Archive pour mai, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………………(31/05/2018)

Libération 31 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un très ancien nouveau monde

Résumons ce qu’on devinait dès les premiers pas et qui apparaît en pleine lumière après un an de macronisme : il n’y a pas plus de «nouveau monde» dans cette politique que de beurre en branche. Le tourbillon de réformes entreprises par le gouvernement Philippe à l’ombre de Jupiter se ramène à un plan somme toute assez plat : l’application à la France des réformes libérales à l’œuvre dans le monde depuis la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Les dernières annonces le confirment si besoin en était : libéralisation de la loi Littoral jugée trop contraignante, réforme des aides sociales accusées d’être des trappes à chômage, assouplissement des règles de cession des HLM, plan Banlieue de Jean-Louis Borloo écarté au profit d’une philosophie entrepreneuriale symbolisée par le vieux proverbe «Aide-toi et le Ciel t’aidera» : tout concorde. L’individu est tout ou presque, les corps intermédiaires sont des obstacles et non des partenaires, les «premiers de cordée» tireront tout le monde. C’est la suite d’une séquence uniforme : réforme fiscale au profit des plus riches, libéralisation du marché du travail, réduction prévue de quatre points des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires, réforme de la SNCF au nom de la concurrence, fin programmée des protections depuis toujours consenties aux cheminots. Rien de neuf dans cette affaire : on y trouve les grands principes des grands ancêtres, Bastiat, Hayek, Milton Friedman, et la longue préparation menée de manière à la fois discrète et tout à fait publique au sein des cénacles de la classe dirigeante, Fondation Saint-Simon, symposium de Davos, Institut Turgot, Institut Montaigne, etc. Et, dans une version droitisée, parmi les travaux des deux commissions Attali, dont le secrétaire était un jeune inspecteur des Finances nommé… Emmanuel Macron. Nouveau monde et vieux projet…

«Ultra-libéralisme» ? Evitons les slogans. La France reste l’un des pays les plus administrés au monde, où les dépenses publiques représentent plus de la moitié du produit intérieur. Mais justement : c’est pour mettre fin à cette exception française que cette politique est mise en œuvre, non par la société ou par «les individus» mais par un seul, logé à l’Elysée et qui mène son faux nouveau monde à la baguette. C’est la répudiation – par des méthodes jacobines – de la tradition de jacobinisme qui remonte à plus de deux siècles, ou de la greffe social-démocrate tentée avec plus ou moins de bonheur par les socialistes français au pouvoir. Un libéralisme vertical et impérieux, un bonapartisme du laisser-faire, une politique à la Guizot, premier chantre des «premiers de cordée», mâtinée de Napoléon III. Autrement dit une antique tradition, maintenue jusqu’ici sous le boisseau, soudain libérée par la divine surprise de mai 2017.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 31 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Futures retraites………………….(31/05/2018)

Depuis qu’il a été nommé haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye ne s’était jamais exprimé. Il donne ce jeudi le coup d’envoi d’une vaste consultation auprès des Français.

C’est le prochain grand bouleversement qui attend les Français. Après les ordonnances Travail, la loi sur la formation, l’apprentissage et l’assurance chômage, place à l’acte 3 du projet de société voulu par Emmanuel Macron : la retraite par points. « Nous créerons un système universel des retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé », avait promis le candidat d’En Marche sur son site de campagne. Une promesse et un engagement : « Nous ne toucherons pas à l’âge de la retraite, ni au niveau des pensions ».

Salariés, fonctionnaires, agents des 42 régimes spéciaux… Tout le monde sera logé à la même enseigne. Ce vaste big bang doit permettre au citoyen d’avoir un compte individuel de droits à la retraite – selon des règles identiques pour tous – acquis via un système de points (un peu sur le modèle des caisses de retraite complémentaires) accumulés tout au long de sa vie.

 

 

« Ma crainte, ce n’est pas le risque des manifestations, c’est que le système ne soit pas juste »

Pour l’heure, c’est Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, qui pilote le chantier des discussions prévues jusqu’à la fin de l’année. C’est l’homme clé de cette réforme à hauts risques.

« Ma crainte, ce n’est pas le risque des manifestations, c’est que le système ne soit pas juste, pas simple et pas équilibré financièrement », nous confie-t-il dans son bureau niché dans un des étages du ministère de la Santé et des Affaires sociales où trône une lithographie de l’un de ses mentors, Philippe Seguin. Ancien président du CESE (Conseil économique et social), mais aussi ex-médiateur de la République, il a également à ses galons la réforme Fillon de 2003.

« C’était lui le grand horloger, une sorte de ministre du Travail bis de l’ombre, celui qui a fait passer la réforme auprès des syndicats », affirme un ancien conseiller social de la droite. Sa méthode est lestée de décennies d’habiletés et de rondeurs. « J’appelle ça du dialogue constructif basé sur l’intelligence collective », revendique Jean-Paul Delevoye.

« Faire tomber les inquiétudes et écouter les Français »

Son calendrier est éminemment chargé pour 2018. D’avril à la fin de l’année, il reçoit à tour de bras syndicats, patronat et parlementaires. A partir de ce jeudi, il lance un vaste dispositif de « participation citoyenne » pour prendre le pouls des Français, via une plateforme sur Internet. « Tout l’intérêt de ces consultations est de faire tomber les inquiétudes et d’écouter ».

 

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Après, viendra le temps des décisions et des annonces sur une réforme qui reste pour le moins très floue. Le gouvernement doit lever le voile début 2019, pour un projet de loi discuté à l’été 2019. Et une mise mise en œuvre différée à 2025, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.

En attendant, le haut-commissaire à la réforme des retraites revient sur la méthode, le système par points pour tous, les gagnants et les perdants de la future réforme, l’âge de la retraite et la capitalisation.

LA MÉTHODE

Vous lancez ce jeudi une participation citoyenne sur la future réforme des retraites. Pourquoi une telle démarche ?

JEAN-PAUL DELEVOYE. La réforme que nous préparons n’est pas une simple réforme. Toutes celles conduites depuis 30 ans avaient pour but de réduire un déficit colossal. Aujourd’hui, nous n’avons pas le couteau sous la gorge. La mise en place d’un système universel de retraite s’inscrit dans le projet de société souhaité par Emmanuel Macron : libérer le travail, protéger les salariés et renforcer la solidarité intergénérationnelle. Les jeunes ne croient plus dans le système des retraites, les retraités pensent que leur retraite va baisser et les futurs retraités s’interrogent sur les conditions dans lesquelles ils partiront. Cela concerne donc chacun d’entre nous. Notre méthode de dialogue basé sur l’intelligence collective consiste à permettre à chacun des acteurs de contribuer à la réflexion. Nous menons des discussions pendant toute l’année 2018. C’est dans ce cadre que s’inscrit la consultation avec les citoyens.

N’est-ce pas paradoxal de demander aux Français de se prononcer sur une réforme très complexe, alors même qu’ils n’en connaissent pas le contenu ?

Les citoyens ne croient plus aux discours politiques. Pour changer de comportement, ils ont besoin de s’approprier les enjeux et que les décideurs puissent les associer aux décisions. Du 31 mai au 25 octobre, une plateforme propose à chacun de réfléchir aux différents scénarios, aux enjeux de la mise en œuvre pratique du principe « un euro cotisé = même droits ». Ce sont des questions simples avec des réponses simples. Les internautes pourront voter, commenter et faire des propositions. Des ateliers en région, ouverts à tous, seront organisés entre juillet et octobre. En fin d’année, l’ensemble des contributions seront recueillies et je présenterai une synthèse aux décideurs politiques.

LE SYSTÈME PAR POINTS POUR TOUS

Quelles seront les caractéristiques du système par points, le pilier de la réforme ?

Dans un monde qui bouge à toute vitesse, il s’agit de bâtir un nouveau système le plus adaptable au parcours de chacun. Le système par points permettra de le rendre plus lisible, plus juste et adapté à la société de demain. Le revenu donnera un droit à points, vous aurez une portabilité des droits quel que soit le type d’employeur et le secteur. L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique. Aujourd’hui, si vous avez un parcours dans la fonction publique ou dans le privé, vous n’avez pas la même retraite. Cela concourt à un sentiment d’inégalités profondes dans la société française. Si nous pouvons bâtir un régime dans lequel sont englobés tous les salariés du privé et du public, en faisant en sorte que chacun ne se sente pas lésé, cela renforcera une solidarité et la solidité du système.

Quand seront présentées les grandes lignes de la réforme ?

Nous avons d’abord un an de discussions. L’année 2018 est divisée en deux : au premier semestre nous bâtissons le « schéma cible » de ce nouveau régime universel. Autrement dit, est-ce que dans le même régime de base on met 98 % des actifs, soit tous les fonctionnaires, quasiment tous les salariés du privé et les indépendants. Avec une convergence des taux de rendement, des taux de cotisations employeurs et des taux de cotisations employés. Pour les fonctionnaires, on intègre les primes dans le calcul de la retraite. L’objectif est d’arriver à un schéma simple : qu’il s’agisse d’un fonctionnaire, d’un salarié du privé ou d’un indépendant, s’ils gagnent la même somme d’argent pendant 40 ans, l’un et l’autre auront la même retraite. Le système par points s’appuiera uniquement sur la durée totale de carrière avec des règles identiques pour tous.

Que vont devenir les 42 régimes spéciaux ?

Cette question sera abordée au deuxième semestre. On va regarder quelles sont les différences avec le régime universel, les convergences possibles et les spécificités qu’il est justifié de maintenir comme par exemple pour les militaires ou pour les régimes des indépendants. Tout le monde oublie que les régimes spéciaux ont déjà été réformés. Le pas qui reste à faire est abordable. Mon rôle sera de dire comment on justifie une différence, visant à donner des points supplémentaires à certains et pas à d’autres, et comment on accélère les convergences quand c’est possible.

LES GAGNANTS ET LES PERDANTS

Dans toute réforme, il y a des perdants et des gagnants…

On est en train de faire ces simulations qui seront traitées au second semestre. Il est parfaitement possible de mettre en place ce nouveau système en renforçant le niveau de solidarité, pour ceux qui éventuellement seraient perdants ou gagnants.

Le système par points est basé sur les revenus du travail. Y aura-t-il des compensations pour les chômeurs, les personnes handicapées, les mères qui s’arrêtent pour élever les enfants…

Il n’y aura pas de dérapage budgétaire. Cette réforme se fera à enveloppe constante ; elle maintiendra et consolidera les solidarités qui seront l’un des piliers du nouveau système : cela concerne les droits familiaux, la majoration pour enfants, les périodes d’invalidité, les séquences de chômage, les minima de pension et la pension de réversion. Cela représente aujourd’hui 20 % du volume des retraites, soit 60 milliards d’euros. Mais il faudra clarifier et déterminer la nature du financement. Par exemple, si l’on estime que la majoration pour enfants est une politique de caractère familial, doit-elle être financée par la solidarité des salariés ou par la solidarité nationale via l’impôt ? Voilà un des débats que nous devrons avoir.

Et pour les précaires ?

Nous sommes en train d’en discuter. Avec l’évolution des métiers, nous voyons apparaître de plus en plus de métiers d’ubérisation avec de faibles rémunérations et sans droits. Comment faire en sorte d’accorder l’octroi de points, sachant qu’il n’y aura pas de points gratuits ? Tous ces sujets sont sur la table.

L’ÂGE DE LA RETRAITE

L’âge de départ à la retraite à 62 ans va-t-il disparaître ?

Dans un système à points, la notion de durée disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j’ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l’inverse, je n’ai pas assez de points, je reste. Cela permet de respecter la liberté de choix. Mais nous pensons que si l’on supprime toute référence nous pouvons nous retrouver avec un certain nombre de personnes qui, comme en Suède, partiront plus tôt mais se retrouveront avec de toutes petites retraites. Nous avons besoin de garder un seuil en-dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale. L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé.

LA CAPITALISATION

La réforme prévoit-elle une part de capitalisation, comme en Suède ?

Je suis allé en Suède, comme en Allemagne et en Italie. Ma conviction est qu’il faut construire un système qui correspond à l’ADN français, avec le maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs. Le système suédois est difficilement applicable en France. Là-bas, il y a une part importante de capitalisation avec 800 fonds de pension. Ce n’est pas du tout notre philosophie. Mais, dans notre futur régime universel, la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond (au-dessus de 120 000 € de revenus, 160 000 € ou plus) qui doit encore être arbitré. Plusieurs scénarios sont sur la table : faut-il alors un régime complémentaire obligatoire ? Ou une épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ? Le débat est posé. Cela concernerait au plus 200 000 à 300 000 personnes. Ce sera traité au second semestre.

 

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 Le Parisien.fr
Publié dans:SOCIALE |on 31 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………(30/05/2018)

Libération 29 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Désastre à l’italienne

Comme des lapins dans les phares, les dirigeants européens regardent, paralysés, se défaire peu à peu la construction patiemment bâtie par trois ou quatre générations. La crise italienne, désormais portée à un point d’incandescence maximal, débouchera sans doute sur de nouvelles élections à l’automne. Echéance cruciale. La défection de l’Italie sonnerait le glas du projet européen.

Personne ne conteste la rectitude du président Mattarella, qui a refusé de nommer au ministère de l’Economie un adversaire patenté de l’euro, soupçonné de préparer par la bande une sortie de la monnaie unique, sur fond d’aggravation des déficits et de conflit avec la Commission. Mais on peut se demander si cette décision, qui a bloqué la formation du gouvernement de coalition Ligue-Cinq étoiles ne va pas encore aggraver les choses. Les vainqueurs du scrutin ont beau jeu de dénoncer un déni de souveraineté, plus ou moins téléguidé par Bruxelles sous la pression des marchés financiers. Le cas italien donne à tous les ennemis de l’Union sur le continent un thème en or : Bruxelles et les marchés contre les peuples, les élites contre la démocratie. Mattarella a redoublé la provocation en proposant au poste de président du Conseil Carlo Cottarelli, un technocrate issu du FMI, connu pour ses penchants austéritaires. Si les élections ont lieu, on voit d’ici le boulevard qui s’ouvre aux populistes eurosceptiques : le scrutin se transformera en référendum pour ou contre l’Union, pour ou contre «la caste technocratique», pour ou contre «ces messieurs du spread», selon la formule de la Ligue. On sait qu’à ce jeu-là, l’Europe sort rarement gagnante.

L’Union paie dans cette affaire les erreurs calamiteuses qu’elle commet avec une régularité d’horloge. A force de jouer les mères fouettardes de l’orthodoxie budgétaire, elle a pris le rôle désastreux d’ennemie des classes populaires et moyennes, qui voient à chaque réforme favorisée par Bruxelles les protections dont elles bénéficiaient de réduire comme peau de chagrin. L’Allemagne et les pays du Nord, dont la compétitivité s’accommode très bien de la rigueur financière, s’abstiennent toujours de relancer leur propre consommation, ce qui aurait pour effet de soulager les économies de leurs partenaires.

L’Allemagne est assise sur un excédent commercial colossal, certes obtenu par l’excellence de son industrie, mais qui déséquilibre totalement les échanges intra-européens. Légitime sur le papier, cette domination commerciale disloque chaque jour davantage l’Union en raison de ses effets politiques délétères. A cela s’ajoute une impuissante criante dans le règlement de la crise migratoire, dont la charge pèse en priorité sur l’Italie. A force de ne pas faire de politique à l’échelle du continent, de prendre le mauvais rôle, ou pas de rôle du tout, l’Europe scie avec énergie la branche de plus en plus mince sur laquelle elle repose. Les populistes avancent des projets irresponsables, les antieuropéens travaillent avec fureur au démembrement de l’Union, commencé en Grande-Bretagne, mais qui menace désormais le continent. Ils doivent être dénoncés comme tels. Encore faut-il éviter de leur apporter sur un plateau les arguments qui alimentent leur propagande nationaliste.

Laurent Joffrin
Publié dans:Etranger |on 30 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Lui aussi………………………(29/05/2018)

  19h07
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Comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon : le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour procéder à des vérifications
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Un de plus……………………….(29/05/2018)

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Après de nombreux ratés, le gouvernement abandonne l’application d’alerte attentat SAIP
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Déjà !! (29/05/2018)

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Affaire libyenne : Eric Woerth est mis en examen pour « complicité de financement illégal » de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 29 mai, 2018 |8 Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……..(29/05/2018)

Libération 28 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Emmanuel et Mamoudou

Pour le fun, on ne résiste pas à la tentation de citer les deux tweets d’Esther Benbassa, très estimable sénatrice qui ne semble guère obsédée par le souci de cohérence. Commentant la décision d’Emmanuel Macron recevant à l’Elysée Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui a risqué sa vie pour sauver un enfant accroché dans le vide au balcon d’un immeuble parisien, elle écrivait ceci :

«La com à l’état pur. Emmanuel Macron reçoit Mamoudou Gassama le migrant héroïque. Pendant ce temps, sa police continuera de pourchasser tous ses frères d’infortune et de harceler les solidaires qui leur viennent en aide. Sinistre et immorale comédie d’un pouvoir sans principes.»

Mais la veille au soir, réagissant à l’acte d’héroïsme du même migrant, elle tweetait cet appel fiévreux : «Homme courageux, plein d’audace, auquel un enfant de France doit la vie, Mamoudou Gassama doit voir sa situation régularisée sans délai. Il incarne les valeurs de solidarité et d’humanisme que la République se doit d’honorer et de promouvoir. Merci à lui de tout cœur.» Que n’aurait-elle dit si le Président, appliquant strictement la politique en cours, avait négligé son appel, omis de saluer le geste du sauveteur et refusé de modifier la situation juridique de Mamoudou Gassama ? A vouloir s’opposer à Macron quoi qu’il fasse, en mal ou en bien, on finit par perdre tout crédit.

Bien sûr, Emmanuel Macron, expert en communication instantanée, a vu tout de suite le bénéfice moral qu’il pouvait tirer de ce geste courageux massivement médiatisé. Après une entrevue à l’Elysée, elle-même télévisée, il a été décidé que Mamoudou Gassama, jusque-là dépourvu de titre de séjour, serait régularisé, bientôt naturalisé et probablement intégré dans le corps des sapeurs-pompiers. Faut-il s’en plaindre ? Après tout, si un homme politique tire avantage d’une décision humaine en faveur d’un sans-papiers, quelles que soient ses motivations, n’est-ce pas une bonne nouvelle ? Ceux qui le critiquent doivent se demander ce qu’ils auraient dit si Emmanuel Macron avait pris la décision inverse… A moins de jeter, comme Esther Benbassa, toute espèce de logique par-dessus les moulins.

D’autres stigmatisent l’incohérence qu’il y aurait à régulariser un sans-papiers et à laisser les autres affronter les rigueurs d’une politique migratoire que le gouvernement vient de renforcer par le truchement des lois votées sous l’égide de Gérard Collomb. Encore une erreur logique : en distinguant un homme au comportement exceptionnel, le Président a bien précisé qu’il s’agissait d’une décision exceptionnelle, qui ne changeait rien à sa politique envers les immigrés sans-papiers. Comme on dit dans ces cas-là, l’exception confirme la règle. Ce qu’il faudrait critiquer en l’occurrence, c’est plutôt son excès de cohérence…

Il y a une autre manière de considérer ce fait divers qui prend valeur d’exemple. L’acte héroïque de Mamoudou Bassama n’a rien à voir avec sa condition de réprouvé ou son statut juridique incertain. C’est un geste qui procède de la simple humanité, magnifié par le danger qu’il a couru. Il exprime, sans calcul, le réflexe de solidarité qu’on observe sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures, où le courage individuel, et la couardise, sont également répartis. Il démontre, dans sa simplicité, que les valeurs universelles, principes généraux s’il en est, n’ont rien d’abstrait ou de théorique. Ils relèvent au contraire de cette «common decency» dont parlait Orwell, ou encore de cette notion de fraternité inscrite au fronton des bâtiments publics en France, qui ne vaut pas seulement pour les Français ou pour les résidents réguliers, mais s’applique à l’ensemble du genre humain, comme une règle élémentaire de la vie en société. Non pour ouvrir toutes grandes les frontières, ce que personne ou presque ne réclame. Mais pour traiter ceux qui sont ici et ceux qui viennent d’ailleurs, avec le souci d’une égale dignité. En ce sens, et en ce sens seulement, on peut stigmatiser la contradiction qui entache le geste présidentiel.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Macron cherche une tête de…………(28/05/2018)

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LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

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LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Par Nathalie Raulin — 27 mai 2018 à 20:06
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale Zoom
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Slalomant entre les rumeurs prêtant des ambitions à Xavier Niel ou Edouard Philippe, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux espère le soutien de l’Elysée pour les municipales de 2020.

Marrakech, mi-septembre. Le gotha des médias et des affaires, tendance sociale-libérale, se retrouve pour saluer la mémoire d’un des leurs, Pierre Bergé, récemment disparu. A peine les cendres de l’homme d’affaires dispersées dans sa résidence du jardin Majorelle, comme l’avaient été quelques années plus tôt celles de son compagnon, Yves Saint Laurent, les conversations s’amorcent dans la touffeur de cette fin d’été. A quelques pas de l’animatrice cathodique Daniela Lumbroso et de son époux, Alain Minc repère celui qu’il cherche, Xavier Niel. Fidèle à sa réputation, l’entremetteur du CAC 40 a une idée décapante à soumettre au fondateur de Free : mener la bataille de Paris sous les couleurs du parti macronien. L’influenceur des puissants à qui quinze ans plus tôt Emmanuel Macron, tout juste sorti de l’ENA, était venu présenter ses hommages, en est certain : une aventure à la Bloomberg, du nom du milliardaire américain qui en 2001 était entré à l’hôtel de ville de New York, est désormais possible. La réussite fulgurante de Macron et sa cote de popularité dans la capitale en attestent. Qui mieux que le self-made-man français de la téléphonie mobile pour incarner l’idée macronienne de start-up nation ? Surpris, Xavier Niel se dérobe. «J’en parlerai au Président», conclut Minc. Un propos dénué de forfanterie. Difficiles durant la campagne, les relations entre le soutien revendiqué d’Alain Juppé à la primaire de la droite et le fondateur d’En marche se sont réchauffées depuis le 8 mai 2017. Les réflexions dont le premier abreuve le second sont désormais écoutées avec attention. «A l’Elysée, l’influence de Minc est forte», concède un protagoniste.

Niel n’a pourtant pas besoin de telle entremise. A la différence de l’essayiste, le patron de Free n’a jamais mégoté son appui au candidat En marche. A l’occasion, il accompagne le désormais chef de l’Etat dans ses déplacements, en Algérie début décembre, en Tunisie courant février. Le 23 mars, Niel était des happy few conviés à l’Elysée pour le dîner d’Etat donné en l’honneur du grand-duc de Luxembourg. A défaut de contacts physiques fréquents entre les deux hommes, les échanges de SMS sont réguliers.

Son karma c’est le business

Le Président en profite-t-il pour le sonder ? Rien n’est moins sûr. Macron n’ignore pas la volonté d’un de ses lieutenants devenu porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, de conduire la liste LREM à Paris. Même si plusieurs de ses proches doutent de sa capacité à renverser l’actuelle édile, Anne Hidalgo – à commencer par Alain Minc, persuadé que seule une figure clairement identifiée à droite peut faire rebasculer l’Hôtel de Ville -, difficile de solliciter Niel sans désavouer l’un des siens. «Macron n’aime rien moins que d’arbitrer entre les hommes», sourit un de ses conseillers. Et les municipales sont encore loin… De son côté, Niel a tranché : son karma, c’est le business, pas la politique. Pour l’homme d’affaires, la proposition est sans objet.

Croyant le scénario enterré, Niel se garde de l’ébruiter. Quand, le 6 mars, Valérie Pécresse l’apostrophe au Parc des princes en marge de la rencontre PSG-Real Madrid, il tombe des nues. «Alors il paraît que tu ne veux pas de la mairie de Paris ?» taquine la présidente LR de la région Ile-de-France, proche d’Alain Minc. «Non effectivement», lui répond Niel, contrarié. Le patron de Free comprend instantanément le danger. Laisser courir la rumeur, c’est risquer de se mettre tout le monde à dos. Et d’abord Anne Hidalgo, avec qui il entretient des relations de confiance et d’affaires depuis de longues années. Sans la coopération active de la maire de Paris, jamais l’entrepreneur n’aurait pu mener à bien son projet d’incubateur géant de start-up. C’est d’ailleurs en compagnie d’Hidalgo et de Macron qu’il avait, le 17 juin, inauguré sa Station F au cœur du XIIIe arrondissement parisien… De retour à son bureau, Niel appelle illico un pilier de la majorité municipale, Jean-Louis Missika, ancien administrateur de son holding Iliad qui lui est resté proche, pour le prier de rassurer Hidalgo sur ses intentions. «Quels que soient les bruits qui courent, dis-lui que c’est faux : je ne suis pas candidat à la mairie de Paris», intime-t-il. Les macronistes et les socialistes du Conseil de Paris, qui croient encore qu’un ticket Hidalgo-LREM est possible aux municipales, reprennent espoir. Sans doute à tort.

S’il travaille en bonne intelligence avec Hidalgo sur des dossiers structurants comme les Jeux olympiques ou le Grand Paris, le chef de l’Etat n’a pas oublié l’accueil guerrier qu’elle lui a réservé à l’hôtel de ville le jour de sa prise de fonctions. Pas non plus la guerre sourde qu’elle livre à son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur la gestion des migrants dans la capitale (Libération du 25 mai). Pour lui, entre déboires à répétition sur les dossiers municipaux (Vélib, voies sur berge…) et refus de prendre la direction du PS, Hidalgo n’est plus incontournable. Fin mars, en appelant de ses vœux «une alternance forte à Paris». le délégué général de LREM, Christophe Castaner, l’a clairement signifié. Un député LREM complète : «Paris, c’est un symbole, un élément clé de la lecture du résultat de municipales. On voit mal Macron renoncer à présenter une liste avec un homme ou une femme à lui à sa tête.»

Liberation.fr

Publié dans:Politique |on 28 mai, 2018 |Pas de commentaires »

RIP………………………………..(27/05/2018)

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Le journaliste Pierre Bellemare est mort à l’âge de 88 ans
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Publié dans:HOMMAGE |on 27 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Manif……………………….(26/05/2018)

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« Marée populaire » : la manifestation anti-Macron a rassemblé 31 700 personnes à Paris, selon un comptage indépendant. Suivez notre direct
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Publié dans:GREVES |on 26 mai, 2018 |Pas de commentaires »
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