Archive pour mai, 2018

Lamentable………………………(21/05/2018)

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Trois personnes placées en garde à vue après la mort d’un homme lynché par une bande d’adolescents à Pau
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Publié dans:INFORMATION |on 21 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(18/05/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique

Le prix international du «factchecking» pour Libé

Les médias mentent, les médias sont manipulés, les médias manipulent, les médias sont contrôlés, et tutti quanti. L’antienne a fait florès. La récusation de la presse, de la radio et de la télévision est devenue le pont-aux-ânes des faux esprits forts. Une fois l’information pluraliste et le travail des journalistes discrédité, le plus souvent par les extrêmes, qui n’aiment pas les faits avérés et leur préfèrent les scies de leur propagande, la conséquence ne s’est pas fait attendre. Sur les réseaux, qui sont comme la langue d’Esope, formidable outil de culture et de communication, mais aussi véhicules de toutes les rumeurs et de tous les mensonges, les fake news ont tenu la dragée haute aux enquêtes les mieux documentées, les sites complotistes se sont présentés comme des sources «alternatives», les assertions les plus foutraques ont eu droit de cité dans le débat public. La montée du populisme a démultiplié cette fausse monnaie informative qui a tendu, comme toujours, à chasser la bonne, sur fond de prolifération de la démagogie.

Pour lutter, Libération, a créé, il y a dix ans, une rubrique ad hoc, vite imitée – chose très bénéfique – par d’autres organes d’information : «Désintox», consacrée à la rectification aussi honnête que possible de ce qu’on n’appelait pas encore les fake news, bientôt diffusée en partenariat sur Arte, jusqu’à aujourd’hui, dans l’émission «28 minutes» d’Elisabeth Quin. Dix ans plus tard, en 2017, la rubrique s’ouvrait aux questions posées directement par les lecteurs et les internautes, avec un succès qui démontrait par le fait son utilité. CheckNews était né. Depuis cette date, plus de 1 500 réponses ont été apportées aux questions posées par les internautes sur tous les thèmes : immigration, économie, faits de société, éducation, culture, sujets internationaux, etc.

Innovation

Cet effort de longue haleine, mené par une équipe de journalistes étoffée et permanente, reçoit aujourd’hui une reconnaissance éclatante, qui couronne le travail constant et rigoureux de Cédric Mathiot et de son service : le projet de Libération a remporté le «Fact Forward», qui est le prix international de l’innovation dans le factchecking. Ce fonds d’innovation est décerné par l’International Fact Checking Network (IFCN), le réseau international de factchecking.

CheckNews, le projet de Libération, a été choisi parmi 50 projets venant de 44 pays, par le jury de l’IFCN, présidé par Bill Adair, le fondateur de Politifact, site américain de référence en matière de factchecking. Le prix récompense l’innovation dans les formats, le modèle économique, ou l’innovation technologique avec une bourse de 50 000 dollars (42 421 euros), qui va permettre à CheckNews de se développer maintenant à l’étranger. L’ambition de Libé est de développer des passerelles éditoriales et techniques avec des médias étrangers, comme cela a été initié avec Nawaat, jeune média tunisien, à l’occasion des récentes élections municipales tunisiennes. Le prix IFCN va donner à Libération les moyens de mener à bien cette ambition tout en continuant à développer l’offre sur tous les supports de Libé.

Depuis quelques années, les fake news sont devenues un sujet de préoccupation mondial et une inquiétude pour tous les démocrates attachés à la rationalité dans le débat public. Pionnier dans le factchecking, Libération continuera avec des moyens renforcés de contribuer à cette œuvre de salubrité civique. Ce n’est qu’un début…

Posez vos questions à l’équipe de journalistes de CheckNews et découvrez les 1 500 réponses déjà apportées aux lecteurs de libération.fr

Publié dans:Politique |on 18 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Le social vu par Jonas……………..(18/05/2018)

éduire les aides sociales: le rapport explosif de Bercy ou le retour du « musée des horreurs »

POLITIQUE – En pleine grogne contre la politique sociale du gouvernement, le dossier est excessivement sensible. Des pistes visant à revoir les critères d’attribution de certaines aides sociales ou à réduire leur montant sont actuellement étudiées par Bercy, en quête d’économies pour tenir ses engagements budgétaires, peut-on lire dans Le Monde ce vendredi 18 mai. Le quotidien, qui explique s’être procuré une note interne de la direction du budget chargée d’élaborer le budget de l’Etat français, dévoile que plusieurs « pistes d’économies » ont été proposées au gouvernement, portant sur des dispositifs d’aide aux ménages et aux personnes démunies.

Contacté par l’AFP, le ministère des Comptes publics a assuré que ces propositions n’émanaient pas du gouvernement. « Il s’agit d’un document de travail technique de l’administration », a-t-on expliqué. L’application de telles mesures, qui vont d’un recentrage des APL jusqu’à une désindexation sur l’évolution des prix, constituerait une bombe à retardement politique à l’heure où Emmanuel Macron peine à se défaire de son étiquette de « président des riches » et où ses adversaires, de droite comme de gauche, l’accusent de mener une politique injuste contre les plus démunis et les classes moyennes. Encore récemment, le gouvernement a admis que la baisse de 5 euros des aides au logement décrétée en 2017 avait été une « erreur« .

Le retour du « musée des horreurs »

Ce n’est pas la première fois qu’un document émanant de l’administration de Bercy embarrasse l’exécutif. Récemment, l’ancien ministre du Budget Christian Eckert a démenti avoir envisagé de baisser les APL en réponse aux accusations du gouvernement Philippe. L’ancien secrétaire d’État avait toutefois reconnu que la mesure lui « avait été proposée par l’administration, au milieu d’une quarantaine d’autres qui chacune pouvait faire économiser 10, 20, 50 ou 100 millions d’euros ». Cette mesure faisait en fait partie d’une « liste de mesures que l’on appelle ‘le musée des horreurs’, des mesures généralement refusées par les prédécesseurs et qu’elle essaye de replacer », expliquait alors Christian Eckert.

Dans ce document, intitulé « Transformer les prestations sociales », et que Le Monde cite à plusieurs reprises, la direction du budget estime que les aides sociales constituent « un poids croissant » pour les finances publiques, de l’ordre de 26% des dépenses.

Or « plusieurs approches » sont « possibles pour maîtriser la dynamique », estime la note, qui passe en revue une série de pistes. Parmi elles: une révision des « règles d’éligibilité » des prestations, une meilleure prise en compte du patrimoine des personnes dans le calcul des allocations, ou la désindexation des minima sociaux sur l’évolution des prix.

Ces propositions interviennent alors que le gouvernement s’est engagé à mettre en oeuvre de vastes économies -évaluées initialement à 60 milliards d’euros sur l’ensemble du quinquennat- pour tenir ses objectifs de réduction du déficit public.

Un comité d’experts, baptisé CAP 2022 (Comité action publique 2022), doit remettre un rapport très attendu listant les pistes d’économies possibles sur la sphère publique. Ce document — prévu initialement fin mars — devrait être remis à Matignon début juin.

Jeunes et personnes âgées encore ciblés?

Plusieurs dispositifs sont ainsi passés en revue, comme l’allocation personnalisée pour l’autonomie (APA), destinée aux personnes âgées. Cette prestation pourrait être recentrée « sur les publics prioritaires » pour garantir sa « soutenabilité » dans « un contexte de vieillissement démographique », propose la note citée par Le Monde.

Pour les aides personnelles au logement (APL) pour les étudiants, jugées « peu ciblées », faute de prendre en compte les ressources réelles des bénéficiaires, la direction du budget propose d’intégrer les minima sociaux et les prestations familiales dans les ressources servant de base à leur calcul « à compter de 2020″.

Pour les bourses sur critères sociaux, enfin, elle suggère d’ »accroître le ciblage » des aides -par exemple en abaissant les plafonds de ressources- ou bien de « renforcer le contrôle d’assiduité » pour les bénéficiaires, qui pourraient perdre leurs aides s’ils ne vont pas en cours.

 Le HuffPost

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Publié dans:SOCIALE |on 18 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Grèves…………………………..(18/05/2018)

D’un côté, la SNCF ne paie pas certains jours de repos des grévistes. De l’autre, elle paie des heures sup aux cadres ayant travaillé pendant la grève.

Par L’Obs

Publié le 18 mai 2018 à 16h51

C’est la technique bien connue de la carotte et du bâton. Alors que direction et syndicats s’opposent sur la question des retenues de salaires dans le cadre de la grève qui agite la SNCF depuis début avril, l’entreprise a annoncé qu’elle allait payer des heures supplémentaires… aux cadres ayant participé à l’information des voyageurs pendant la grève, révèle Franceinfo ce vendredi.

Les gilets rouges, « pas des bénévoles »

Normalement, les cadres de la SNCF ne touchent pas de bonus pour leurs heures supplémentaires, car ils sont au forfait jour. Ils ne travaillent donc pas nécessairement 35 heures chaque semaine, mais leur temps de travail est annualisé.

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Terrorisme……………………..(18/05/2018)

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Attentat déjoué à Paris : l’un des deux Egyptiens interpellés a été mis en examen, l’autre relâché
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Publié dans:TERRORISME |on 18 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……..(17/05/2018)

Libération 17 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Nouveau monde ?

Tout esprit contemporain, tout honnête homme moderne le sait : le clivage droite-gauche a disparu. Il est archaïque, dépassé, désuet, décati, chenu, vermoulu, obsolète, à envoyer au musée. Seuls comptent désormais la distinction entre ancien et nouveau monde, le partage entre pro-européens et anti-européens, entre «fainéants» et «réformateurs» et, plus largement, entre partisans et adversaires de l’ouverture internationale. Ceux qui ne pensent pas cela sont justement «de l’ancien monde». À la casse…

Pourtant quelques détails viennent entacher ce radieux tableau. Après un an d’exercice, comment définit-on la politique Macron ? Elle avantage les contribuables aisés, les entreprises, la finance, elle libéralise la SNCF et le marché du travail, elle est verticale, impérieuse, elle est ferme envers les zadistes, les étudiants contestataires et les immigrés. Nouveau monde ? Non, disent la plupart des commentateurs, avec lesquels l’opinion est d’accord (voir les sondages sur ce point) : une politique de droite, ou de centre-droit. Autrement dit, les chefs de la République en Marche, qui contestent le clivage droite-gauche, s’y inscrivent pleinement.

Après plus d’un an, comment définir la politique Trump ? Populiste, hétérodoxe, disait-on, baroque, imprévisible, elle devait échapper aux critères habituels. Depuis, Trump a baissé les impôts des riches, tapé à bras raccourcis sur les immigrés, refusé tout contrôle des armes en dépit des tueries quasi quotidiennes, soutenu sans réserves la droite israélienne, mené une politique étrangère agressive aux antipodes du multilatéralisme d’Obama, promu des racistes avérés et des bellicistes obsessionnels. Sa politique n’a rien d’inclassable : elle reprend les plus anciens thèmes de la droite réactionnaire américaine. Trump est un Reagan pignouf, un George W. Bush mal élevé et brutal. Nouveau monde ? Non : un nouveau monde de droite.

Netanyahou fait tirer sur les manifestants de Gaza et mène une politique de dureté extérieure et de libéralisme intérieur. Nouveau monde ? Non : droite israélienne décomplexée. Theresa May applique tant bien que mal, avec Boris Johnson, le mandat du Brexit. Orban ferme ses frontières et met en place un pouvoir autoritaire. Ergogan devient sultan de Turquie, Poutine néo-tsar de Russie, expansionniste et traditionaliste, le mouvement Cinq Étoiles s’allie avec l’extrême-droite. Nouveau monde ? Dépassement des clivages traditionnels ? Politique inédite ? Rien de tout cela : le retour des plus vieux thèmes conservateurs, nationalistes ou pro-business, souvent les trois à la fois. Ce n’est pas le nouveau monde, c’est le retour de l’ancien, qui se traduit par une droitisation générale de la planète. Au fond, si l’on y réfléchit bien, ce n’est pas le clivage droite-gauche qui s’efface. C’est la gauche.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 17 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Etonnant, non ? (17/05/2018)

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ENQUÊTE FRANCEINFO. « C’est un milieu hostile » : dans l’armée, insultes et brimades homophobes sont légion
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 17 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(16/05/2018)

Libération 16 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un voile de confusion

La polémique récurrente – et pénible – sur le voile islamique, qui a rebondi une nouvelle fois avec l’apparition télévisuelle d’une responsable de l’Unef coiffée d’un hidjab, a donné lieu à l’habituel festival d’approximations. On ne parle pas là de la honteuse floraison de tweets xénophobes qui accompagnent généralement ce genre de débat, qui mérite seulement condamnation sans phrases – ou procédure judiciaire. La polémique a été déclenchée par un message sarcastique de Laurent Bouvet, animateur du Printemps républicain, ce qui est tout différent. Bouvet relevait la contradiction qui existe, selon lui, entre les valeurs de l’Unef, organisation laïque et progressiste, et la désignation d’une porte-parole portant un signe religieux ostensible. La question, après tout, peu se poser. Julien Dray, élu socialiste, ancien du syndicat et fondateur de SOS-Racisme, a rejoint Bouvet sur ce point même s’il ne partage pas, comme l’auteur de ces lignes, les positions du Printemps républicain.

Ces critiques du voile islamique oublient souvent de rappeler qu’il existe en France une liberté de conscience garantie par la laïcité dont ils se réclament et que le port de signes religieux dans l’espace public est parfaitement légal et légitime. Les promoteurs de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat avaient un temps envisagé de le restreindre ou de l’interdire ; ils y ont renoncé pour des raisons de principe et des considérations pratiques, la moindre n’étant pas qu’ils se voyaient mal demander à la police de verbaliser les prêtres en soutane et les religieuses portant – elles aussi – le voile (catholique). L’interdiction des signes religieux ostensibles – faut-il le rappeler ? – se limite à l’administration et aux salles de classe (elle ne concerne pas l’université, encore moins les plages ou les rues).

On peut trouver injuste ou mal venue la position de Bouvet. Mais on ne peut pas l’assimiler, comme le font un certain nombre de militants communautaires, à de «l’islamophobie». Outre l’ambiguïté du mot, qui finit, à force de confusion, par stigmatiser toute critique de l’islam, le Printemps républicain ne peut être amalgamé avec les positions de la droite identitaire ou de l’extrême droite, que l’organisation critique aussi. La question porte en fait sur la signification symbolique du voile. Un certain nombre de jeunes femmes en donnent une version émancipatrice et nient qu’il représenterait un signe de soumission de la femme. Elles se réclament d’un «féminisme musulman», formule quelque peu oxymorique, il faut bien le dire, quand on examine la situation de la femme dans la plupart des pays musulmans (qui ne sont pas les seuls dans ce domaine, précisons-le). Il n’y a pas de raison de douter de leur bonne foi ni de leur volonté de concilier valeurs religieuses et combat égalitaire.

Servitudes volontaires

Mais le voile n’est pas que cela, c’est le moins qu’on puisse dire. Sa diffusion dans les communautés musulmanes au fil des décennies correspond à la progression dangereuse du fondamentalisme religieux. S’il était vraiment un indice d’émancipation, il faudrait en déduire que les pays où il est le plus porté sont ceux où la condition de la femme est la meilleure : l’Arabie Saoudite, par exemple… On voit à quelles absurdités mène cette contorsion rhétorique. Le voile, dans la grande majorité des cas à notre sens, traduit la «réislamisation par le bas» menée depuis des lustres par les courants de l’islam politique ou du fondamentalisme. Il est lié, pas toujours mais souvent, à un statut juridiquement inférieur conféré aux femmes dans les pays gagnés par ces conceptions rétrogrades de l’islam. On dira que beaucoup de femmes le choisissent librement. Cela n’épuise pas la question : il y a des servitudes volontaires. La question de Bouvet et de Dray reste donc pertinente. On peut ensuite y répondre comme l’on veut.

Même confusion dans une autre affaire, celle qui concerne la chanteuse Mennel. On a une nouvelle fois imputé à l’islamophobie son retrait de la compétition musicale The Voice organisée par TF1. C’est moins simple qu’il n’y paraît. TF1 a diffusé les performances de la chanteuse sans se soucier du turban qu’elle portait, ni de sa religion, d’autant plus facilement que la jeune femme interprétait – avec un grand talent – une chanson très œcuménique de Leonard Cohen, Hallelujah. C’est seulement quand ont été connus les tweets complotistes de Mennel, mis en ligne au moment des attentats islamistes, que la chaîne s’est retrouvée embarrassée. On a dit que c’est l’apparence de Mennel – apparence musulmane, voulait-on dire – qui a motivé la recherche de ses interventions passées sur le web. C’est certain pour une partie des internautes concernés. Mais ces enquêtes en ligne sur les personnalités sont loin d’être réservées aux musulmans, on le sait bien. Dès que quiconque apparaît sur la scène publique, il y a toujours des esprits curieux ou malsains pour fouiller dans son passé. On peut contester l’attitude de la chaîne, qui a manifestement préféré se passer des services de la jeune chanteuse. Mais peut-on l’imputer à son «islamophobie» ? Cela se discute, pour le moins.

A vrai dire, cette manie militante qui consiste à crier à tout propos au racisme pour disqualifier les opposants a quelque chose de mécanique et d’injuste. A terme, elle risque même d’affaiblir l’antiracisme lui-même, qui se retrouve abaissé au rang de simple tactique rhétorique. Il mérite mieux que cela.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 16 mai, 2018 |Pas de commentaires »

En fonction du temps ? (16/05/2018)

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Nicolas Hulot annonce qu’il décidera cet été s’il reste ou quitte le gouvernement
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Publié dans:"AFFAIRES", Politique |on 16 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………….(15/05/2018)

Libération 15 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le populisme boutefeu

Les populistes, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. Contre l’avis de la plupart des diplomates et des gouvernements de la planète, Donald Trump transfère son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, alors que l’ONU et la majorité de la communauté internationale voulaient subordonner ce geste de reconnaissance officielle à un règlement de la question israélo-palestinienne. Trump proclame en même temps sa volonté de progresser vers la paix : au premier jour, la protestation palestinienne se solde par quelque 60 morts et plus de 2 000 blessés atteints par les balles de l’armée israélienne.

La semaine précédente, le milliardaire avait dénoncé, contre l’avis des mêmes protagonistes, l’accord sur le nucléaire iranien, donnant un coup de pouce spectaculaire aux campagnes de haine orchestrée par les mollahs les plus conservateurs de la vie politique iranienne. Cette politique qui semble élaborée dans un saloon du Midwest plus que dans le bureau ovale (les deux finissent par se confondre) est alignée point par point sur celle de la droite israélienne, qui veut une confrontation avec l’Iran et considère qu’il faudra un jour annexer définitivement «la Judée et la Samarie» – les noms bibliques de la Cisjordanie – et laisser un choix simple aux Palestiniens : la soumission ou l’exil. On dit parfois que les élections américaines ne changent pas grand-chose à la politique du pays, que le système de «checks and balances» propre à la vie publique américaine limite les embardées de la Maison Blanche. Funeste illusion. De même que la victoire de George W. Bush contre Al Gore a changé le visage de la planète, le triomphe de candidats populistes ici ou là modifie fondamentalement le cours des événements. La lutte contre le populisme n’est pas le réflexe instinctif d’une bien-pensance qui crie avant d’avoir mal : elle est un impératif catégorique pour tous ceux qui veulent conserver un semblant de rationalité au comportement des grandes démocraties.

Le danger est le même en Europe où, après la Hongrie et le Danemark, l’Italie vient de succomber à la peste démagogique. Les conséquences sont prévisibles : un affaiblissement supplémentaire de l’Union européenne, avec un risque de dislocation à la clé, une politique migratoire qui contredira les principes communs d’accueil et d’humanité, une politique économique, monétaire et commerciale agressive, nationaliste, qui accentuera encore les duretés de la compétition internationale. Ce sera le grand retour des nations concurrentes et bientôt hostiles, déjà bien entamé.

Inutile de croire que ces politiques s’effondreront d’elles-mêmes, victimes de leur propre absurdité. Le boutefeu de la Maison Blanche s’appuie sur l’armée la plus forte qu’on ait connue dans l’histoire du monde depuis l’empire romain, qui laisse l’empire américain à l’abri des incendies qu’il déclenche. Les populistes d’Europe s’ils triomphent – ils ne cessent de marquer des points – rendront l’étranger responsable de leurs difficultés et gagneront dans ce tour de passe-passe la fidélité de leurs partisans. Le nationalisme est une religion. Il substitue le chauvinisme à la raison et trouve sa récompense en lui-même en plaçant la souveraineté cocardière au-dessus de toutes les autres valeurs, et même des intérêts des peuples qu’ils disent représenter. Les démocrates doivent le savoir et s’armer de courage : une nouvelle fois, c’est leur système de civilisation, humain et fragile, qui est en cause. La maison brûle…

Et aussi

On n’a pas l’habitude à Libération de crier haro sur le baudet et de réclamer à toute force l’enfermement des délinquants. Jérôme Cahuzac échappera sans doute à la prison : quatre ans de détention dont deux avec sursis, une amende de 300 000 euros, la sanction n’est pas légère. Mais comme les risques de récidive sont minces et que le coupable ne présente plus guère de danger pour la société, il bénéficiera probablement d’un aménagement de peine. Cahuzac disparaît dans la solitude du déshonneur. Moins on le verra désormais, mieux cela vaudra. On ne demandera pas la mort du pécheur.

Cela n’effacera pas les sentiments mélangés qui assailliront forcément l’opinion. Cahuzac n’a pas volé une diligence ou commis une attaque à main armée. Mais il a organisé un hold-up honteux sur les valeurs de la République. Il a trahi ses amis, ses collègues ministres, son président qui l’avait promu à une fonction éminente, l’Assemblée, l’opinion et le peuple tout entier. Il a traîné dans la boue le drapeau du civisme fiscal qu’il était chargé de porter haut. Rien n’empêchera une partie de ce peuple abusé par l’un de ses représentants les plus visibles que la délinquance en col blanc bénéficie en France d’une indulgence relative qui protège les puissants et qui disparaît dès que la justice frappe les délinquants moins titrés.

Laurent Joffrin
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La lettre de Laurent Joffrin...................(15/05/2018) dans

Publié dans:"AFFAIRES" |on 15 mai, 2018 |Pas de commentaires »
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