La loi Bachelot………

Prévention

Fabrice Rousselot

«Il est interdit d’interdire», aimait-on à répéter à une époque qui n’est pas indifférente à ce journal. Sans verser dans une nostalgie qui n’a pas lieu d’être, on peut néanmoins s’interroger sur le «cadre de vie» que l’on dessine aux jeunes d’aujourd’hui. En interdisant la vente de tabac et d’alcool aux mineurs, les députés ont sans aucun doute une louable intention. La pratique du «binge drinking» notamment, qui entraîne de nombreux comas éthyliques à des âges de plus en plus précoces, est un légitime sujet d’inquiétude auprès de tous les parents. Mais peut-on vraiment construire une politique de santé publique en décrétant des interdictions en série ? Qui peut sérieusement prétendre que l’on va empêcher un jeune de 15 ans de se procurer un pack de bières ou des cigarettes seulement parce que c’est interdit ? On préférerait que la ministre de la Santé, par exemple, parie de façon plus affirmée sur la prévention et l’éducation plutôt que sur des lois répressives. En matière de drogue, le tout-interdit n’a produit aucun résultat. Et l’intervention de policiers avec des chiens dans une salle de classe il y a quelques semaines n’est pas la meilleure voie à suivre pour faire passer le message de la dangerosité du cannabis. Dans un contexte difficile pour une jeunesse dont l’Elysée reconnaissait «le malaise évident» il y a quelques semaines, l’interdiction peut aussi être facteur de transgression. Surtout quand, dans le même temps, les députés décident d’autoriser la publicité pour les alcools sur Internet, le média le plus communément partagé par les mineurs.

Publié dans : SOCIAL |le 12 mars, 2009 |Pas de Commentaires »

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