Terrorisme…………………….(06/06/2018)

Détenus radicalisés : une cellule antiterroriste pistera les "sortants"
Dans la prison de Fresnes, le 11 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

450 terroristes ou délinquants de droit commun arrivent au bout de leurs peines de prison dans les 18 mois qui viennent. Ils seront surveillés.

Tandis qu’un nouveau « plan d’action contre le terrorisme » (Pact) doit être lancé ce mois-ci, la question des détenus djihadistes ou radicalisés sur le point d’arriver à la fin de leur peine devient une préoccupation si majeure que des mesures immédiates sont lancées. Pour la première fois, des estimations précises ont été réalisées. Selon l’Elysée, 450 détenus doivent retrouver la liberté d’ici la fin de l’année prochaine. Se trouvent parmi eux des vétérans des anciennes générations du terrorisme islamiste mais aussi de jeunes djihadistes français, majeurs comme mineurs, hommes comme femmes qui ont été condamnés depuis 2015 à des sentences inférieures à cinq ans.

Leurs peines purgées, rien ne peut s’opposer à leur libération. Mais leur suivi demeure impératif. Selon l’Elysée, une structure est sur le point d’être mise sur pied pour continuer à surveiller l’ensemble de ces individus. Cette cellule doit regrouper les services de la Direction générale du Renseignement intérieur (DGSI), du renseignement pénitentiaire et de la police judiciaire. Il aura aussi pour tâche de s’assurer que les sortants en situation irrégulière sont expulsés de France. Le pilotage de cette structure reviendra à la Place-Beauvau.

« Pas un de ces sortants ne doit sortir sans qu’on sache où il va », affirme-t-on à l’Elysée.Ce phénomène des « sortants » est à considérer sur le long terme. Selon des chiffres déjà évoqués par « l’Obs », ce sont actuellement 500 terroristes islamistes (condamnés ou prévenus) qui sont en détention mais il faut ajouter à ce chiffre les 1.200 à 1.300 délinquants de droit commun radicalisés.

L’administration pénitentiaire en première ligne

Cette population est aujourd’hui plus qu’un casse-tête. « Nous devons en permanence assurer un suivi et les données ne sont jamais figées », indiquait récemment une source pénitentiaire à « l’Obs », soulignant qu’il faut aussi prendre en compte les prévenus et condamnés suivis en milieu ouvert, c’est-à-dire en liberté mais avec un sursis avec mise à l’épreuve, une libération conditionnelle, un contrôle judiciaire ou un ajournement avec mise à l’épreuve. L’administration pénitentiaire, en première ligne face à cette gestion, a récemment progressé avec la mise en place de plusieurs outils, notamment les quartiers de l’évaluation de la radicalisation (QER). La première priorité du Bureau central du Renseignement pénitentiaire (BCRP) est aujourd’hui d’informer en temps réel des sorties de prison sensibles à la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) ou au centre national du renseignement de l’Elysée.

Par ailleurs, ce défi oblige à de nouveaux réflexes. Un spécialiste du renseignement observe qu’il y a encore quinze ans, les juges d’application des peines pouvaient décider du calendrier de libération d’un détenu radicalisé sans en avertir les services, tant par esprit d’indépendance, que par principe vis-à-vis de la séparation des pouvoirs. Aujourd’hui, note ce fin connaisseur, ces précautions sont révolues.

 

Mathieu Delahousse

Publié dans : TERRORISME |le 6 juin, 2018 |Pas de Commentaires »

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