Les statistiques ethniques reprennent du terrain…

Diversité . Yazid Sabeg veut mesurer le sentiment d’appartenance à une communauté.

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CATHERINE COROLLER

La querelle entre ceux qui sont pour ou contre les statistiques ethniques se poursuit-elle alors que la loi est déjà dans les tuyaux ? S’est instauré en tout cas, ces derniers jours, un débat assez surréaliste. D’un côté, Yazid Sabeg, nommé par Nicolas Sarkozy commissaire à la diversité et à l’égalité des chances. Favorable aux statistiques ethniques, Yazid Sabeg a annoncé qu’il formulerait un projet ou une proposition de loi visant à «rendre licite la mesure de la diversité». Ce texte sera rédigé sur la base des recommandations du «comité de réflexion» que Yazid Sabeg a lui-même désigné et dont il a confié la présidence à François Héran, directeur général de l’Ined (Institut national d’études démographiques). Ce groupe de travail devra élaborer, avant l’été, des propositions pour «mesurer la diversité et les discriminations».

«Combattre». Pour Sabeg, en effet, «les discriminations qui ont trait aux caractères ethniques ont atteint un niveau insupportable». Et «il faut les mesurer pour les combattre». Les chercheurs travaillent essentiellement sur le lieu de naissance des parents et le patronyme des personnes concernées par l’enquête. Cela ne convient pas au commissaire à la diversité. Pour autant, il n’entend pas classer les personnes interrogées dans des catégories ethno-raciales comme cela se fait aux Etats-Unis mais les questionner sur leur sentiment «d’appartenance à une communauté».

Les quelques réactions au projet de Yazid Sabeg sont hostiles. Lundi, Patrick Gaubert, le président du Haut conseil à l’intégration, s’est déclaré «opposé à toute mesure à caractère ethnique de la population» et «favorable à la mesure de la diversité en fonction du patronyme et du lieu de naissance, qui ont fait leurs preuves jusqu’ici sans susciter de vagues».

«Très hésitant». Hier, Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, s’est dit «très hésitant sur cette question». Pour lui, les statistiques ethniques sont inutiles. «Est-ce qu’on a besoin de ça, par exemple, pour améliorer la mixité sociale dans les quartiers ? Non. Est-ce qu’on a besoin de ça pour former plus de candidats [issus de la diversité, ndlr] aux élections ? Non. Est-ce qu’on a besoin de ça pour réorganiser la composition dans les écoles par quartier ? Non.» «Il y a beaucoup de mesures qu’on peut prendre sans ces fichiers, qui posent d’autres problèmes», affirme-t-il encore. Egalement opposé à la mesure de la diversité, SOS Racisme, pour qui «la dynamique communautariste contenue dans les propos de monsieur Sabeg n’est pas acceptable, aussi bien au niveau des effets à en attendre (fragmentation de la société…) que des principes qui la sous-tendraient (à savoir le remplacement de la recherche de l’égalité entre les individus par la recherche d’un équilibre entre les communautés)».

Nicolas Sarkozy, qui s’était jadis déclaré favorable aux statistiques ethniques, ne s’est plus exprimé sur le sujet depuis longtemps. Avec la nomination de Yazid Sabeg, cherche-t-il à tester les réactions de l’opinion publique sur le sujet ou prépare-t-il un passage en force ? C’est toute la question.

Publié dans : Politique |le 13 mars, 2009 |Pas de Commentaires »

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