Archive pour le 6 septembre, 2017

La lettre de Laurent Joffrin………………….(06/09/2017)

Libération 06 septembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Frère Emmanuel

On a sous-estimé l’importance de la déclaration faite mardi par Emmanuel Macron quand il a demandé aux propriétaires de logement une baisse de 5 euros destinée à compenser la réduction des aides aux logements du même montant décidée par son gouvernement. Imaginons un instant que le Président soit entendu – et pourquoi ne le serait-il pas, eu égard à son éminente fonction ? Alors on entrerait, pour de vrai, dans le «nouveau monde» annoncé par ces missionnaires du bien que sont les responsables d’En marche, un monde désormais fondé sur l’altruisme et la bienveillance. Ainsi on verrait le patron de la Cogedim, tel le duc d’Aiguillon réclamant une certaine nuit d’août 1789 l’abolition des privilèges de la noblesse, déclarer que les logements qu’il construit sont beaucoup trop chers et décider publiquement une baisse immédiate de leur prix de vente. On verrait le PDG de Century 21, la grande boîte de transactions immobilières, appeler à lui les mal-logés du pays, tel l’abbé Pierre lançant son appel pathétique. On verrait Martin Bouygues soudain converti à la charité publique adopter le discours de saint Vincent de Paul, revêtant aussitôt, en direct sur TF1, la robe de bure des moines franciscains. Et selon les désirs de Jean-Michel Blanquer et de Françoise Nyssen, qui ont déjà organisé une rentrée scolaire en musique, tout cela se produirait au milieu d’un grand concours de cantiques célestes, tandis que les responsables du Medef se répandraient dans les campagnes pour prêcher la miséricorde envers les pauvres.

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Ce vent nouveau soufflerait aussi sur le front des luttes syndicales. Plutôt que de crier au «coup d’Etat social» et de prévoir des défilés tonitruants, Jean-Luc Mélenchon sortirait du placard sa mandoline et viendrait sur un air de Vivaldi réclamer sous le balcon de Matignon un aménagement de la loi travail. Philippe Martinez ne serait pas en reste, abandonnant le ton rogue qu’il affectionne et son look de guerrier gaulois, au profit de l’ample vêtement rouge et or de Matthieu Ricard, rasant sa noire moustache pour ressembler à un moine tibétain. La manifestation de la CGT, plutôt qu’émaillée de slogans vengeurs, se déroulerait sur fond des douces mélopées d’Hare Krishna, pendant que Jean-Claude Mailly jetterait sur les manifestants extasiés des poignées de pétales de rose…

Mais un esprit terre à terre est venu briser ce rêve merveilleux, en la personne d’Eric Ciotti, le très droitier député des Alpes-Maritimes. Les bailleurs, a-t-il déclaré en substance, ne sont pas des philanthropes ; le droit de propriété, principe sacré, leur permet de fixer de loyers qu’ils souhaitent, quoi qu’en dise le prêcheur de l’Elysée. Ainsi le charme est brisé. Marxiste qui s’ignore, Ciotti, soulignant les rapports de force entre la classe des propriétaires et celle des locataires, a rappelé que le capitalisme, dans l’immobilier comme ailleurs, noiera immanquablement les frissons sacrés de l’extase macronienne «dans les eaux glacées du calcul égoïste».

Et aussi

• Martine Aubry n’a pas perdu sa langue, qu’elle a toujours eue bien pendue. Sortant des brumes de septentrion, elle a copieusement assaisonné Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Pas de jaloux… La réforme du code du travail, a-t-elle dit, «organise la généralisation des emplois précaires», avant d’ajouter : «On reprend les vieilles recettes des années 80, du Medef […] Croire que c’est en précarisant les salariés, en les licenciant plus facilement, en contournant les syndicats, en accroissant le pouvoir unilatéral du chef d’entreprise, qu’on rendra les entreprises plus compétitives, c’est vraiment une vision du passé.» La ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui était sa conseillère formation lorsqu’elle était elle-même à la tête de ce ministère (1991-1993), en a pris autant pour son grade : «Tout le monde peut changer. On dit que je l’ai formée, moi je la trouve bien déformée…» Quant au leader de La France insoumise, il a reçu aussi son paquet : «J’ai toujours considéré que le droit du travail était d’abord l’affaire des syndicats, a-t-elle expliqué. La France insoumise est une contestation et pas la volonté d’aller gouverner […] Et il y a surtout ne pas vouloir réunir la gauche, vouloir être les seuls.» Mélenchon ? «Il a du talent, un certain charisme, mais moi je ne fais pas de la politique pour me mettre en avant.» Les gens du Nord ont toujours eu un solide bon sens…

Emmanuel Macron veut «réinventer» la SNCF. En échange d’une reprise de la dette de la compagnie par l’Etat, il préconise d’aligner le régime des cheminots sur le régime général et de mettre fin au monopole dont jouit l’entreprise publique. Sur le premier point, tout est question de négociations. L’alignement est logique, à condition de ne pas prendre des mesures rétroactives qui léseront ceux qui s’apprêtent à partir en retraite. A l’avenir, l’harmonisation des régimes de retraite est conforme au principe d’équité. La mise en concurrence, en revanche, peut déboucher sur des changements néfastes : les lignes non rentables mais utiles aux populations et bénéfiques pour l’aménagement du territoire seront-elles fermées sous la férule de la compétition ? Emmanuel Macron peut prendre conseil auprès d’un orfèvre : Alain Juppé, qui garde un cuisant souvenir de ses projets de réforme de la SNCF.

Selon les enquêteurs de l’ONU, «le 4 avril, […] les forces aériennes syriennes ont utilisé du gaz sarin, tuant plus de 80 personnes, la plupart étant des femmes et des enfants». Comme disent les brillants stratèges de la realpolitik, «il faut parler avec Assad» et reconnaître que le chef d’Etat syrien est désormais «incontournable». Incontournable comme une bombe au sarin. On croyait pourtant que, grâce à Poutine, le régime syrien avait détruit ses stocks d’armes chimiques…

Laurent Joffrin
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Terrorisme……………………………(06/09/2017)

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Loi travail………………………………(06/09/2017)

Loi travail : les syndicats en rangs dispersés

Par Luc Peillon — 5 septembre 2017 à 20:36
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, à Matignon le 31 août.Zoom
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, à Matignon le 31 août. Photo Alain Jocard. AFP

Bien que la défiance contre les ordonnances soit partagée, le front syndical est désuni. Une partie de FO va même à l’encontre de son leader, Jean-Claude Mailly, et ira manifester.

C’est peu dire que les organisations syndicales n’en pincent pas beaucoup pour les ordonnances Pénicaud. De la «déception» de la CFDT à la dénonciation d’une «loi travail XXL» par la CGT, l’ensemble des confédérations – avec de fortes nuances – apprécient peu cette énième tambouille du droit du travail. Il n’y aura pas, pour autant, de front syndical uni dans la rue, le 12 septembre, pour la première mobilisation contre les ordonnances lancée par la centrale cégétiste. La lutte contre la loi El Khomri en 2016, longue, violente, et finalement peu rentable, a laissé un goût amer chez nombre de syndicalistes.

Ainsi, si la CFDT et la CFTC, les plus mesurées, rappellent qu’elles n’étaient pas demandeuses d’une nouvelle réforme, et qu’il s’agit finalement, selon le cédétiste Laurent Berger, d’«une occasion manquée», pas question d’appeler à battre le pavé. Les militants de ces deux organisations resteront sagement à la maison mardi. Même chose pour la CGC (confédération des cadres), mais avec un cran au-dessus dans la protestation : «Le contenu détaillé des ordonnances confirme les pires craintes que l’on pouvait avoir sur l’ampleur et la violence de l’attaque du gouvernement contre le droit du travail», a expliqué, lundi dans un communiqué, son comité directeur. Mais pas d’appel à l’insurrection pour les cadres lors de la journée du 12, «initiée unilatéralement avant l’été». Sous-entendu par la seule CGT. La confédération de François Hommeril se limitera à «informer l’opinion sur les risques de désordre social que fait peser ce projet de loi». Même si, localement, cinq unions départementales CGC devraient rejoindre les cortèges.

Vents contraires. De l’autre côté du spectre syndical, en revanche, c’est dans la rue que se jouera désormais l’opposition aux ordonnances. Dans le sillage de la CGT, la FSU (fonctionnaires) et Solidaires (syndicats SUD) se mobiliseront mardi «pour une première riposte de grèves et de manifestations», selon la centrale de Montreuil, qui recense 166 rassemblements.

Entre les «réformistes» qui resteront chez eux et les «contestataires» dans la rue, il y a le cas de Force ouvrière. Assez conciliante jusqu’à maintenant avec le gouvernement, la centrale semble travaillée depuis quelques jours par des vents contraires. Jeudi, peu après la présentation des ordonnances, Jean-Claude Mailly émet un jugement mesuré sur le projet du gouvernement : «On consolide la branche», mais «il reste un problème sur les primes» et «des points de désaccord». Le lendemain, le syndicaliste va plus loin : «Cette loi n’est pas la casse du code du travail, notre modèle social n’est pas remis en cause.» Après le week-end, changement de ton. Le communiqué publié lundi à l’issue de la réunion de la commission exécutive se révèle bien plus virulent. Certes, la direction «souligne le travail réalisé par la confédération depuis trois mois […] qui se traduit par l’obtention de certaines garanties et le blocage de nombreuses dispositions». Mais rapidement, elle dénonce «nombre d’éléments [qui] constituent aujourd’hui une régression sociale et sont en tant que tels inacceptables». Au point que, «dans les consultations qui seront organisées, FO votera contre [les ordonnances]». Et la direction d’appeler à des échanges avec les autres confédérations et à «examiner toute initiative permettant de développer les positions FO». Sans demander à ses troupes, toutefois, de défiler avec la CGT, qui a décidé de la date «sans en parler aux autres», dénonce lui aussi Yves Veyrier, du bureau confédéral.

Séduction. Sauf que, sur le terrain, les militants pourraient en décider autrement. Selon Jacques Eliez, de la CGT, au moins 30 unions départementales FO ont déjà rejoint localement les appels communs à manifester. D’après une source FO, ce sont même 39 UD qui défileront, soit plus du tiers des UD que compte l’organisation. Six fédérations professionnelles devraient faire de même, dont les transports, l’équipement, l’énergie, la chimie et l’éducation. «Oui, nous descendrons dans la rue le 12 contre cette réforme qui devrait conduire à ce qu’il y ait un code du travail par entreprise et par branche, e t cette journée n’est qu’un début», menace Patrice Clos, responsable de la fédération des transports. «Il faut un rapport de force clair si on veut combattre ces ordonnances», abonde son homologue de l’équipement, Jean Hédon.

Avec la CGT, Solidaires, la FSU et une partie de FO, c’est donc la moitié du paysage syndical qui sera dans la rue mardi, tandis que l’autre ne fera rien pour défendre le projet d’ordonnances. Pas de quoi faire encore trembler Macron, mais un signe que l’opération séduction de cet été, lors des concertations, n’a pas totalement fonctionné.

Luc Peillon

Linberation.fr
Publié dans:Economie |on 6 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin………………….(06/09/2017)

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Camaïeu

ÉditoDans sa division, la gauche est unie. L’affaire, on le comprend, n’est pas très simple. Pour faire court, syndicats et partis de gauche sont d’accord pour critiquer la loi travail, mais ils sont en désaccord pour la combattre. Les uns, qui ne lui trouvent guère de vertu (CFDT, FO, PS), veulent manifestement éviter une bataille qu’ils jugent perdue d’avance. Les autres se préparent au combat (CGT, La France insoumise, Solidaires…) mais en ordre dispersé.

Les choses ont pourtant bougé, indiscutablement. Mélenchon et Martinez se rencontrent ; plusieurs fédérations ont obligé la direction de Force ouvrière à durcir sa position ; le PS, s’il n’appelle pas à manifester, se regroupe autour d’une position critique. L’éclatement sur lequel tablait le gouvernement se change en camaïeu de nuances plus ou moins négatives. Au-delà des pensées et des arrière-pensées, cette évolution a une origine très simple : plus les experts étudient le projet, plus ils s’inquiètent pour la sécurité des salariés. La prise en compte sur seul périmètre hexagonal en cas de plan social dans une multinationale ouvre la porte à beaucoup de manœuvres ; dans les petites entreprises, la négociation directe avec les salariés hors syndicat et sans le garde-fou des conventions collectives peut déboucher sur des reculs sociaux spectaculaires. Le bon sens commanderait aux forces d’opposition de s’unir, non pas pour exiger le retrait d’un projet annoncé pendant la campagne électorale et ratifié de jure par quatre scrutins nationaux, mais pour engager une nouvelle discussion avec le gouvernement sur les aspects les plus dangereux de la réforme. Problème : chacun voulant démontrer sa force et se poser en leader de l’opposition, syndicale ou politique, face à un gouvernement qui n’entend plus négocier, cette tactique de bon sens, à ce stade, appartient au domaine du rêve…

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Economie |on 6 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

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