Archive pour le 5 avril, 2017

La lettre de Laurent Joffrin………………(05/04/2017)

Libération

05 avril 2017
Laurent Joffrin
La lettre de campagne
de Laurent Joffrin

Le roi est nu

  Philippe Poutou, quoique trotskiste, est un personnage d’Andersen. Alors que chacun ménageait le roi Fillon, craignant, comme dans le conte, de paraître sot ou grossier, l’enfant du prophète Léon a dit ce que tant de spectateurs pensaient d’un candidat faisant assaut de rigueur alors qu’il est mis en examen pour détournement de fonds publics : le roi est nu. L’adresse a porté, même si, s’agissant de Fillon, ce n’est pas la nudité qui le handicape, mais plutôt l’abondance des costumes. Elle a porté d’autant plus que Poutou n’a pas oublié, en même temps que le roi des tartuffes, d’épingler la reine des xénophobes, qui s’abrite derrière son immunité pour refuser de se rendre aux convocations de la police. Sa punchline : «Pour nous, quand nous sommes convoqués, il n’y a pas d’immunité ouvrière» restera dans les annales des débats présidentiels.

Avec la bonne prestation de Mélenchon, les saillies de Poutou et d’Arthaud, stridente elle aussi, soulignent l’excellence souvent négligée d’une école de formation qui pèse toujours sur la vie politique française : le trotskisme, toujours minoritaire, toujours influent. Les trois mousquetaires de la révolution permanente, changés en candidats républicains, ont chacun été pouponnés par l’une des écoles du trotskisme français. Mélenchon fut lambertiste (OCI, comme Jospin), Poutou est de filiation pabliste (LCR, comme Julien Dray ou Henri Weber), et Arthaud est porte-parole de Lutte ouvrière (LO). Outre leur solidité rhétorique, ce point commun s’est manifesté par un internationalisme persistant, qui en fait des adversaires déterminés du FN, et par un laïcisme très orthodoxe, symbolisé par la réplique de Mélenchon à Le Pen qui veut constitutionnaliser la présence des crèches chrétiennes dans les mairies : «Foutez-nous la paix avec votre religion !»

Pour le reste, ce débat à la fois confus et plein de relief, suivi toutefois par plus de six millions de personnes, ne devrait pas beaucoup modifier les rapports de force. Une prime aux «petits candidats», sans doute, mais un match nul pour les «grands» (grands par les sondages, s’entend). Une enquête de BFM donne Mélenchon vainqueur, et Macron bon second. Hamon reste soumis à la torture par les insoumis. Fillon fut aussi gris que ses complets Arnys. Ce qui pourrait déjouer les pronostics. En restant de marbre face aux attaques, en déroulant inlassablement son programme conservateur et libéral, en prenant la pose de l’homme d’Etat, Fillon trace son sillon. Qui peut exclure qu’à la fin des fins, les 30% d’électeurs qui le plébiscitaient après la primaire de la droite ne vont pas revenir subrepticement au bercail ? Comme dans les courses cyclistes sur piste, le sprint final n’a pas commencé. Souvent dans ces compétitions, le coureur le plus lent dans les premiers tours devient le plus rapide quand la cloche a sonné.

Et aussi

Le débat – ce n’est pas une bonne nouvelle – a surtout consisté à taper à bras raccourcis sur l’Union européenne, qu’il s’agisse de la souveraineté française agressivement revendiquée par Dupont-Aignan, en plus de Marine Le Pen, ou de la directive «travailleurs détachés» récusée par la plupart des protagonistes. Seul Macron a bravement fait remarquer qu’il y avait aussi des travailleurs français détachés à l’étranger. Que leur dire ? Cet argument de raison a de nouveau fait de Macron le seul défenseur officiel de l’Europe. La posture est courageuse. Force ou faiblesse ?

Soixante-cinq pour cent des Français estiment que l’honnêteté et la probité sont les qualités les plus importantes pour un président de la République, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, publié mercredi matin. Mais ces partisans de la probité sont très inégalement répartis. Ils sont 86% parmi ceux qui ont l’intention de voter au premier tour pour Benoît Hamon et 83% parmi ceux qui penchent pour Jean-Luc Mélenchon. Dans l’électorat de François Fillon, le pourcentage tombe à 19%. Ce qui veut tout dire.

Emplois fictifs, suite. Selon le Canard enchaîné, le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire sur un possible détournement de fonds publics par le groupe FN au conseil régional de Nord-Pas-de-Calais entre 2010 et 2015. Rappelons que c’est pour des faits similaires qu’Alain Juppé avait été condamné en bonne et due forme et privé de son éligibilité pour dix ans.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 5 avril, 2017 |Pas de commentaires »

Communiqué « franceinfo »…………….(05/04/2017)

Logo Francetv info 05 avril 2017
Drapeau français Elections 2017
Les #5 infos de la présidentielle aujourd’hui
Débat houleux entre les candidats, un possible procès pour Poutou, soupçons d’emplois fictifs au FN…
débat houleux entre les candidats, un possible procès pour Poutou, soupçons d'emplois fictifs au FN...
Grands discours, petites phrases, propositions-chocs ou anecdotes… Chaque jour, jusqu’au 7 mai 2017, date du second tour de l’élection présidentielle, franceinfo résume ce qu’il ne faut pas rater de l’actualité de la campagne. Voici l’essentiel à retenir du mercredi 5 avril.

#1 Débat houleux entre les candidats

Les onze candidats à l’élection présidentielle ont débattu, hier soir, sur BFMTV et CNews. Ils ont livré un marathon de près de quatre heures, au cours duquel les attaques ont fusé. Les échanges ont notamment été marqués par l’offensive des six « petits candidats », à l’image de Philippe Poutou, qui a lancé à François Fillon : « Plus on fouille, plus on sent la corruption. » Répliques-chocs, stratégies ou moments forts, franceinfo vous résume la prestation de chaque candidat dans cet article.

#2 Poutou visé par un procès ?

« Je vais vous foutre un procès », a menacé François Fillon pendant le débat, s’adressant à Philippe Poutou. Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste a accusé celui de la droite, mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme et de deux de ses enfants, de se servir « dans les caisses ». Alors, procès en vue ? Pour Luc Chatel, porte-parole de François Fillon, il y aurait de quoi. « Monsieur Poutou bafoue la présomption d’innocence », a-t-il déclaré sur franceinfo ce matin. « Je ne vais pas faire le malin. Ce serait bien qu’il n’y en ait pas [procès]. Je ne sais pas si [François Fillon] a intérêt à ce qu’il y en ait un », a quant à lui commenté Philippe Poutou sur Europe 1.

#3 Mission accomplie pour Lassalle

Objectif atteint pour Jean Lassalle. Le candidat voyait ce débat comme un moyen de se faire connaître du grand public. Pendant l’émission, justement, il a été le candidat le plus recherché sur Google. Son nom représente 21% des recherches portant sur les candidats. Google précise que ces statistiques tiennent compte des recherches effectuées sur son moteur de recherche, YouTube et Google Actualités.

#4 Enquête ouverte sur des soupçons d’emplois fictifs au FN

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lille, portant sur des soupçons d’emplois fictifs au sein du groupe Front national du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, indique Le Canard enchaîné dans son édition du jour. Le FN est soupçonné d’avoir rémunéré, de 2010 à 2015 avec des fonds publics, des collaborateurs qui auraient, en réalité, travaillé pour le parti, notamment pour préparer l’élection présidentielle de 2012. Marine Le Pen et David Rachline, l’actuel directeur de campagne de la candidate, « font partie des soupçonnés », d’après une source proche de l’enquête.

#5 Pas de poste de ministre pour Bayrou

François Bayrou a rallié Emmanuel Macron en février. Le président du MoDem y a-t-il vu la possibilité de devenir ministre ? La réponse est non, selon le principal intéressé. « Je n’ai jamais parlé [d'un poste de ministre]«  avec Emmanuel Macron, a-t-il affirmé ce matin sur BFMTV. Il n’écarte toutefois pas l’éventualité : « Tout ce que je pourrai faire pour que mon pays s’en sorte, je le ferai », a-t-il ajouté.

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L’édito de Laurent Joffrin……………………..(05/04/2017)

Révolte

Par Laurent Joffrin — 5 avril 2017 à 00:06
  • Révolte

ÉditoSale temps pour le capitalisme financier. Sur onze candidats, seuls François Fillon et, avec de fortes réserves, Emmanuel Macron ont défendu mardi soir ce que Nathalie Arthaud appelle «le grand capital» : deux sur onze. On dira qu’il y a parmi eux les «petits candidats». Certes, mais le signe est néanmoins éloquent. Ces candidats de moindre renommée, messagers de la colère, sont les seuls à avoir franchi l’obstacle des signatures d’élus. Ils expriment forcément quelque chose, et quelque chose de profond : la révolte devant l’injustice, le rejet d’une classe dirigeante qui a laissé s’épanouir l’argent-roi.

C’était évidemment l’attraction du débat : l’apparition en pleine lumière des hommes et des femmes de l’ombre dans cette présidentielle. Ils ont crevé l’écran, quoi qu’on pense par ailleurs du réalisme de leurs propositions, du complotisme de certains ou de leur vindicte antieuropéenne. Intempestive, dérangeante, sincère souvent, cette parole a porté. Va-t-elle bousculer l’ordonnancement de cette campagne ? On ne peut l’exclure tout à fait. Déjà le premier débat avait changé la donne en faisant émerger Jean-Luc Mélenchon et en confirmant la prédominance – transitoire ? – de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. En regard de la véhémence des «petits», et de celle de Marine Le Pen, le discours plus policé des représentants de la droite, du centre et de la gauche, a souvent fait pâle figure. Ceux-ci peuvent en tirer argument en opposant leurs solutions construites aux emportements de mardi soir. La prudence de beaucoup d’électeurs leur donnera peut-être raison. Mais quel que soit, parmi eux, le vainqueur final, il devra tenir compte de cette soirée inédite, où la révolte a trouvé une expression heurtée, confuse, contradictoire, mais représentative d’un état d’esprit. Celui d’un pays inquiet, à cran, à vif, qui se fatigue des solutions raisonnables.

Laurent Joffrin

Lineration.fr
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Le grand débat………………….(05/04/2017)

Présidentielle : ce qu’il faut retenir du « Grand Débat » à onze, candidat par candidat

Stratégie, punchline, moment fort… Franceinfo résume la soirée des onze prétendants à l’Elysée lors du « Grand Débat » qui a eu lieu mardi sur BFMTV et CNews.

Les candidats à l\'élection présidentielle, à l\'exception de Philippe Poutou, posent avant \"Le Grand Débat\", mardi 4 avril sur le plateau de BFMTV et CNews.

Les candidats à l’élection présidentielle, à l’exception de Philippe Poutou, posent avant « Le Grand Débat », mardi 4 avril sur le plateau de BFMTV et CNews. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)
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Ilan CaroRobin PrudentKocila MakdecheFrance Télévisions

Mis à jour le 05/04/2017 | 09:32
publié le 05/04/2017 | 06:05

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image il y a 11 minutesPrésidentielle : ce qu’il faut retenir du « Grand Débat » à onze, candidat par candidat

Cette fois, ils étaient au complet. Deux semaines après le premier débat entre les cinq principaux prétendants à l’Elysée, les onze candidats à l’élection présidentielle se sont affrontés, mardi 4 avril, sur BFMTV et CNews.

>> VIDEOS. Présidentielle : les sept séquences à retenir du « Grand Débat »

Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Jean-Luc Mélenchon ont livré un marathon de près de quatre heures, durant lesquelles les attaques ont fusé. Franceinfo vous résume, candidat par candidat, ce qu’il faut retenir de cet exercice inédit dans l’histoire de l’élection présidentielle.

Le débat de Marine Le Pen
Le débat d’Emmanuel Macron
Le débat de François Fillon
Le débat de Jean-Luc Mélenchon
Le débat de Benoît Hamon
Le débat de Nicolas Dupont-Aignan
Le débat de Jean Lassalle
Le débat de Nathalie Arthaud
Le débat de Philippe Poutou
Le débat de François Asselineau
Le débat de Jacques Cheminade

Le débat de Marine Le Pen

Sa stratégie. Vivement attaquée par Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen a tenté de se défendre, sans éclat. Si elle est restée plutôt discrète, elle a tout de même profité du débat pour critiquer Emmanuel Macron, l’autre favori des sondages.  »Monsieur Macron, on ne se présente pas comme la nouveauté quand on ressort des vieilles badernes qui ont au moins cinquante ans », a-t-elle raillé.

Sa réplique choc.

La France est une université des jihadistes.

Marine Le Pen

 

Son moment fort. Alors que le débat portait sur la sécurité des Français, la candidate frontiste a dénoncé avec virulence les coupes au sein de la police et de l’armée adoptées lorsque François Fillon était chef du gouvernement de 2007 à 2012. « Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous n’êtes pas un visionnaire, parce que chacun était capable de savoir, à l’époque, que le danger terroriste était majeur. » Touché, l’ancien Premier ministre n’a pas voulu répondre.

Le débat d’Emmanuel Macron

Sa stratégie. Peaufiner sa stature présidentielle. Tout au long du débat, Emmanuel Macron a tenté de se montrer mesuré et rassurant, histoire de prouver sa capacité à diriger le pays. Sur un ton parfois professoral, il s’est efforcé de faire de la pédagogie, notamment sur le thème de la simplification du droit du travail ou de sa vision de l’Europe. Et surtout, de répondre aux nombreuses attaques dont il a été la cible.

Sa réplique choc.

Madame Le Pen, vous ressortez les mensonges qu’on entend depuis quarante ans et qu’on entendait dans la bouche de votre père.

Emmanuel Macron à Marine Le Pen

 

Son moment fort. Interrogé sur sa vision des services publics, Emmanuel Macron a critiqué deux postures : le « on rase gratis », d’un côté, et la « purge » proposée par François Fillon, de l’autre. « Il faut faire des choix, définir des priorités », a-t-il expliqué, avant de détailler les secteurs dans lesquels il comptait embaucher (école, sécurité, etc.) et ceux dans lesquels il comptait au contraire faire des économies (collectivités territoriales).

Le débat de François Fillon

Sa stratégie. Comme lors du premier débat sur TF1, François Fillon s’est fait très discret pendant ce « Grand Débat ». Le candidat de la droite a soigneusement évité tous les échanges tendus entre les candidats. Il a préféré rappeler son programme et répété son ambition de « vaincre le totalitarisme islamique »… qui n’est rien d’autre que le titre de son livre paru en septembre 2016.

Sa réplique choc.

On a voulu m’éliminer de cette compétition politique.

François Fillon

Son moment fort. Après le fameux « Moi, président » de François Hollande en 2012, François Fillon a trouvé son anaphore : « Un président exemplaire, c’est un président… » Une façon de contrer les attaques sur sa mise en examen dans le cadre des affaires d’emplois fictifs présumés. Avec plusieurs piques lancées contre François Hollande : « Un président exemplaire, c’est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. »

 

Le débat de Jean-Luc Mélenchon

Sa stratégie. Feu sur François Fillon. Dès sa première intervention, en à peine plus d’une minute, Jean-Luc Mélenchon a trouvé le moyen d’attaquer à trois reprises le candidat des Républicains, qu’il talonne depuis quelques jours dans les sondages. En revanche, il a choisi de ne pas attaquer frontalement l’ex-Premier ministre sur le terrain des affaires. Une tâche dont Philippe Poutou s’est chargé avec éclat.

Sa réplique choc.

Fichez-nous la paix avec la religion ! Nous ne sommes pas obligés de subir vos foucades, vos trouvailles, votre manière de nous imposer votre manière de vivre qui n’est pas la nôtre.

Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen

 

Son moment fort. Jean-Luc Mélenchon a remporté une petite victoire contre Marine Le Pen à propos de la directive européenne sur les travailleurs détachés. Les deux candidats y sont opposés, mais le leader de la France insoumise a fait remarquer à la présidente du Front national s’était abstenue au Parlement européen sur ce texte. « Je lui ai dit qu’elle s’était abstenue, elle en convient », a-t-il noté, fier de son effet.

Le débat de Benoît Hamon

Sa stratégie. Le programme, le projet et rien d’autre. Benoît Hamon a décidé d’être pédagogue. Il a expliqué ses mesures et évité les invectives. Le candidat a notamment détaillé son projet de nouveau traité européen ainsi que le revenu universel qui doit être touché par « 19 millions de Français ».

Sa réplique choc.

Daech, ça vous arrange Madame Le Pen. Ça vous fait prospérer.

Benoît Hamon

 

Son moment fort. « Les services publics sont à l’os. » Benoît Hamon a directement pris à partie François Fillon sur son programme de suppression de postes de fonctionnaires pour marquer sa différence. « Combien d’infirmières en moins ? Combien de policiers en moins ? Combien d’aides soignantes en moins ? Ça, c’est le programme de Monsieur Fillon », a-t-il lancé.

Le débat de Nicolas Dupont-Aignan

Sa stratégie. Le candidat souverainiste n’a cessé de renvoyer dos-à-dos François Fillon et Emmanuel Macron, qu’il tient pour comptable du bilan de François Hollande. Avec son pin’s en forme de drapeau tricolore sur le revers de sa veste, il a plaidé pour « un patriotisme humaniste ».

Sa réplique choc.

Comment croire le Premier ministre qui a bafoué le vote des français lors du référendum en 2005, qui a fait voter le traité de Lisbonne par le Parlement ? (…) Cela a été le viol du peuple, c’était une forfaiture.

Nicolas Dupont-Aignan à François Fillon

Son moment fort. Nicolas Dupont-Aignan a insisté sur la moralisation de la vie publique. « Un candidat à une élection doit avoir un casier vierge », a-t-il déclaré, avant de s’aventurer sur un terrain plus original : celui du pantouflage. Il a ainsi cité le cas de l’ancien patron de l’Agence des participations de l’Etat, David Azéma, « parti chez Bank of America après avoir fait le bradage d’Alstom ». Puis celui du directeur du Trésor, « qui part dans un fonds d’investissement chinois ». « La lutte contre la corruption doit se faire à tous les niveaux et on doit balayer devant toutes les portes », a-t-il conclu.

 

Le débat de Jean Lassalle

Sa stratégie. Jean Lassalle a voulu marquer sa différence. Le candidat s’est présenté comme « fils de berger, frère de berger, et moi même berger » avec son accent du Sud-Ouest, dès le début du débat. Une différence qu’il a su cultiver tout au long de la soirée, en entamant ses déclarations par un solennel « mes chers compatriotes ». Le candidat a réussi à marquer son style, mais a pris le risque de s’éloigner des mesures concrètes.

Sa réplique choc.

Président exemplaire, je n’aurai pas de mal à le faire, ça fait quarante ans qu’il n’y en a pas eu.

Jean Lassalle

Son moment fort. Jean Lassalle a défendu les petites communes et la ruralité. Il a notamment évoqué « ces petits bouts de France que nous avons abandonnés » dans une diatribe enflammée. Une manière de mettre à profit sa marche à pied dans les provinces françaises.

 

Le débat de Nathalie Arthaud

Sa stratégie. « Travailleuses, travailleurs. » Nathalie Arthaud a donné de la voix. Une voix pour défendre les intérêts des salariés. La candidate de Lutte ouvrière n’a cessé de ramener les différents sujets sur lesquels elle était interrogée à la problématique anticapitaliste.

Sa réplique choc.

Quand on est mal payé, que ce soit en francs ou en euros, on reste mal payé.

Nathalie Arthaud

 

Son moment fort. Nathalie Arthaud s’en est pris à Marine Le Pen avec virulence. « Vous prônez la tolérance zéro, mais vous ne vous rendez pas à la convocation des juges », a-t-elle lancé à la candidate du Front national au sujet de l’affaire des emplois présumés fictifs du Parlement européen. Une déclaration en soutien de Philippe Poutou qui affirmait un peu plus tôt que les ouvriers n’avaient pas « d’immunité ouvrière », contrairement à l’immunité parlementaire de Marine Le Pen.

Le débat de Philippe Poutou

Sa stratégie. Particulièrement en verve, Philippe Poutou a décidé de ne pas ménager ses adversaires. Il a refusé de participer à la photo de groupe au début du débat, a rappelé qu’il avait « un vrai métier », contrairement aux autres. Puis, il a concentré sa charge sur Marine Le Pen et François Fillon, tout deux visées par des enquêtes judiciaires. Une stratégie visiblement payante pour le candidat anticapitaliste : il est le seul à avoir suscité les applaudissements du public.

Sa réplique choc.

A part Nathalie Arthaud, autour de ces pupitres, je crois que je suis le seul à avoir un métier normal.

Philippe Poutou

Son moment fort. C’est peut-être LA séquence à retenir de l’émission. En plein débat sur l’exemplarité en politique, Philippe Poutou s’en est d’abord pris à François Fillon. « Plus on fouille, plus ou sent la corruption », a-t-il taclé, avant de se tourner vers Marine Le Pen, en rappelant qu’elle a refusé de se rendre à des convocations judiciaires : « Nous, quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière. »

 

Le débat de François Asselineau

Sa stratégie. François Asselineau a décidé de jouer au professeur lors de ce débat. Avec une très grande précision, le candidat de l’UPR a cité de nombreuses fois la Constitution, les traités européens et même la date du « premier établissement public hospitalier français » en 1260. Nul doute qu’il voulait montrer qu’il maîtrisait ses sujets.

Sa réplique choc.

Vous êtes toujours d’accord avec tout le monde.

François Asselineau à Emmanuel Macron
Publié dans:Politique |on 5 avril, 2017 |Pas de commentaires »

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