L’édito de Laurent Joffrin……………….(25/04/2017)

Par Laurent Joffrin

Conjurer le pire

Par Laurent Joffrin — 24 avril 2017 à 20:06
Dans un bureau de vote parisien, dimanche.Zoom
Dans un bureau de vote parisien, dimanche. Photo Martin Colombet. Hans Lucas pour Libération

ÉditoSur le papier, c’est plié. Sur le papier seulement… Les sondages qui ont anticipé le premier tour donnent Emmanuel Macron vainqueur au second avec 60 % des voix. Chiffre rassurant et dangereux. En fêtant sa victoire quinze jours trop tôt, le candidat d’En marche a fait un pas vers le piège qui lui est tendu : vendre la peau de l’ours… Un discours trop long et trop pâle, une posture trop confiante, un public qui crie non pas «République ! République !» mais «Brigitte ! Brigitte !» quand on eût préféré Marianne.

On peut conduire une campagne magistrale qui place un jeune homme jamais élu, à peine ministre, en tête du premier tour de la présidentielle et mal la terminer. Bien sûr, Marine Le Pen aura beaucoup de mal à aller chercher les 11 millions de voix qui lui manquent pour s’imposer. Encore faut-il se battre. Emmanuel Macron doit relever le défi du favori : rassembler au-delà de son cercle, entendre la colère populaire, unir la nation. Quand on veut être président, il faut incarner la République. On se souviendra du précédent de 2005. Les partisans du oui au référendum sur le traité constitutionnel étaient partis avec quelque 60 % d’intentions de vote. Ils ont mordu la poussière à 45 %.

Pour ou contre la mondialisation ? Si telle est la question, la réponse ne va pas de soi dans une France à vif. Autrement dit, et quoi qu’on pense du programme d’Emmanuel Macron, pas une voix républicaine ne doit manquer pour conjurer le pire. A cet égard, les palinodies de la droite et de la gauche radicales, Laurent Wauquiez et Jean-Luc Mélenchon en tête, sont irresponsables. Par son amertume, par son abstention, le leader de La France insoumise gâche ce qu’il devrait considérer comme une victoire d’avenir pour sa cause. François Hollande a mieux compris la situation, lui qui appelle sans ambages à voter pour l’homme qui a contribué au premier chef à son empêchement. Il ne s’agit pas seulement de la victoire. Selon que Marine Le Pen atteint 30 % ou 45 %, selon qu’elle progresse peu ou se rapproche de la majorité, la France n’aura pas le même visage. L’électeur qui a voté pour un autre candidat qu’Emmanuel Macron doit considérer cette vérité rugueuse : il ne s’agit pas pour lui d’élire le président de ses rêves, mais d’éviter un cauchemar.

Laurent Joffrin

Publié dans : ELECTIONS |le 25 avril, 2017 |Pas de Commentaires »

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