L’édito d’AS…………………………………………………………..(

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas ici de tuer l’envie de chocolat et le plaisir, voire le réconfort, qu’un carré, un gâteau et même un poulet au cacao (le fameux molemexicain) procurent. Libération n’est pas un tue-l’amour. Les sources d’angoisse sont ces temps-ci trop nombreuses pour que nous nous amusions à démolir cet antidépresseur naturel («Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude», écrivait Romain Gary dans la Vie devant soi). Toutefois, à quelques semaines des fêtes de fin d’année, une plongée dans la géopolitique de l’or brun est fort instructive. Car ce qui est au premier abord une simple douceur est en réalité une vraie matière première au même titre que l’or noir. Meilleur en bouche certes, mais tout aussi générateur d’inégalités et de déséquilibres Nord-Sud. La tablette de chocolat n’est pas un phénomène de génération spontanée. Elle naît d’une fève de cacao ramassée par des ouvriers agricoles dans des pays où les conditions de travail sont déplorables et les salaires indigents ; puis transformée par des industriels qui pensent surtout à augmenter les doses de graisse et de sucre pour favoriser l’addiction et accroître leurs marges ; enfin vendue à des consommateurs pas souvent regardants sur la composition et le prix du produit car biberonnés au chocolat dès l’enfance, donc faits comme des rats. Tout cela explique que la demande soit forte et que l’offre peine parfois à suivre, d’autant que des pays jusque-là indifférents à l’appel du cacao sont en train d’y succomber, telle la Chine. Alors, que faire ? Laisser lesprixgrimper ? Oui, si cela doit bénéficier aux petits producteurs d’Afrique ou d’Amérique latine, mais il ne faut pas rêver. Trouver des alternatives ? Certains s’y emploient mais il n’est pas sûr que la qualité et la pureté du produit soient les mêmes. Une chose est certaine : plus que jamais, il apparaît important de savoir ce que l’on mange. De vérifier la provenance d’une tablette et de privilégier les producteurs éthiquement et socialement responsables. D’analyser la composition du produit afin de s’assurer que la teneur en cacao pur est assez élevée. Manger moins de chocolat, peut-être, mais mieux. S’il s’agit de faire durer ce plaisir-là plus longtemps tout en améliorant la vie des petits producteurs, ça se tente.

Alexandra Schwartzbrod

Liberation.fr

Publié dans : HUMOUR |le 29 octobre, 2016 |Pas de Commentaires »

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