L’édito de Laurent Joffrin….(20/04/2009)…

Risque

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Par LAURENT JOFFRIN

Doit-on reprocher aux responsables publics leur excès de précaution ? Voilà un procès manifestement abusif. Dès lors que de précédentes éruptions volcaniques avaient failli provoquer une catastrophe aérienne – en Indonésie, par exemple -, tout responsable public se trouvait contraint à la prudence. Déjà les règles de vol obligeaient les pilotes à contourner les nuages de poussière volcanique. Le nuage islandais prenant la dimension d’un continent, le trafic aérien devait être arrêté. Pourtant, cette justification logique et immédiate, tout à fait recevable, n’empêchera pas le réexamen du principe de précaution écrit dans la Constitution. Coup sur coup, deux dangers immédiats et précis – une épidémie de grippe, des accidents d’avion – semblent avoir été surestimés. La grippe est restée limitée, et on va sans doute s’apercevoir que le nuage était moins dangereux qu’annoncé. Alors que dire de risques, lointains et diffus, suscités par l’application d’une découverte scientifique ou d’une innovation industrielle ? Même si le principe de précaution participe d’un degré supérieur de civilisation, même s’il tempère une certaine arrogance de la technique, son application rigide, systématique, est aussi la cause d’inconvénients graves. Au terme d’une dérive insensible, il s’est changé, en principe de suspicion, qu’on applique sans cesse à la science et à l’invention, en oubliant leurs effets bénéfiques. A force d’expériences, l’opinion comprendra que l’acceptation raisonnable du risque – dans certaines limites – est la condition du progrès humain.

Publié dans : TRANSPORTS |le 20 avril, 2010 |Pas de Commentaires »

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