Archive pour le 12 février, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(12/02/2018)

Libération 12 février 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Cachez ces pauvres…

Pas de ça chez nous ! Une bonne partie de la droite ne supporte pas la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain), qui a l’insupportable prétention de mieux répartir dans le tissu urbain les populations les plus pauvres. Quoi ? Versailles ou La Celle-Saint-Cloud devraient donc accueillir un quart de logements sociaux où habiterait une armée de fauchés, dont une bonne partie de Français pas tout à fait «de souche» ? Mon cher, vous n’y pensez pas ! Nous ne sommes pas à La Courneuve…

La gauche avait tenu bon et prévu des sanctions pour les communes récalcitrantes. Las ! Voici que La République en marche s’apprête à corriger la loi pour accroître les moyens légaux d’échapper à la logique SRU, décrite par ses procureurs comme une sinistre entreprise égalitaire ourdie par la coalition des bien-pensants. Si ces concessions se confirment, les riches conserveront bien plus qu’avant la latitude de rester entre eux, loin des ghettos urbains qui sont l’affaire des élus peigne-cul de Roubaix-Tourcoing ou du «9-3».

Politiquement, l’attitude des maires de droite est logique. Pourquoi faire venir, au sein d’un corps électoral bien mis et propre sur lui, des aliens capables de voter pour n’importe qui ? Une certaine gauche municipale, il faut être honnête, avait tenu le même raisonnement : plus de HLM, c’est plus d’électeurs de gauche. Vive le logement social ! Jusqu’à ce qu’ils passent au Front national…

Si les pauvres restent entre eux, se dit encore la droite, il sera toujours temps de fustiger la constitution de «ghettos urbains», de «zones de non-droit», de «territoires perdus de la République» qu’on aura aidé à constituer, tous thèmes horrifiques qui permettent de muscler les éditoriaux d’Eric Zemmour ou d’Ivan Rioufol, et de s’assurer que les électeurs conservateurs continueront de bien voter.

Au vrai, il n’est pas besoin d’être docteur en sociologie pour savoir que la concentration des plus défavorisés dans les mêmes cités est l’un des principaux facteurs de la délinquance et du communautarisme. Mieux répartis, les travailleurs modestes, d’ici ou d’ailleurs, s’intègrent mieux à la vie sociale. Cette évidence ne semble pas évidente aux députés d’En marche. Entre les arguments de la droite et ceux de la gauche, leur cœur balance de moins en moins. «En même temps», selon leur mantra qui prend une signification nouvelle, c’est affaire de tactique : la seule opposition dangereuse à ce jour est celle de la droite. En faisant sa politique, on la prive d’arguments.

Et aussi

Jérôme Cahuzac espère atténuer en appel la condamnation à trois ans de prison dont il a écopé en première instance. Tout accusé a le droit de se défendre et l’on n’exigera pas à toute force la mort du pécheur. Mais tout de même : Cahuzac a violé dans les grandes largeurs les lois qu’il était au premier chef chargé d’exécuter et d’incarner aux yeux des contribuables. Il a menti à sa famille, à ses amis, à ses camarades de parti, au Premier ministre, au Président qui l’avaient nommé et, pour couronner le tout, à la représentation nationale, c’est-à-dire à la République tout entière. Malgré le talent bourru d’Eric Dupont-Moretti, le saint-bernard des accusés noirs comme du charbon, on aura du mal à s’apitoyer sur son sort.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 février, 2018 |Pas de commentaires »

Députés fantômes ?? (12/02/2018)

« Pourquoi parler quand il n’y a rien à dire ? » : on a vérifié s’il y avait vraiment 50 députés LREM « fantômes » à l’Assemblée

Selon un classement du magazine « Capital », les députés de la majorité seraient les moins travailleurs de l’Assemblée, tandis que « L’Obs » affirme carrément que 50 d’entre deux ont totalement disparu des radars. Qu’en est-il vraiment ?

Le président du groupe La République en marche, Richard Ferrand, à Paris, le 24 octobre 2017.
Le président du groupe La République en marche, Richard Ferrand, à Paris, le 24 octobre 2017. (MAXPPP)
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Margaux DuguetFrance Télévisions

Mis à jour le 12/02/2018 | 17:01
publié le 12/02/2018 | 12:02

Travail largement insuffisant. Voilà en substance le bilan de Capital sur les députés de La République en marche, réalisé en décembre à partir des données publiques de l’Assemblée nationale compilées par le site nosdeputes.fr. D’après le classement du magazine, « les députés En marche sont en vérité loin d’avoir été les plus assidus aux travaux parlementaires ». « En moyenne, poursuit le journal, [ils] se révèlent beaucoup moins travailleurs que les députés républicains, socialistes et de La France insoumise, de loin les plus bosseurs. »

Pire, selon le magazine L’Obs publié fin janvier, « une cinquantaine de députés ‘marcheurs’ semblent avoir déserté les bancs de l’Assemblée nationale », et ce « depuis le début de l’année ». Du côté de l’opposition, certains ne manquent pas de s’engouffrer dans la brèche. « Leur présence est beaucoup moins forte et leurs rangs, de plus en plus clairsemés », affirme le député Daniel Fasquelle, également trésorier des Républicains. « Clairement, il y a un désengagement ostentatoire », renchérit Olivier Faure, le président du groupe Nouvelle Gauche.

Qu’en est-il réellement ? Y a-t-il vraiment une cinquante de députés LREM « fantômes » ? Franceinfo a interrogé les macronistes les plus discrets – selon les statistiques – du Palais-Bourbon.

« Tant qu’il n’y a rien à dire, il ne faut rien dire »

Bruno Bonnell est l’un de ceux-là. Pourtant régulièrement invité dans les médias depuis sa victoire sur l’ex-ministre Najat Vallaud-Belkacem, le député du Rhône termine avant-dernier du palmarès de Capital. Sa courbe d’activité sur nosdeputes.fr ressemble d’ailleurs à un encéphalogramme plat. Seulement 19 présences rélevées au sein de la Commission des Affaires étrangères qui, au 30 janvier, s’était pourtant déjà réunie 52 fois. Un amendement proposé. Et aucune intervention longue dans l’Hémicycle, au sein duquel il affirme pourtant avoir été « très ému » d’entrer.

 

L\'activité parlementaire de Bruno Bonnell, député LREM de la 6e circonscription du Rhône. 
L’activité parlementaire de Bruno Bonnell, député LREM de la 6e circonscription du Rhône.  (NOSDEPUTES.FR)

 

« Qu’avez-vous fait pendant sept mois ? », l’interroge-t-on. « Rien, lâche-t-il, un brin provocateur. Ce n’était pas mon moment. » L’entrepreneur se reprend aussitôt : « J’ai appris ce que c’était le métier de député, puis j’ai travaillé sur les dossiers qui m’intéressent, à savoir l’entreprise et le numérique. J’ai aussi passé beaucoup de temps en circonscription, pour comprendre ce qu’était la mission de parlementaire ».

Je n’ai jamais autant travaillé de ma vie.Bruno Bonnell, député LREM du Rhôneà franceinfo

Plusieurs élus LREM épinglés insistent, comme lui, sur la nécessité de trouver ses marques à l’Assemblée. C’est le cas de Blandine Brocard. En septembre, l’élue du Rhône a été affublée par certains médias du surnom peu glorieux de députée « fantôme », après un article de Lyon Mag sur la déception de certains militants de sa circonscription. « Durant ces premiers mois, je me suis effectivement faite discrète pendant les débats, écoutant mais sans prendre la parole, comme d’ailleurs la plupart des députés de tous bords », justifiait-elle sur Facebook. Contactée par franceinfo, elle n’a pas donné suite à nos sollicitations.

« J’estime qu’il ne faut pas parler quand on n’a rien à dire », assure également Valéria Faure-Muntian. Députée de la Loire, et critiquée par certains élus pour son manque de disponibilité, elle reconnaît néanmoins que « c’est peut-être [son] tort de ne pas participer suffisamment ».  »Je ne me précipite pas, j’estime être une jeune élue », assume, de son côté, Patricia Mirallès. La députée n’est pourtant pas tout à fait une novice en politique, comme le rappelle ce portrait de France Bleu : quinze ans de militantisme au PS, suivis d’un mandat de conseillère municipale à Montpellier et d’un autre de conseillère départementale de l’Hérault. A Paris, à l’Assemblée, elle n’a à son actif qu’une intervention longue dans l’Hémicycle – une question sur les effectifs du tribunal de grande instance de Montpellier.

Tant qu’il n’y a rien à dire, il ne faut rien dire. J’ai besoin de temps, j’apprends beaucoup.Patricia Mirallès, députée LREM de l’Héraultà franceinfo

Patricia Mirallès a également été victime de problèmes de santé, qui ont occasionné « des déplacements compliqués » pour elle. « Je souffre d’une blessure au pied, j’ai été en fauteuil roulant pendant deux mois, et j’ai toujours une béquille », dit-elle. A l’image des autres députés contactés par franceinfo, elle assure cependant ne pas compter ses heures. « Je dors deux-trois heures par nuit et il m’arrive de dormir dans mon bureau », raconte l’élue.

Claire O’Petit connaît, selon ses dires, le même rythme de travail. Déjà connue pour ses interventions dans « Les Grandes Gueules », sur RMC, ou ses propos polémiques sur la baisse des APL, l’élue de l’Eure n’est pourtant « jamais intervenue dans l’Hémicycle », tacle Capital dans son édition de décembre. Le classement du magazine l’a-t-elle motivée ? Depuis qu’il a été publié, Claire O’Petit semble s’être rattrapée. « En janvier, j’ai posé deux questions dans l’Hémicycle », lance-t-elle à franceinfo.

« Ces critères sont désuets »

Les députés LREM épinglés par Capital dénoncent auprès de franceinfo les critères retenus par le magazine : les présences et les interventions en commission, les interventions dans l’Hémicycle et les amendements proposés. Des données publiques, compilées depuis plusieurs années déjà par nosdeputes.fr, et effectivement pas franchement favorables à LREM. Exemple : entre les législatives de juin 2017 et début février, 17 députés n’ont, selon les retranscriptions de l’Assemblée nationale, jamais prononcé un mot dans l’Hémicycle. Quinze d’entre eux sont des élus macronistes.

 

Avant l’examen du projet de loi sur la protection des données personnelles ces derniers jours, Bruno Bonnell était à peine plus bavard, avec quatre (très) brèves interventions recensées dans l’Hémicycle début février. Les voici in extenso : « Très bien ! », « Ce n’est pas vrai ! N’importe quoi ! », « C’est hors-sujet ! » et « Ah, bravo ! » « Ces critères sont désuets, complètement décalés par rapport à la réalité de notre métier », dénonce l’intéressé.

 

Si l’on comptabilisait les interventions que je fais auprès des gens pour expliquer notre politique, je serais sans doute le mieux classé. Si l’on comptabilisait les interventions médiatiques, je serais sans doute le mieux classé. Je lis aussi beaucoup, là aussi je serais le mieux classé.Bruno Bonnell, député LREM du Rhôneà franceinfo

« Moi, je suis dans un groupe d’études sur la fin de vie, je travaille aussi dans un groupe de travail pour la prévention de la radicalisation et la réinsertion citoyenne au niveau scolaire, liste la députée du Rhône Danièle Cazarian. Or, là-dessus, il n’y a pas de visibilité, contrairement à des présences en commissions ou dans l’Hémicycle. »

 

Les bons points, les mauvais points, je ne suis pas là pour ça. Je suis pas dans une logique comptable.Danièle Cazarian, députée LREM du Rhôneà franceinfo

Six des 20 députés LREM les moins bien classés par Capital appartiennent à la commission de la Défense. Or, il est vrai, cette dernière se réunit moins souvent que les autres. Seulement 39 réunions selon un décompte daté du 30 janvier, contre 108 pour leurs collègues des Finances ou 62 pour ceux des Lois. « Sept réunions sur 10 se font à huis clos et ne sont pas comptabilisées sur mon temps de travail », explique Jean-Philippe Ardouin, député LREM de Charente-Maritime, à La Haute Saintonge.

« Je suis dans une commission où l’on n’est pas visibles, abonde la députée Patricia Mirallès. Quand on évoquera en juin la loi de programmation militaire, on parlera plus que les autres et on dira : ‘Ah tiens, elle s’est mise à bosser’. Je ne rentrerai pas dans ce cirque médiatique. » « J’ai passé plus de cinquante jours auprès des militaires pour un rapport, ce travail n’est pas pris en compte par nosdeputes.fr », renchérit Gwendal Rouillard, député du Morbihan.

 

J’espère que dans une démocratie adulte, on ne jugera pas les parlementaires au nombre d’amendements signés.Gwendal Rouillard, député du Morbihanà franceinfo

Une opposition logiquement plus visible

« La réalité du travail parlementaire est très vaste », reconnaît Benjamin Ooghe-Tabanou, du collectif Regards citoyens, éditeur de nosdeputes.fr. C’est d’ailleurs pour cela que le site, régulièrement attaqué par les parlementaires, se refuse à produire un classement de l’assiduité des élus, contrairement à la démarche de Capital. Lui se refuse à accabler les macronistes.

Des parlementaires qui ne sont pas impliqués dans leur mandature, ça existe depuis assez longtemps et ce n’est pas spécifique à LREM.Benjamin Ooghe-Tabanou, membre du collectif Regards citoyensà franceinfo

« Les députés qui bossent le plus ne courent pas dans les médias, ni ne braillent dans l’Hémicycle », abonde Tris Acatrinei, observatrice assidue du Palais-Bourbon avec sa plateforme Projet Arcadie. Cinquante députés LREM « fantômes » ? Elle n’y croit pas du tout.  »D’où il sort, ce chiffre ? C’est de la rumeur », balaye cette ancienne assistante parlementaire. Elle pointe néanmoins une difficulté particulière pour les macronistes : « C’est plus facile d’être visible quand vous êtes dans l’opposition ».

De fait, les députés LREM sont plus nombreux, 312 selon le dernier comptage. Mathématiquement, chaque élu macroniste a donc un peu moins de place pour exister. Surtout, le groupe majoritaire suit la plupart du temps le gouvernement, ce qui laisse peu de place au dépôt d’amendements ou aux prises de parole. Sous François Hollande, les députés du groupe socialiste étaient ainsi – en moyenne – les moins bavards dans l’Hémicycle, mais aussi les moins prolifiques en termes d’amendements, selon la synthèse de nosdeputes.fr.

« On est un gros groupe majoritaire, on ne peut pas tous poser des amendements », confirme Danièle Cazarian. « Nous avons une mission, nous, députés de la majorité, c’est de faire voter un ensemble de loi qui dépend du programme présidentiel. Or, à chaque fois qu’un député de la majorité parle, il faut que l’on donne la parole aux députés de l’opposition », note Bruno Bonnell.

Quand vous êtes d’accord avec une loi qui est présentée, pourquoi parler quand il n’y a rien à dire ?Bruno Bonnell, député LREM de Rhôneà franceinfo

« L’adaptation ? C’est derrière nous »

Certains « ont eu plus de travail que d’autres, comme Amélie de Montchalin », chargée du projet de loi de Finances, concède l’entourage de Richard Ferrand, le patron des députés LREM à l’Assemblée. Mais « non, il n’y a pas 50 marcheurs dans la nature », nous assure-t-on.

Arriver à garder 312 députés occupés, c’est un gros enjeu, mais on fait en sorte que chacun trouve sa place en évitant, par exemple, les cumuls de postes.L’entourage de Richard Ferrandà franceinfo

Fin novembre, le groupe avait tout de même lancé une cellule de soutien, baptisée « Care », à destination de ces députés un peu perdus dans leurs nouvelles fonctions. A en croire l’entourage de Richard Ferrand, la cellule n’avait « pas plus de travail que ça ». Elle a même été dissoute depuis plusieurs semaines « faute de dossiers à traiter », nous a annoncé cette même source, après la publication de cet article. « L’adaptation ? Ça c’est derrière nous », ajoute-t-on. Ces « marcheurs » très discrets ont encore quatre ans pour faire leur preuve.

Publié dans:"AFFAIRES" |on 12 février, 2018 |Pas de commentaires »

Joli……………………………….(12/02/2018)

Orgies, prostituées : l’ONG Oxfam au cœur d’un scandale sexuel en Haïti

Orgies, prostituées : l'ONG Oxfam au cœur d’un scandale sexuel en Haïti
Une rue dévastée de Port-au-Prince (Haïti) après le passage d’un tremblement de terre en 2010. (JUAN BARRETO / AFP)

Des responsables de l’ONG ont engagé de jeunes prostituées à Haïti en 2011 au cours d’une mission humanitaire.

Par L’Obs

Publié le 12 février 2018 à 16h25

Depuis les révélations du « Times » vendredi, c’est la stupéfaction. A Londres, comme à Bruxelles, les condamnations fusent. Oxfam a-t-elle tenté d’étouffer un scandale sexuel impliquant plusieurs de ses membres en Haïti en 2011 ? Les dirigeants de l’ONG doivent s’expliquer ce lundi 12 février devant le gouvernement britannique. Le scandale est tel qu’avant même la rencontre, la directrice générale adjointe d’Oxfam a démissionné de son poste, exprimant sa « tristesse » et sa « honte ».

Les accusations sont graves : d’après le quotidien britannique, des responsables de l’ONG auraient engagé de jeunes prostituées en Haïti il y a sept ans au cours d’une mission consécutive au séisme qui avait ravagé le pays en 2010.

Plusieurs groupes de jeunes prostituées auraient ainsi été invités dans des maisons et des hôtels payés par Oxfam. Une source citée par le journal ajoute avoir vu une vidéo d’une orgie avec des prostituées portant des t-shirts d’Oxfam.

« Nous avons honte »

Pris dans la tourmente, l’ONG, basée en Grande-Bretagne, tente de s’expliquer et nie avoir tenté d’étouffer l’affaire. Elle assure dans un communiqué avoir ouvert dès 2011 une enquête interne. L’affaire ne serait pas restée sans conséquence puisque, comme le souligne Oxfam, quatre employés de l’organisation ont été licenciés et trois autres, dont le directeur d’Oxfam en Haïti, ont démissionné avant même la fin de l’enquête.

Problème, toujours selon le « Times », Oxfam n’a averti ni les autorités ni les autres organisations humanitaires, des comportements douteux de plusieurs de ses ex-employés. Conséquence, certains d’entre eux ont pu poursuivre leurs missions ailleurs sur d’autres zones de catastrophes. Le « Times » cite notamment l’exemple de Roland n Hauwermeiren – lequel a reconnu avoir engagé les prostituées. Mais après avoir quitté son poste à Haïti, l’intéressé est devenu… chef de mission pour Action contre la faim au Bangladesh en 2014.

« Nous avons honte de ce qui s’est passé. Nous nous excusons sans réserve », a réagi Caroline Thomson, la présidente du conseil d’administration d’Oxfam.

La Grande-Bretagne menace de couper les vivres

Alors que le scandale ébranle le monde des ONG humanitaires, le gouvernement britannique réclame des comptes. La secrétaire d’Etat du Développement international, Penny Mordaunt, qui reçoit ce lundi des responsables d’Oxfam, brandit la menace du financement.

« Je leur donne l’occasion de me dire en personne ce qu’ils ont fait après ces événements et je vais voir s’ils démontrent les qualités morales dont je pense qu’ils ont besoin », a déclaré dimanche matin Penny Mordaunt, interrogée par la BBC.

Elle prévient :

« S’ils ne transmettent pas toutes les informations (qu’ils détiennent sur l’affaire), je ne travaillerai plus avec eux. »

Publié dans:"AFFAIRES" |on 12 février, 2018 |Pas de commentaires »

L’édito d’AS……………………………….(12/02/2018)

édito

Bête noire

Par Alexandra Schwartzbrod — 11 février 2018 à 20:46

ÉditoC’est l’engrenage que le monde redoute : l’entrée d’Israël dans l’inextricable conflit syrien. Depuis le début de la guerre, en 2011, des accrochages avaient déjà eu lieu de part et d’autre de la frontière entre les deux pays, et même des incursions israéliennes dans l’espace aérien syrien pour détruire des cibles militaires dangereuses pour la sécurité de l’Etat hébreu, tels des convois d’armes à destination du Hezbollah libanais. Mais c’est la première fois qu’Israël engage une aussi lourde attaque contre des sites non seulement syriens mais aussi iraniens. C’est là que les choses se corsent. Car l’Iran n’est pas le Hezbollah, ni même la Syrie, c’est une puissance régionale majeure devenue au fil des ans la bête noire des autorités israéliennes. A bien y regarder, tous les ingrédients de l’escalade militaire sont aujourd’hui réunis. A Damas, Bachar al-Assad a repris de l’assurance, sorti indemne par on ne sait quel miracle – ou plutôt malédiction – de la boucherie en cours depuis sept ans. En Iran, où l’on célèbre en grande pompe l’anniversaire de la révolution islamique, les autorités ont tout intérêt à resserrer les rangs de la population contre l’ennemi israélien après les débuts de révolte intérieure. Enfin, en Israël, le chef du gouvernement, Benyamin Nétanyahou, fragilisé par une série d’affaires, peut être tenté de profiter de la crise pour faire diversion ou juste marquer des lignes rouges et montrer qui est le chef. Le signal de la désescalade, si désescalade il y a, ne viendra ni de Washington ni de l’ONU, mais de Moscou, qui apparaît comme un acteur clé dans cette affaire. Bien qu’allié de l’Iran dans le conflit syrien, Vladimir Poutine a toujours pris soin de maintenir le lien avec Israël (dont plus de 20 % de la population est d’origine russe). A priori, il a tout à gagner à calmer le jeu. Ne serait-ce que pour apparaître comme le vrai tireur de ficelles dans la région.

Alexandra Schwartzbrod

Liberation.fr
Publié dans:Etranger |on 12 février, 2018 |Pas de commentaires »

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