On fait,le ménage à téléMacron ? (23/05/2017)

Édito

Ce qui ne devait pas manquer d’arriver s’est produit : Michel Field, directeur de l’information de France Télévisions, a démissionné. Entre ce personnage de télé venu du privé, dont la légèreté rigolarde peut passer pour du dilettantisme condescendant, et les journalistes du groupe audiovisuel public, dont il a été le patron pendant un an et demi, le courant n’est jamais passé. Pour les rédactions, l’ancien animateur de LCI et Canal + n’était pas assez journaliste, trop proche des pouvoirs, pas assez service public, trop peu soucieux de l’image d’indépendance de la maison, pas assez intéressé par les réunions de rédaction, là où se fabrique l’info au quotidien. Entre les deux parties, la méfiance a toujours été de mise et la tension latente. Un seul faux pas, une seule maladresse de Field, qui en a commis beaucoup, et les rédactions s’embrasaient comme si l’avenir de la démocratie française était en jeu. Des déclarations à l’emporte-pièce sur un plateau extérieur, faites du ton badin qui lui ressemble tant, lui avaient valu une motion de défiance au printemps 2016. Sa démission avait alors été évoquée. En septembre dernier, il s’était pris les pieds dans le tapis à propos d’un documentaire d’Envoyé spécial sur l’affaire Bygmalion, bras de fer finalement remporté par Elise Lucet, qui lui avait fait la leçon. Sa démission avait de nouveau été évoquée. Aucune réussite, comme le lancement de la chaîne d’info Franceinfo sous son mandat, ne lui a été attribuée. Sa gestion de la campagne présidentielle, marquée par les polémiques liées au choix des invités de l’Emission politique et l’incapacité de France 2 à organiser un grand débat entre les candidats (contrairement au challenger BFM TV), ne lui a pas permis de se rattraper. Au contraire, l’éviction de David Pujadas, annoncée au pire des moments, a été la décision brutale de trop. Maintenu sans trembler par la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, le directeur a cette fois été lâché par sa patronne. Car la colère focalisée sur Field s’est déplacée au niveau supérieur. La motion de défiance, dont le vote était prévu initialement mardi, ne visait plus seulement ce dernier, mais aussi Delphine Ernotte et sa capacité à protéger l’indépendance de la maison. Une position intenable, qui fragilise follement la présidente de France Télévisions au moment où ses collègues de l’audiovisuel public, Mathieu Gallet à Radio France et Marie-Christine Saragosse à France Médias Monde, se trouvent renforcés par leurs résultats. Nommé à un poste qui n’était sans doute pas fait pour lui, Michel Field sert de fusible. Cela devait arriver.

Jérôme Lefilliâtre 

Publié dans : "AFFAIRES" |le 23 mai, 2017 |Pas de Commentaires »

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