« Changer de destin »…………………………(22/02/2012)

EXCLUSIF. « Changer de destin », le nouveau livre de François Hollande

Créé le 21-02-2012 à 19h22 – Mis à jour le 22-02-2012 à 07h47      100 réactions

François Bazin

Par François Bazin

Le « Nouvel Observateur » sortira exceptionnellement mercredi sur l’ensemble de la France avec, en avant première, de larges extraits du livre du candidat. François Bazin l’a lu.

François Hollande sur un marché à Paris, le 19 février 2012. (Fred Dufour/AP/SIPA)

François Hollande sur un marché à Paris, le 19 février 2012. (Fred Dufour/AP/SIPA)

Un livre de campagne ? Un livre dans la campagne, plutôt ! « Changer de destin » à l’apparence modeste d’un petit opus de 170 pages, écrit à la première personne et destiné à tous ceux qui veulent savoir qui est le candidat socialiste, ce qu’il pense et surtout ce qu’il veut. Pas de photo sur la couverture blanc crème. Juste le nom de l’auteur et un titre qui sonne comme un slogan. Le PS de François Mitterrand voulait « changer la vie ». François Hollande propose de « changer de destin ». Il n’est pas certain qu’au bout du compte l’objectif soit moins ambitieux.

La première partie de ce livre, divisé en neuf chapitres, porte sur la trajectoire d’un candidat à la présidentielle qui écrit d’emblée : « Tout, dans ma vie, m’a préparé à cette échéance : mes engagements et mes responsabilités, mes réussites et mes épreuves. Car François Hollande se reconnaît une passion : « la politique ». C’est sous ce signe qu’il a grandi depuis que sa « curiosité  » a été éveillée par « une grande bataille française : celle qui opposait en 1965, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel de la cinquième République, un inconnu nommé Mitterrand au général de Gaulle. La liberté face à la gloire avait dit effrontément François Mitterrand, en citant Lamartine ».

Le 6 mai : une défaite ressentie avec « une tristesse personnelle »

François Hollande a une histoire. Il a surtout une vision de l’Histoire qui s’inscrit dans celle de la gauche et de la République mais qui ne se réduit pas au catéchisme socialiste. C’est sans doute en cela que François Hollande, dans cette campagne et surtout dans ce livre, ne se présente pas comme l’héritier d’un seul parti. Le récit national dans lequel il inscrit son propre parcours est celui d’un pays qui vient de loin. C’est une synthèse en perpétuel mouvement dans lequel, tel un républicain de progrès, comme on disait autrefois, il puise des références qui ne sont pas seulement celle de son camp. « Je le confesse, écrit-il ainsi, j’ai regardé avec respect, malgré ma méfiance, le général de Gaulle ».

Lors de son meeting du Bourget, les équipes du candidat avaient diffusé deux petits films à usage militant dans lesquels ce désir de rassembler tous les épisodes de la vie nationale apparaissait moins clairement. Dans le paysage de François Hollande, qu’il regarde loin ou qu’il vise court, il n’y a pas d’exclus. Deux détails le soulignent plus particulièrement. La campagne de 2007 de Ségolène Royal est évoquée dans « Changer de destin » en une page où l’auteur dit avoir ressenti la défaite du 6 mai avec « une tristesse personnelle ». De même, François Hollande affirme que, s’il doit être élu président de la République, il considérera les électeurs de ses adversaires et notamment ceux de Nicolas Sarkozy comme des citoyens ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres.

Egalité et justice, mais aussi sécurité et immigration

« Mes valeurs pour la France », titrait-il y a dix jours le « Figaro Magazine » en publiant la première interview de campagne du candidat-président. C’est sur ce même terrain – avec d’autres références ! – que François Hollande lui répond aujourd’hui. En citant cette fois-ci nommément Nicolas Sarkozy, chose qu’il ne fait jamais dans ses discours et ses interventions publiques.

Le chef de l’Etat a même droit à un portrait particulièrement acide. « Il fait partie de ces personnalités qui parlent plus qu’elles n’écoutent ». De ses rares échanges avec Nicolas Sarkozy, François Hollande a « gardé le souvenir d’un homme énergique et vif rempli d’une seule certitude. La sienne ! « . Les autres candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou notamment, sont, en comparaison, traités avec plus de magnanimité (ou de malice). Le premier est qualifié de « militant sincère » ayant su « capter ce qui reste de l’ancienne force du PC ». S’agissant du second, il confie « qu’un centriste assis entre deux chaises ira toujours moins loin qu’un socialiste qui marche ».

Voilà pour les coups de pattes. Mais ce qu’on retiendra surtout de « Changer de destin » est une définition très hollandaise du projet républicain. Le candidat socialiste met en exergue deux mots : égalité et justice, qu’il décline sur les différents volets de son programme (éducation, recherche, fiscalité…). Le point central de la démonstration de François Hollande – celle qui traduit dans le discours socialiste l’évolution la plus nette, celle qui sera sans doute la plus remarquée – porte sur des thèmes (sécurité, communautarisme, immigration) où la gauche n’a jamais été très à l’aise au cours de ces dernières années, ballotée par l’opinion, bousculée par la droite, gênée par ses propres divisions.

« Une République du XXIème siècle »

« La République ne tient pas sa promesse, note François Hollande. Les Français le voient, s’en inquiètent et souvent s’en désespèrent ». Or, « comme tous les républicains, écrit-il également, je suis patriote ». C’est ce qui l’amène à reconnaître le malaise français : « ceux qui s’inquiètent pour l’identité de la France ne sont pas forcément extrémistes ». Tout le propos de François Hollande est donc de faire comprendre au lecteur – puis à l’électeur – que l’identité de la France, c’est d’abord la République. Puis que le combat républicain est celui qui unifie et rassemble. Enfin que dans ce combat là, « la gauche, c’est la loi ». Il dit, à cet égard, approuver la phrase de Michel Rocard – « à condition de la citer entièrement  » – : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, même si elle doit en prendre sa part ».

Dans les dernières lignes de « Changer de destin », c’est ce mot étendard – République – qui revient à cinq reprises sous la plume du candidat. Une République qu’il entend « restaurer » ; une République dont il veut qu’elle encourage « le mérite et le travail » ; une République « respectueuse de la planète » ; une République respectueuse des citoyens « sans distinction ». Bref selon lui « une République du XXIème siècle ».

François Bazin – Le Nouvel Observateur 

« Changer de destin », Editions Robert Laffont, 9 euros

François Bazin

Par François Bazin

Publié dans : CULTURE, Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |le 22 février, 2012 |Pas de Commentaires »

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