Archive pour le 12 janvier, 2018

La lettre de Laurent Joffrin…………(12/01/2018)

Libération 12 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Une pierre dans le jardin décliniste

Encore une fois, les sinistres, les geignards, les bonnets de nuit, les Cassandre, les docteurs tant pis et les broyeurs de noir en sont pour leurs frais. En général regroupés aux extrêmes, ils se répandent en lamentations, en imprécations, en philippiques, en apocalyptiques prophéties finkielkrautiennes ou mélenchoniennes sur l’état de la démocratie. Soit pour soupirer sur le temps passé, soit pour agiter d’improbables rêves de grands soirs.

Las! L’opinion, qui est plus sage, vient encore une fois de les contredire. Une enquête Viavoice-Fondation Jean Jaurès montre que la confiance dans la démocratie française se redresse brusquement. Malgré l’abstention préoccupante, malgré le populisme, malgré le terrorisme, malgré la crise, le chômage, l’exclusion, le racisme qui plombent l’atmosphère et fournissent leurs munitions aux druides de la décadence, les Français estiment que l’état de la démocratie en France s’améliore. Mieux, de manière contre-intuitive, ce sont les catégories qu’on n’attendait pas qui regagnent soudain en optimisme: les jeunes et les classes populaires.

On peut supposer que l’élection d’Emmanuel Macron et le vaste coup de balai afférent ont joué un rôle central dans ce regain. Il est probable, en fait, que l’affaire soit plus profonde. Le renouveau des dirigeants, écume de la vague, recouvre un phénomène de fond: en considérant le résultat de la dernière élection présidentielle, en regardant Emmanuel Macron agir, en bien ou en mal, en constatant la mise au rancart des vieilles structures, les Français se rendent compte que leur vote compte, qu’un scrutin peut changer les choses, que le système, s’il l’a jamais été, n’est pas bloqué, bref que la politique, malgré la reproduction des élites, malgré l’Europe qu’on dit paralysante, malgré la mondialisation qui aurait annihilé toute souveraineté populaire, garde un pouvoir. Voilà une bonne nouvelle qu’on s’empressera sans doute d’étouffer par un redoublement de jérémiades.

Et aussi

• La CGT le conteste, mais l’évolution est nette, pour ne pas dire inexorable: à chaque scrutin professionnel important, au niveau national ou dans les grandes entreprises, la centrale perd des plumes. Si l’on en croit le Canard enchaîné, le syndicat de Philippe Martinez aurait été quitté par un tiers de ses adhérents en un an. Les élections qui auront lieu prochainement dans le secteur public sont un test important. En juillet, Laurent Berger avait suscité une réunion discrète avec ses homologues de FO et de la CGT pour tirer la sonnette d’alarme: après avoir soufflé en tempête sur le monde politique le «dégagisme» menace maintenant l’univers syndical. Arc-bouté sur sa ligne anticompromis, Martinez ne l’a guère écouté.

• En traitant de «pays de merde» Haïti et plusieurs pays africains, Donald Trump a confirmé qu’il n’était pas seulement un mégalomane paranoïaque et incompétent, mais aussi un raciste avéré. Décidément, la vague populiste qui parcourt un nombre croissant de pays charrie un nombre effrayant de personnages indignes. A force de fustiger «la bien-pensance», on arrive au résultat qu’on recherche.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

A rendre avec des pincettes………………….(12/01/2018)

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« Il n’y aura pas de nouvel impôt pendant le quinquennat », y compris pour compenser la taxe d’habitation, promet Bruno Le Maire« Il n’y aura pas de nouvel impôt pendant le quinquennat » : c’est l’engagement pris par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, vendredi 12 janvier sur RMC et BFMTV. Une réaction au couac de la veille. Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, avait évoqué la création d’« un impôt plus juste » qui compenserait la disparition de la taxe d’habitation, avant de faire marche arrière.
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Publié dans:Economie |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Qu’en pensez-vous ? (12/01/2018)

Décryptage

Immigration : un projet de loi dur et contesté

Par Kim Hullot-Guiot — 11 janvier 2018 à 21:06
Dans le centre d'accueil Emmaüs du boulevard Sébastopol, à Paris, jeudi.
Dans le centre d’accueil Emmaüs du boulevard Sébastopol, à Paris, jeudi. Photo Cyril Zannettacci

Les principales mesures du texte de loi gouvernemental suscitent la critique, malgré quelques avancées.

  • Immigration : un projet de loi dur et contesté

Dans sa philosophie, le texte proposé par le gouvernement soulève des inquiétudes chez les associations, pour qui il entérine la distinction entre les réfugiés, qui auraient vocation à rester sur le territoire, et les migrants dits économiques, qui ne seraient pas légitimes à s’installer en France. Il suscite aussi des critiques car une partie des mesures sont jugées peu efficaces, avec de lourdes conséquences sur le plan des droits humains.

Le projet du gouvernement améliore-t-il le traitement des demandes d’asile ?

Le gouvernement l’utilise comme un étendard : le délai d’instruction des demandes d’asile devra être réduit de moitié. Entre le dépôt du dossier et la réponse, les demandeurs attendent aujourd’hui un peu plus d’un an. L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a déjà réussi à faire baisser son délai d’instruction, actuellement de cinq mois, remarque Sarah Belaïsch, de la Cimade : «Le problème se situe en amont. Pour pouvoir faire enregistrer sa demande d’asile, il y a des délais très longs dans les préfectures et les guichets uniques. Pendant ce temps, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent être placées en rétention ou avoir des difficultés à obtenir un hébergement.» Le budget 2018 prévoit 150 postes supplémentaires en préfectures, mais ils ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile.

La question des personnes «dublinées», c’est-à-dire des migrants qui doivent effectuer leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils ont laissé une trace (leurs empreintes par exemple), pose aussi problème, selon Laurent Giovannoni, du Secours catholique : «Les dublinés attendent des mois avant de savoir si leur demande doit être traitée en France, en Italie ou en Allemagne, par exemple. Il y a autre chose à faire que se renvoyer les gens dans tous les sens. Emmanuel Macron se dit européen mais, là-dessus, le projet est vide.»

Enfin, le projet prévoit de réduire de moitié – d’un mois à quinze jours – le délai qu’aura une personne déboutée de sa demande d’asile pour faire appel. Or, «on est face à une personne qui ne maîtrise pas forcément le système administratif et la langue, qui a eu un parcours difficile, et qui va devoir contester la décision, par écrit, en mettant des éléments nouveaux, et se faire conseiller et accompagner», juge Sarah Belaïsch. D’autant que «le recours n’est pas anecdotique, il permet assez souvent d’obtenir le statut de réfugiés : la Cour nationale du droit d’asile annule 15 % des décisions de l’Ofpra».

Améliore-t-il l’intégration des réfugiés ?

Plusieurs aspects du texte sont positifs, comme l’extension pour les mineurs réfugiés de la réunification familiale aux parents, frères et sœurs. Ou l’augmentation à quatre ans, contre un actuellement, de la durée du titre de séjour pour les apatrides et personnes bénéficiant de la protection subsidiaire, c’est-à-dire qui ne répondent pas au critère de l’asile mais sont considérées en danger dans leur pays. Ces deux points peuvent apporter aux personnes concernées une plus grande stabilité pour construire leur vie en France. «Le gros des mesures ne relève pas du domaine législatif, ce seront des décrets ou des circulaires qui les préciseront», remarque Belaïsch. Pour l’heure, il est difficile de savoir ce que prévoira le texte sur ce volet : le député LREM du Val-d’Oise Aurélien Taché, qui a été chargé d’une mission sur l’intégration, remettra son rapport à la fin du mois. Parmi les pistes, l’apprentissage du français pourrait intervenir plus tôt dans le processus de demande d’asile, et le nombre d’heures de langue augmenté.

Facilite-t-il les expulsions de personnes en situation irrégulière ?

C’est ce que déplorait jeudi sur Europe 1 Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’asile : «On a inversé les priorités. […] L’objectif du projet de loi est manifestement de mieux reconduire, plus reconduire et reconduire immédiatement.» Pour cela, le gouvernement se dote d’un vaste arsenal, à commencer par l’augmentation du délai maximum de rétention, porté de 45 à 90 jours. Mais, selon les associations, la mesure est inutile et liberticide, les deux tiers des décisions d’expulsions de personnes placées en rétention étant décidées, selon la Cimade, en douze jours. «Soit les conditions d’expulsion sont remplies et on le fait au début de la rétention, soit c’est de l’enfermement pour rien : seules 2 % des personnes sont éloignées à la fin de leur période de rétention. Ça a des conséquences humaines très lourdes, comme l’augmentation des tensions dans les centres de rétention, des gestes désespérés ou des mutilations pour un résultat inefficace», juge la responsable de la Cimade.

Le texte prévoit aussi de pouvoir augmenter de six à vingt-quatre heures la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour, de pouvoir recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire. Il prévoit enfin de maintenir en rétention l’étranger dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet. «Il y a des gens qui vont être renvoyés, mais certains sont déjà insérés dans la société, ont des enfants scolarisés, etc. On sait qu’une partie d’entre eux ne pourra pas être renvoyée : qu’est-ce qu’on fait ? On les laisse moisir en rétention ?» interroge Laurent Giovannoni.

Kim Hullot-Guiot

Liberation.fr
Publié dans:MIGRANTS |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/01/2018)

Libération 11 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Ma et Cron vont en bateau

Il y a deux syllabes dans Macron. Ma et Cron. Ma est soft, bienveillant, arrangeant, enclin à l’indulgence, comme Mama Mia, maternel, malléable, ma chérie. Cron est dur, rêche, pointu, rigide, comme le croc ou le cric, le cri ou le crack. Il y avait dans En marche (qui commence par Ma), cette volonté d’accueil, d’ouverture, de compromis qui compensait la fermeté du réformateur activiste et du président impérieux. Mais de plus en plus, on le voit, Cron l’emporte sur Ma. A l’étranger, en Chine par exemple, Cron préfère de loin à la realpolitik au droit des populations, le calcul géopolitique ou commercial aux plaintes des prisonniers ou aux demandes des opprimés. Dans le social, Cron prévoit de renforcer comme jamais le contrôle des chômeurs, menacés de sanctions diverses s’ils ne remplissent pas exactement les obligations qui leur incombent, soumis à la surveillance étroite de Pôle Emploi qui maniera sans hésiter à leur encontre le coup de règle sur les doigts. Et en matière d’immigration, Cron se dispose à mettre en place des dispositifs contraignants que la droite elle-même n’a jamais osé appliquer, intrusion dans les centres d’accueil, doublement de la durée de rétention pour les sans-papiers, raccourcissement des délais de recours. Dans ces trois domaines, c’est Cron qui mène la danse. Ma, lui, se tourne vers l’entreprise, le start-uper, l’investisseur, objets de toutes les sollicitudes. Ma et Cron sont toujours là. Mais ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Ma dorlote les premiers de cordée, Cron contrôle ceux qui ont lâché la corde. Et si Ma continue à laisser à Cron la bride sur le cou, c’est un projet de société qui se dessine. Efficace mais dur, compétitif et sélectif. Macron est populaire. Mais Cron ?

Et aussi

La direction de France 3 Auvergne a suspendu la diffusion d’une série sur les réalisations du président de la région, Laurent Wauquiez. Jurant que ledit Wauquiez n’est pas intervenu pour demander cette suspension, la direction explique que les sujets étaient «déséquilibrés». Soit. Mais la vraie question n’est pas celle-là : étaient-ils véridiques, vérifiés, honnêtes ? La vérité est parfois elle-même déséquilibrée. Difficile de le savoir, de toute manière : on ne les verra pas.

Les services consulaires des Etats-Unis ont classé en «catégorie 2» la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne pour mettre en garde les touristes américains sur l’insécurité qui régnerait dans ces trois pays. Les attentats qui s’y sont déroulés expliqueraient ces avertissements alarmistes. On ne sait à quel niveau seraient classés les Etats-Unis par les mêmes services consulaires, quand on sait que l’insécurité est en moyenne dix fois supérieure là-bas à ce qu’elle est en Europe…

Laurent Joff
Publié dans:Politique |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

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