Il resterait bien un Préfet à assiner…………………(06/02/2018)

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"L'indépendance de la Corse appauvrirait sa population"
Une vue d’Ajaccio (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Professeur à l’Université catholique de Lille, Eric Dor s’est penché sur l’économie corse, après avoir étudié celle de la Catalogne. Selon lui, sa population n’a aucun intérêt à se détacher de la France.

Alors qu’Emmanuel Macron se rend ce mardi en Corse, un économiste belge, Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management de l’Université catholique de Lille, a publié une étude sur la viabilité économique de l’île dans l’hypothèse où elle deviendrait indépendante. Selon Eric Dor, la spécialisation productive de la Corse (0,49% de la population française, 0,39% du PIB national) plaide en défaveur de l’indépendance.

Pourquoi cette étude sur la Corse ?

Avec ce qui se passe en Catalogne, certains s’interrogent sur les velléités d’indépendance d’autres régions d’Europe, comme l’Ecosse, la partie flamande de la Belgique ou la Corse. Je lisais ce matin encore une dépêche de Bloomberg s’interrogeant sur la possibilité de voir la Corse imiter la Catalogne…

 

 

Je pense qu’il est toujours bon de revenir sur terre, et de regarder les données macroéconomiques de manière dépassionnée. J’avais fait le même exercice sur la Catalogne. Il n’y a aucune démarche politique de ma part.

 

 

Vous étiez moins tranché sur la Catalogne que sur la Corse…

La Catalogne pourrait être un pays tout à fait viable. Sa spécialisation productive la place en bonne position. Elle dispose d’une excellente industrie, de bons services marchands, et est bien placée sur les hautes technologies. Le seul problème auquel elle serait confrontée, en cas d’indépendance, est lié à l’Europe : si elle sort de l’Espagne, selon l’interprétation qui est faite des traités, elle sort de l’Union monétaire et de l’Union européenne, ce qui entraînerait une disruption de ses relations commerciales internationales. Par ailleurs, les grandes banques catalanes seraient fragilisées, car leur bilan, qui est important, serait très difficile à soutenir dans un cadre étatique plus limité que le cadre espagnol.

Pour ce qui est de la Corse, son économie repose sur une spécialisation productive atypique. Avec une sur-pondération du secteur public (éducation, santé…) et une sous-pondération de l’industrie et des services marchands sophistiqués. L’agriculture est, quant à elle, largement artisanale. La construction, le tourisme, le transport et les services publics représentent environ 80% de la valeur ajoutée.

Il resterait bien un Préfet à assiner.....................(06/02/2018) dans Economie 16417406

C’est une structure productive qui n’est pas favorable à l’indépendance. Le poids du secteur public implique des financements de la métropole ou de l’UE qui disparaîtraient en cas d’indépendance.

Votre étude montre que le taux de croissance de la Corse est pourtant important : près de 2% par an depuis dix ans.

Oui, il est en moyenne de 1,94%, ce qui est énorme. Mais si vous regardez dans le détail, cette croissance est largement liée au secteur public non marchand : éducation, santé, etc. Et donc, il est certain que les transferts financiers depuis la métropole ont joué un grand rôle.

 

Publié dans : Economie |le 6 février, 2018 |Pas de Commentaires »

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