Archive pour le 1 juin, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(01/06/2018)

Libération 01 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les trompettes fêlées du souverainisme

Pathétique mauvaise foi des procureurs de l’Union européenne… Une coalition populiste gagne les élections en Italie. Elle présente un gouvernement au président Mattarella. Celui-ci se dit prêt à l’avaliser, à une exception près : le ministre des Finances, dont il juge les prises de position – et les intentions – contraires, non à la doxa européenne (dans ce cas, il aurait récusé tout le gouvernement tout entier), mais au programme concocté par la Ligue et le mouvement Cinq étoiles. En effet, celui-ci ne prévoit pas de sortir de l’euro, encore moins de sortir de l’Union, alors même que le ministre pressenti était connu pour ses positions anti-monnaie européenne et pour son hostilité viscérale – et franchement louche – envers les Allemands. D’où le refus de Mattarella.

Aussitôt toutes les trompettes fêlées du souverainisme ont sonné l’alarme : diktat de Bruxelles ! L’Union contre les peuples ! L’Europe contre la démocratie ! Etc. Que croyez-vous qu’il arriva ? Trois jours plus tard, la même coalition présente une nouvelle équipe, sans le ministre contesté à ce poste, et le Président avalise sa mise en place. Vainqueurs des élections, les populistes gouvernent (avec un programme dingo-irresponsable, mais c’est une autre affaire). Où est le «diktat» de l’Europe ? Le bâillon imposé aux peuples ? L’imperium irrésistible des marchés ? Nulle part. Le peuple italien a parlé. Les institutions ont fonctionné. Le nouveau gouvernement doit maintenant gérer sa situation économique avec un déficit annoncé difficilement soutenable et, surtout, négocier avec ses créanciers, qui n’entendent pas – c’est humain – perdre au passage l’argent prêté de bonne foi à l’Etat italien.

Le mythe de la «dictature européenne» s’effondre avec encore plus de fracas dans le cas britannique. Le peuple anglais s’est prononcé pour la sortie de l’Union. Cette sortie est en cours. Nulle pression bruxelloise, nul étouffement de la volonté populaire britannique. Au contraire les Européens disent : «Vous voulez sortir ? Sortez !» Et ce sont maintenant les Britanniques – et non les Européens – qui se posent des questions. Finalement était-ce une bonne idée ? Que va-t-on y gagner ? Faut-il vraiment rompre ? L’interrogation taraude désormais l’opinion d’outre-Manche, à commencer par les conservateurs, profondément divisés sur la question.

Theresa May, qui avait déclaré avec une mâle assurance «Brexit is Brexit», vient de faire voter une disposition subreptice par son gouvernement, aux termes de laquelle, si elle est appliquée, l’échéance du Brexit serait repoussée de trois années supplémentaires. L’opinion anglaise redoute en majorité de voir son niveau de vie baisser ; la sortie de l’Union, qui suppose le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, pose des problèmes inextricables (alors même que les Irlandais, dans leur majorité, souhaitent rester dans l’Union). «Diktat de Bruxelles» ? Non : rappel de quelques réalités d’évidence : l’Union, aussi maladroite soit-elle, aussi dominée par les libéraux et l’orthodoxie des pays du Nord qu’on peut déplorer, reste un havre de paix et de protection monétaire et économique pour les peuples. D’ailleurs ni les populistes du Mouvement Cinq Etoiles, ni les Polonais, ni les Hongrois, ni même le Front national, ne souhaitent au fond en sortir. Les glapissements propagandistes de souverainistes de tous poils n’y changeront rien.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Quelle famille !!! (01/06/2018)

La revenante : Marion Maréchal veut réveiller les « conservateurs zombies »

La droite conservatrice et l’extrême droite croient plus que jamais en leur destin. Plusieurs figures de cette mouvance se sont retrouvées, jeudi soir, dans le 15e arrondissement de Paris, pour écouter leur égérie : Marion Maréchal (ex-Le Pen). L’ancienne députée FN, qui a relancé les spéculations sur son avenir avec son projet d’école en sciences politiques, était l’invitée d’une soirée-débat pour « débrancher Mai-68″, organisée par ses proches.

Qu’en retenir ? « En France nous avons des conservateurs zombies, une population qui, majoritairement, est plutôt attachée à son enracinement. [...] L’idée c’est de sortir ces conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir, en tout cas de leur permettre d’exister de nouveau dans le débat public », a déclaré la nièce de Marine Le Pen, qui a quitté la politique après l’échec de sa tante à la présidentielle en mai 2017.

Elle a également qualifié les écoles françaises de « moules à gaufres macronistes », dominées « par le système intellectuel de la gauche », « qui veut qu’on soit nécessairement vendu à la globalisation heureuse, à la fin des frontières, à la fin du cadre national ». « L’élite a ce cynisme de toujours se préserver de ce qu’elle impose au peuple. [...] La diversité est toujours beaucoup plus jolie de son balcon, et toujours plus agréable à imposer aux autres, qu’on fait tout pour en préserver ses enfants », a fustigé Marion Maréchal, qui vient d’abandonner le nom Le Pen.

Le soutien (embarrassant ): Ménard défend Collomb

C’est un soutien qui en dit long sur la sémantique utilisée par Gérard Collomb au sujet de l’immigration depuis plusieurs semaines. Sur RTL, vendredi matin, le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a salué les propos du ministre de l’Intérieur sur le « benchmarking » des migrants. « Bien sûr qu’il a raison ! », a déclaré l’élu, apôtre de l’union des droites. Avant de railler « l’attitude de faux jetons de ceux qui lui le reprochent ».

« Les gens qui fuient leur pays regardent les conditions d’accueil dans un certain nombre de pays, ils choisissent là où c’est le plus facile, le plus ouvert, là où il y a des avantages et des communautés pour les accueillir », a-t-il poursuivi. « Vous prenez les gens pour des crétins, vous croyez que les réfugiés sont des imbéciles qui vont au petit bonheur la chance ? »C’est lors d’une audition au Sénat, mercredi 30 mai, que Gérard Collomb a utilisé cette expression. « Les migrants aussi font un peu de benchmarking, pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles. Telle nationalité, que je ne citerai pas, se dirige plutôt vers tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile, mais tout simplement parce qu’elle juge que là, c’est plus facile », avait-il déclaré.

Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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