Archive pour le 1 mai, 2018

1 Mai…………………………….(01/05/2018)

Analyse

1er Mai : une marche à l’ombre pour les syndicats

Par Luc Peillon et Amandine Cailhol — 29 avril 2018 à 19:26
Dans le cortège des cheminots à Marseille, le 14 avril, lors de la manifestation «Stop Macron», organisée notamment par la CGT.
Dans le cortège des cheminots à Marseille, le 14 avril, lors de la manifestation «Stop Macron», organisée notamment par la CGT. Photo Patrick Gherdoussi. Divergence

Les centrales, qui semblent impuissantes face aux réformes en cascade du gouvernement, se présenteront en ordre dispersé lors de la Fête du travail.

  • 1er Mai : une marche à l’ombre pour les syndicats

Apeine sur la table, l’idée semblait déjà enterrée. Quand Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a proposé, mi-avril, d’organiser un «1er Mai unitaire avec toutes les organisations syndicales», la formule avait tout du vœu pieux. Quinze jours plus tard, hormis quelques initiatives unitaires locales, c’est bien en ordre dispersé que les centrales célébreront la Fête du travail. Accompagnée de la CFTC et de l’Unsa, la CFDT propose un «1er Mai culturel et revendicatif» avec, au programme, la projection à Paris d’un film mettant l’«accent sur l’importance du dialogue social et de la négociation collective». De quoi se démarquer de la CGT qui, avec Solidaires, appelle à battre le pavé. Pas d’invitation à manifester, en revanche, du côté de Force ouvrière. Tout juste sorti d’un congrès mouvementé, le syndicat, qui n’a pas pour habitude de défiler le 1er Mai, a décidé de faire l’impasse (sauf en quelques lieux). «Chacun fera ce qu’il veut», résumait, le 19 avril, le tout nouveau secrétaire général de FO, Pascal Pavageau.

Certes, cette division n’est pas nouvelle. Sauf que cette fois-ci, elle s’inscrit dans un contexte particulier. Rarement le mouvement syndical n’a été confronté, comme aujourd’hui, à l’indifférence, voire au mépris du pouvoir en place. Sûr de lui et de sa légitimité électorale, l’exécutif a peu de considération pour ces corps intermédiaires consultés pour la forme mais marginalisés sur le fond. Et ce, depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron (lire ci-contre). Nombre de responsables syndicaux présents aux multiples réunions de «concertation» organisées au cours de l’été 2017 sur la réforme du code du travail n’ont ainsi découvert la teneur exacte du texte que fin août, lors de sa présentation officielle. Plus humiliant encore fut le dossier de la formation professionnelle : alors que syndicats et patronat – à la demande du gouvernement – s’étaient entendus, fin février, sur un projet de réforme, l’exécutif balayait le jour même leur accord, promettant, pour les jours suivants, un «big bang» dans la filière. Quant à l’assurance chômage, si les partenaires sociaux ont pu conserver le pilotage du système, il se fera désormais dans un cadre financier imposé par l’Etat.

«Les possibilités réelles de négocier sont faibles»

Autant de signes peu amènes à l’égard des partenaires sociaux, qui craignent désormais de subir, de la part de cette nouvelle majorité, le même sort qu’ont connu les formations politiques. «Je suis persuadé que le syndicalisme est mortel. Ce qui s’est passé pour les partis politiques traditionnels peut arriver aux syndicats», s’inquiétait Laurent Berger dans nos colonnes en novembre. D’autant que «le syndicalisme est affaibli : son image auprès des Français est en déclin et la participation aux élections professionnelles est en baisse», relève l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy Raymond Soubie, plutôt pessimiste sur les possibilités, pour les confédérations, de résister au rouleau compresseur macronien. «Les syndicats n’ont pas beaucoup de moyens de réagir face au gouvernement, affirme-t-il. La CGT espère une coagulation des luttes, mais les autres s’en démarquent. La CFDT, surtout, ne veut pas d’unité d’action avec la CGT. Laurent Berger n’est pas dans un esprit de combat, il veut négocier. Problème là aussi : les possibilités réelles de négocier sont faibles. D’où son mécontentement.»

Face à cet exécutif plutôt hostile, les organisations syndicales cherchent la parade. Et effectivement, chacune à leur manière. «Notre stratégie, c’est de nous mettre en ordre de bataille collective», explique Eric Beynel, de l’union syndicale Solidaires (très présente, avec SUD Rail, dans le conflit à la SNCF). Le porte-parole «ne désespère pas de réussir à construire cette unité et de faire une démonstration de force» par la manifestation et la grève. Preuve que les choses avancent, selon lui, des appels unitaires pour le 1er Mai ont été lancés dans certains territoires, comme en Ile-de-France où FO, la CGT, FSU et Solidaires défileront ensemble.

La CGT partage le même discours. «Notre stratégie, c’est : contestation et proposition», résume Philippe Martinez. Reste à trouver l’équilibre entre les deux. «Il y a des syndiqués qui doutent, il y en a même qui m’engueulent. Certains parce qu’on va voir le gouvernement. D’autres, pour l’inverse. Moi, je dis : ne passons pas trop de temps avec les institutions et passons plus de temps sur le terrain», poursuit le secrétaire général de la CGT. Face à un exécutif qui, selon lui, tente de diviser, il prône lui aussi la convergence des luttes : «Il faut des journées professionnelles mais, à un moment, il faut aussi se retrouver tous ensemble, montrer que, derrière les revendications spécifiques, il y a des troncs communs.» Un discours d’unité que la centrale de Montreuil a cependant du mal à appliquer dans ses relations avec les autres organisations syndicales. La CGT de Martinez est ainsi régulièrement accusée par ses homologues de faire cavalier seul, en annonçant unilatéralement des journées d’action. L’ancien secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly n’a eu de cesse de dénoncer, avant de les décliner, les «convocations» de la confédération cégétiste.

Soucieux de répondre aux attentes de sa base qui aspire à un durcissement de ton, le nouveau responsable de FO, Pascal Pavageau, pourrait néanmoins rejoindre les manifestants dans la rue dans les prochains jours. Mais pas question, pour autant, d’abandonner la table des négociations, prévient-il : «Ce serait le meilleur moyen pour que le Président dise ensuite : « Regardez, ils ne font plus de propositions, ne négocient plus, donc ils font bien la démonstration qu’ils appartiennent à un monde qui s’est éteint. » On ne lui fera pas ce plaisir-là.» Pour contre-attaquer, Pavageau souhaite «reprendre la main sur l’agenda social». Mais, reconnaît-il, «dans [ce] contexte, c’est très dur». Autre défi : «S’améliorer en communication» face à un gouvernement qui cherche à «ringardiser» les syndicats.

«Marginaliser les modérés», L’objectif de Macron

Du côté des «réformistes», la colère n’est pas moindre, mais la stratégie reste différente. «On a progressivement réalisé la place – assez faible – que ce gouvernement était prêt à laisser à la concertation, explique Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT. Avec une vision plus formelle que sincère du processus : ils vont mettre en avant le nombre de réunions mais, au fond, il ne se passe pas grand-chose. Ils n’écoutent pas vraiment ce qu’on dit.» Car au final «Macron décide de tout, [les ministres] eux-mêmes n’ayant que très peu de marges de manœuvre». Avec un objectif, selon Véronique Descacq : «Marginaliser les modérés pour qu’il ne reste plus que les radicaux.» Et pouvoir ainsi s’afficher en vrai réformateur dans un face-à-face avec les plus contestataires. La centrale de Belleville, à Paris, ne prône pas pour autant la confrontation directe. «Nous ne sommes pas dans la convergence des luttes pour déstabiliser le gouvernement, ce n’est pas notre sujet, affirme la secrétaire générale adjointe de la CFDT. Nous, nous continuons à vouloir d’abord peser dans les négociations, en recourant au besoin à des contestations ciblées. Et plus que jamais, c’est le moment de maintenir cette position.» En faisant le pari que le gouvernement sera contraint de revenir vers les réformistes, quand «ils s’apercevront que l’autoritarisme, ça ne marche plus au XXIe siècle, et que la technocratie ne peut pas faire le boulot sur le terrain».

Pour François Hommeril, président de la CGC (cadres), le problème de ce gouvernement, «c’est qu’il ne connaît, ni ne reconnaît les syndicats, il ne les intègre pas dans sa vision. Le dialogue social, pour ce pouvoir, qui est aussi sous la pression d’un certain patronat, c’est dans l’entreprise et dans les branches. Au niveau national, il n’a rien à faire avec nous». Comme la CFDT cependant, la CGC prône la patience. «On n’a pas d’autres solutions, je ne vais pas forcer le pouvoir à discuter avec moi, soupire François Hommeril. Mais à moyen terme, il va forcément revenir vers nous. Car on le voit en ce moment, la fragmentation de la société, la dégénérescence du corps social, ce n’est pas sain, c’est même très dangereux.»

Luc Peillon , Amandine Cailhol

Liberation.fr
Publié dans:Politique |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(01/05/2018)

Libération 01 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Gauche : la force de l’union

L’unité de la gauche progresse à grands pas. Pour bien en faire la démonstration, les différents partis ont organisé trois défilés différents qui permettront d’appeler trois fois, avec des mots d’ordre différents, dans des lieux différents et des participants différents, à l’unité. Touchante convergence…

Le NPA, Génération.s, le PCF, Europe-Ecologie-Les Verts, et quelques autres, se sont rassemblés le 30 avril, mais sans le PS et sans la France insoumise. Cette impressionnante initiative unitaire a rassemblé 302 personnes place de la République à Paris, une base solide pour des victoires futures.

La France insoumise a appelé seule à une manifestation «massive» le 5 mai contre les réformes Macron, rejointe à contrecœur par les autres formations, mais sans le PS et sans les syndicats qui pourtant protestent eux aussi contre les mêmes réformes. FI se décide seule et appelle ensuite les autres à l’approuver. Le mouvement a une idée très claire de l’unité future : il suffit de faire disparaître les autres formations de gauche et l’unité se fera d’elle-même… Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a aussi soulevé une question importante. «Si vous dites « je suis de gauche », a expliqué Adrien Quattenens, député mélenchoniste, il y a des gens pour qui ça fait barrage.» Autrement dit, deux mots gênent la France insoumise quand on parle d’unité de la gauche : «unité» et «gauche».

Pour lever un doute éventuel, toutes les forces de gauche ont décidé de défiler le 1er mai. Elles le font en ordre dispersé derrière la manifestation syndicale, pour que l’unité soit célébrée à plusieurs endroits du défilé. La manifestation syndicale réunira la CGT et Solidaires : la CFDT a remplacé la marche traditionnelle, non par deux coups de sifflet brefs, mais par une séance de cinéma qui exaltera sans doute l’unité syndicale. Quant à FO, l’organisation, dotée d’un nouveau dirigeant que l’ancien a aussitôt conspué, a décidé de ne pas gêner les autres syndicats en apparaissant dans le défilé.

Ces quelques nuances ne doivent pas masquer l’essentiel : partis et syndicats de gauche se sont accordés pour fêter le 1er mai le même jour. Qui peut parler de division ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Bon 1 Mai à toutes et à tous………………..(

er-Mai : les syndicats s’élancent contre Macron (mais chacun dans leur couloir)

1er-Mai : les syndicats s'élancent contre Macron (mais chacun dans leur couloir)
Il n’y aura pas d’union syndicale cette année le 1er mai. (WITT/SIPA)

Les organisations syndicales se mobiliseront chacune de leur côté pour le 1er-Mai.

Par L’Obs

Publié le 01 mai 2018 à 07h37

Cette année encore, il n’y aura pas de photo de famille. Malgré un climat social brûlant, les syndicats attaquent ce 1er-Mai en ordre dispersé. En cause ? Des positions irréconciliables sur la « convergence des luttes » prônée par la CGT.

Pourtant, ce 1er mai 2018 s’inscrit dans un contexte social très agité. Fonctionnaires, cheminots, retraités, salariés des Ehpad, de Carrefour, personnel d’Air France : depuis le début de l’année, le mécontentement monte et les mobilisations se multiplient.

Celle du 1er-Mai intervient d’ailleurs entre deux séquences de grève des cheminots contre la réforme de la SNCF, les 28 et 29 avril et les 3 et 4 mai. Chose rare, les syndicats font front commun chez les cheminots, comme d’ailleurs chez les fonctionnaires. Une large intersyndicale est également à la manoeuvre dans le conflit à Air France. Mais l’unité ne s’étend pas aux confédérations…

La « convergence des luttes » de la CGT divise

Pour l’heure, il n’y a guère que Solidaires, syndicat non représentatif au niveau interprofessionnel, qui réponde aux appels cégétistes à une « convergence des luttes ». CGT et Solidaires ont défilé ensemble le 19 avril et seront de nouveau côte à côte à l’occasion de ce 1er-Mai. A Paris, leur manifestation partira à 14h30 de la place de la Bastille, pour rejoindre la place d’Italie.

Mais les autres syndicats sont plus réticents, voire totalement récalcitrants.

La convergence des luttes n’est « pas la tasse de thé de la CFDT« , selon son leader Laurent Berger. Estimant que ce mode d’action « ne permet jamais d’avoir des résultats concrets pour les travailleurs », son syndicat a dit « non » au 1er-Mai unitaire proposé par Philippe Martinez, son homologue de la CGT.

« Je ne vois pas la finalité pour les travailleurs. Mais je ne suis pas non plus pour ce que fait le gouvernement aujourd’hui qui donne le sentiment qu’il n’y aurait pas de revendications légitimes, qu’il faudrait juste l’écouter [...] pour savoir qu’elle est la voie à suivre », a déclaré le patron de la CFDT dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1 – « Les Echos » – CNews.

Le premier syndicat du secteur privé organise donc, de son côté, un « 1er-Mai culturel et revendicatif » avec la CFTC et l’Unsa, autour de la diffusion en avant-première d’un film italien, « 7 minuti », sur les ouvrières d’une usine textile.

La CFE-CGC, quant à elle, n’organise pas d’événement. Selon son président, François Hommeril, la convergence des luttes « nuit à l’efficacité syndicale » et comporte « beaucoup trop de risques » de mélange des genres avec le politique.

FO entre deux eaux

Reste FO, dont la position est en train d’évoluer. Le syndicat, qui a changé vendredi de chef, est au milieu du gué. Au cours de l’année écoulée, le sortant, Jean-Claude Mailly, rechignait à battre le pavé avec la CGT, mais son successeur, Pascal Pavageau, se montre plus ouvert. Il ne manifestera pas avec la CGT le 1er-Mai mais veut construire « l’unité la plus large » pour la suite. Il a indiqué que, « dès la semaine prochaine », il allait prendre contact avec ses homologues pour discuter d’une future « mobilisation interprofessionnelle », conformément au mandat que lui ont donné les militants de FO.

En attendant, Pascal Pavageau ne « s’affichera avec aucune autre organisation syndicale » pour le 1er-Mai et, s’il manifeste, ce sera avec ses « camarades FO ». Certains seront pourtant aux côtés de la CGT mardi, l’union régionale d’Ile-de-France (Urif) de Force ouvrière s’étant jointe à l’appel parisien.

Contrairement à la CFDT, il estime qu’il est possible de trouver des points communs dans les revendications de chacune des mobilisations sectorielles, comme « la baisse du pouvoir d’achat », par exemple.

Cette mobilisation éclatée fait les affaires du gouvernement, lequel est pourtant confronté ces dernières semaines à plusieurs fronts sociaux. Volontiers franc-tireur contre les syndicats, Emmanuel Macron a répété qu’il ne reculerait pas dans son calendrier des réformes. « No chance [aucune chance]« , a-t-il clamé chez Fox News, donnant l’impression de vouloir siffler la fin de la récréation.

Emmanuel Macron ne croit pas à une « coagulation » des « mécontentements » qui, selon lui, ont « peu à voir » entre eux. La mobilisation interprofessionnelle du 19 avril, à l’appel de la CGT, avait tout de même fait descendre plus de 100.000 personnes dans toute la France.

« Une journée en enfer » pour Macron

A Paris, les syndicats ne seront pas seuls à manifester ce mardi : le Mili (Mouvement inter luttes indépendant) a lancé un appel général sur Facebook à « faire vivre une journée en enfer » à Emmanuel « Macron et son monde ».

Ce collectif « antifasciste et anticapitaliste », proche de l’extrême gauche, compte sur « la résonance internationale » du 50e anniversaire de Mai-68 pour drainer dans le cortège « des camarades venus des pays voisins ».

Cet appel à manifester inquiète les pouvoirs publics. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech a d’ailleurs reçu lundi les organisateurs de la manifestation du 1er-Mai pour évoquer le risque de débordements par des « groupes extrémistes » voulant faire de cette journée « un grand rendez-vous révolutionnaire », selon un communiqué de la préfecture.

« Si ce défilé traditionnel des organisations syndicales ne suscite pas de difficultés particulières », des « militants de groupes contestataires issus de mouvances extrémistes entendent, à l’occasion de la manifestation traditionnelle du 1er-Mai, s’en prendre violemment aux forces de l’ordre ainsi qu’aux symboles du capitalisme », explique la préfecture de police (PP), qui craint notamment l’utilisation d’ »engins incendiaires ».

La dernière grande manifestation des cheminots du 22 mars avait vu des jeunes cagoulés s’en prendre aux vitrines d’agences bancaires et de sociétés d’assurance. Bouteilles et pierres avaient également été lancées sur les CRS qui avaient répliqué par un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

L’an passé, le défilé du 1er-Mai avait fait six blessés chez les policiers, dont l’un avait été très grièvement brûlé par un cocktail Molotov.

G.S.

Publié dans:Droit de l'homme |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente