Un commerce qui se porte bien………………………….(08/08/2015)

Armes : la France vend en rafale

PIERRE ALONSO 7 AOÛT 2015 À 19:56
Démonstration en vol de l'avion Rafale fabriqué par Dassault aviation.
Démonstration en vol de l’avion Rafale fabriqué par Dassault aviation. (© Marc Chaumeil pour Libération)
RÉCIT

Malgré le rétropédalage sur les Mistral russes, l’exportation d’armement français bat des records cette année. La conjonction d’une stratégie gouvertementale et d’un contexte international.

L’histoire s’est terminée par un coup de fil. Mercredi soir, François Hollande et Vladimir Poutine se mettent d’accord par téléphone pour refermer le dossier des Mistral. Actée en décembre par les deux chefs d’Etat, la non-livraison des deux porte-hélicoptères a ensuite fait l’objet de plusieurs mois de négociations «très entourées par les deux présidents», euphémise un responsable français. Quel montant rembourserait la France ? La Russie avait versé 893 millions d’euros - «l’argent du contribuable russe», insiste une source ministérielle – mais aussi acquis des équipements spécifiques et fait des travaux d’aménagement pour accueillir les deux navires dans ses ports.

En avril, Moscou chiffrait son préjudice à 1,16 milliard d’euros. Le montant de l’accord final est«inférieur à un milliard d’euros»,selon plusieurs sources proches du dossier. Personne n’en divulgue le montant exact. «Les Russes ne le veulent pas», justifie un haut responsable familier de l’affaire. Outre le prix, la négociation portait sur l’abandon de tout contentieux et la pleine propriété française des navires après accord, ce qui ouvrait la possibilité de les réexporter : au vu de l’état de ses finances, l’hypothèse d’un rachat par la marine française, qui en possède déjà trois, a vite été écartée. Les négociateurs français ont obtenu cette concession des Russes.

MONTANT RECORD

Paris y tenait : depuis son arrivée au pouvoir en 2012, l’exécutif socialiste enchaîne les succès quand il s’agit de vendre des armes à l’étranger. Il envisage donc sereinement la revente des deux navires dont le maintien dans le port de Saint-Nazaire coûte «entre 1 et 5 millions». Hollande s’est réjoui dès jeudi que les Mistral «suscitent une certaine demande de la part de beaucoup de pays»«Il n’y aura aucune difficulté pour trouver preneur», a-t-il ajouté, confiant. Le président français s’exprimait en Egypte, où il assistait, en invité d’honneur, à l’inauguration de l’élargissement du canal de Suez. L’Egypte du président Al-Sissi, le premier pays étranger à avoir acheté des Rafale, se dit maintenant intéressé par les Mistral. L’Arabie Saoudite, plus gros acheteur d’armement français ces cinq dernières années, serait aussi intéressé, selon le Monde, soit par un rachat direct soit par un financement des deux navires pour le compte du Caire. Le ministère de la Défense, en vertu de sa «règle primordiale» de discrétion, refuse de confirmer ou d’infirmer : «On ne s’exprime pas avant l’annonce par l’acheteur.»

D’autres noms circulent. Le Canada, un pays confronté aux grands froids comme la Russie, Singapour, qui dispose d’une flotte moyenne qu’un porte-hélicoptères renforcerait, ou encore le Brésil. Les clients potentiels de ce genre de matériel d’armement ne sont de toute façon pas légion. Ils doivent disposer des capacités financières, militaires et techniques nécessaires. Parmi eux, l’Inde, client régulier de la France et futur acquéreur de 36 avions de chasse Rafale, comme l’a annoncé en avril le Premier ministre Narendra Modi.

Avec près de 4 milliards d’euros de commandes entre 2010 et 2014, New Delhi est le deuxième plus gros acheteur d’armes françaises derrière l’Arabie Saoudite. «Les dépenses militaires augmentent partout dans le monde, surtout au Moyen-Orient et en Asie», analyse Lucie Béraud-Sudreau, doctorante à Paris-II-Panthéon-Assas sur les politiques d’exportation d’armement, pour expliquer ces succès français. L’appétit de ces Etats se traduit, côté français, par un montant record de commandes cette année : environ 15 milliards d’euros au 30 juin 2015 contre 8,2 milliards en 2014, selon les chiffres du ministère de la Défense. Depuis 2012, le montant des commandes a augmenté chaque année.

DÉSENGAGEMENT AMÉRICAIN

La stratégie d’exportation a été revue, redonnant toute sa place à l’Hôtel de Brienne avec la création d’un Comed (comité ministériel des exportations de défense) et une relation au beau fixe avec l’Elysée. Mais la méthode Hollande et «l’équipe France» vantée par Jean-Yves Le Drian ne suffisent pas à expliquer ces résultats. La France profite du désengagement américain, du mécontentement de plusieurs pays arabes à l’égard de Washington et du regain de tensions au Moyen-Orient. Des chars Leclerc des Emirats arabes unis ont été photographiés en action, sur le terrain, au Yémen, à une cinquantaine de kilomètres d’Aden.

De nouvelles armes françaises, dont les Rafale, sont aussi estampillées«combat proven» (preuve opérationnelle) depuis la guerre en Libye de 2011. Comme le raconte le colonel Pierre Verborg dans son livre paru en avrilEnvoyez les hélicos, cette campagne a aussi vu l’utilisation des hélicoptères évoluer. Traditionnellement utilisés en appui, ils sont intervenus en première ligne pour détruire des objectifs libyens. Le tout en décollant depuis les Mistral français.

Les commandes annuelles d'armement français et les principaux pays vendeurs d'armes

Liberation.fr
Publié dans : Insolite |le 8 août, 2015 |Pas de Commentaires »

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