L’édito de Nicolas Demorand………………..(27/03/2012)

Retard

Par NICOLAS DEMORAND Directeur de Libération

Trop souvent, la politique culturelle reste considérée comme l’un des attributs du pouvoir à la française : en plus de la maîtrise du feu nucléaire, le Prince se doit aussi de régner sur les arts et les lettres. De Louis XIV à Malraux et (François) Mitterrand, les précédents ne manquent pas, même si la situation s’est, depuis, quelque peu dégradée. Malheureusement, en période électorale, la question se résume à un choc de tapisseries et de brochettes. Avec ces inénarrables rangées de people en meeting, ces sinistres «comités de soutien» qui suscitent la gêne plus que l’enthousiasme. La culture mérite mieux. Car elle est un laboratoire pour les politiques publiques. Très largement gérée par les collectivités locales, elle est un avant-poste des forces et faiblesses de la décentralisation. Mondialisée et numérisée, dominée par de grands groupes qui organisent de fait la circulation des œuvres, elle est un défi lancé à l’idée même de régulation économique. Que peut encore l’Etat ? Les crises des subprimes et des dettes souveraines n’ont fait que reformuler une interrogation déjà ancienne dans le monde de la culture, confronté le premier au règne du clic et de la dématérialisation généralisée. Face à ce nouvel écosystème, la France a pris un retard considérable et doit aujourd’hui changer de paradigme. Repenser le rôle d’un ministère dont les prérogatives se sont évaporées, mais dont l’intervention est plus que jamais nécessaire.

Publié dans : CULTURE, Politique |le 27 mars, 2012 |Pas de Commentaires »

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