Archive pour mai, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………………….(01/05/2018)

Libération 01 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Gauche : la force de l’union

L’unité de la gauche progresse à grands pas. Pour bien en faire la démonstration, les différents partis ont organisé trois défilés différents qui permettront d’appeler trois fois, avec des mots d’ordre différents, dans des lieux différents et des participants différents, à l’unité. Touchante convergence…

Le NPA, Génération.s, le PCF, Europe-Ecologie-Les Verts, et quelques autres, se sont rassemblés le 30 avril, mais sans le PS et sans la France insoumise. Cette impressionnante initiative unitaire a rassemblé 302 personnes place de la République à Paris, une base solide pour des victoires futures.

La France insoumise a appelé seule à une manifestation «massive» le 5 mai contre les réformes Macron, rejointe à contrecœur par les autres formations, mais sans le PS et sans les syndicats qui pourtant protestent eux aussi contre les mêmes réformes. FI se décide seule et appelle ensuite les autres à l’approuver. Le mouvement a une idée très claire de l’unité future : il suffit de faire disparaître les autres formations de gauche et l’unité se fera d’elle-même… Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a aussi soulevé une question importante. «Si vous dites « je suis de gauche », a expliqué Adrien Quattenens, député mélenchoniste, il y a des gens pour qui ça fait barrage.» Autrement dit, deux mots gênent la France insoumise quand on parle d’unité de la gauche : «unité» et «gauche».

Pour lever un doute éventuel, toutes les forces de gauche ont décidé de défiler le 1er mai. Elles le font en ordre dispersé derrière la manifestation syndicale, pour que l’unité soit célébrée à plusieurs endroits du défilé. La manifestation syndicale réunira la CGT et Solidaires : la CFDT a remplacé la marche traditionnelle, non par deux coups de sifflet brefs, mais par une séance de cinéma qui exaltera sans doute l’unité syndicale. Quant à FO, l’organisation, dotée d’un nouveau dirigeant que l’ancien a aussitôt conspué, a décidé de ne pas gêner les autres syndicats en apparaissant dans le défilé.

Ces quelques nuances ne doivent pas masquer l’essentiel : partis et syndicats de gauche se sont accordés pour fêter le 1er mai le même jour. Qui peut parler de division ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Bon 1 Mai à toutes et à tous………………..(

er-Mai : les syndicats s’élancent contre Macron (mais chacun dans leur couloir)

1er-Mai : les syndicats s'élancent contre Macron (mais chacun dans leur couloir)
Il n’y aura pas d’union syndicale cette année le 1er mai. (WITT/SIPA)

Les organisations syndicales se mobiliseront chacune de leur côté pour le 1er-Mai.

Par L’Obs

Publié le 01 mai 2018 à 07h37

Cette année encore, il n’y aura pas de photo de famille. Malgré un climat social brûlant, les syndicats attaquent ce 1er-Mai en ordre dispersé. En cause ? Des positions irréconciliables sur la « convergence des luttes » prônée par la CGT.

Pourtant, ce 1er mai 2018 s’inscrit dans un contexte social très agité. Fonctionnaires, cheminots, retraités, salariés des Ehpad, de Carrefour, personnel d’Air France : depuis le début de l’année, le mécontentement monte et les mobilisations se multiplient.

Celle du 1er-Mai intervient d’ailleurs entre deux séquences de grève des cheminots contre la réforme de la SNCF, les 28 et 29 avril et les 3 et 4 mai. Chose rare, les syndicats font front commun chez les cheminots, comme d’ailleurs chez les fonctionnaires. Une large intersyndicale est également à la manoeuvre dans le conflit à Air France. Mais l’unité ne s’étend pas aux confédérations…

La « convergence des luttes » de la CGT divise

Pour l’heure, il n’y a guère que Solidaires, syndicat non représentatif au niveau interprofessionnel, qui réponde aux appels cégétistes à une « convergence des luttes ». CGT et Solidaires ont défilé ensemble le 19 avril et seront de nouveau côte à côte à l’occasion de ce 1er-Mai. A Paris, leur manifestation partira à 14h30 de la place de la Bastille, pour rejoindre la place d’Italie.

Mais les autres syndicats sont plus réticents, voire totalement récalcitrants.

La convergence des luttes n’est « pas la tasse de thé de la CFDT« , selon son leader Laurent Berger. Estimant que ce mode d’action « ne permet jamais d’avoir des résultats concrets pour les travailleurs », son syndicat a dit « non » au 1er-Mai unitaire proposé par Philippe Martinez, son homologue de la CGT.

« Je ne vois pas la finalité pour les travailleurs. Mais je ne suis pas non plus pour ce que fait le gouvernement aujourd’hui qui donne le sentiment qu’il n’y aurait pas de revendications légitimes, qu’il faudrait juste l’écouter [...] pour savoir qu’elle est la voie à suivre », a déclaré le patron de la CFDT dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1 – « Les Echos » – CNews.

Le premier syndicat du secteur privé organise donc, de son côté, un « 1er-Mai culturel et revendicatif » avec la CFTC et l’Unsa, autour de la diffusion en avant-première d’un film italien, « 7 minuti », sur les ouvrières d’une usine textile.

La CFE-CGC, quant à elle, n’organise pas d’événement. Selon son président, François Hommeril, la convergence des luttes « nuit à l’efficacité syndicale » et comporte « beaucoup trop de risques » de mélange des genres avec le politique.

FO entre deux eaux

Reste FO, dont la position est en train d’évoluer. Le syndicat, qui a changé vendredi de chef, est au milieu du gué. Au cours de l’année écoulée, le sortant, Jean-Claude Mailly, rechignait à battre le pavé avec la CGT, mais son successeur, Pascal Pavageau, se montre plus ouvert. Il ne manifestera pas avec la CGT le 1er-Mai mais veut construire « l’unité la plus large » pour la suite. Il a indiqué que, « dès la semaine prochaine », il allait prendre contact avec ses homologues pour discuter d’une future « mobilisation interprofessionnelle », conformément au mandat que lui ont donné les militants de FO.

En attendant, Pascal Pavageau ne « s’affichera avec aucune autre organisation syndicale » pour le 1er-Mai et, s’il manifeste, ce sera avec ses « camarades FO ». Certains seront pourtant aux côtés de la CGT mardi, l’union régionale d’Ile-de-France (Urif) de Force ouvrière s’étant jointe à l’appel parisien.

Contrairement à la CFDT, il estime qu’il est possible de trouver des points communs dans les revendications de chacune des mobilisations sectorielles, comme « la baisse du pouvoir d’achat », par exemple.

Cette mobilisation éclatée fait les affaires du gouvernement, lequel est pourtant confronté ces dernières semaines à plusieurs fronts sociaux. Volontiers franc-tireur contre les syndicats, Emmanuel Macron a répété qu’il ne reculerait pas dans son calendrier des réformes. « No chance [aucune chance]« , a-t-il clamé chez Fox News, donnant l’impression de vouloir siffler la fin de la récréation.

Emmanuel Macron ne croit pas à une « coagulation » des « mécontentements » qui, selon lui, ont « peu à voir » entre eux. La mobilisation interprofessionnelle du 19 avril, à l’appel de la CGT, avait tout de même fait descendre plus de 100.000 personnes dans toute la France.

« Une journée en enfer » pour Macron

A Paris, les syndicats ne seront pas seuls à manifester ce mardi : le Mili (Mouvement inter luttes indépendant) a lancé un appel général sur Facebook à « faire vivre une journée en enfer » à Emmanuel « Macron et son monde ».

Ce collectif « antifasciste et anticapitaliste », proche de l’extrême gauche, compte sur « la résonance internationale » du 50e anniversaire de Mai-68 pour drainer dans le cortège « des camarades venus des pays voisins ».

Cet appel à manifester inquiète les pouvoirs publics. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech a d’ailleurs reçu lundi les organisateurs de la manifestation du 1er-Mai pour évoquer le risque de débordements par des « groupes extrémistes » voulant faire de cette journée « un grand rendez-vous révolutionnaire », selon un communiqué de la préfecture.

« Si ce défilé traditionnel des organisations syndicales ne suscite pas de difficultés particulières », des « militants de groupes contestataires issus de mouvances extrémistes entendent, à l’occasion de la manifestation traditionnelle du 1er-Mai, s’en prendre violemment aux forces de l’ordre ainsi qu’aux symboles du capitalisme », explique la préfecture de police (PP), qui craint notamment l’utilisation d’ »engins incendiaires ».

La dernière grande manifestation des cheminots du 22 mars avait vu des jeunes cagoulés s’en prendre aux vitrines d’agences bancaires et de sociétés d’assurance. Bouteilles et pierres avaient également été lancées sur les CRS qui avaient répliqué par un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

L’an passé, le défilé du 1er-Mai avait fait six blessés chez les policiers, dont l’un avait été très grièvement brûlé par un cocktail Molotov.

G.S.

Publié dans:Droit de l'homme |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »
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