause.

Philippe Chriqui

Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste de l'opinion publique

Par Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste de l’opinion publique

 

Publié dans : |le 28 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Le duel Hollande-Juppé : analyse………………….(27/01/2012)

Comment Hollande a poussé Juppé le susceptible à la faute

Créé le 27-01-2012 à 12h27 -- Mis à jour à 15h54      106 réactions

Sylvain Courage

Par Sylvain Courage
journaliste

Dans le débat qui l’a opposé à l’ancien premier ministre, Hollande a su jouer des faiblesses psychologiques de son adversaire

Sa confrontation avec le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a donné lieu, pendant 40 minutes, à un affrontement parfois musclé mais extrêmement technique.<br />
(c) Afp

Sa confrontation avec le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a donné lieu, pendant 40 minutes, à un affrontement parfois musclé mais extrêmement technique. (c) Afp

François Hollande ne laisse rien au hasard. Dans le secret de sa salle d’entraînement du 59, avenue de Ségur, il a minutieusement préparé son combat contre Alain Juppé. Le candidat et ses stratèges avaient identifié une faiblesse psychologique majeure chez l’ancien premier ministre : la susceptibilité ! Toute la manœuvre consistait donc à faire parler l’ego à vif de Juppé. « Droit dans ses bottes », le « meilleur d’entre nous » sombre toujours.

Et cela n’a pas manqué. D’abord quand Alain Juppé reproche à Hollande de caricaturer le bilan de « Sarko ». « Monsieur Sarkozy, vous voulez dire ? », l’a illico repris Hollande. L’utilisation du diminutif par un ministre d’Etat n’échappe pas à Hollande qui enfonce un premier coin. Juppé ne saurait être le meilleur défenseur de Sarkozy car, au fond de lui, il doute de son vieux rival et pense qu’il ferait mieux l’affaire que lui !

Ce sentiment de supériorité conduit Juppé à se justifier en permanence d’être « monté sur le navire ». « Le bilan de Sarkozy n’est pas si mauvais puisque j’y suis associé », semble dire le numéro 2 du gouvernement marquant, sans s’en rendre compte, une distance incompatible avec l’exercice de tueur à gages.

Hollande le pousse à la faute. « Je ne suis pas sûr que vous soyez toujours favorable à ses décisions », lance le candidat socialiste. Puis : « si vous vous pensez qu’il y a eu un bon quinquennat, défendez cette position devant les Français… »

Juppé doute de Sarkozy… A tel point qu’il imagine déjà Hollande au pouvoir ! « Il y a des erreurs, j’espère que vous les corrigerez… », lâche-t-il d’emblée. Comme si Hollande et sa troupe avaient déjà gagné la bataille. Plus tard, en fin de débat, il fantasmera la rencontre Hollande-Merkel et le voyage de Hollande en Chine. « On verra ce que vous ferez… », anticipe Juppé.

Défenseur à contre-cœur, Juppé est aussi un attaquant sans persévérance. Il pointe l’absence de réponse de Hollande concernant les réductions d’effectifs dans la fonction publique. Mais laisse Hollande s’échapper sans prendre son avantage. Juppé semble déjà appartenir à l’opposition face à un Hollande maître du jeu.

« Attention à l’arrogance, vous êtes très sûr de vous », tente bien Juppé. Mais Hollande ne franchit pas la ligne jaune. Le corrézien n’est pas susceptible, lui. Il conserve son sang-froid et défend son projet. Il finira par retourner l’argument une bonne dizaine de minute plus tard : « en matière d’arrogance, je pense que chacun doit faire son examen de conscience. » Juppé, piqué au vif répond : « je l’ai fait depuis longtemps. » « Il y a des rechutes possibles », grince Hollande.

Dans l’esprit de Hollande, la mise en boîte de Juppé passe par un détour plus subtil. En préparant le débat, l’équipe du candidat socialiste avait prévu de l’attirer sur le terrain de son propre bilan à la tête du gouvernement de 1995 à 1997. Ainsi quand l’occasion s’en présente, Hollande évoque la hausse de la TVA décidée alors, par Juppé. Le bordelais chatouilleux croit éviter le piège. « Vous pensez me mettre en difficulté, mais je ne rougis pas de ce que j’ai fait. Je suis très fier d’avoir fait cette réforme », argue-t-il. Mais il sort du terrain en justifiant son action 17 ans après les faits ! « Vous avez fait une mauvaise action », le condamne Hollande. Non sans ambiguïté. Une mauvaise action ? Ce vocabulaire évoquerait-il la condamnation de Juppé dans le dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris ?

En fin de débat, Juppé réalise l’erreur qu’il a commise. Notamment, celle qui consiste à acter une future victoire de son adversaire. Il se reprend à plusieurs reprises. « Dans l’hypothèse où Monsieur Hollande s’est déjà installé, si j’ai bien compris… ». Et un peu plus tard : « Quand vous arriverez au pouvoir, si vous arrivez au pouvoir… » Mais sa dernière attaque sur le favori de janvier qui finit toujours par perdre en mai tourne court. Hollande claque la balle à la volée : « Ce sont les Français qui choisissent ». La victoire n’est pas technique, mais bien psychologique.

 


Sylvain Courage

Par Sylvain Courage
journaliste

Publié dans : |le 27 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Une enquête d’Estelle Gross…………………(27/01/2012)

 

Classes moyennes : « la droite joue sur les mots »

Créé le 26-01-2012 à 17h16 -- Mis à jour à 19h24      2 réactions

Estelle Gross

Par Estelle Gross
Journaliste

Interview d’Eric Maurin, économiste, sociologue et co-auteur du livre « Les nouvelles classes moyennes ».

Une foule AFp

Une foule AFp

Classes moyennes par-ci, classes moyennes par-là, les politiques n’ont que ce mot à la bouche… La droite accuse le candidat socialiste de vouloir lui donner « un coup de massue » tandis que la gauche tente de séduire cet électorat. Quel est votre avis sur ce débat ?

- Nous avons dans le débat public une définition profane des classes moyennes, qui consiste à dire: « les classes moyennes c’est tout le monde sauf les plus riches et les plus pauvres ». Donc 75% de la population, si on écoute les politiques. C’est une définition sauvage qui sous entend qu’il y a au milieu les « gens normaux » et de chaque côté deux autres mondes.

En s’adressant ainsi à ces classes moyennes, les hommes politiques sont empathiques, d’autant que la plupart des gens, quand on le leur demande, disent appartenir à la classe moyenne même quand ils sont aisés et font partie des 10% des Français les plus riches.

Cette définition pose problème. Car au sein de ces 75% des Français, il y a d’énormes différences, notamment d’exposition au chômage ou encore d’accès à la propriété. La droite en particulier s’adresse aux « classes moyennes » en les assimilant aux « Français qui travaillent ». Une lecture qui nie le social et ses inégalités.

C’est-à-dire ?

- La droite a un double discours. Elle s’adresse à cette énorme classe moyenne en identifiant des problème réels. Une classe qui « souffre », qui « s’appauvrit ». Mais elle propose ensuite des mesures qui en réalité sont destinées seulement à la partie la plus aisée.

C’est un discours de fantasme, un discours performatif qui met les classes moyennes aisées et les classes plus populaires dans le même panier. Les plus pauvres, ceux qui sont considérés comme n’étant pas dans les classes moyennes, sont stigmatisés par des gens comme Laurent Wauquiez qui les accusent de ponctionner les classes moyennes.

Cela crée une distinction entre « assistés » et « classe moyennes méritantes ». Or il y a beaucoup de mouvement. 50% des chômeurs aujourd’hui ne le seront plus dans un an.

Quelle définition donneriez-vous ?

- D’un point de vue plus sociologique, il y a des classes modestes qui constituent 50% de la population active et au dessus les professions intermédiaires qui représentent 30% de la population. Cette classe que l’on pourrait appeler « moyenne moyenne » vote plus et constitue plus que jamais un cœur de cible. Elle est aussi plus diplômée. Le vrai clivage aujourd’hui, c’est le diplôme.

Les classes modestes ont plus de défiance, de ressentiment et sont plus tentées par le vote extrême. Du fait de la disparition de la petite paysanerie, de la réduction du nombre d’ouvrier, leur nombre est tombé à 50%, tandis qu’à l’inverse les professions intermédiaires sont beaucoup plus nombreuse qu’il y a 30 ou 40 ans.

Il existe enfin une classe moyenne « plus », beaucoup plus aisée.

Quel rapport entretient la gauche avec les classes moyennes ?

- La gauche n’aime pas trop ce concept, qui sert souvent d’arme idéologique de la droite. Elle a une vision plus sociologique et électorale. Le salariat modeste est sa cible électorale historique. La gauche tente d’allier les classes modestes aux classes intermédiaires.

Lors de son meeting du Bourget François Hollande n’a pas claironné. Il s’est adressé aussi bien aux ouvriers qu’aux salariés modestes.

Selon Martin Hirsch, ce point constitue une fracture entre la gauche et la droite, la première tentant d’allier les classes modestes aux classes intermédiaires, et la seconde la classe intermédiaire avec la classe supérieure. Etes-vous d’accord avec lui ?

- Oui, c’est dans la pente naturelle des deux politiques. Par exemple les mesures emblématiques, comme la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore la fin programmée des 35h, sont des mesures qui bénéficient à ceux qui payent des impôts sur le revenu (seulement la moitié de la population). Idem pour la première tranche d’impôt qui bénéficie aux classes moyennes ultra aisées.

Vous avez écrit également un ouvrage intitulé « la peur du déclassement ». Pensez vous que la droite joue sur cette peur en évoquant l’ »assassinat des classes moyennes » par la gauche ?

- La classe ‘moyenne moyenne’ est préoccupée par le devenir de ses enfants, son budget est contraint. Il y a un vrai travail pour la gauche de remobilisation, d’information. Il faut rappeler que la solidarité est inter temporelle, que les impôts sont aussi destinés à l’école…

On est aujourd’hui emprisonné dans les représentations. La droite joue sur les mots et sur la très grande peur du déclassement des classes moyennes intermédiaires. Pourtant il y a plus de promotion que de déclassement. « La peur de l’avenir » est caractéristique de la société française.

Interview d’Eric Maurin, économiste, sociologue et co-auteur du livre « Les nouvelles classes moyennes » et auteur de « La peur du déclassement« , par Estelle Gross. (Le 26 janvier 2012)

Estelle Gross

Par Estelle Gross
Journaliste

Publié dans : |le 27 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

« Le changement c’est maintenant »……………………..(27/01/2012)

Hollande, social-démocrate assumé

AnalyseEn présentant hier un programme présidentiel orienté à gauche sans nier la crise, le candidat du PS semble creuser une voie politique quasi inédite en France.

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Par MATTHIEU ECOIFFIER, CHRISTOPHE ALIX, LUC PEILLON, LAURE BRETTON

François Hollande après son discours au Bourget le 22 janvier 2012 (Photo Sébastien Calvet)

Avec prudence et réalisme, mais à gauche. Après dix ans de droite, dont cinq sous la férule de Nicolas Sarkozy, François Hollande propose aux électeurs, dans son programme détaillé hier, un vrai tournant politique. Hausse des prélèvements obligatoires, restauration des services publics, place plus importante accordée aux partenaires sociaux, pilotage de la politique industrielle, le tout dans un cadre contraint d’équilibre budgétaire : le candidat socialiste réussit à viser entre les mailles de la crise, et à dégainer un projet «progressiste». Après le socialisme rose foncé du début des années 80 suivi de sa dérive sociale-libérale, puis l’étrange «quinquennat» jospinien du tournant des années 2000 -- qui avait tout à la fois imposé les 35 heures, privatisé en masse et baissé l’impôt sur le revenu -, François Hollande se met, pour la première fois peut-être en France, dans les pas de la social-démocratie. Ceux de Pierre Mendès-France et de Jacques Delors, qui n’avaient pas eu le temps (pour le premier) ou de volonté politique (pour le second), de l’expérimenter.

«Courage». Là où François Mitterrand faisait rêver en 1981 avec ses «110 propositions» aux Français, quitte à en abandonner au fil des aléas politiques et économiques, François Hollande prend«60 engagements pour la France». La nuance n’est pas que sémantique, mais bien politique. «Je ne promets que ce que je suis capable de tenir, pas moins, pas plus. Tout ce qui est dit ici sera fait […] dans le quinquennat», a assuré le candidat à l’Elysée.

Du mendésisme pur sucre, quand l’ancien président du Conseil se disait mu par trois principes : «vérité, courage et contrat.» Une éthique du pouvoir qui a l’avantage d’être raccord avec l’ADN politique de Hollande, celui de la synthèse du mitterrandisme tactique et du rocardisme réformateur.

«Après le laissez-faire, on assume un nouvel interventionnisme de la puissance publique», pose Guillaume Bachelay, l’une des chevilles ouvrières du projet, proche de Laurent Fabius. Une gauche «résolue et réaliste, réformiste au vrai sens du terme», complète Marisol Touraine, issue des rangs strauss-kahniens.

Principal acte fondateur de cette rupture, la fiscalité. Avec une mesure plus symbolique que rentable pour les finances publiques : la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu. Son demi-milliard de recettes supplémentaires ne démultipliera pas les capacités de l’Etat, mais la mesure permet d’afficher un coup d’arrêt à la baisse continue, ces dernières années, du seul impôt progressif en France. Avant de fusionner, à terme, l’impôt sur le revenu et la CSG. Retour également sur la réforme de l’impôt sur la fortune de la droite et sur la baisse des droits de successions des plus aisés. Le plus gros de la nouvelle marge de manœuvre financière (30 milliards), découlera cependant de la réduction ou de la suppression, non moins juste socialement, de niches fiscales. Au total, Hollande prend le risque d’afficher, à la fin de son mandat, un taux de prélèvements obligatoires record de 47% du PIB.

A quoi bon tous ces milliards ? Le réalisme hollandais l’amènera à les utiliser, en totalité, à la réduction du déficit. Il promet ainsi de le ramener à 3% fin 2013 et proche de zéro en 2017. Quant au volet dépenses (20 milliards), il sera financé par des économies ou des «financements spécifiques».

Un moyen qui devrait lui permettre de défendre un autre point essentiel de son projet : la restauration, même modeste, du rôle de l’Etat. Comment ? En mettant fin à la Révision générale des politiques publiques, cet ensemble de mesures d’économies dans l’administration dénoncées par les syndicats, et en stoppant le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Attaques. Dernier élément fort de cet affichage social-démocrate : la place des partenaires sociaux. Leur concertation obligatoire sur les sujets les concernant, actuellement d’ordre légal, sera constitutionnalisée. Et Hollande leur attribue un rôle dès le début de son éventuel mandat, en réunissant une «grande conférence économique et sociale qui sera saisie des priorités du quinquennat». Un point essentiel, même si nombre de politiques se sont targués, avant lui, de vouloir mieux les associer, avant de leur imposer leurs décisions.

Reste que le candidat du Parti socialiste semble avoir tiré les conséquences des récentes attaques de la majorité, qui l’ont conduit à réviser ses ambitions à la baisse. Ainsi, la réforme du quotient familial se fera a minima et les créations de postes pour la justice et la police ont été divisés par deux. S’il s’affiche social-démocrate, François Hollande n’en reste pas moins prudent. Et doit encore tenir sa position près de trois mois durant.

Photos Sébastien Calvet

Publié dans : |le 27 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

L’édito de Sylvain Bourmeau………………………(27/01/2012)

Politiques Aujourd’hui à 0h00

Inspiration

38 commentairesPar SYLVAIN BOURMEAU

Donc 60 engagements. Comme il y eut autrefois 110 propositions. Le choix par François Hollande de cette forme particulière pour son projet alimente de nouveau le petit jeu des parallèles avec François Mitterrand -- mêmes gestes, même silhouette, mêmes accents… François II après François Ier.

Mais comparaison n’est pas raison, et les deux programmes présidentiels ne tranchent pas du seul fait que plus de trente ans les séparent. Ils renvoient à deux identités distinctes et même, à bien des égards, antagoniques de la gauche. Et s’il faut à tout prix recourir aux forces de l’esprit, c’est le nom de Pierre Mendès-France qu’il convient d’invoquer comme source d’inspiration : pour la première fois dans l’histoire, le programme présidentiel du candidat socialiste assume en effet la social-démocratie.

A la différence des 110 propositions d’un François Mitterrand qui promettaient la lune pour mieux y renoncer deux ans plus tard, à rebours d’un Lionel Jospin un brin honteux qui n’hésitait pas à avouer que son projet n’était pas socialiste, François Hollande ose le réalisme et la gauche à la fois, il parle vrai et rompt enfin l’incessante oscillation entre mollettisme et social-libéralisme à laquelle nous ont tant habitués ses prédécesseurs.

Encore un peu d’audace du côté des institutions, et il ajouterait une 61e proposition, comme une ultime promesse : la République moderne qu’appelait de ses vœux Mendès.

Publié dans : |le 27 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Avis autorisé…………………….(26/01/2012)

 Le bloc-notes de François Bazin

François Hollande et les leçons de Mitterrand

Créé le 25-01-2012 à 19h20 -- Mis à jour le 26-01-2012 à 07h03      6 réactions

François Bazin

Par François Bazin

Le candidat socialiste présente son programme jeudi matin. C’est dans l’art de la guerre, tel que le pratiquait l’ex-président, qu’il trouve son inspiration.

Les deux François (AFP)

Les deux François (AFP)

En mars 1988, François Mitterrand était monté tardivement sur le ring de la présidentielle, avec un crochet du gauche qui avait laissé pantois adversaires et commentateurs. Ni les uns, qui criaient déjà au grand fou, ni les autres, qui se gaussaient de ses atermoiements, n’avaient vu venir le vieux combattant, au sommet de son art. Pour entamer son ultime combat élyséen, celui-ci avait dénoncé rien moins que « les clans et les bandes », incarnés par Chirac. Puis avant que tout ce petit monde ait repris ses esprits, il s’était installé en haut de l’Olympe de  » la France unie « , sur un mode royal et débonnaire. On connaît la suite.

François Hollande est un mitterrandiste de la plus belle eau. Il a l’instinct du chasseur. Il sait attendre et, quand il tire, il ne gâche pas les cartouches. Une, dimanche dernier au Bourget, pour faire lever le rêve et l’espoir. L’autre, jeudi, pour prouver aux Français le réalisme comptable de ses propositions. Rien de bien compliqué, en apparence. A ce détail près qu’en politique la simplicité est un exercice de haut vol.

La filiation dont se réclame le député de la Corrèze va bien au-delà des exercices d’imitation qui font rire et vibrer les foules. C’est aussi celle d’une école qui, à gauche, place, au plus haut, le goût de la chose politique. Il y avait deux absents dans le parterre qui, au comble du bonheur, a assisté à la première phase de la geste hollandaise : Michel Rocard et Jacques Delors. Contraintes d’emploi du temps ou refus d’assister à un triomphe que l’on ne voulait pas ? Peu importe. Les deux pères de la deuxième gauche n’étaient pas là et, au fond, c’était très bien ainsi. Car le spectacle auquel il leur aurait fallu assister attentait, non pas à leurs valeurs mais à leur manière d’agir, toujours placée sous le signe de la contrainte et de l’esprit de sacrifice.

Une gauche plus morale que sociale

Comme Mitterrand, Hollande considère qu’une campagne est d’abord un exercice de mobilisation qui suppose qu’on commence par désigner l’ennemi. On s’attendait à ce que ce soit Sarkozy. Ce fut son vrai tuteur, c’est-à-dire « l’argent » et « la finance « . Pour que la fête soit totale, le nouveau champion socialiste a prononcé un discours qu’il faudra enseigner dans lesécoles du parti tant il a réussi à exciter, une à une, toutes les zones érogènes de la gauche française. Ou plutôt de la gauche républicaine, que l’on dit aussi de progrès, si peu marxiste dans ses ressorts intellectuels, si étrangères aux lois subtiles du mouvement social mais, au total, si attentive à replacer le citoyen à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter : ni à l’écart ni vraiment tout en haut.

Cette gauche-là est plus morale que sociale. Plutôt que de dévider le fil qui commence avec Jaurès ou Blum, elle s’autorise volontiers, sous la houlette de Mitterrand, des détours qui la conduisent, au mieux sur les traces de Mendès, au pis sur celles d’Herriot ou Queuille, dans sa version corrézienne. Elle connaît plus le peuple que la société. Elle comprend mieux la représentation que l’incarnation. Elle place au pinacle les idées d’égalité et de justice. Elle vénère l’ordre républicain non pas dans un quelconque souci de triangulation mais parce que là est sa nature profonde. Cette gauche hollandaise est d’abord de gouvernement et c’est d’ailleurs ce qui la rend aussi sympathique aux élites technocratiques. Elle a appris avec François Mitterrand qu’avant d’exercer le pouvoir il faut savoir le conquérir.

François Bazin -- Le Nouvel Observateur 

Cet article est publié dans « le Nouvel Observateur » du jeudi 26 janvier

François Bazin

Par François Bazin

Publié dans : |le 26 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

L’incompris élyséen………………….(26/01/2012)

Sarkozy, le président Caliméro

Créé le 25-01-2012 à 18h35 -- Mis à jour le 26-01-2012 à 08h57

Renaud Dély

Par Renaud Dély

Superman a un coup de blues. Place au héros incompris, prêt à faire don de sa personne à ses compatriotes ingrats.

Nicolas Sarkozy. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Nicolas Sarkozy. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

« C’est inzuste, vraiment trop inzuste… » Tout le monde se souvient du gémissement plaintif zozoté par Caliméro, petit poussin noir à la coquille ébréchée, être chétif victime d’une éternelle malchance. Voilà donc qu’en Guyane, Nicolas Sarkozy s’est laissé aller à adopter cette posture victimaire devant la presse. Fini le chef de guerre, capitaine Courage seul à même de piloter le paquebot France dans la tempête de la crise, place au héros incompris, injustement décrié, prêt à faire don de sa personne à ses compatriotes ingrats.

Superman a un coup de blues. Place au président Caliméro ! Nicolas Sarkozy entonne le chant du dépit, prélude à celui du départ. Il envisage sa défaite électorale, parle de sa vie d’après, promet de disparaître de la scène politique, et se laisse aller à rêver d’aller gagner de l’argent, beaucoup d’argent comme tant de ses meilleurs amis fortunés.

Une tactique de prise de risques maximale

Peu importe que l’aveu du chef de l’Etat soit totalement sincère ou non. De toute façon, au bout de cinq ans -- et même plus… -- de « storytelling » abusif, il ne peut plus être perçu comme tel. La parole de Nicolas Sarkozy s’est tellement démonétisée que pour une bonne partie de l’opinion, ses ficelles sont devenues des cordes et ses élans du cœur sont forcément perçus comme des coups de com’… même quand ils n’en sont pas.

C’est là son drame. A force de verser dans l’exhibitionnisme tout en ressassant « J’ai changé », la main sur le cœur et l’ego en bandoulière, Nicolas Sarkozy a convaincu son auditoire qu’il lui cachait toujours quelque chose. Il y a un truc, forcément un truc, un peu comme pour ces magiciens dont les tours sont tellement connus que le public scande « Le lapin ! Le lapin ! » avant même que celui-ci ne soit sorti du chapeau…

Certes, tout n’est sans doute pas gratuit dans la confession présidentielle, mais tout n’est pas non plus simple calcul et grossière mise en scène : après tout, Nicolas Sarkozy est ainsi, il n’aime rien tant que parler de lui, de ses humeurs (changeantes) et de ses états d’âme (prononcés).  Ce n’est pas la première fois qu’il entonne ce refrain, « la vie est ailleurs », pour laisser entendre qu’il pourrait bien tout envoyer valser sur un coup de tête. Sans doute cette posture sacrificielle augure-t-elle cette fois-ci d’une tactique de prise de risques maximale qui devrait inciter Nicolas Sarkozy à engager dès dimanche prochain une batterie de réformes radicales et douloureuses.

Il joue son va-tout

Il y aurait en tous cas une logique à ce que ce candidat qui fait mine de passer désormais par pertes et profits l’état de sa cote de popularité, lui qui fut jusque là tellement en quête d’affection de la part de son camp et de l’ensemble des Français, adopte un profil churchillien pour jouer son va-tout sur fond de « sang, de sueur et de larmes »!

De là à le croire lorsqu’il répète  qu’il se désintoxiquera sans mal de l’élixir de la politique s’il perd la présidentielle…  Un épisode qui concerne un autre grand « drogué du pouvoir » permet d’en douter. Valéry Giscard D’Estaing raconte qu’en 1976, lorsque Jacques Chirac est venu lui présenter sa démission de son poste de Premier ministre, il lui assura qu’il allait quitter la scène électorale pour ouvrir une galerie de peinture, concluant l’entrevue à l’adresse de VGE d’un tonitruant : « Vous n’entendrez plus jamais parler de moi ! » N’oublions pas qu’avant de se grimer en rebelle, adepte d’une « rupture » fictive pour entrer à l’Elysée, Nicolas Sarkozy fut d’abord l’héritier choyé de Jacques Chirac…

Renaud Dély

Par Renaud Dély

Publié dans : |le 26 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »

Sondage………………………………..(26/01/2012)

Hollande creuse l’écart face à Sarkozy

sondageLe candidat socialiste gagne 2 points au premier tour dans la dernière livraison de l’institut CSA, réalisée après le meeting du Bourget.

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François Hollande au Bourget dimanche. (Photo Benoit Tessier. Reuters)

François Hollande (31%) creuse l’écart face à Nicolas Sarkozy (25%) dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, tandis que François Bayrou (15%) se rapproche de Marine Le Pen (17%), selon un sondage CSA pour BFMTV, 20 minutes et RMC.

Le candidat socialiste gagne ainsi deux points depuis la précédente enquête des 9 et 10 janvier tandis que le chef de l’Etat sortant en cède 1. Marine Le Pen perd deux points. François Bayrou est en hausse de deux points.

Jean-Luc Mélenchon (9%) progresse de deux points.

Loin derrière suivent Eva Joly (2%, inchangé), Dominique de Villepin (1%, -2 points), Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Pierre Chevènement, Corinne Lepage, Hervé Morin, Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan, moins de 0,5% des voix chacun.

Au second tour, François Hollande l’emporterait par 60% des voix, en hausse de 3 points en deux semaines, contre 40% pour Nicolas Sarkozy (-3).

43% des personnes interrogées prévoient la victoire de François Hollande, 23% celle de Nicolas Sarkozy, et 22% celle d’un autre candidat. 12% ne se prononcent pas.

Par ailleurs, selon ce sondage effectué au lendemain du discours du Bourget, 60% des Français jugent que le candidat socialiste fait une « bonne campagne », 32% répondant une « mauvaise campagne ». En termes de crédibilité, il est le plus convaincant quand il parle de la réduction des inégalités sociales (52%), puis l’école et l’éducation (46%), la sécurité, et les problèmes des gens (41% ex-aequo).

Concernant ses propositions, le retrait des troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012 reçoit 84% d’opinions favorables. La création d’une tranche d’impôts supplémentaire pour les plus aisés et l’obligation pour les banques de séparer opérations de crédit et spéculation sont également largement approuvées (79% d’opinions favorables chacune). Seule l’instauration du droit de vote des étrangers aux élections locales est majoritairement refusée avec 57% d’opinions défavorables (40% de favorables).

L’intérêt pour la campagne est en hausse, 73% des Français se déclarant intéressés, en hausse de 7 points par rapport à la précédente enquête.

Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier auprès d’un échantillon national représentatif de 1.011 personnes âgées de 18 ans et plus, dont ont été extraites 898 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas.

Notice complète consultable auprès de la commission nationale des sondages.


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Publié dans : |le 26 janvier, 2012 |Pas de Commentaires »