Peine de mort………………………….(27/03/2014)

Peine de mort : toujours plus d’iniquité, d’absence d’humanité…

Céline Lussato

Voir tous ses articles

Publié le 27-03-2014 à 06h00

Condamnés pour meurtre mais aussi blasphème, adultère ou « inimitié à l’égard de Dieu », parfois mineurs au moment des faits ou souffrant de handicap mental, parfois opposants politique, ils sont des milliers à avoir été exécutés en 2013, recense Amnesty.

Un Saoudien exécuté pour le meurtre d'un compatriote au Koweit en avril 2013 (YASSER AL-ZAYYAT/AFP)Un Saoudien exécuté pour le meurtre d’un compatriote au Koweit en avril 2013 (YASSER AL-ZAYYAT/AFP)

Décapitation, électrocution, pendaison, injection létale, peloton d’exécution : 778 personnes ont été officiellement exécutées dans 22 pays en 2013 selon les chiffres du dernier rapport annuel d’Amnesty international rendu public ce jeudi 27 mars. Des chiffres en progression par rapport à l’année précédente lors de laquelle 682 détenus avaient été mis à mort dans 21 pays. Mais un bilan qui ne tient pas compte des exécutions réalisées en Chine où des milliers de détenus ont été tués mais où aucun chiffre détaillé ne peut être obtenu compte tenu du fait que ces données sont classées secret d’Etat à Pékin. Un bilan qui ne tient pas non plus compte des exécutions en Syrie ou celles « estimées » en Iran où ont été recensés 369 détenus tués mais où, selon des sources présentées comme crédibles par Amnesty, 335 autres exécutions  auraient eu lieu, ce qui porterait le total à au moins 704 morts pour 2013 pour le seul Iran.

Outre ces deux plus grands « exécuteurs », les pays qui ont eu le plus recours à la peine de mort en 2013 sont l’Irak (169), l’Arabie saoudite (79), les Etats-Unis (39) et la Somalie (34).

« Seul un petit nombre de pays sont responsables de la grande majorité de ces meurtres d’État qui n’ont aucun sens », souligne le secrétaire général d’Amnesty International Salil Shetty.

« Le rythme quasi frénétique des exécutions dans certains pays comme l’Iran et l’Irak est scandaleux », dénonce-t-il. Des Etats qui, pour le secrétaire général d’Amnesty en « s’accrochant à la peine de mort se situent du mauvais côté de l’histoire et sont, en réalité, de plus en plus isolés ». Parmi eux, les Etats-Unis, où, certes, le nombre d’exécutions a reculé passant de 43 en 2012 à 39 en 2013 – une diminution de 10% – mais où le nombre de condamnations est en légère hausse. Notons que le Texas représente à lui seul 41% des exécutions dans le pays.

Piètre état de la justice

Ces chiffres alarmants cachent en effet une amélioration de la situation en matière du nombre de personnes victimes de la peine de mort dans le monde si on se place sur le long terme. Il y a 20 ans, 37 pays appliquaient activement la peine de mort. Le nombre de pays appliquant la peine capitale n’a donc cessé de diminuer depuis 20 ans et beaucoup de pays, qui avaient mis à mort des condamnés en 2012 n’ont procédé à aucune exécution en 2013, notamment la Gambie, les Emirats arabes unis, le Pakistan ou encore la Biélorussie. Des pays qui n’ont certes pas abandonné le recours théorique possible à la peine capitale, mais ne l’ont en tous cas pas appliqué en 2013.

En revanche, les conditions dans lesquelles des détenus continuent d’être victimes de la peine de mort, reflètent un piètre état de la justice dans la plupart des pays où elle est appliquée. Ainsi, souligne Amnesty dans son rapport, « dans beaucoup de pays non abolitionnistes, le recours à la peine de mort est entouré de secret ; aucune information n’est rendue publique et, dans certains cas, la famille du condamné ou son avocat ne sont même pas prévenus à l’avance des exécutions ». C’est notamment le cas en Inde, en Indonésie, au Japon, en Malaisie et au Soudan du Sud.

En outre, plusieurs pays, et notamment les Etats-Unis, continuent de ne pas respecter les normes internationales relatives à l’utilisation de la peine capitale qui interdisent de condamner à mort des personnes soufrant d’un handicap mental. Ainsi, le 5 août, la Floride a exécuté John Ferguson, malgré ses antécédents de troubles mentaux remontant à plusieurs dizaines d’années, avant les faits pour lesquels il a été condamné. Il avait été diagnostiqué schizophrène pour la première fois en 1971.

Exécutions de mineurs

Certains pays continuent également d’appliquer la peine de mort à des mineurs. « Au moins trois personnes ont été exécutées en Arabie saoudite pour des crimes commis alors qu’elles étaient âgées de moins de 18 ans, en violation du droit international. Selon certaines informations, des mineurs délinquants auraient aussi été exécutés au Yémen et en Iran », dénonce également Amnesty. Ainsi, le rapport annuel de l’ONG cite le cas de Rizana Nafeek, employée de maison sri-lankaise décapitée en janvier en Arabie saoudite après avoir été déclarée coupable du meurtre d’un bébé qu’elle gardait lorsqu’elle avait 17 ans. Or la jeune femme, outre le fait qu’elle était mineure au moment des faits, n’a pas bénéficié de l’assistance d’un avocat, a affirmé avoir fait des « aveux » sous la contrainte, après avoir été brutalisée – « aveux » pour lesquels elle s’était d’ailleurs rétractée dans un deuxième temps.

Ces condamnations notamment appuyées sur des « aveux arrachés sous la torture ou d’autres formes de mauvais traitements » sont monnaie courante dans certains États, notamment en Afghanistan, en Arabie saoudite, dans l’Autorité palestinienne (par les autorités du Hamas, à Gaza), en Chine, en Corée du Nord, en Irak, en Iran et au Pakistan, explique Amnesty.

Meurtres politiques

De même, de nombreux condamnés à mort l’ont été pour des crimes n’ayant pas entraîné la mort, tels que des vols avec violence, des infractions à la législation sur les stupéfiants et des crimes économiques, mais aussi pour des actes « qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes », comme l’ »adultère » en Arabie saoudite, le « blasphème » au Pakistan et l’ »inimitié à l’égard de Dieu » en Iran, souligne Amnesty qui dénonce le fait que « de nombreux pays ont utilisé le prétexte de ‘crimes’ politiques, définis en termes vagues, pour exécuter des dissidents réels ou supposés ». Ainsi, en Iran, les autorités ont procédé à la fin octobre à 20 exécutions en l’espace d’un week-end et notamment celle du prisonnier politique kurde Habibollah Golparipour arrêté en 2009 et condamné à mort en 2010 lors d’un procès qui avait duré cinq minutes, sur le chef d’ »inimitié à l’égard de Dieu » lié à sa collaboration supposée avec le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK). Sa famille n’a pas été informée au préalable de son exécution. Les autorités ont refusé de lui restituer le corps.

Céline Lussato – Le Nouvel Observateur

Peine de mort...............................(27/03/2014) dans Justice 7125544

 dans Justice

Publié dans : Justice |le 27 mars, 2014 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente