Archive pour le 14 juin, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(14/06/2018)

Libération 14 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un rêve pour l’Aquarius

L’Aquarius n’est pas tiré d’affaire. Les migrants qui sont à son bord non plus. À cause des conditions de mer difficiles – un vent annoncé à 35 nœuds et des vagues de quatre mètres – il s’est dérouté. Au lieu de gouverner directement vers Valence, où il devait arriver samedi, il longe les côtes est de la Sardaigne, rallongeant nettement le temps de voyage.

Faisons un rêve : devant cette situation, qui n’est guère conforme à la dignité humaine, ni aux règles maritimes reconnues par tous, le gouvernement français accepte d’accueillir le navire dans un port de la Corse, qui n’est guère éloignée, comme on sait, de la Sardaigne. Conformément à la proposition avancée par les responsables corses, les migrants sont accueillis, soignés, et leur situation juridique est examinée selon les lois en vigueur. Certains peuvent rester en Corse, d’autres sur le continent, d’autres encore se rendre à Valence, d’autres enfin n’auront pas vocation à s’installer en Europe, selon les procédures habituelles. Saisissant l’occasion, répondant à l’émotion suscitée par l’affaire, les grands pays européens, à la demande de la France, se réunissent en urgence à Bruxelles et ouvrent une conférence destinée à dégager une position commune équilibrée, entre l’accueil nécessaire et la régulation inévitable du flux d’immigration. Si certains – les pays de l’est notamment – refusent tout compromis, les pays attachés à l’Union et aux principes qui le fondent concluent un accord entre eux autour de règles humaines et raisonnables. Fruit de concessions réciproques, l’accord sera inévitablement critiqué. Mais au moins, l’Europe aura montré sa volonté commune et mis fin à l’impuissance qu’elle affiche en cette matière depuis plusieurs années.

Mais c’est un rêve. Entre cynisme et hypocrisie, on obligera l’Aquarius à une longue et éprouvante navigation alors que le bon sens voudrait qu’il puisse gagner le port le plus proche. Politiquement, l’Union aura démontré son inexistence dans ce dossier, laissant les Etats membres réagir en ordre dispersé et les partisans de la fermeture des frontières triompher.

Et aussi

L’absurdité nationaliste éclate une nouvelle fois. En Macédoine d’un côté, en Grèce de l’autre, les partis souverainistes protestent hautement contre le compromis passé entre les deux Etats. La Macédoine veut s’appeler Macédoine. Les Grecs, jusqu’à maintenant, combattaient cette idée en arguant qu’il y a chez eux une province également appelée Macédoine. Les deux pays se réclament de l’héritage d’Alexandre, dont les conquêtes sont parties de Macédoine – il était le fils de Philippe, roi de Macédoine, mais on considère qu’il était aussi de culture grecque. Alexandre étant mort sans laisser de mandat clair à ses lointains successeurs, l’affaire est embrouillée. Un compromis – quelque peu…byzantin – a été échafaudé : la Macédoine s’appellera «Macédoine du Nord», ce qui ménage les susceptibilités des deux parties, puisque peut exister en toute clarté, désormais, une Macédoine du Sud. Il y aurait donc deux Macédoines distinctes, qui ne courraient plus le risque de se mélanger, ce qui est un résultat remarquable pour une macédoine. Mais les nationalistes grecs et macédoniens dénoncent l’accord à partir de deux positions symétriques. Tsípras est maintenant menacé par une motion de censure. La folie chauvine est décidément dans l’air du temps.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

SNCF………………………..(14/06/2018)

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La réforme de la SNCF définitivement adoptée par le Parlement, après un ultime vote du Sénat
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Publié dans:GREVES |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(14/06/2018)

Libération 13 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Pognon de dingue

La vidéo mise en ligne par l’Elysée, où Emmanuel Macron parle à ses collaborateurs du «pognon de dingue» dépensé en vain par les pouvoirs publics en aides sociales, est l’un des objets médiatiques les plus étranges de ces dernières années. La volonté de frapper les esprits par un langage cru est patente. On passe de Jupiter à Audiard, le comique en moins. Le citoyen pénètre soudain dans le secret du bureau présidentiel (le «salon vert», pour être précis) et entend un propos de comptoir : la collision des registres est d’un baroque achevé. Jusqu’à maintenant ce genre d’aphorisme élyséen transpirait dans des confidences de témoins ou de journalistes. On s’en fait cette fois un étendard. Il y a du Trump dans cette méthode de communication. O tempora…

Car sur le fond, la réflexion présidentielle rejoint les préjugés les plus éculés de la bonne bourgeoisie, mis en forme sur le plan théorique par les économistes libéraux. Les aides sociales ne sont que de l’assistanat à effet pervers garanti : elles installent les pauvres dans la dépendance de l’Etat, les incitent à la paresse et à l’oisiveté. Alors que ces aides, dans l’immense majorité des cas (il y a des tricheurs, mais c’est une petite minorité), vont à des gens qui ne demandent qu’à travailler mais en sont empêchés par l’état du marché de l’emploi. Dans «l’ancien monde», on avait l’idée saugrenue de rendre les pauvres moins pauvres en leur donnant un peu d’argent. Désormais, il faut les «responsabiliser», ce qui les sortira de la misère. In fine, pour qu’ils soient moins pauvres… il faut leur donner moins d’argent. On concédera qu’il y a une faiblesse dans le raisonnement.

Le discours public subséquent du Président, devant la Mutualité française réunie à Montpellier mercredi, a usé d’un langage plus soutenu. Il a été rehaussé d’une confirmation : «le reste à charge» des assurés sociaux en matière d’optique, de prothèses dentaires ou auditives sera bientôt ramené à zéro. Cette réforme, pour le coup, doit être saluée sans mélange, comme une avancée sociale incontestable, puisque le coût des lunettes, des implants dentaires ou des appareils auditifs dissuade souvent les plus modestes de se les procurer.

Mais comment ne pas comprendre, pour le reste, que le raisonnement augure forcément d’une diminution, directe ou subreptice, des prestations financières dispensées aux plus défavorisés ? On retrouve, sous une forme plus abrupte, l’objectif officiellement affiché d’une baisse des dépenses publiques de quatre points de PIB, obtenue cette fois, non par une meilleure utilisation des fonds publics ou par des efforts de productivité au sein de l’Etat, mais par des coupes franches dans le budget social. Comme on a déjà, par ailleurs, détaxé sans barguigner le capital et les revenus qu’il produit, au grand bénéfice des classes les plus prospères, la conclusion s’impose d’elle-même : pour que tout aille mieux en France, il faut que les favorisés soient plus favorisés et les défavorisés, moins.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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