Archive pour le 4 juin, 2018

La lettre de Laurent Jofrin………….(04/06/2018)

Libération 04 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un complotiste nommé Bercoff

Il faut revenir un instant sur l’affaire Mamoudou Gassama, ce jeune Malien qui a sauvé un enfant suspendu au balcon d’un immeuble du XVIIIe arrondissement de Paris. Elle a suscité une deuxième affaire, de moindre calibre, qu’on pourrait appeler «l’affaire Bercoff» et qui «agite les réseaux sociaux», cette divinité moderne aux cent bouches cacophoniques.

Invité sur CNews, le 30 mai, André Bercoff, journaliste et écrivain bien connu, met en doute la version unanimement célébrée d’un sauvetage improvisé. Avec insistance, il pose deux questions à ses yeux dérangeantes – comment l’enfant a-t-il pu tomber de deux étages et se rattraper à une rambarde ? Pourquoi le voisin qu’on voit sur les vidéos n’est-il pas le même qui répond ensuite aux questions des journalistes ? Face au scepticisme général, le questionneur se défend évidemment de sacrifier le moins du monde à une «théorie du complot» que lui objectent pendant l’émission ses contradicteurs, suivis par beaucoup d’autres dans les jours qui suivent.

Or la rhétorique employée par Bercoff, on est au regret de le dire, correspond en tout point aux canons habituels des questionnements complotistes. Cette méthode – redoutable – appliquée à toutes sortes d’événements, dont l’attentat du 11 septembre est le plus célèbre, consiste à se concentrer sur des détails étranges, troublants, inattendus, qu’on énumère dans un procédé d’accumulation, pour suggérer avec force sous-entendus que l’histoire «officielle» n’est pas la vraie et qu’il y a une manipulation derrière les scènes rapportées par les médias «mainstream». Elle obéit à trois règles immuables :

Premièrement, on élimine du raisonnement, qualifié «d’officiel», les éléments trop flagrants qui viendraient l’accréditer, pour mettre en valeur les seules bizarreries qu’on a relevées. Thierry Meyssan, complotiste reconnu, affirme ainsi qu’aucun avion n’a percuté le Pentagone le 11 septembre pour la bonne raison que la brèche ouverte dans le mur du bâtiment est plus étroite que l’envergue d’un avion de ligne. Il omet soigneusement de citer les nombreux témoins qui ont vu l’appareil arriver, les funérailles organisées un peu partout aux Etats-Unis pour les victimes du crash, ou encore le fait que l’avion a sectionné avant l’impact deux réverbères dont l’écartement prouve qu’un s’agissait bien d’un appareil d’une grande envergure. Reste la seule taille de la brèche, qui peut impressionner les esprits mal informés. De même Bercoff néglige le fait que Mamoudou Gassama a risqué sa vie en grimpant cinq étages à mains nues d’un balcon à l’autre. Pourquoi l’aurait-il fait sinon pour sauver l’enfant ? Pour quel but obscur ? Pour se stariser ? Pour obtenir des papiers ? L’invraisemblance du motif alternatif éclate dès qu’on l’énonce. Mais on ne l’énonce pas, bien sûr.

Ce qui débouche sur la deuxième règle : ne jamais décrire le complot auquel on se réfère implicitement avec une insistance péremptoire. Dans le cas du 11 septembre, on agite sans jamais la décrire une manipulation montée par le gouvernement américain, qui aurait sacrifié quelque 3000 compatriotes pour en tirer un avantage politique. Hypothèse hautement invraisemblable pour laquelle on n’avance pas le moindre commencement de preuve, bien sûr. Il faudrait en effet pour cela que l’aviation civile, les policiers de New York, la CIA, l’armée américaine, une bonne partie du gouvernement de Washington, soient impliqués dans l’opération. Où, quand, comment ? On reste évidemment muet sur cette triple question. De même, en miniature, Bercoff se garde bien de préciser la manipulation qu’il suggère lourdement. Il lui faudrait expliquer qu’on a volontairement pendu un enfant de quatre ans au balcon du cinquième étage, au risque de la voir lâcher prise, pour émouvoir faussement le public, et que Gassama a pris un risque mortel pour la même fin manipulatoire. On répète en revanche jusqu’à plus soif que le voisin qui tenait la main de l’enfant n’est pas le même que celui qui est ensuite interviewé, sans préciser que les vidéos sont prises de loin et que s’il est barbu sur le document initial, il a pu se raser avant de parler à la télévision (le lendemain), comme le font chaque jour des millions de Français. Ce qui est le cas, selon toutes probabilités.

Troisième règle : opposer aux contradicteurs non des faits prouvés, mais l’idée qu’ils participent, volontairement ou non, à une vaste opération de censure menée par les tenants de la «thèse officielle», ou, au choix, de «la pensée unique», de la «bien-pensance», ou du «camp du bien», composé d’hypocrites patentés ou de gogos inénarrables. On peut même ajouter une cerise sur ce gâteau en remarquant que s’il y a tant de contradicteurs, cela démontre que le complot est bien plus étendu qu’on ne croit. Ce que font systématiquement les détracteurs du 11 septembre. Ce que Bercoff a immédiatement proclamé en disant qu’on cherchait à éviter les questions dérangeantes et à le bâillonner pour sauvegarder «la thèse officielle».

Rappelons pour mémoire que quatre avions ont été détournés par des terroristes d’Al-Qaeda le 11 septembre. Deux ont percuté les tours du World Trade Center, un autre s’est écrasé dans la campagne, le quatrième s’est écrasé sur le bâtiment du Pentagone. Les assassins ont été filmés par des caméras de surveillance, l’attentat a été revendiqué, les passagers ont décrit les terroristes en parlant sur leur mobile avant le crash, etc. Et que Mamoudou Gassama, dans un geste spontané, a bien sauvé un enfant accroché à un balcon en escaladant au péril de sa vie un immeuble du XVIIIe arrondissement.


Une erreur s’est glissée dans la lettre consacrée à l’école de Marion Maréchal. Contrairement à ce que j’ai écrit, Charles Beigbeder n’a pas financé le projet; il s’et contenté de présenter à la jeune femme des investisseurs éventuels, sans grand résultat, dit-il.

 

 

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Uniform…..ité………………….(04/06/2018)

Ce débat récurrent est révélateur des peurs de la société française », estime l’historien Claude Lelièvre.

A Provins, les écoliers pourront désormais porter un uniforme. Une majorité de parents d’élèves des écoles élémentaires de la ville vient de se prononcer en faveur du port, non obligatoire, d’un polo bleu portant la devise républicaine, lors d’une consultation organisée par la mairie LR. Provins avait lancé ce référendum en janvier après que le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer se fut prononcé en faveur du port de l’uniforme dans les écoles qui le souhaitent.

« C’est un enjeu d’égalité entre les enfants. Aujourd’hui, les marques de vêtements, ça compte malheureusement beaucoup trop, avec tous les phénomènes matérialistes un peu stupides », a expliqué une nouvelle fois le ministre, dimanche soir sur BFMTV. Historiquement, pourtant, le port de l’uniforme n’a jamais été un gage « d’égalité », rappelle à « l’Obs » Claude Lelièvre, professeur d’histoire de l’éducation à Paris-V et spécialisé dans les politiques scolaires. Interview.

 

 

Le port de l’uniforme à l’école est un sujet de débat récurrent en France. Quelle est son histoire ?

Il existe en France un certain nombre de mythes au sujet de l’école. Le port de l’uniforme en fait partie. Ceux qui défendent cette mesure se référent à un passé qui n’a, en réalité, jamais existé.

Contrairement à des croyances fortes, il n’y a, en effet, jamais vraiment eu d’uniforme en France, y compris sous la IIIe République, que certains idéalisent en matière scolaire. Dans les écoles communales, beaucoup d’élèves ont longtemps porté une blouse. Mais il n’y avait aucune obligation à le faire, et surtout son usage était recommandé non pas au nom d’un principe d’égalité mais tout simplement pour une raison pratique : protéger les vêtements des taches d’encre. La blouse était portée à une époque où il n’y avait pas de stylos à billes et où les vêtements étaient chers, donc précieux.

Certes l’uniforme a pu être imposé dans quelques collèges et lycées publics mais il s’agissait de la seule volonté d’une petite minorité d’établissements, souvent « haut de gamme », et non d’une obligation imposée au niveau national. L’idée que l’uniforme ait été imposé dans le passé aux élèves français est donc un fantasme. C’est une nostalgie de quelque chose qui n’a pas existé.

Pour les défenseurs de cette mesure, le port de l’uniforme permettrait d’effacer les inégalités sociales…

La blouse n’a jamais été un instrument d’égalité. Quant à l’uniforme, l’histoire montre au contraire que c’est avant tout un élément de distinction. L’obligation de l’uniforme n’a jamais été mise en place pour la masse des élèves, mais seulement dans certains établissements secondaires qui voulaient justement  »se distinguer » les uns des autres et « être distingués ». L’objectif de ces établissements – qui accueillent par ailleurs une population privilégiée, très homogène socialement – est bien moins la recherche de « l’égalité » que celle d’un « patriotisme d’établissement ».

 

 

Comment expliquer que la question du port de l’uniforme à l’école resurgisse aussi souvent ?

Ce débat est très révélateur des peurs actuelles de la société française. Il y a l’idée, du côté de ceux qui défendent cette mesure, que depuis Mai-68 et les années 1970, l’école est entrée dans une phase de décadence et qu’il faut remettre de l’ordre. Et pour eux, ce retour à l’ordre passe par un certain nombre de rituels. L’enjeu qui se cache derrière cette question n’est donc pas social mais avant tout disciplinaire.

Politiquement, ce sont d’ailleurs des élus issus des rangs de la droite conservatrice voire de l’extrême droite qui portent surtout ce sujet. François Fillon y faisait référence dans son programme présidentiel, deux députés – Bernard Debré et Eric Ciotti – ont défendu en 2016 des amendements en vue de la « réintroduction de l’uniforme à l’école ». Et une quinzaine de sénateurs de droite avaient déjà déposé une proposition en ce sens en 2013… Ce n’est pas un hasard. Plus que de combattre les inégalités sociales, l’idée, avec l’uniforme, est plutôt de discipliner les élèves et de faire de l’école un sanctuaire austère, comme si le vivre-ensemble devait nécessairement passer par une forme d’uniformisation des individus.

 

 

Selon plusieurs sondages – et comme le montre le référendum de Provins – une nette majorité de Français est favorable au port de l’uniforme à l’école. Pourquoi aucun ministre de l’Education n’a cherché à mettre en place cette mesure ?

Le passage à l’acte est complexe. Au-delà des résistances qui pourraient exister, y compris chez les élèves, il y a plusieurs questions à résoudre, notamment ce qu’on entend par « uniforme ». S’agit-il d’un ensemble complet ? D’un simple polo ? Quels symboles y mettons-nous dessus ? Faut-il un uniforme différent pour les garçons et les filles ?

Autre question délicate : celle de son coût financier et de sa prise en charge. Jean-Michel Blanquer, l’actuel ministre de l’Education, l’a bien compris. Conscient que cette mesure est populaire mais complexe à généraliser, il n’a pas manqué de dire qu’il y était favorable mais il s’est bien gardé de l’imposer en laissant la liberté aux établissements de le faire ou non.

Publié dans:Education |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Et pas une tête qui dépasse……………..(04/06/2018)

Favorable au port de l’uniforme à l’école, Jean-Michel Blanquer souhaite cependant laisser aux collectivités locales l’initiative d’adopter cette pratique, à l’image du référendum local qui s’est déroulé ce week-end à Provins, en Seine-et-Marne.

« Oui mais. » Interrogé ce dimanche dans BFM Politique sur le port de l’uniforme à l’école, après qu’un référendum local à Provins, en Seine-et-Marne, a donné une large majorité (62,4%) de « pour », Jean-Michel Blanquer a promu les vertus de cette pratique, expliquant cependant vouloir en laisser l’initiative aux collectivités locales.

« C’est un enjeu d’égalité entre les enfants. Aujourd’hui, les marques de vêtements, ça compte malheureusement beaucoup trop, avec tous les phénomènes matérialistes un peu stupides. Évidemment ce n’est pas du tout conforme à ce que l’on peut souhaiter pour l’école de la République. L’uniforme peut être une réponse. Je n’en fait pas l’alpha et l’oméga d’une politique éducative, mais dans certains cas ça peut être utile », a ainsi détaillé le ministre de l’Éducation nationale.

Le patron de la rue de Grenelle mise sur le « consensus local » pour répandre le port de l’uniforme, affirmant que « le jeu est ouvert ». Pas question que l’Etat se saisisse du dossier, donc. « Je pense que ce serait la meilleure façon de ne pas accomplir ça », justifie Jean-Michel Blanquer.  »Vous avez une série de personnes dont le métier est de créer du clivage. On n’a pas besoin de leur donner de prise. »

Sanctions éducatives

Par ailleurs, le ministre, désireux de renforcer l’ordre au sein des établissements scolaires, a expliqué vouloir changer la nature des heures de retenue, et non les supprimer. « Quand une sanction doit être prise, elle est prise », a fermement insisté Jean-Michel Blanquer. « Ce qui est important, c’est d »avoir des sanctions éducatives. »

« Il y a des heures de retenue. La question c’est le contenu de ces heures de retenue. Il faut qu’il y ait une sanction de nature éducative. Vous dégradez une table? Vous la restaurez. Vous insultez quelqu’un? Vous avez une heure sur le thème du respect d’autrui », a-t-il ainsi détaillé.

NDRL : l’ennui naquit un jour de l’unifor…mité

Publié dans:Education |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

De bien braves gens……………………(04/06/2018)

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Soupçons de conflits d’intérêts : le secrétaire général de l’Elysée visé par une enquête, la présidence dénonce des « soupçons totalement infondés ». Suivez notre direct
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Encore une réformette………………(04/06/2018)

  10h41
Alerte info
Disparition de France 4 de la TNT, coopération France 3-France Bleu, investissements sur le numérique… La ministre de la Culture détaille sa réforme de l’audiovisuel public
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Publié dans:Médias |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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