L’édito de Laurent Joffrin (30/07/2010)….

La part du feu

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Par laurent joffrin

Transparence ou trompe-l’œil ? Il y a deux manières d’interpréter l’enquête menée par le procureur Courroye sur l’affaire Woerth. Le nombre des interrogatoires et des perquisitions, la fréquence des fuites, l’activité de la police, tout cela pourrait relever d’un louable souci de sincérité pour éclairer l’opinion sur la réalité d’un imbroglio politico-financier trouble et romanesque. On l’a écrit ici plusieurs fois : l’affaire se caractérise par l’abondance des soupçons et la rareté des preuves formelles. Les fautes éthiques sont évidentes et Eric Woerth a reconnu tardivement la principale en démissionnant de son poste de trésorier de l’UMP. La première leçon de l’affaire, aujourd’hui, c’est la choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent et la droite française, qui nous renvoie aux traditions sociologiques les mieux établies de l’histoire du pays. Le volet pénal du dossier reste mince et le ministre bénéficie, comme tout un chacun, de la présomption d’innocence.

Mais il y a une autre version du film qui se déroule sous nos yeux. En menant une enquête rapide et spectaculaire, on fait la part du feu et on satisfait en partie la curiosité du public. On évite surtout la nomination d’un juge d’instruction réclamée à cor et à cris par l’opposition. Doté de pouvoirs plus étendus, disposant d’une beaucoup plus grande autonomie de mouvements et par nature plus indépendant, un «petit juge» compétent et pugnace irait nettement plus loin dans les investigations. N’est-ce pas ce qu’on cherche précisément à éviter ?

Publié dans : "AFFAIRES", Politique |le 30 juillet, 2010 |Pas de Commentaires »

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