« Rocky » quitte la commission Pochard…

Education. Rocard polémique avec «le Figaro» et démissionne de la commission Pochard.

Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN : vendredi 1 février 2008

Il jette l’éponge. Michel Rocard a annoncé hier sa démission de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d’enseignant, qui doit remettre lundi son rapport au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. En cause, la polémique sur la «rémunération au mérite» des professeurs.

Pourquoi avez-vous démissionné ?

Je suis l’objet d’une agression de la part du Figaro, qui me met en cause de façon mensongère. Nous n’avons jamais posé ce problème de la rémunération au mérite, et je ne l’ai personnellement jamais envisagée. Il s’agit de provoquer un conflit à propos du système scolaire. Et aussi de me séparer de la gauche pour avoir participé à cette commission. Je trouve le coup un peu malsain. Je démissionne donc afin que la commission ne soit pas biaisée dans son rapport à l’opinion publique et à l’Education nationale.

Qu’en est-il de cette rémunération au mérite ?

Le rapport de la commission ne pose pas le problème de la rémunération au mérite, mais d’une nouvelle évaluation globale des professeurs et des établissements. Celle-ci pourrait se faire via l’inspection de l’Education nationale, ou même par d’autres méthodes, par exemple une nouvelle grille étudiée par les services du ministère. Il faut inventer un nouveau système pour que les performances des enseignants jouent davantage sur le déroulement de leur carrière. Mais pour revenir à ce rapport, il est modéré, progressiste et procède par étapes.

Ne regrettez-vous pas d’avoir participé à cette commission Pochard ?

Absolument pas. Au contraire, j’ai été heureux d’y participer. En revanche, je présente ma démission avec un certain regret. Mais j’ai besoin de protéger mes amis de la commission et je pense qu’il est nécessaire de m’exclure du dialogue.

Pourquoi avoir accepté ?

J’y étais convié en tant qu’homme de gauche et il y avait justement des choses à dire, du point de vue d’un homme de gauche, sur le système éducatif. Celui-ci est tellement complexe qu’il faut y aller doucement en matière de réformes. La tronçonneuse est mal venue. Et je le répète : je suis un homme de gauche, solidaire de la plupart des syndicats enseignants.

L’annonce de votre participation avait créé des remous au sein du PS. D’autant que le ministère avait expliqué qu’elle travaillerait sous votre «haute autorité»…

Je n’ai entendu aucune critique au PS sur ma participation. La nature de cette participation, d’ailleurs, était très précise. Le gouvernement avait peut-être dans l’idée de créer certaines frictions. Mais dans ce cas, il a simplement utilisé un procédé dont j’avais moi-même usé, lorsque j’étais Premier ministre, pour faire travailler tout le monde, ensemble.

Ne s’agit-il pas là d’un nouvel épisode d’une politique d’ouverture destinée à effacer les clivages politiques ?

Pour une fois, le gouvernement n’y est pour rien. C’est de la seule presse qu’il s’agit ici. Il est hors de doute que le président Sarkozy s’est amusé à créer des bisbilles à l’intérieur de la gauche en faisant travailler certaines personnes. Mais il y a deux catégories : ceux qui sont rentrés au gouvernement, et qui se sont associés à une politique que je n’approuve pas, notamment sur le plan de l’immigration, de la fiscalité ou la politique macroéconomique. Et puis, il y a ceux dont le président de la République a considéré que leur savoir ou leur talent pouvait être utile. Et il n’est pas malsain que nous continuions à avoir de multiples structures au sein desquelles majorité et opposition travaillent, dans un cadre démocratique.

|Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente