La lettre de Laurent Joffrin……………..(18/04/2018)

Libération 18 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Extension du domaine de la lutte

Le mouvement social s’essouffle moins qu’on ne dit. On peut même se demander si la fameuse «convergence des luttes» appelée de ses vœux par la gauche radicale ne reçoit pas un petit commencement d’exécution. Certes, les pourcentages de grévistes se tassent un peu à la SNCF. Mais ils restent hauts. Et surtout, l’annonce de la fin du statut de cheminot pour les nouveaux entrants au 1er janvier a de nouveau braqué la CFDT, qui parle de «provocation». L’espoir de voir le mouvement se diviser entre réformistes et radicaux s’éloigne pour l’instant.

La CGT a réussi à relancer des arrêts de travail à EDF et à la RATP. Ces mots d’ordre sont modérément suivis et les usagers ne sont guère affectés, mais désormais, nous avons trois conflits sociaux en cours dans les grands réseaux publics. Trois foyers, un gros et deux petits, auxquels s’ajoutent progressivement de nouvelles universités bloquées par les étudiants qui contestent le projet de réforme «Parcousup». Là aussi, le mouvement est manifestement minoritaire. Un vote en ligne a eu lieu à Strasbourg. Il montre que plus de 70% des étudiants souhaitent l’arrêt des blocages. Mais les assemblées générales se remplissent et la contestation s’étend. Nulle coordination à ce jour, sinon par le truchement de la CGT. Mais en géométrie sociale, les parallèles peuvent se rejoindre un jour…

Nicolas Hulot a été dépêché à Notre-Dame-des-Landes où la négociation achoppe sur une obscure question de déclaration. De toute évidence, le gouvernement aimerait bien éteindre au moins un de ces départs de feu. Il le peut encore à la SNCF : des concessions nettes sur la reprise de la dette et sur le sort des cheminots appelés à travailler pour les entreprises qui gagneront les appels d’offres ferroviaires peuvent apaiser quelque peu l’UNSA et la CFDT. On n’en est pas là : le gouvernement suit sa voie sans dévier et les syndicats plus modérés sont toujours mobilisés.

Si la grève tient, il sera trop tard. Face à un mouvement qui hésite, le compromis est possible et peut mettre fin à l’affaire. Mais si la contagion commence, les concessions encourageront les syndicats, qui pourront envisager une victoire ; elles serviront de précédent aux autres conflits, où les contestataires peuvent à leur tour espérer voir leurs revendications entendues. En principe, le gouvernement a le soutien majoritaire de l’opinion, ce qui l’encourage à la fermeté. Mais l’opinion est une alliée versatile…

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique |le 18 avril, 2018 |Pas de Commentaires »

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