Archive pour le 6 février, 2018

La mettre de Lautent Joffrin……………..(06/02/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Tempête au casino

Les bourses dévissent. Krach ou correction ? Nul ne le sait, surtout pas les spécialistes des marchés dont on connaît la devise : «Always wrong, never in doubt». Ils se trompent toujours et ne doutent jamais. L’enchaînement des causes et des effets nous démontre que la Bourse et la vie sont décidément deux choses différentes. Les opérateurs constatent que les salaires pourraient augmenter aux Etats-Unis, où la faiblesse du chômage met les salariés en meilleure position. Catastrophe ! Les autorités monétaires pourraient en profiter pour agiter le spectre de l’inflation et resserrer l’aisance monétaire qui prévaut depuis une décennie. Du coup les spéculateurs vendent. Autrement dit, comme souvent, la bonne nouvelle pour le commun des mortels – un meilleur salaire – en est une mauvaise pour les marchés. L’économie mondiale va mieux, le pouvoir d’achat pourrait enfin augmenter, l’inégalité cesser de croître : voilà ce qui déprime les possédants.

Paradoxe supplémentaire : cette causalité immorale n’est pas symétrique. Une mauvaise nouvelle pour les marchés n’en est pas une bonne pour nous. Si les marchés plongent, l’économie risque de suivre. Nous dansons sur un volcan, celui de l’endettement massif. Née de la folie financière, la crise de 2008 a été jugulée par une inondation de liquidités. Pour éviter la récession, la Fed et la BCE ont créé de la monnaie à tire-larigot. Les taux sont tombés au plus bas, on a en conséquence investi sans retenue. Mais si ces créances s’avèrent mauvaises, comme au temps des «subprimes», on risque l’effondrement. Certes, on a pris certaines précautions en contraignant les banques à plus de retenue. Pas sûr que cela suffise. Les autorités monétaires voudraient bien revenir à une certaine forme de sagesse en rétablissant des taux d’intérêt un peu plus élevés. Mais ils risquent de bloquer la reprise. Que pouvons-nous faire dans ce casino planétaire ? Prier, peut-être, croiser les doigts, en tout cas, ou bien agiter des gousses d’ail pour conjurer le mauvais sort.

Et aussi

• Comme Macron, Wauquiez aurait-il de la chance ? A peine a-t-il conquis le parti LR sur une ligne ultra-droitière qu’il enregistre deux succès dans des élections partielles. L’un n’explique peut-être pas l’autre : la légère usure du macronisme dans l’opinion pourrait bien se trouver à l’origine de cette double victoire. Cela ne fait rien : Wauquiez est comme ces sorciers qui tournent en rond sur la prairie pour lutter contre la sécheresse. Quand la pluie arrive, ils disent que c’est grâce à eux.

Le magazine Challenges a été condamné par un tribunal de commerce pour avoir révélé que l’entreprise Conforama était placée «sous mandat ad hoc» en raison de ses difficultés financières, liées aux palinodies de sa maison mère. Les plaignants ont contourné la loi sur la presse en s’adressant à une juridiction économique. Dangereux précédent. Faudra-t-il désormais s’autocensurer dans la crainte de porter atteinte aux intérêts de tel ou tel acteur de la vie économique ? Où est l’intérêt légitime du public ? Challenges a fait appel. L’affaire intéresse toute la presse, et menace le débat public. Commerce et liberté deviendront-ils antinomiques ?

Laurent Joffrin
Publié dans:"AFFAIRES", Economie |on 6 février, 2018 |Pas de commentaires »

Il resterait bien un Préfet à assiner…………………(06/02/2018)

  1. L’Obs
  2.  > Economie
  3. « L’indépendance de la Corse appauvrirait sa population »

"L'indépendance de la Corse appauvrirait sa population"
Une vue d’Ajaccio (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Professeur à l’Université catholique de Lille, Eric Dor s’est penché sur l’économie corse, après avoir étudié celle de la Catalogne. Selon lui, sa population n’a aucun intérêt à se détacher de la France.

Alors qu’Emmanuel Macron se rend ce mardi en Corse, un économiste belge, Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management de l’Université catholique de Lille, a publié une étude sur la viabilité économique de l’île dans l’hypothèse où elle deviendrait indépendante. Selon Eric Dor, la spécialisation productive de la Corse (0,49% de la population française, 0,39% du PIB national) plaide en défaveur de l’indépendance.

Pourquoi cette étude sur la Corse ?

Avec ce qui se passe en Catalogne, certains s’interrogent sur les velléités d’indépendance d’autres régions d’Europe, comme l’Ecosse, la partie flamande de la Belgique ou la Corse. Je lisais ce matin encore une dépêche de Bloomberg s’interrogeant sur la possibilité de voir la Corse imiter la Catalogne…

 

 

Je pense qu’il est toujours bon de revenir sur terre, et de regarder les données macroéconomiques de manière dépassionnée. J’avais fait le même exercice sur la Catalogne. Il n’y a aucune démarche politique de ma part.

 

 

Vous étiez moins tranché sur la Catalogne que sur la Corse…

La Catalogne pourrait être un pays tout à fait viable. Sa spécialisation productive la place en bonne position. Elle dispose d’une excellente industrie, de bons services marchands, et est bien placée sur les hautes technologies. Le seul problème auquel elle serait confrontée, en cas d’indépendance, est lié à l’Europe : si elle sort de l’Espagne, selon l’interprétation qui est faite des traités, elle sort de l’Union monétaire et de l’Union européenne, ce qui entraînerait une disruption de ses relations commerciales internationales. Par ailleurs, les grandes banques catalanes seraient fragilisées, car leur bilan, qui est important, serait très difficile à soutenir dans un cadre étatique plus limité que le cadre espagnol.

Pour ce qui est de la Corse, son économie repose sur une spécialisation productive atypique. Avec une sur-pondération du secteur public (éducation, santé…) et une sous-pondération de l’industrie et des services marchands sophistiqués. L’agriculture est, quant à elle, largement artisanale. La construction, le tourisme, le transport et les services publics représentent environ 80% de la valeur ajoutée.

Il resterait bien un Préfet à assiner.....................(06/02/2018) dans Economie 16417406

C’est une structure productive qui n’est pas favorable à l’indépendance. Le poids du secteur public implique des financements de la métropole ou de l’UE qui disparaîtraient en cas d’indépendance.

Votre étude montre que le taux de croissance de la Corse est pourtant important : près de 2% par an depuis dix ans.

Oui, il est en moyenne de 1,94%, ce qui est énorme. Mais si vous regardez dans le détail, cette croissance est largement liée au secteur public non marchand : éducation, santé, etc. Et donc, il est certain que les transferts financiers depuis la métropole ont joué un grand rôle.

 

Publié dans:Economie |on 6 février, 2018 |Pas de commentaires »

A la mémoire de Claude Erignac………………(06/02/2018)

Macron au pied du mur corse

Par Dominique Albertini, envoyé spécial à Ajaccio — 5 février 2018 à 20:36
A Cargèse, rue Colonna. Un autre Colonna, Yvan, condamné pour l’assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998, est originaire du village.Zoom
A Cargèse, rue Colonna. Un autre Colonna, Yvan, condamné pour l’assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998, est originaire du village. Photo Albert Facelly

Le chef de l’Etat, qui doit présider ce mardi à Ajaccio un hommage au préfet Erignac, assassiné il y a vingt ans, précisera sa position sur le statut de l’île mercredi à Bastia. Les nationalistes espèrent des concessions.

D’abord, la mémoire. C’est pour commémorer l’assassinat du préfet Claude Erignac qu’Emmanuel Macron posera le pied à Ajaccio ce mardi matin. Il y présidera à 10 heures un hommage au haut fonctionnaire, abattu il y a vingt ans par un commando nationaliste alors qu’il rejoignait, seul et à pied, sa femme au théâtre. Ensuite, la politique. Le chef de l’Etat s’entretiendra mardi soir avec les deux hommes forts de l’île, le président de l’exécutif, Gilles Simeoni, et celui de l’Assemblée territoriale, Jean-Guy Talamoni. Dans un discours prévu mercredi après-midi à Bastia, il dira s’il envisage ou non une véritable autonomie de la Corse au sein de la République. En pratique, ces deux aspects du voyage présidentiel ne se laisseront pas facilement distinguer. Ne serait-ce qu’en raison de l’absence annoncée de Jean-Guy Talamoni à l’hommage au préfet Erignac – par égard pour la famille, a-t-il justifié. Ou parce que les membres du commando figurent parmi les «prisonniers politiques» dont les dirigeants corses souhaitent le rapprochement, voire l’amnistie. Et parce que c’est au nom de «l’apaisement» et de la «réconciliation» que ces derniers pressent Macron de clarifier sa position sur le statut de l’île.

Entre contexte mémoriel et attentes politiques, un curieux climat entoure ce déplacement. Il a été entretenu par la longue incertitude autour du programme présidentiel, révélé seulement lundi après-midi. Ou par la question de la présence ou non d’un drapeau français dans les bâtiments de la Collectivité lors du passage d’Emmanuel Macron : tel n’était pas le cas pour la ministre Jacqueline Gourault, début janvier. A l’Elysée, on rappelle que «le drapeau français est par nature toujours présent là où se rend le Président». Un Talamoni provocateur a tranché la question : «Si on recevait le président d’une autre République, il y aurait aussi son drapeau.»

«Macronisé»

Le chef de l’Etat ne s’était pas rendu en Corse depuis son élection. Mais son meeting de campagne sur l’île, le 7 avril 2017, avait appâté les nationalistes : le candidat y revendiquait une position «ouverte et pragmatique», jugeant la République «suffisamment forte pour accueillir des particularités» en son sein. «Il nous avait mis l’eau à la bouche, reconnaît le député nationaliste de Corse-du-Sud, Paul-André Colombani. Mais après, on ne l’a plus entendu.» Macron a plutôt laissé œuvrer deux interlocuteurs peu familiers des questions corses : la ministre «bis» de l’Intérieur, Jacqueline Gourault, et le Premier ministre, Edouard Philippe. Leur fermeté, et celle du président du Sénat, Gérard Larcher, acteur important de la future réforme constitutionnelle, ont douché les espérances nationalistes.

Difficile aussi de dire si, depuis le Sénégal où il se trouvait samedi, Emmanuel Macron a été impressionné par la manifestation organisée à Ajaccio en prélude à sa visite. Très variable selon les sources, l’affluence était sans doute un peu inférieure à 10 000 personnes : pas la levée en masse espérée par les organisateurs, mais une honnête démonstration de force. Dans la foulée, toutefois, Gilles Simeoni se disait prêt à en rabattre sur ses revendications. «On a bien compris que, pour l’instant, il y a des obstacles politiques et institutionnels. Je peux entendre que la coofficialité du corse pose problème ou que dans le climat actuel, on ne puisse pas parler d’amnistie, notamment pour les acteurs de l’affaire Erignac. Mais ne nous demandez pas de renoncer à aborder ces sujets.» Conscient que le chef de l’Etat ne voudra pas mettre en péril une réforme constitutionnelle déjà délicate, le nationaliste préfère parler de «points d’équilibre» à trouver.

Emmanuel Macron pourra-t-il le leur refuser ? Sa visite sera peut-être l’occasion de constater la popularité de Gilles Simeoni sur l’île. Avec sa large victoire aux élections territoriales de décembre, l’ex-avocat «a macronisé la Corse», juge un acteur du dossier. Certaines revendications, comme le rapprochement des prisonniers, sont largement approuvées au-delà de son camp. Jeudi, à l’Assemblée de Corse, une résolution reprenant les principales demandes nationalistes a même reçu le soutien des six élus de La République en marche. Une «convergence», assume Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et patron du parti présidentiel sur l’île : «La situation de la Corse ressemble quand même plus à celle de la Guadeloupe que des Hauts-de-France.»

Stratégie

Dimanche, le délégué général du parti, Christophe Castaner, a jugé cette initiative «non conforme au discours du président de la République». Du côté de Gilles Simeoni, il s’agit de démontrer la justesse de sa stratégie, selon laquelle on sert mieux la cause corse par la voie électorale que par la lutte clandestine. Faute de résultats, une frange dure pourrait douter de l’intérêt de la modération. «Pas forcément ses alliés indépendantistes de Corsica Libera, le parti de Jean-Guy Talamoni, pour lesquels Simeoni a représenté une échelle vers le pouvoir, estime le politologue André Fazi. Mais chez un mouvement tel que Core in Fronte, qui a obtenu 6,7 % des voix aux territoriales, il existe une véritable marge de progression». Obtenir des résultats rapides pour préserver un jeune mouvement : voilà au moins un souci commun au chef de l’Etat et au leader nationaliste.

Dominique Albertini envoyé spécial à Ajaccio

Publié dans:Politique |on 6 février, 2018 |Pas de commentaires »

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