L’édito d’AS…………………….(08/04/2017)

Minuscule fenêtre

ÉditoLes frappes ordonnées par Donald Trump sur la Syrie ont eu, reconnaissons-le, quelque chose de libérateur. Comme un soulagement après toutes ces années de laissez-faire. Bachar al-Assad pensait avoir carte blanche bien à l’abri sous le parapluie russe ? Eh bien non. Il a franchi la ligne rouge de trop. Et il a fallu que ce soit Donald Trump qui le lui signale. Comme quoi, être imprévisible peut aussi avoir du bon. Il était temps de montrer à Bachar al-Assad qu’il ne jouit plus d’une impunité totale : l’inaction de Barak Obama en Syrie – après les premières attaques chimiques du régime de Damas en 2013 – restera, sur le bilan de l’ex-président américain, une tache que la population syrienne aura payé au prix fort. Mais l’on ne peut s’empêcher de redouter la suite quand on sait à quoi ont mené par le passé les interventions américaines dans la région.

Envoyer un message fort à Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, c’est bien. S’embarquer dans une guerre unilatérale sous le coup de l’émotion et sans stratégie à la clé serait catastrophique. Après tout, qui dit de quoi Donald Trump sera capable demain quand, la semaine dernière encore, il considérait Bachar al-Assad comme un partenaire possible ? L’homme est capable de tout, c’est là l’inquiétude. Il ne faudrait surtout pas laisser croire aux va-t-en-guerre de tout poil qu’ils ont le champ libre. Surtout pas risquer l’engrenage qui conduirait à un embrasement régional et même mondial. Les jours qui viennent vont donc être déterminants. Le président américain sait maintenant qu’il ne peut détourner les yeux du Moyen-Orient et le président russe sait qu’il n’a plus carte blanche dans la région. Peut-être même est-il soulagé de voir affaibli un allié syrien qui devenait encombrant. Il y a peut-être là une minuscule fenêtre d’opportunité pour sortir de la nasse. Profiter de ce nouveau rapport de force pour plancher, dans un cadre internattional, sur une sortie de crise acceptable pour tous. Pour tous, sauf pour Bachar al-Assad, qui a prouvé cette semaine à ceux qui en doutaient encore qu’il ne peut faire partie de l’équation future.

Alexandra Schwartzbrod

Liberation.fr
Publié dans : Etranger |le 8 avril, 2017 |Pas de Commentaires »

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