Il est con…tent de lui « l’hyperactif »….

Elysée. Numéro de séduction à Melun, où le Président visitait les Assédic et l’ANPE.

ANTOINE GUIRAL

QUOTIDIEN : samedi 17 mai 2008

Content. Tête des bons jours qu’on ne lui connaissait plus, sourire en coin et sentiment que rien ne peut lui résister : ni les syndicats, ni «les sachants» [les experts économiques, ndlr] et leurs prévisions de croissance trop pessimistes, ni Bruxelles à qui il dit «regardez vos chiffres», à propos des déficits français.

Quand Nicolas Sarkozy est heureux, il a la joie démonstrative et tout le monde doit être joyeux avec lui. Ce qui le ravit ce vendredi matin à Melun où il est venu parler emploi et fusion ANPE-Unédic ? Ce trop bon tour, bien sûr, qu’il a joué la veille au soir à ces grévistes de profs, avec son service minimum d’accueil à l’école. «Si les socialistes sont contre, c’est leur droit, les Français jugeront», dit-il fiérot. A peine descendu de voiture, Monsieur peur de rien et de personne fond sur la poignée de militantes CGT parquées devant l’agence ANPE. Quelques minutes plus tôt, la police omniprésente a fait place nette pour les images et a dépouillé ces sept femmes de leur matériel syndical (tee-shirts, casquettes…). Une police qui, appareil photo et petite caméra au poing, numérise toutes les têtes présentes. «J’arrive, j’arrive…», lance le Président détendu aux cégétistes. Le début de dialogue est âpre. Sur la barrière métallique, il prend les deux mains de son interlocutrice : «On se ressemble tous les deux, lance-t-il.

- Pas sûr…

- C’est flatteur pour moi, poursuit-il.

- Ouais, vous êtes toujours aussi beau parleur… - Parleur tout court.»

L’exercice de pédagogie sarkozyste sur les bienfaits de ses réformes se poursuit. Il reprend les mains de la dame. Elle : «Mon amoureux ne veut pas que vous me touchiez. Il n’est pas prêteur.». Sarkozy, se tournant vers l’amoureux en question, dégaine son trophée : «Hé, je vous présenterai Carla.» Il rit et tourne les talons.

Le voilà revenu en campagne (ce qu’il reconnaît) quand tout lui souriait. Mêmes formules rôdées («l’idée la plus authentiquement stupide, c’est le partage du travail», «les 35 heures ? Un faux acquis social mais une vraie limitation des salaires»), même esprit de conquête en stigmatisant les uns (les faux chômeurs, «certes minoritaires mais…»), en promettant des jours meilleurs aux autres. Dans son discours, tout y passe : «le prix du yaourt», «la crise du porc», «le coût du jambon fumé», l’anecdote du chômeur qui a refusé «67 postes sans sanction» et les bons chiffres de la croissance qu’il s’attribue. Un dernier tacle contre ces «élites qui ont renoncé à faire les choses» et Sarkozy conclut : «Ben oui, j’ai pas changé.» Non, sans blagues.

Publié dans : Economie |le 17 mai, 2008 |Pas de Commentaires »

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