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Bulletin de Liaison Intermittent et Sporadique n° 42

Jeunes scolarisés sans papiers, enfants de familles sans papiers, élèves en danger

10 Avril 2008

Jeunesse volée. Julio, jeune angolais de Rennes reçoit l’espoir

d’une régularisation au prix d’un mensonge sur sa date de

naissance : félicitations à cette administration qui manie

avec brio les pratiques d’expertises osseuses peu fiables et

du chantage sur mineur.

Prison pour étrangers de St Jacques de La Lande (35). Mensonge

de policier pour forcer un jeune père Yézide (minorité

opprimée en Géorgie) à quitter le CRA pour Roissy : « Ici on

vous saquerait pour refus d’embarquement, à Paris, ils vont

vous libérer » ! Au bout du voyage, expulsion express.

Orly, 15 mars. Expulsion très clandestine vers Haïti de

Luckner Fleury, père d’un enfant de trois ans, dont le dossier

de régularisation était instruit dans le Val d’Oise. La

préfecture de Paris, où il a été arrêté, a choisi d’ignorer les

soutiens et la forte mobilisation locale. Sur le vol Air France

qui l’a expulsé, la liste des passagers ne comportait ni son

nom, ni même le code habituel signalant la présence d’un

expulsé. Air France en première ligne pour tenter d’empêcher

les solidarités syndicale et militante ?

Préfecture de Nanterre (92). Quinze sans papiers arrêtés

au guichet 17, quatre expulsés en moins de 48 heures.

Application zélée d’une note de service exigeant l’arrestation

systématique en préfecture mais « dans une cabine

fermée » (sic) des sans papiers « frappés d’une OQTF » et

qui se présentent spontanément pour s’enquérir de l’avancement

de leur dossier.

Les urnes, nous dit-on, ont réclamé un nouveau style présidentiel.

Ce que nous constatons, ce sont des mensonges à

la pelle, des détournements d’informations, des procédures

frauduleuses, et les arrogantes contradictions de N. Sarkozy.

Le 12 mars, racolant son électorat entre deux tours, il se fait

le champion de la chasse aux parents sans papiers d’enfants

scolarisés et fanfaronne en même temps : « La France doit

accueillir tous ceux qui sont persécutés à travers le monde ».

Ceux qu’il vient de condamner au renvoi, vivants ou

morts vers des pays de misère, de guerre

ou des pelotons d’exécution avaient cru

à une France, terre d’accueil.

Ces atteintes intolérables aux droits déshonorent

ceux qui les conçoivent autant

que ceux qui les mettent en oeuvre et révoltent

l’opinion publique lorsque, par

bribes, elle les découvre.

À trois mois de l’ouverture de la présidence

française de l’Europe, il est plus

que temps de re-mettre en avant autre

chose que les mots creux de la parole d’une

présidence de frime : la solidarité concrète du réseau qui

découvre, informe, protège ceux dont le ministre a dé-

Sommaire n° 42

Préfets aux mains sales ? 1

La politique du chiffre a tué

à Joinville-le-Pont 2

Julio arraché aux griffes

de la PP 2

Journal d’une jeunesse

oubliée à Lyon 3

Essonne : pluie d’OQTF

sur les jeunes majeurs 4

Nabil doit rester en France 4

Une béninoise risque

l’expulsion après le décès

de son conjoint 5

L’Europe forteresse 5

Les Illiu libérés ! 6

La fabrique d’orphelins 7

Les derniers tchéchènes 7

John Maina,

Mandeep Singh 8

Victoire pour les Tastan 9

Le droit d’asile sacrifié 9

Nanterre :

on arrête au guichet 10

Rafle au foyer 11

• À Bamako, en Belgique… 12

Réseau Éducation Sans Frontières

www.educationsansfrontieres.org

Préfets aux

mains sales ?

« La xénophobie d’état tue »

4 avril 2008, un jeune Malien de 29

ans est mort à Joinville-le-Pont (94),

après s’être jeté dans la Marne pour

échapper à un contrôle de police

dans la gare RER de Joinville. Il avait

montré son abonnement de transport,

mais il était frappé d’un APRF.

Mercredi 7 mai 2008

à Bruxelles

12h30,

place Schuman

Rassemblement

européen

contre la directive

de la honte

cidé qu’ils n’avaient pas la bonne couleur, le bon lieu de

naissance ; les mobilisations d’école, de quartier, parce

que dans trois mois, vacances obligent, ce sera plus risqué

; la mise en commun nécessaire des ressources militantes

européennes et davantage, l’activation des liens

avec les pays d’origine des migrants, particulièrement

nord/sud.

Défendre pied à pied chacun des jeunes, des pères, des

familles, démonter les contradictions du discours racoleur,

ébranler les convictions des fonctionnaires exécuteurs

des basses oeuvres.

On a 3 mois pour le faire, chaque jour compte. On était

des milliers dans toute la France le 5 avril, on continue,

le 7 mai à Bruxelles, ensuite à Strasbourg.

Ce vendredi 4 avril 2008, un

jeune Malien de 29 ans est mort

à Joinville-le-Pont (94), après

s’être jeté dans la Marne pour

échapper à un contrôle de police

dans la gare RER de Joinville. Il

avait montré son abonnement

de transport, mais il était frappé

d’un arrêté de reconduite à

la frontière.

Cet événement tragique est une

nouvelle illustration du climat créé

par la multiplication des contrôles

de police. Oui, la politique du

chiffre tue et ce n’est malheureusement

pas un slogan.

La mort de ce jeune homme ajoute

une victime à une liste déjà longue.

En été 2007, Yvan, enfant de treize

ans d’une famille russo-tchétchène

déboutée de l’asile, est resté quelque

temps entre la vie et la mort après

avoir tenté de fuir avec son père, par

le balcon, la police venue au domicile.

En septembre, c’est une femme

chinoise, Chulan Zhang Liu, qui

est décédée après s’être défenestrée

de son appartement à l’approche

des policiers. En février, c’est un

Kenyan de 19 ans, John Maïna, qui

s’est pendu après avoir appris le rejet

définitif de sa demande d’asile.

Aucune de ces victimes n’a eu le

bon goût de relever de l’immigration

« choisie » exigée par le président

Sarkozy et son ministre de

l’identité nationale.

Il faut mettre un point final à cette

politique du chiffre qui génère

tant d’angoisse et provoque tant

de drames. C’est ce que nous avons

dit, avec le collectif UniEs contre

une immigration jetable, avec les

collectifs de sans-papiers, avec les

syndicalistes qui refusent la mise

en concurrence des salariés, avec

tous les citoyens épris de solidarité,

ce samedi 5 avril, dans la manifestation

qui est partie à 14h30 de la

place d’Italie (Paris), de même que

dans certaines villes de province:

NON à la xénophobie d’Etat et à

ses conséquences meurtrières!

La politique du chiffre

a encore tué, ce 4 avril

à Joinville-le-Pont (94).

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Julio, élève mineur angolais, scolarisé

au lycée Victor et Hélène Basch de

Rennes, a été interpellé par la Police

aux Frontières (PAF) mardi 4 mars lors

d’un contrôle systématique d’identité

qui ressemble beaucoup à un contrôle

au « faciès ». Cela se passait après une

sortie scolaire.

Ayant ses papiers sur lui, l’élève les

a montrés mais les policiers ont jugé

qu’il n’avait pas la pilosité d’un mineur.

Ils l’ont alors placé en garde à vue et

une procédure de vérification de son

âge a été lancée. Le médecin effectue

un examen de la pilosité, des organes

génitaux et des os : il en conclut qu’il a

18 ans et non 16 comme l’indiquaient

ses papiers.

Pourtant, cet élève avait été placé par

un juge des tutelles dans un foyer pour

mineurs sous le contrôle du Conseil

Général, mais cela a été délibérément

oublié. Le préfet d’Ille-et-Vilaine a pris

un APRF (arrêté préfectoral de reconduite

à la frontière) contre Julio qui se

retrouve en rétention au centre de St

Jacques de la Lande.

Un seul mot d’ordre : expulser, même si

les règles de droit sont piétinées. Deux

juridictions sont en contradiction ici :

Julio arraché aux griffes

de la préfecture

500 lycéens obtiennent la libération de Julio, élève mineur que la préfecture

force à se reconnaître majeur

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celle du juge des tuteurs, qui après une

enquête rigoureuse, décide de placer

Julio sous la tutelle du Conseil général

et affirmant qu’il a 16 ans et celle du

juge des libertés et de la rétention et du

Tribunal Administratif qui, sur la foi

de l’expertise osseuse contestable, décident

que Julio est bien majeur.

Et ce sont plus de 500 élèves et personnels

de son lycée qui se sont mobilisés

pour protester contre cette situation

inhumaine et qui envisagent de rassembler

tous les lycées de Rennes si la

situation s’accélère. Il est vrai que l’Angola

a quelques difficultés à reconnaître

un ressortissant de Cabinda (une

enclave angolaise au Congo). Ironie du

sort, parce qu’il faut se dire majeur, Julio

fait une demande d’asile auprès de

l’OFPRA, qui rejette le dossier au nom

du principe que Julio est mineur. Bien

majeur pour être expulsé, bien mineur

pour ne pas être protégé. Seule

la mobilisation aura un effet, non sans

rebondissements.

Le 11 mars au soir, veille d’une forte

mobilisation lycéenne annoncée, une

surprise arrive par voie de presse : Julio

va être régularisé à titre exceptionnel et

humanitaire ! Ce qui veut dire qu’il est

reconnu majeur ! C’est le résultat d’un

ignoble marchandage auquel Julio a été

contraint : titre de séjour contre mensonge

sur sa date de naissance.

Le 12 mars, 300 lycéens ont attendu

l’issue de l’audience entre Julio, son

avocat, l’avocat du Conseil Général, ses

éducateurs et la préfecture. À la sortie,

l’amertume et une colère rentrée dominent.

Le Conseil Général affirmait

vouloir poursuivre la préfecture parce

qu’elle avait fait effectuer des tests sur

la minorité de Julio sans en référer à

son tuteur : autrement dit deux juridictions

se contredisent, le placement de

Julio mineur n’ayant pas été contesté

par le jugement du Tribunal Administratif.

Depuis, Julio n’a pas pu retourner au

Lycée. Il est atteint dans sa dignité : sa

dignité physique, on l’a examiné jusque

dans son intimité, sa dignité morale : il

a été menotté, humilié, sa dignité d’être

humain : il peut rester sur le territoire

à condition de mentir sur son identité.

La communauté scolaire ne sait toujours

pas à l’heure actuelle, s’il est suivi

par un médecin, non pas ce légiste qui

effectue des tests osseux, grassement

payés, mais un médecin qui soigne les

maux, selon les vieux principes du serment

d’Hippocrate…

Resf 35

À Lyon, les jeunes majeurs sans papiers prennent la parole et la plume

et créent leur propre bulletin

Journal d’une Jeunesse Oubliée

resf-jm69@live.fr

Qui sommes- nous ?

Nous sommes des jeunes, pour la

plupart lycéens, français ou étrangers,

soutenus par des membres de

l’Education Nationale.

Nous refusons l’enfermement, l’expulsion

de nos copains et la politique

du gouvernement qui chasse

les sans papiers jusque dans leurs

écoles, leurs lieux de travail, voire

jusque chez eux…

Nous formons un collectif pour aider

les jeunes sans papiers au jour le

jour, pour empêcher leur expulsion

et pour créer une solidarité entre la

jeunesse française et la jeunesse

sans papiers. Nous faisons partie

d’un grand réseau national, le Réseau

Éducation Sans Frontières qui

se bat dans toute la France contre les

expulsions de sans papiers. Parce

qu’être sans papiers, c’est vivre dans

la peur, nous n’acceptons pas que

quiconque soit dans cette situation

où les études, le travail et les loisirs

deviennent très difficiles.

Dato en prison

Début janvier, Dato est arrêté et enfermé

en prison. Ce jeune étudiant

au lycée Camille Claudel de Lyon est

accusé d’avoir présenté une fausse

carte d’identité. La police a même

sous-entendu qu’il était détenteur de

cannabis, ce qui s’est révélé totalement

faux. L’usage d’une fausse carte

d’identité est uniquement dû au fait

que Dato fût sans papiers et avait des

problèmes de logement. En effet, les

deux seuls responsables de cet usage

de fausse carte d’identité, considéré

comme un délit, sont d’une part, la

peur dans laquelle vivait Dato (peur

de se retrouver à la rue, peur d’être

arrêté par la police, peur de ne pas

arriver à tout gérer seul…) et d’autre

part, l’État français qui lui a refusé

plusieurs fois sa régularisation.

Dato est mis en en prison à St Joseph

où ses camarades de classe, ses

amis, ses professeurs, les membres

de la vie scolaire de son lycée lui apportèrent

un grand soutien : envoi de

lettres, de ce dont il avait besoin…

Puis Dato comparait devant la justice

le 6 février. Devant une salle remplie

d’amis, d’enseignants, de représentants

d’autres lycées et du RESF, les

juges arrogants le traitent de délinquant

et de menteur car ils cherchent

à tout prix à lui trouver une nationalité.

Dato se trouve incapable de leur

donner une réponse ne sachant

pas lui même quelle est son origine.

Il est condamné à 3 mois de

prison ferme et 1 an d’interdiction du

territoire alors que le procureur en demandait

presque trois fois plus.

Si Dato a échappé à la peine maximum

demandée, c’est parce qu’il est

scolarisé, « inséré » et très soutenu

mais nous ne pouvons tout de même

pas accepter cette injuste décision de

justice. Il doit alors rester jusqu’au 26

mars à la prison de Villefranche.

Et ce jour-là, au lieu d’être libéré, il

est conduit de la prison au centre de

rétention, puis est amené à Paris,

à l’ambassade de Géorgie, qui pas

plus que celle d’Ukraine, ne semble

vouloir le reconnaître. Le préfet veut

absolument se débarrasser de lui.

Mais pour l’envoyer dans quel pays ?

Dato reste à la prison pour étrangers

de Lyon, en attendant d’être

à nouveau présenté au Juge des

libertés le 12 avril.

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En Essonne, Le Réseau Éducation

Sans Frontières a déposé en préfecture

pas loin de 30 dossiers de

jeunes majeurs le 16 mai 2007.

Parmi eux, 14 jeunes des Ulis,

d’Évry, de Grigny, d’Étampes,

de Saint Michel-sur-Orge, de

Savigny-sur-Orge, de Massy,

de Corbeil-Essonne viennent

d’apprendre que leur demande

de régularisation est refusée.

Scolarisés, créatifs, ils ont

raconté leur vie, leurs souffrances

d’hier et d’aujourd’hui, et

leur volonté de vivre ici, dans

les textes de « Plume sans papiers

». Certains, sous la direction

de la comédienne Rachida

Brakhni, ont aussi joué ces

textes. Au lycée L’Essouriau

des Ulis, le projet d’établissement

intègre l’aide aux jeunes

majeurs sans papiers.

Trois d’entre eux ont déjà reçu une

Obligation à Quitter le Territoire Français.

Au moindre contrôle d’identité

(ce qui est très fréquent dans les

gares RER), ils seront placés en

centre de rétention avant d’être

expulsés dans leurs pays d’origine.

Pour satisfaire la politique d’Hortefeux-

Sarkozy, le préfet de l’Essonne

va détruire ces vies de jeunes adultes

!

Le 31 mars, environ 200 personnes

se sont réunies au rond-point des

Thomas aux Ulis, puis ont marché

vers la mairie où devait se tenir une

conférence de presse.

D’autres lycéens attendaient

les marcheurs sur l’esplanade

de la mairie et ce sont environ

400 personnes qui étaient

présentes pour soutenir G. et

les 13 autres lycéens dont le

dossier de régularisation a

été refusé par la préfecture.

Parmi ces 400 personnes, quelque

300 lycéens du lycée de

l’Essouriau des Ulis et du lycée

Gustave Eiffel de Massy…

(peut-être d’autres lycées ?)

venus clamer leur soutien à

leurs camarades et demander

leur régularisation.

Une manifestation dans le calme,

des élèves déterminés et une conférence

de presse qui rassemble le

maire et une adjointe au maire des

Ulis, le maire adjoint d’Evry, RESF,

la FCPE, la LDH, la FSU, un prof du

lycée Gustave Eiffel.

Resf 91

Pluie d’OQTF sur les jeunes

majeurs de l’Essonne : Liévin, Anis,

Lamine, votre place est parmi nous.

Même s’il est un jeune comme n’importe quel autre

vivant en France, Nabil BENAASSIA est officiellement

de nationalité marocaine, il a 19 ans. Il est arrivé à l’âge

de 14 ans pour rejoindre son père, ses soeurs et ses frères,

tous de nationalité française ou titulaires d’une carte de

résident. Il a bien entendu fait sa scolarité en France.

Son drame ? Être arrivé après l’âge de 13 ans, sans que

son père ait respecté à la lettre les formalités (interminables

et très compliquées) du regroupement familial.

Mais pourquoi faire payer d’une peine énorme (le

bannissement !) une faute bénigne (le non respect des

règles du regroupement familial) commise par d’autres

(ses parents) alors qu’il était mineur ?

L’administration préfectorale pilotée par un ministre

expulsionniste fanatique devient une machine folle

qui, pour atteindre ses objectifs chiffrés est prête à faire

n’importe quoi, faire éclater des familles, suspendre net

la formation d’un garçon de 19 ans, l’enfermer dans une

prison qui ne dit pas son nom (centre de rétention), le

monter de force par deux fois dans un avion, refuser de

le présenter à un juge pour ses refus d’embarquer pour

pouvoir essayer une fois encore de l’expulser de force,

ligoté de la tête aux pieds, porté comme un paquet,

bâillonné, attaché à son siège comme une bête et, peutêtre

illégalement piqué ou drogué.

NABIL A ÉTÉ EXPULSÉ LE 5 AVRIL AU PETIT

MATIN, et accueilli par RESF Maroc.

Resf 78

En France depuis l’âge de 14 ans,

un père et trois soeurs (dont une francaise) en France,

deux frères français

NABIL DOIT RESTER EN FRANCE

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Élisabeth, ressortissante béninoise, se marie avec Claude,

ressortissant français, le 16 octobre 2005 et obtient un

titre de séjour temporaire « vie privée et familiale » en

qualité de conjoint de français.

Ce titre de séjour est renouvelé une première fois au

mois de novembre 2006. Quelques mois plus tard,

Claude découvre qu’il est atteint d’un cancer. Il décède

le 3 octobre 2007.

Élisabeth, qui vient de déposer une nouvelle demande de

renouvellement de son titre de séjour, informe l’administration

de ce décès. Trois semaines plus tard, elle reçoit un

refus de séjour accompagné d’une mesure d’éloignement.

Le préfet de l’Indre-et-Loire lui écrit que « même si la

rupture de communauté de vie résulte malheureusement

du décès du conjoint français, l’administration ne peut

renouveler le titre de séjour sollicité ».

Élisabeth est parfaitement intégrée en France. Elle est

titulaire d’un CDI en qualité d’agent d’entretien et possède

un logement à son nom.

Jeudi 3 avril, elle a été interpellée à son domicile par

les services de police et conduite au centre de rétention

en vue de son expulsion qui doit intervenir dans les

prochains jours.

Élisabeth a été libérée et assignée à résidence dans l’après

midi du 3 par le Juge des Libertés. Mais son expulsion,

qui reste en vigueur, doit intervenir dans les prochains

jours.

Nous, signataires de la présente pétition, nous associons

aux Amoureux au ban public :

• pour refuser que des étrangers mariés à des ressortissants

français soient expulsés après le décès de leur

conjoint au mépris des principes élémentaires d’humanité

et de justice.

• pour exiger la libération immédiate d’Élisabeth et le

renouvellement de son titre de séjour

• pour dénoncer la politique d’éloignement aveugle et

inhumaine du gouvernement

Forte mobilisation, importante médiatisation : enfin

un titre de séjour pour Elisabeth !

Après Elisabeth, c’est au tour de Tourkia, dans l’Oise,

d’être menacée d’expulsion après le décès de son

mari.

http://amoureuxauban.net + email : lyonamoureux.net

Une ressortissante béninoise

en voie d’expulsion

après le décès de son conjo int français.

Le 13 mars 2008, Mr et Mme ABAZI,

et leurs 3 enfants, originaires

du KOSOVO, viennent d’arriver au

CRA de METZ pour être « réadmis »

en Autriche qui les a déjà définitivement

déboutés

Dès le lendemain, les écoles des

enfants se mobilisent chacune, une

pétition est en train de tourner sur le

quartier du Neuhof, quartier où sont

scolarisés les deux plus jeunes, déjà

150 signatures à midi ! Les échanges

sur Internet fusent aussi… Au collège

Pasteur, professeurs et élèves sont

sous le choc ! Et à Metz, les visites

s’organisent, on cherche les démarches

administratives encore possibles

: « j’ai rencontré la famille cet

après midi,ils sont très touchés de

sentir la mobilisation qui se met en

place ». Les courriers, appels, faxs

se multiplient.

L’aîné, Shkumbin demande si ses

copains parlent encore de lui au collège,

que font-ils ? La petite Kaltrinë

n’arrive pas à dormir ; elle pleure

toute la nuit pour aller à l’école. Pourtant,

c’est elle qui a dit courageusement

aux policiers qui voulaient

menotter sa mère « c’est pas bien,

çà ! » et puis à sa maman… : « c’est

pas grave ! »

Granit, celui du milieu est le plus silencieux…

il n’a pas pu participer au

match de foot de vendredi : « j’étais

ici ! »

Ils vivent chaque minute entre la

peur et le souvenir. Des courriers

s’échangent entre les enfants et

leurs écoles, on offre un ballon, un

jeu de badminton, la « prison », oui,

messieurs les juges, nous n’avons

pas peur de lui donner ce nom, au

CRA ! pour quelques instants, la

Pour ces familles,

c’est déjà l’Europe

forteresse !

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prison prend des allures de cour de

récréation, mais chaque fois que les

clés tournent dans les serrures, la

crispation revient, l’impossible « tu

m’emmènes avec toi ? » hurle dans

mes oreilles. En Alsace, les médias

s’y mettent aussi et arrosent copieusement

et titrent « Un quartier se

mobilise »

Et puis…3 h du matin, le téléphone

sonne, la voie de Shkumbin s’étrangle

« les policiers…ils disent à nous

qu’on a un juge à Paris à faire, voilà,

il faut aller dans cet juge ? Ou peutêtre

on retourne au Kos… »

Au bout du compte, la spirale infernale

est enclenchée, c’est Roissy,

« on va pas au Kosovo, dis? » « Allo,

ils ne nous croient pas, on n’arrête

pas de leur répéter qu’ils ne vont

pas au Kosovo ! » répond nerveux

un policier. Comment pourraient-ils

Croire encore !

On attendait la réponse. La défenseure

des enfants aussi avait été

saisie, on attendait la réponse. Nous

l’avons reçue une semaine après :

«…ce dossier sera suivi par Mme L

qui ne manquera pas de vous informer

des suites… » Et oui, ils n’ont pas

menti, ce fut bien l’Autriche pour ce

long week-end pascal ! L’Autriche et

sa prison pour le papa, les trop rares

repas, l’expulsion à 5 h du matin, la

dernière nuit en prison pour toute

la famille…

Ils sont arrivés, au Kosovo, sont allés

se cacher chez leur oncle…

Après coup, à la préfecture de Strasbourg,

« les canaux diplomatiques

vont être informés » de la protection

que nous exigeons pour cette

famille…

En attendant, la mobilisation n’a

jamais été aussi active et étendue,

de Metz à Strasbourg, Paris, mais

aussi la Belgique, l’ Autriche, de

beaux échanges ont eu lieu, n’ont

malheureusement pas abouti au

résultat espéré, mais ouvrent des

perspectives au niveau européen.

On a eu des compliments de cette

association autrichienne, ils ont entendu

parler de RESF dans les médias.

Super engagement, ils nous

souhaitent beaucoup d’énergie et

finissent par« aucun être humain

n’est illégal ».

Et pour finir, on peut dire que Shkumbin,

11 ans s’est débrouillé comme un

chef depuis le début de toute cette

sale affaire, à traduire sans relâche

pour expliquer la situation tragique

de sa famille, à passer au dessus

de tout pour alerter, tenir au courant

demander quoi faire, se faire l’intermédiaire

entre les représentants de

l’ordre et son père. À ravaler sa salive

devant la « traduction » si peu fidèle

à la parole de ses parents devant le

juge de la Cour d’Appel de Metz.

Bravo Shkhumbin, Bravo au courage

de ces trois enfants, à la grande

dignité des parents qui méritaient

de bénéficier enfin d’une décision

administrative qui comporte une

once d’humanité.

Resf Metz

Albanais, ayant fui leur pays pour la Belgique en 2003,

Julian, Dhuratha et Matéo (3 ans et demi) Illiu sont détenus

au centre fermé 127bis depuis le 30 octobre 2007.

Matéo somatise et accumule les pathologies. Ses parents

ont entamé une grève de la faim le 4 mars. Depuis lors,

il régurgite les aliments qui lui sont proposés.

Trois tentatives d’expulsion, sous camisole de force, dont

l’une particulièrement violente, bien que les Illiu répondent

aux critères de régularisation de l’accord gouvernemental,

contesté par l’Office des Etrangers, pour qui

cet accord « n’a pas de valeur légale » !

La LDH et MDM ont alerté les autorités sur la situation

de la famille, laissée sans soins.

Le 25 mars Julian est emmené en cellule d’isolement.

L’expulsion est prévue le lendemain. La mobilisation

s’organise partout, relayée par les média. Les politiques

s’en mêlent. Fax, e-mails bombardent le ministère de

l’intérieur, l’Office des Etrangers et la Lufthansa. Des

passagers du premier vol Bruxelles-Munich, alertés, sont

prêts à s’opposer à l’expulsion.

Celle-ci est « retardée ». Une nouvelle demande de régularisation

pour raisons médicales a été déposée, qui

doit être examinée dans la journée du 26. Mais elle est

rejetée. Les Illiu doivent être transférés au centre fermé

de Merksplas, près d’Anvers, loin de leurs soutiens.

Coup de théâtre: la Cour européenne des droits de

l’Homme, saisie en recours d’urgence à minuit le 25,

enjoint la Belgique de surseoir à l’expulsion jusqu’au 24

avril, le temps que les Illiu subissent des examens médicaux

poussés et que l’on détermine les dégâts causés

par l’enfermement sur Matéo.

Petite victoire sur l’Office des Etrangers, État dans

l’État, qui s’autorise à s’affranchir d’un accord gouvernemental.

Les Illiu, intransportables, n’ont pas été transférés et

continuent leur grève de la faim. Matéo a contracté la

varicelle. Comme eux, des centaines de prisonniers croupissent

dans les centres fermés belges, dans des conditions

inhumaines et indignes.

4 avril . Ils sont enfin sortis du centre fermé où

ils étaient détenus depuis le 30 octobre 2007 et le

cauchemar est dans l’immédiat terminé.

Mais ce n’est qu’une victoire d’étape, il nous reste à obtenir

leur régularisation pour qu’enfin ils puissent vivre

sereinement et dignement en Belgique, le pays où ils choisi

de reconstruire leur vie et d’élever Matéo.

5 mois de détention ! Un exemple parmi beaucoup

d’autres. STOP à la Directive européenne de la

honte sur l’enfermement des étrangers !

JULIAN, DHURATHA ET LE PETIT MATEO ILLIU

détenus depuis le 30 octobre ,

LIBÉRÉS LE 4 AVRIL !

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Quand la fabrique express

d’orphelins tourne à plein régime

Kassim HAMIDOVIC, ROM bosniaque, est depuis près

de 40 ans en Europe et depuis plus de 30 ans en France

avec sa conjointe Ceba MUJKIC qui l’a rejoint en 1973.

De leur union, sont nés 4 enfants, tous nés sur le territoire

français : Amine, 28 ans, Sakib, 25 ans, Silvana,

13 ans et Omer, 4 ans.

Malgré tous les efforts de la Cimade, ce matin, 28 mars,

Kassim et son Fils Sakib ont été renvoyés en Bosnie sur

décision préfectorale. Kassim n’a pas remis les pieds dans

son pays depuis 1963. Sakib ne connaît que la France.

Ceba se retrouve seule, sans soutien, avec deux enfants

mineurs, dont un en bas âge.

Cette famille vit à Perpignan depuis septembre 2007.

Aucune solution de logement n’ayant été trouvée, les enfants

ne sont pas scolarisés. Sans école, sans logement,

les voilà maintenant orphelins de père !

Où est le respect du droit à vivre en famille, défendu par

l’article 8 de la Convention Européenne de Sauvegarde des

Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales ?…

Nous sommes réduits aujourd’hui à invoquer les droits

européens puisque la France bafoue son principe fondamental

de « terre d’accueil ».

Faites-le savoir autour de vous!

RESF 66

Originaires de TCHÉTCHÉNIE, ils

ont quitté leur pays en janvier 2005.

Les risques encourus par le papa

dépassent leur pays d’origine car

ils subissent des menaces d’exaction

de la part des services secrets

russes et ne se sentent pas en sécurité.

Un an plus tard, ils s’enfuient

donc en Suisse. Après deux ans, la

Suisse les renvoie en Pologne, pays

qui leur refuse cette fois le séjour. Il

ne leur reste plus qu’à s’enfuir à nouveau,

et ils arrivent enfin en France le

14/02/2008. Parcours typique de ces

peuples dont on ne veut pas reconnaître

la réalité du danger encouru

en cas de retour dans leur pays, et

qui cherchent désespérément à se

poser quelque part pour pouvoir

simplement VIVRE ! En France, c’est

le Centre de Rétention Administrative

de METZ qui les a directement

accueillis avec leur bébé de 3 mois !

Commence alors une course contre

la montre, contre le désespoir de ces

parents aussi ! Épuisés, pris dans

un cercle infernal, ils ont perdu tout

espoir de pouvoir enfin échapper au

danger. Mais la mobilisation lancée

au niveau national grâce à la pétition

et aux appels sur le site Internet

a été très rapide et très forte. Les

visites quotidiennes rendues à la

famille enfermée étaient un mince

réconfort face à leur angoisse. Le

27 février, la famille passe au TA de

Strasbourg pour un référé liberté.

Le 28, le TA suspend la décision

de remise de cette famille à la Pologne,

VICTOIRE ! C’est tremblants,

que je les ai récupérés devant les

grilles du CRA, la petite Hava dans

les bras, LIBRES… de déposer une

demande d’asile politique à l’OFPRA.

L’espoir renait, mais la vigilance ne

cesse pas….

Resf Metz

Seront-ils les derniers tchétchènes réfugiés ?

Procès et

solidarité

29 février Khadija relaxée

3 mois de prison avec sursis avaient été requis contre

Khadija. Le Parquet de Bobigny la relaxe

18 mars Salif KAMATE , tabassé

par les expulseurs est condamné

à 5 mois ferme et 1400 euros

d’amende

19 mars procès en appel de

Marie-Françoise du rupt! …

Verdict le 16 avril

L’avocat du Parquet a demandé une peine de principe

de 1000 euros d’amende afin de dissuader d’autres de

faire comme Marie Françoise DURUPT.

Appels aux SOUS

Soutiens et déplacements, petis spectacles

et grandes manifs, frais de justice, imprimerie…

Vous le savez, tout ça coûte des sous.

Merci à ceux qui envoient des dons,

merci de continuer et de solliciter

vos orgas

Chèques à l’ordre de RESF

s/c EDMP 8 impasse Crozatier 75012 Paris

Ou en ligne :

www.educationsansfrontieres.org

tirelire en page d’accueil

Le manifeste

des innombrables

http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article8941

À signer et faire signer.

page 8 Site : www.educationsansfrontieres.org Email : educsansfrontieres@free.fr

Deux hommes parmi tant d’autres,

qui ont fui leur pays de naissance parce

que les violences y mettaient leur

vie en danger, parce qu’ils pensaient

qu’au pays des droits de l’homme,

ils trouveraient sérénité et droit à

reconstruire leur vie. Un jeune sportif

de haut niveau, un amoureux. Et

combien de vies broyées ?

92,2 %. C’est le pourcentage des

réfugiés dont le dossier est refusé

à l’Ofpra.

Que représentent ces 92,2 % ?

C’est la part des dossiers rejetés, en

2006, à l’Office Français de Protection

des Réfugiés et Apatrides (Ofpra).

Plus de neuf demandeurs d’asile

sur dix ont essuyé un refus. Ce taux

s’élève constamment : il était de 90,2

en 2003, de 90,7 en 2004, de 91,9 en

2005. Chaque année, le record est

battu. Avant d’atteindre ces sommets,

l’on partait pourtant de bien bas : en

1981, date tirée au hasard, 21 % seulement

des « cas » étaient recalés, et

la France accueillait plus de 15 000

réfugiés. Contre 2 929 l’an dernier. En

25 ans, on a divisé par cinq le nombre

d’ « asiles » accordés. En bref, des

personnes qui, persécutées chez elles,

maltraitées, auraient trouvé refuge

chez nous sans chipoter, reçoivent

désormais des « OQTF – obligation

de quitter le territoire français » en

guise de bienvenue. »

Lire le texte de François Ruffin.

http://www.fakirpresse.info/frontoffice/

main.php?rub=journal.php&i

dj=38&PHPSESSID=91d06c398f70

e787a793e376a95990f7» Fakir n°34

(sept. /nov. 2007)

Les Droits de l’Homme ? M. Sarkozy

s’imagine sans doute qu’il s’agit

d’un gadget bling-bling avec lequel

il orne ses discours télévisés et qu’il

méprise ouvertement le reste du

temps.

« La France doit accueillir tous ceux qui sont persécutés

à travers le monde » (N.Sarkozy. 12/03/2008).

John Maïna, Mandeep Singh,

l’un est mort, le second renvoyé vers le peloton d’exécution.

Le préfet de la Somme envoie Mandeep Singh vers le peloton

d’exécution qu’il avait fui

Mandeep SINGH, 27 ans, indien du

Punjab, est demandeur d’asile. Il a fait

des études secondaires en INDE puis

a obtenu un diplôme en informatique

« Computer Softwear Diploma » en

1999. Engagé dans l’armée indienne,

il y reste deux ans et fait partie d’unités

militaires réparties le long de la

frontière Pakistanaise. Il y est témoin

d’atrocités commises sur ses camarades

et décide de s’enfuir. Déserteur,

il risque le peloton d’exécution.

Comme Sikh, il est aussi exposé aux

persécutions d’autres castes.

Régulièrement chassé de sa maison,

Mandeep SINGH a connu une longue

période d’errance et de solitude

qui ont augmenté son traumatisme

psychique.

En France depuis mars 2005 à Ribemont

sur Ancre, il commence à

se reconstruire et partage la vie de

sa compagne française. Il redépose,

le 2 août 2007, une demande d’asile,

acceptée par la Préfecture d’Amiens,

et pour laquelle la commission des

recours doit statuer au vu des nouvelles

pièces. Il est arrêté au « faciès

» à Corbie, puis dans l’enceinte

du Tribunal d’Amiens le 26 février à

15h, il tente de mettre fin à ses jours

en s’ouvrant les veines du bras…Une

fois recousu, il est placé en rétention

au Centre de Rétention de MESNILAMELOT

pour être expulsé le 3 mars

vers New Dehli.

15 mars EXPULSION. Mandeep

aurait donc été embarqué de force

quelques minutes avant le décollage

alors que tous les passagers étaient

installés.

Resf 80

Quand la politique de l’immigration mène au désespoir…

John Maïna a 19 ans quand il reçoit

la réponse de la Cour Nationale du

Droit d’Asile (CNDA anciennement

Commission des Recours des Réfugiés).

Une réponse négative à sa

demande de statut de réfugié qui

a poussé John Maïna à se donner

la mort en France plutôt que d’être

assassiné au Kenya. Une heure plus

tard, on le retrouve pendu dans sa

chambre du foyer de France Terre

d’asile à Meudon (92).

Il avait fui le Kenya il y a deux ans.

La guerre civile qui dure depuis deux

mois au Kenya, a déjà fait plus 1000

morts et déplacé plus de 300.000 personnes,

après une élection marquée

de fraudes. Mais dans certaines régions

du Kenya, notamment la vallée

du Rift, elle avait commencé depuis

longtemps. Dans cette vallée, John

Maïna était pris en étau entre : d’un

côté une secte-milice de funeste réputation,

les Mungikis, à laquelle il a été

contraint d’adhérer ; et de l’autre côté

la police qui le pourchassait du fait de

son appartenance à cette milice.

Se sachant condamné à mort, il a

préféré fuir et a réussi à rejoindre la

France le 19 mars 2006.

Les difficiles démarches pour obtenir

le statut de réfugié commencent.

Mais le 6 juillet 2007, l’Office Français

de Protection des Réfugiés et des

Apatrides (OFPRA) le déboute de sa

demande d’asile.

Il dépose un recours. Le 15 février

2008, il prend connaissance de la

réponse de la CNDA. Il voit disparaître

son ultime chance de ne pas être

expulsé vers le Kenya, et donc vers

une mort programmée. Ce jour là, il

a préféré partir de lui-même.

France terre d’asile ?

page 9 Site : www.educationsansfrontieres.org Email : educsansfrontieres@free.fr

23 février. Un hommage lui a été

rendu à Meudon, un autre par le club

d’athlétisme dont il était l’un des fleurons.

Un appel est lancé, signé par de

nombreuses personnalités pour dénoncer

l’inhumanité et les dangers de

la politique de l’immigration, suivi

de rassemblements le 28 février et

le 12 mars devant la CNDA où une

délégation composée de Nathalie

Ferré, Présidente du Gisti, et de représentants

de la FSU, du CSP 92, et

du Comité de soutien au CSP92 est

reçue par le Président de la CNDA,

M. François Bernard, pour évoquer

avec lui le traitement de l’affaire de

John Maïna. Une heure d’entretien,

pendant laquelle M. Bernard, en affirmant

qu’il s’agissait du premier

suicide connu de ses services, a insisté

sur les taux généreux de satisfaction

aux recours (25 %) accordé par les

différentes sections de la Cour. À la

demande de la délégation, au nom

des nombreuses personnalités et associations

rassemblées, de réclamer

formellement un droit d’asile à titre

posthume, pour John Maïna, le Président

a écarté cette éventualité sur le

plan du droit, en laissant toutefois la

porte ouverte à une démarche politique

et symbolique, ne relevant pas

de ses pouvoirs.

Victoire pour Ferzende et Sedat Tastan

L’octroi in extremis du statut de réfugié à Ferzende

et Sedat Tastan à l’issue des recours déposés devant

l’OFPRA démontre s’il en était encore besoin

les dysfonctionnements de cette procédure et son

détournement pour en faire un instrument de la

politique d’immigration.

Rien en effet n’a changé, ni pour l’un ni pour l’autre,

des éléments pris en compte pour apprécier leur

demande d’asile : des faits avérés, des violences

subies, de la prison, et la certitude s’ils avaient

été expulsés d’être à nouveau recherchés, peutêtre

torturés, emprisonnés ou envoyés au combat

contre leurs compatriotes kurdes.

Des demandes d’asile refusées pendant des années,

parce que la suspicion est la règle, que les

récits de violences, de persécutions, s’ils ne sont

pas certifiés par les attestations des bourreaux,

sont par principe mis en doute et les demandeurs

systématiquement traités comme des fraudeurs.

Et tant pis si des victimes sont renvoyées vers

leurs bourreaux. L’OFPRA est là pour remplir les

objectifs de déboutés qu’on lui assigne, pas pour

s’occuper de fariboles droit de l’hommistes comme

dirait Bling Bling. Mais l’OFPRA n’est pas seule en

cause : la préfecture prend le relais, refusant systématiquement,

s’appuyant sur les refus d’asile

de l’OFPRA. Et il ne s’agit pas que de mots. Au

cours de l’année 2007, Sedat et Ferzende Tastan

ont été placés chacun en rétention et présentés

à l’embarquement qu’ils ont refusé (trois fois pour

Sedat). L’un et l’autre ont été traduits en justice

pour cela. Ferzende Tastan a été condamné à

trois mois d’emprisonnement qu’il a faits alors

même que l’OFPRA, compte tenu de nouveaux

éléments, lui accorde l’asile quelques jours après

sa condamnation.

Autrement dit, l’Etat français a jugé, condamné et

maintenu en prison quelqu’un à qui l’OFPRA accorde

le statut de réfugié ! Ferzende Tastan n’aurait

jamais dû être condamné. Il devrait au contraire

être félicité et récompensé d’avoir résisté à son

embarquement : il a, par son courage, évité aux

autorités françaises d’avoir son sang sur les mains,

ce dont elles se moquent certainement, mais aussi

que cela se sache, ce qui les ennuie plus.

Acquise avec le soutien engagé du collectif marseillais

et du RESF tout entier, la victoire de la famille

Tastan pour être totale doit aussi permettre

d’entamer publiquement l’arrogance destructrice

de ceux qui ont voulu la briser.

Resf 13

Lorsque la CNDA (Commission

nationale du droit d’asile) rejette

le recours d’un demandeur,

l’intéressé n’est plus considéré

comme demandeur d’asile : le

récépissé de demande de carte

de séjour lui est notifié, accompagné

par une IQT, ou une OQTF

Zara, 20 ans, élève de terminale bac

Pro comptabilité au lycée Montesquieu

du Plessis, a été élevée dès sa

naissance par sa grand-mère maternelle

Rosa aujourd’hui âgée de 64

ans, arménienne, veuve.

Zara et sa grand-mère se sont réfugiées

en France en 2004, pour

échapper aux menaces, aux persécutions

et aux violences véritables

dont elles faisaient l’objet en raison

des activités politiques du père de

Zara, lui aussi poursuivi et disparu.

En juin 2007, la grand-mère de Zara

a reçu le refus définitif de sa demande

d’asile : il faut, aujourd’hui, pour

obtenir l’asile en France que les tortionnaires

et les assassins veuillent

bien délivrer des attestations de

persécution. Trop content de s’abriter

derrière la décision de l’OFPRA,

aujourd’hui, c’est le préfet des Hauts

de Seine qui lui ordonne de quitter la

France dans un délai d’un mois.

Pour aller où ? C’est pas son problème

! Et Zara ? Eh bien elle aussi sera

expulsée si nous, lycéens, profs,

parents, voisins, élus, nous n’allons

pas exiger le retrait de lois injustes

qui massacrent les vies.

Resf 92 sud

Le droit d’asile,

sacrifié à la politique expulsionniste

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La Préfecture de Nanterre (Hauts-de-Seine, sarkoland qui a la chance d’avoir comme préfet un ex-super flic du contreespionnage

français) a peaufiné le dispositif d’expulsions express. Une note de service en date du 28/02/2008 donne des

instructions aux fonctionnaires préfectoraux pour que les étrangers frappés d’un APRF ou d’une OQTF se présentant

au guichet soient systématiquement «mis en attente» sous prétexte de vérifier leur passeport, conduits dans un local

attenant, la fameuse «cabine 17»… où la police procède immédiatement à leur arrestation, passeport en main.

Prévues dans la circulaire Sarkozy du 21/02/2006, (en partie cassée par l’arrêt de la Cour de Cassation du 6/02/2007) ces

arrestations pièges, ne sont pas nouvelles.

Mais à Nanterre, la plupart des personnes ainsi arrêtées n’avaient pas d’OQTF ou d’APRF préalables.

Mains sales (suite).

À Nanterre, on arrête au guichet

Ont ainsi été pris

au piège :

- Mr Jian Guo LIAO arrêté le 13 mars

alors qu’il venait pour le transfert de

son dossier : expédié à Pékin en 48 heures

chrono, il laisse une femme et ses 3

enfants dont 2 nés en France

- Abdelatif TARGOU et un autre ne sont

plus là pour témoigner. Déjà expédiés

respectivement au Maroc et à Madagascar,

sans même pouvoir passer par la

case tribunal.

- Mr Nabil KHOUNI, père d’un enfant

malade, répondait à une convocation :

arrêté…

- et d’autres que nous n’avons pas

connus.

Ont été sortis

du piège :

- Mr Alejandro SALCEDO interpellé

aussi le 13 mars au guichet, placé en rétention,

a échappé de peu à l’expulsion

grâce à la mobilisation de sa famille, de

ses nombreux soutiens (sa famille avait

fait partie des parrainages du 92 en novembre

dernier), parents des écoles des

enfants, élus présents avec leurs écharpes

tricolores sur les bancs du tribunal : le JLD

l’a libéré puis le TA a annulé l’APRF !

- Mr M. N’dairi BA ramenait les formulaires

de carte «salarié» que lui avait

fournis la préfecture, après les avoir fait

compléter par son futur employeur : arrestation

immédiate, mise en rétention,

APRF. Le JLD le libère mais la préfecture

s’accroche à ses chiffres et fait appel : la

Cour d’Appel donne raison à M. Ba (CA

Yvelines du 23/03/2008, voir encadré cidessous).

D’autres préfectures pratiquent

aussi le «Bureau des disparus» :

ainsi Paris et son sinistre 8ème bureau

; l’Essonne où en octobre dernier

un SP marié à une française

qui venait chercher l’Autorisation de

séjour promise, a été arrêté, expulsé

en 48 H ; la Seine et Marne ; le Loir

et Cher…

Zèle des employés du guichet qui ratissent

large, pression concertée de

leurs chefs pour gagner la course aux

chiffres ?

Arrestation sous APRF antérieur ou

arrestation « excès de zèle », c’est à

l’évidence un procédé intolérable qui

déshonore ceux qui l’emploient et,

finalement, tous ceux qui travaillent

dans les locaux où se produisent de

tels actes. Nous disons STOP !

Face à ces pratiques honteuses la

riposte s’organise :

• Lettre ouverte au préfet des Hauts

de Seine contre les arrestations au

guichet

http://www.educationsansfrontieres.

org/?article12533

signée un grand nombre d’organisations

et d’élus du 92, en particulier

les maires de gauche qui avaient signé

l’appel « Nous ne sommes pas à

vos ordres »

• Flyers distribués aux SP sur les

marchés, près des écoles et dans les

queues des préfectures pour les avertir

• Le 4 avril, et les jours suivants aux

heures d’ouverture de la préfecture,

déploiement d’une banderole devant

la préfecture, TGI et Conseil Général

: « Ici on arrête et on expulse » en

présence de la presse et de personnalités…

La presse s’en est fait l’écho (articles

à lire sur le site). Les associations et

les partis se relaieront pour afficher

les pratiques de honte de la préfecture

de Nanterre.

Maintenant, c’est une riposte au

niveau national qui doit s’organiser

pour éviter la propagation de

ces abus de droits.

Resf92

«[…] Considérant que M. BA a été interpellé par les gardiens de

la paix au service d’ordre public de Nanterre requis au 17 mars

2008 par la responsable du guichet 18 du service des étrangers

de la Préfecture des Hauts de Seine «leur faisant savoir qu’une

personne se présentant à elle faisait l’objet d’un arrêté préfectoral

l’invitant à quitter le territoire français»

Qu’il est cependant indiqué sur le même procès verbal que l’intéressé

ne fait l’objet d’aucune fiche de recherche et qu’il n’existait à

son encontre au moment de son interpellation aucun arrêté préfectoral

de reconduite à la frontière mais un courrier du préfet des

Hauts de Seine en date du 22 juin 2006 lui confirmant le rejet de

l’OFPRA quant à sa demande de bénéfice du statut de réfugié

Due c’est seulement le 18 mars 2008 que l’arrêté préfectoral de

reconduite à la frontière a été pris à l’encontre de M BA

Que ces conditions d’interpellation sont donc irrégulières d’autant

que M. BA s’était spontanément présenté à la préfecture pour y

faire une demande de papiers et avait remis en toute bonne foi et

confiance son passeport

Considérant que dans ces circonstances son interpellation relève

d’une attitude déloyale de l’administration, que les procès verbaux

font état de mentions inexactes quant à la situation administrative

de l’intéressé sur lequel il a été pratiqué un prélèvement biologique

non prévu par la loi pour l’infraction visée

Que pour l’ensemble de ces raisons et sans qu’il soit besoin d’examiner

les autres nullités soulevés par son conseil, il convient

d’annuler l’interpellation de M BA et tous les actes subséquents

et d’ordonner la mainlevée de la mesure de rétention prise à son

encontre.[…]»

page 11 Site : www.educationsansfrontieres.org Email : educsansfrontieres@free.fr

Violences et procédures frauduleuses

pour 5 expulsions :

c’est le bilan Hortefeux de la rafle au foyer

de la Terre aux Curés à Paris (13ème)

Le 12 février 2008, à 5 heures

du matin, 500 policiers bouclent

un quartier du 13ème arrondissement

et investissent le foyer

de travailleurs maliens de la rue

Terre aux curés.

Cette intervention est d’une rare violence

: de très nombreuses portes

de chambres défoncées, cassées en

deux, jonchent les couloirs… Deux

personnes paniquées par l’intrusion

des policiers et des chiens tentent de

fuir en passant par la fenêtre et, blessées,

doivent être hospitalisées.

Au final, 116 personnes sont arrêtées

et placées en garde à vue. Ce ratissage

sans précédent récent à Paris a pu

être effectué sous couvert d’un habillage

juridique prétextant la recherche de

conditions d’hébergement insalubre et

contraires à la dignité. Pourtant, malgré

la garde à vue de neuf résidents en

situation régulière qui seront eux très

vite relâchés, aucune mise en examen

n’est effectuée… Derrière le paravent

judiciaire, un seul but : rafler et organiser.

Très vite, 105 habitants du foyer sont

répartis dans plusieurs centres de rétention

: Vincennes, Massy-Palaiseau

et Oissel, et comparaissent donc devant

plusieurs juridictions censées

garantir les droits des personnes

sans-papiers. On assiste alors à des

audiences durant parfois 24 heures

d’affilée, comme le jeudi 14 février où

les retenus ont été emmenés le matin

au palais de justice à 9h et n’en sont

sortis que le lendemain matin à 9h

pour être conduits pour certains directement

au Tribunal Administratif dans

l’espoir de faire annuler leur APRF. Finalement,

au bout d’une semaine de

ce marathon judiciaire durant lequel

une poignée de voisins, amis et militants

se seront mobilisés sans relâche,

une trentaine de personnes restait en

rétention à Vincennes. Les premières

expulsions sont programmées à partir

du mercredi 27 février et s’étaleront

jusqu’au vendredi 14 mars.

À chaque fois, les quelques amis, voisins,

militants solidaires des habitants

du foyer sont présents dans les aéroports

pour avertir les passagers que

des expulsés seraient à bord de leur

avion et qu’ils s’opposeraient à leur expulsion.

Au final, malgré une très forte

mobilisation de la police de l’air et des

frontières, 7 expulsions sont ainsi empêchées

et 5 ont malheureusement

lieu. Sur les 116 interpellés du départ,

111 ont pu retrouver le foyer.

5 expulsions sur 115 interpellations,

sans doute un échec pour Mr Hortefeux

dont les objectifs sont d’1 expulsion

pour 4 interpellations…Toutefois,

de nombreux sans-papiers interpellés

lors de l’opération sont maintenant

sous le coup d’un APRF (Arrêté de

Reconduite à la Frontière) et depuis

quelques jours les rafles se multiplient

aux alentours du foyer… Attraper un

sans papier déjà sous le coup d’un

APRF, c’est en effet bien pratique…

D’ailleurs, une des personnes libérées

a été ré-arrêtée lors de ces opérations

de chasse à l’homme et de nouveau

placée en rétention. Heureusement,

amis et voisins continuent à se mobiliser,

pour lui, et pour la régularisation

des autres, cette solidarité de proximité

étant sans doute l’un des derniers

remparts à la barbarie qui, en France,

gagne du terrain chaque jour.

Resf 75

Tamaz est arrêté le 5 février 2008,

puis placé en rétention au Mesnil-

Amelot.

Première tentative d’expulsion le

21 février. Tamaz réussit à se cacher

dans le centre. Les gendarmes le retrouvent

trop tard pour l’emmener à

l’aéroport. Il reste en France.

Deuxième tentative, une semaine

plus tard. Tamaz est emmené à l’aéroport

par les gendarmes et confié

à son escorte. Des hommes d’expérience

qui savent y faire avec les

récalcitrants. Poignets enserrés par

du scotch, étranglement, Tamaz est

monté de force dans l’avion. Une

fois à bord, c’est au tour de ses jambes

d’être entravées par du scotch.

Mais Tamaz ne veut pas repartir en

Géorgie. Il se débat avec l’énergie du

désespoir. Les coups pleuvent. Les

passagers interviennent. Le commandant

de bord de la Georgian

Airways refuse de décoller dans ces

conditions. Tamaz est débarqué.

L’avion part sans lui avec une heure

et demie de retard. Tamaz, meurtri

physiquement et moralement –il ne

connaissait pas ce visage de la France–

retourne au CRA du Mesnil.

Troisième tentative, quatre jours

plus tard. Ils sont venus le chercher

sans que personne ne soit prévenu.

Tamaz s’ouvre les veines. Il est conduit

à l’hôpital. Heureusement, ses jours

ne sont pas en danger. Il passe en

comparution immédiate le lendemain

mais son jugement est reporté

au 26 mars et Tamaz est emmené à

la maison d’arrêt de Meaux.

26 mars, TGI de Meaux : son avocat

n’a pas daigné se déplacer, Tamaz

est condamné à 4 mois de prison et

2 ans d’interdiction du territoire.

Fuyant la Géorgie pour des raisons

politiques, Tamaz est arrivé en France

en 2003. Sa femme et leurs trois enfants

l’ont rejoint quelques mois plus

tard. Ils ont tout fait pour régulariser

leur situation : demandes d’asile,

demande au titre de la circulaire

Sarkozy, toutes rejetées. Ils attendent

aujourd’hui de passer devant la Cour

Nationale du Droit d’Asile.

Tamaz, sa femme Natalia et leurs

trois enfants âgés aujourd’hui de

20, 14 et 9 ans sont à l’origine de la

création du RESF de l’Essonne.

4 mois de prison et 2 ans d’interdiction du territoire

français pour avoir voulu rester auprès de ses enfants

page 12 Site : www.educationsansfrontieres.org Email : educsansfrontieres@free.fr

Retour de Bamako

Les 15 et 16 mars se sont tenues à Bamako

les deux journées de l’AME (Association des

Maliens expulsés). Ce ne sont ici que mes

impressions et les suites que je propose de

donner à cet événement important.

Environ 200 personnes ont participé à ces

deux journées, Maliens pour la plupart mais

aussi, semble-t-il, de quelques autres pays de

la région (Sénégal et Côte d’Ivoire) et une

vingtaine d’européens (CGT, Droits devant,

RESF Anafé et surtout Cimade). Présence

de nombreux « refoulés » (refoulés du Maroc,

d’Algérie, de Lybie dans des conditions

d’une violence extrême) regroupés dans

l’ARACEM, Association des refoulés d’Afrique

centrale au Mali créée après Ceuta et

Melilla. ARACEM et AME ont présenté des

sketches très forts montrant des expulsions

et des raccompagnements musclés. À noter

que les journées ont été suivies de bout en

bout par le directeur de cabinet du Ministre

des Maliens de l’Extérieur. 4 millions

de Maliens sur 11 millions vivent hors du

pays, 3,5 millions en Afrique, 500 000 en

Europe dont 100 000 en France (50% sans

paps) et ils ont donc un ministère.

Des témoignages qui prennent aux tripes,

des débats très longs, le plus souvent réellement

intéressants (quelques passages obligés

de certains qui, comme partout, viennent

visiblement pour faire leur numéro) et souvent

d’un niveau impressionnant.

Un appel a été adopté, soutenu par les organisations

présentes (dont le RESF).

Ces deux journées ont, semble-t-il, été un

événement puisqu’elles ont déclenché des

entrevues avec le président du Parlement,

avec le ministre des Maliens de l’extérieur

et le premier ministre ainsi qu’avec l’ambassadeur

de France

Une réunion AME Cimade Anafé RESF s’est

tenue en marge des journées pour poser les

jalons de ce qu’il est possible et souhaitable

de faire ensemble.

Sur le cadre général, il semble que nous

soyons d’accord (mais l’écrire permettra

de le vérifier et de le préciser) : il s’agit

en France de lutter contre les expulsions,

éventuellement en s’appuyant sur des informations

données par l’AME et, au Mali de

demander que des moyens d’urgence soient

mis en oeuvre par les autorités maliennes

et françaises pour accueillir les expulsés.

Le danger qui nous guette est que nous assurions

nous-mêmes (ou plus exactement

que l’AME assume avec notre éventuel soutien)

le suivi des expulsions (une militante

Cimade a entendu un policier rassurer un

expulsé dans l’avion en lui disant « tu verras,

ça se passera bien, il y a une assos pour

t’accueillir »). Le seul antidote à ce risque

est d’essayer de faire de chaque intervention

une dénonciation de la politique d’expulsion

de la France, de son indifférence devant

les drames qu’elle provoque et de la trop

grande passivité des autorités maliennes.

Autrement on devient les restos du coeur…

Il faudra être vigilants.

Naissance de RESF en Belgique

11,5 millions d’habitants en Belgique,

150 000 sans papiers, 9 000 expulsions/an,

des familles, des enfants détenus dans des

centres fermés dans des conditions honteuses

et inhumaines.

Les bancs des écoles se clairsèment, des

enfants disparaissent, arrêtés et expulsés.

Ici, même les mineurs sont en situation

illégale. Comment une chaise vide dans

une classe, là où un enfant apprenait à

tenir debout ?

Kinderen Zonderen Papieren, née « de la

fureur et du désespoir d’enseignants qui

ne supportaient pas de voir disparaître

des enfants de leurs classes », intervient

depuis 2005 de l’autre côté de la « frontière

linguistique », mais du côté francophone,

rien n’existait encore.

Alors, RESF en Belgique est opérationnel

depuis décembre dernier.

RESF en Belgique, et non RESF Belgique,

car l’initiative est bruxelloise, même si elle

commence à s’étendre dans la communauté

francophone.

Nous luttons contre la contradiction de

l’obligation scolaire de tous les enfants

- avec une école qui structure les élèves

autour des valeurs de liberté, d’égalité et de

solidarité – et un Etat qui décide de rejeter

dans l’ombre certains d’entre eux. Comment

expliquer à un enfant que la liberté,

l’égalité et la solidarité, c’est uniquement

pour les autres?

Il s’agit aussi d’une question de démocratie,

très présente ici dans les discours, mais trop

absente des pratiques. Nous souhaitons partager

expériences et savoirs pour « affiner

des pratiques positives de démocratie » et

construire des espaces de résistance et de

création, en réponse à une politique qui ne

tient aucun compte de l’humain.

Il n’est plus question de laisser faire en

notre nom, d’être complices d’une barbarie

d’état.

Le récent accord gouvernemental, même

s’il a enfin pris en compte l’immigration,

ne résout rien : lors des demandes de régularisation

il sera, par exemple, examiné la

réussite scolaire des enfants ! Des critères

ont été mis en place, ce qui ne saurait nous

satisfaire, même si nous les utilisons. Ils

ne feront pas l’objet d’une loi, mais d’une

circulaire…

Le 20 mai 2008, le projet de directive sur

la rétention et l’expulsion des personnes

étrangères va être soumis au Parlement

Européen.

Ce projet, dans la continuité des politiques

européennes sur l’immigration axées uniquement

sur les volets sécuritaire et répressif,

officialise la disparition des principes

fondamentaux des personnes.

S’il était adopté, ce texte permettrait :

• l’enfermement des étrangers pouvant

atteindre 18 mois pour le seul fait d’avoir

franchi des frontières et de vouloir vivre

en Europe ;

• la détention des mineurs, au mépris

du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant

;

• l’interdiction pour les étrangers expulsésde revenir en Europe pendant 5 ans,

ce qui revient à criminaliser et à exclure

ces personnes.

Au regard de ces violations des Droits

de l’Homme, nous demandons donc aux

parlementaires européens de rejeter ce

projet de directive.

Il est de notre responsabilité de réagir pour

empêcher la systématisation des camps

et l’éloignement des personnes jugées

indésirables.

Signataires de l’appel : AEDH, Anafé,

APDHA, Arci, ASTI Luxembourg, ATMF,

Cimade, Cire, Gisti, Ipam, Kerk in Actie,

LDH Belgique, Migreurop, ProAsyl.

Mercredi 7 mai 2008 à Bruxelles 12h30, place Schuman

Rassemblement européen contre la directive de la honte

Publié dans : Droit de l'homme |le 11 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

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