Archive pour le 12 juin, 2018

La lettre de Laurent Joffrin…………(12/06/2018)

Libération 12 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Trump l’œil

Jour après jour, ils marquent des points. Matteo Salvini refuse d’accueillir un navire portant des migrants : l’Espagne les accueille. Salvini bombe le torse. Face au silence de la France, aux injonctions vides de l’Union européenne, il peut clamer partout que lui, à la différence des gouvernements plus humains ou plus respectueux des droits, obtient des résultats. Donald Trump insulte Kim-Jong-un, menace d’appuyer sur le bouton nucléaire, se comporte comme un garnement de cour d’école assis sur une bombe atomique : le dictateur nord-coréen sollicite une entrevue et signe un texte d’apaisement. Trump bombe le torse.

Le nationalisme, qui rend à terme le monde plus dangereux et plus dur aux faibles, est une recette payante à court terme. Il flatte les peuples en colère et intimide les chefs d’Etat raisonnables. Il n’est pas non plus cette politique incohérente et folle qu’on se plaît parfois à décrire, sans doute pour se rassurer. Au contraire, son obsession pour la stricte logique des intérêts nationaux lui donne une force politique sans cesse croissante.

Qui a gagné lors de la rencontre de Singapour ? Kim, sans doute, si l’on applique à la chose des critères rationnels. Il a gagné une reconnaissance internationale et un gage de pérennité en échange d’une absence quasi totale de concessions. Le texte signé tient en quelques phrases plutôt creuses quoique bien intentionnées, sans avancée nouvelle en comparaison des accords déjà acceptés – et violés – par la Corée du Nord. Il vaut mieux se parler que s’insulter et la paix y gagne, surtout si l’on se remémore l’hystérie qui a régné sur ce front diplomatique depuis des mois. Pour le reste, il s’agit pour l’essentiel d’un trompe-l’œil (d’un Trump-l’œil ?). Peu importe : le président américain s’en prévaudra pour justifier sa manière et sa politique. Trump applique un plan qu’on disait inapplicable : il sort de l’accord de Paris sur le climat, déplace son ambassade à Jérusalem, impose des droits de douane unilatéralement en contradiction avec toutes les procédures de l’OMC, se retire de l’Unesco, envoie le multilatéralisme par-dessus les moulins, déchire le compromis du G7 à peine signé, tweete des aphorismes plus grossiers les uns que les autres, fait valser ses collaborateurs, décrète qu’il y a des «vérités alternatives», etc. Les autres puissances peuvent protester, en appeler aux principes, invoquer les usages diplomatiques. Il taille sa route. Il n’est même pas sûr qu’il y perde en politique intérieure : l’économie américaine va bien et ses mandants lui conservent leur soutien.

Les autres puissances démocratiques, humiliées lors du G7, mises hors-jeu en Asie et au Moyen-Orient, impuissantes face aux rebuffades américaines, doivent y réfléchir plus avant. Le nationalisme ne passera pas comme un mauvais rêve. Il faut lui opposer une autre politique, tout aussi cohérente et énergique. En ces temps de populisme et d’effacement européen, elle manque cruellement.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Une honte digne de Jonas………….(12/06/2018)

 

 

Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

12 juin 2018 à 07:0

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Tribune

Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

Une femme souffrant d'Alzheimer, dans une maison de retraite à Angervilliers (Essonne). Zoom
Une femme souffrant d’Alzheimer, dans une maison de retraite à Angervilliers (Essonne). Photo Sébastien Bozon. AFP

Le Haut Commissaire à la réforme des retraites a annoncé que les pensions dépendraient de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales.

  • Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

En France comme dans la plupart des pays, la tendance des réformes de retraite depuis les années 90 est au renforcement progressif de la contributivité du système, c’est-à-dire au resserrement du lien entre la somme des pensions perçues par une personne pendant sa retraite, et la somme actualisée des cotisations versées au cours de sa carrière (qu’on pense, par exemple, au passage des dix aux vingt-cinq meilleures années de salaire pour calculer la pension). Cette tendance s’accompagne d’une baisse de la part dans la pension des dispositifs de solidarité (minima de pension, droits familiaux liés aux enfants, etc.) attribués gratuitement, c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations. Ces dispositifs constituent le socle de la redistribution en faveur des personnes qui n’ont que peu de droits directs à la retraite, car elles n’ont pas eu une activité professionnelle suffisante du fait qu’elles ont élevé des enfants, connu des périodes de temps partiel ou de chômage, de précarité, eu de faibles salaires, etc. Les femmes sont les bénéficiaires principales de ces dispositifs. Tout renforcement du lien entre pensions et carrières professionnelles les pénalise donc plus fortement, comme l’ont déjà montré les réformes passées. Or aujourd’hui, ce qui est à l’étude est un système de retraites par points basé sur une logique purement contributive.

Dans un régime par points, on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Les paramètres sont calculés chaque année de manière à équilibrer les finances des caisses, il n’y a pas de taux de remplacement (rapport entre la pension et le salaire) fixé à l’avance, pas de visibilité sur sa future pension. L’exemple des régimes par points Agirc et Arrco n’est pas enviable : entre 1990 et 2009, le taux de remplacement a baissé de plus de 30% dans chacun d’eux. Malgré la présence de quelques droits familiaux, la pension des femmes ne représente que 60% (Arrco) et 40% (Agirc) de celle des hommes, contre 75% sur l’ensemble des régimes.

Le document du Haut Commissariat à la réforme des retraites affiche l’objectif de «proportionnalité entre les cotisations versées et les pensions versées». Le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, ayant déclaré qu’«il n’y aura pas de points gratuits», la pension dépendrait uniquement des cotisations versées, donc de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales entre les femmes et les hommes (qu’il reste indispensable de réduire par des mesures volontaristes). Selon une simulation réalisée avec le modèle Destinie de l’Insee sur les générations nées entre 1950 et 1960, la somme des salaires perçus au cours de sa carrière par une femme ne représenterait en moyenne que 58% de celle d’un homme. Le ratio serait alors le même pour les pensions !

Jean-Paul Delevoye a assuré que la réforme «maintiendra et consolidera les solidarités». Mais puisqu’il n’y a pas de points gratuits, que deviennent les droits familiaux, la réversion, les minima de pension, etc. ? Le document indique qu’il faut «redéfinir leurs objectifs et clarifier la nature de leur financement». Ne relèvent-ils pas plutôt de la solidarité nationale via l’impôt ? demande  M. Delevoye. La question préfigure la réponse, en phase avec la logique libérale.

L’évolution des retraites vers un système essentiellement contributif répond en effet à la doxa libérale qui promeut l’idée que chacun·e doit «récupérer sa mise» au moment de sa pension comme s’il s’agissait d’une épargne, avec l’illusion que l’on arbitrera soi-même le moment de partir en retraite en fonction de son nombre de points. Dans cette optique, la retraite n’a plus à assurer de solidarités puisque chacun·e est libre de décider du niveau de sa pension. Les solidarités qui resteraient nécessaires relèveraient de la responsabilité de l’État et donc de l’impôt. Dans le contexte de recherche tous azimuts de baisses de dépenses publiques et d’aides sociales, il y a là un risque majeur de régression !

Le système actuel par annuités a certes des défauts, notamment en ce qui concerne les femmes. Car il ne fait pas que répercuter sur les pensions les inégalités entre les sexes qui existent sur le marché du travail, il les amplifie : les salaires féminins, tous temps de travail confondus, valent en moyenne 74,3% des salaires masculins (2014), mais les pensions de droit direct des femmes (y compris majoration pour enfants) ne représentent que 60% de celles des hommes. Le calcul de la pension de droit direct se base en effet sur deux paramètres, le salaire moyen et la durée de carrière, qui chacun défavorise les femmes du fait de carrières insuffisantes et de salaires plus faibles. Ce calcul accentue l’inégalité et discrimine les femmes. Avant de demander, comme le fait le document de travail : «La retraite doit-elle compenser les inégalités de carrière entre les femmes et les hommes ?» il serait bienvenu de garantir qu’elle ne les augmente pas !

La bonne stratégie ne consiste pas à augmenter les droits familiaux pour les femmes, car s’ils restent indispensables pour atténuer les inégalités de pension, ils sont à double tranchant parce qu’ils enferment les femmes dans le rôle de mère. La logique à mettre en œuvre vise à augmenter leurs droits directs à pension : notamment modifier le calcul de manière à renforcer le lien entre pension et meilleurs salaires (exemple : calculer le salaire moyen sur les n meilleures années, n étant défini relativement à la durée de carrière effectuée, 25% par exemple. Pour une carrière de vingt années, calcul sur les cinq meilleures) ; réduire la durée de cotisation exigée à une durée réalisable. C’est-à-dire une direction opposée aux réformes passées et plus encore à celle projetée.

Christiane Marty est coauteure de Retraites, l’alternative cachée, Syllepse 2013.

Liberation.fr

Publié dans:SOCIAL |on 12 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Une promesse non tenue, une…………………..(12/06/2018)

POOL New / Reuters
Comment Emmanuel Macron a renié sa promesse de l’assurance chômage universelle.

POLITIQUE – C’est une promesse qui était rapidement mise en avant dans le programme d’Emmanuel Macron. Sur la petite centaine de propositions concrètes, elle apparaissait en quatrième position dans la première priorité du candidat En marche intitulée « bien vivre de son travail et inventer de nouvelles protections ». Il promettait alors un droit nouveau pour les salariés démissionnaires.

« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent », pouvait-on lire page 7. Sur son site de campagne, il était aussitôt précisé quelques petites conditions. « Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel », ajoutait l’ancien ministre de l’Economie.

Un peu plus d’un an après son accession à l’Elysée, l’heure est venue d’appliquer ce qu’Emmanuel Macron présentait comme une assurance-chômage universelle. C’est l’un des enjeux du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel que l’Assemblée nationale commence à examiner ce lundi. Porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, il est souvent présenté comme le deuxième volet plus social et plus protecteur de la réforme du marché du travail après les ordonnances de l’année 2017 qui l’ont libéralisé.

Plusieurs milliards d’euros par an

Sauf qu’entre la promesse du candidat Macron et la mise en oeuvre du président Macron, il y a un monde qui sépare les deux idées. « C’est une réformette », balaye Pascal Pavageau, nouveau leader de Force ouvrière. Même la ministre le sous-entend. Alors qu’on évoque un million de démissionnaires par an, la proposition ne concernera que 20.000 à 30.000 personnes chaque année.

« Ce texte instaure-t-il une assurance-chômage réellement universelle? Concernera-t-elle potentiellement des centaines de milliers d’indépendants et de démissionnaires? Pas vraiment », déplore Boris Vallaud, député socialiste des Landes.

La problématique financière est la cause véritable de ce rétropédalage, terme employé par l’opposition. Les partenaires sociaux qui se sont entendus pour tomber d’accord sur les conditions à remplir estiment qu’elle ne doit pas dépasser 180 millions d’euros par an. Autant dire qu’une généralisation à un million de demandeurs d’emploi aurait coûté une somme insoutenable pour le régime d’assurance-chômage.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait évoqué un peu plus d’un milliard avant que l’Institut Montaigne (classé à droite) n’évoque 2,7 milliards. À l’automne 2017, citant des sources au ministère du Travail, Les Echos avaient carrément avancé le chiffre de 5 milliards en rythme de croisière et jusqu’à 14 milliards d’euros pour la première année sous l’effet d’une possible vague de départs massifs de salariés malheureux dans leur poste actuel.

Des règles drastiques

Pour réduire petit à petit la facture, le gouvernement avait demandé aux partenaires sociaux d’établir une série de conditions à remplir pour toucher les allocations chômage en cas de démission. Syndicats et patronat avaient abouti en février à une liste drastique.

  • Pour être éligible, il faudrait justifier, au minimum, d’une ancienneté « ininterrompue » de sept ans dans l’emploi
  • Avoir un projet de reconversion nécessitant une formation qualifiante ou une formation complémentaire après une validation des acquis de l’expérience. Le projet devrait répondre « aux besoins du marché du travail ».
  • Le caractère « réel et sérieux » du projet devrait être validé en amont de la démission par une « commission paritaire régionale », sous la forme d’une délivrance « attestation ». En cas de refus, le salarié pourrait compléter son dossier dans un délai d’un mois et disposerait d’un « droit de recours amiable ».
  • Pôle emploi devrait ensuite contrôler la mise en oeuvre effective du projet, notamment au cours d’un « entretien de suivi approfondi » organisé au dernier mois de mise en oeuvre du projet. En cas de manquement, le versement des allocations serait interrompu. Dans ce cas, le demandeur d’emploi pourrait de nouveau demander une indemnisation quatre mois plus tard, en prouvant qu’il cherche activement un emploi.
  • Les salariés bénéficieraient d’une indemnisation chômage, dont le montant et la durée seraient équivalents aux allocations chômage de droit commun.
  • Le salarié devrait démissionner dans les six mois après avoir obtenu l’attestation et pourrait déposer une demande d’indemnisation à Pôle emploi.

Quant aux artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales et agriculteurs qui pouvaient eux aussi espérer obtenir un droit aux allocations chômage au regard de ce que promettait Emmanuel Macron, ils seront déçus. La loi prévoit « un droit de 800 euros par mois pendant six mois. Il sera destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10.000 euros », expliquait Muriel Pénicaud il y a quelques mois. 

Le HuffPost

Publié dans:SOCIAL |on 12 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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