Libres propos…..

Réforme des retaites : où est la sortie ?

Laurent Pinsolle – Blogueur associé | Jeudi 14 Octobre 2010 à 05:01 | Lu 5141 fois


Nicolas Sarkozy serait-il pris à son propre piège avec la réforme des retraites? Alors qu’il voulait mettre en lumière la manque de propositions de la gauche dans ce domaine, la mobilisation croissante des Français semble au contraire l’acculer de plus en plus, selon Laurent Pinsolle.



(Vincent Gauthier)

(Vincent Gauthier)

Hier, les Français se sont mobilisés en masse pour manifester contre la réforme des retraites du gouvernement. Cette vaste mobilisation est-elle un chant du cygne avant la victoire du gouvernement ou un prélude à un conflit dur où le président serait contraint de reculer ?


Une posture politique

Il faut le répéter : cette réforme est davantage un geste politique destiné à ranimer le clivage gauche-droite et à tenter de mobiliser son électorat qu’une véritable réforme de fond destinée à équilibrer les comptes des retraites. Pour preuve, les comptes resteront déficitaires jusqu’en 2017 et ne le seront pas plus à partir de 2019. Seule l’année 2018 le serait, et encore, au prix d’hypothèses de croissance et de niveau de chômage qui apparaissent totalement irréalistes.

Nous sommes à mille lieues de la réforme de structure. Nicolas Sarkozy veut seulement montrer qu’il a du courage à son électorat et provoquer une querelle où il devait être soutenu par l’électorat de droite. Cette posture apparemment habile devait lui permettre de se replacer au cœur du débat politique et d’attaquer le manque de propositions alternatives du Parti socialiste. Mais le beau scénario écrit par les communicants de l’Élysée a du plomb dans l’aile.


Une confrontation dangereuse

Le président a voulu l’affrontement en pensant rééditer le coup de la réforme des régimes spéciaux. Mais aujourd’hui, les sondages semblent indiquer qu’il ne gagne sur aucun front. La droite a pris conscience du manque de radicalité de la réforme. La gauche peut s’appuyer sur ses aspects injustes pour la dénoncer. En privilégiant la posture au fond (lire sur ce sujet le constat et les propositions de Debout la République ), le président se met dans une position difficile.

En effet, il lui est totalement impossible de retirer son projet, sous peine de se démonétiser à droite, sans pouvoir espérer le moindre gain à gauche. Même en cas de conflit dur, l’option du retrait n’en semble pas une. Cela amène à se demander ce qui pourrait bien se passer si la mobilisation continuait à se renforcer et qu’un blocage du pays commençait. Bref, Nicolas Sarkozy semble pris dans le piège qu’il avait tendu à la gauche, ne contentant personne et ne résolvant rien…

La remobilisation d’hier et les sondages dessinent un scénario dangereux pour le président. Il semble avoir déjà perdu la bataille de l’opinion et les options qui lui restent semblent devoir revenir à un choix entre la peste et le choléra.

Retrouvez les articles de Laurent Pinsolle sur son blog



Publié dans : RETRAITES |le 14 octobre, 2010 |Pas de Commentaires »

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