Archive pour le 15 juin, 2018

La « novlangue »……………….(15/06/2018)

« Un pognon de dingue » : ces mots n’ont évidemment pas été lâchés par hasard, par un président qui manie comme personne les expressions « et de droite et de gauche ».

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Publié le 15 juin 2018 à 06h31

Evidemment, ce mot, il ne l’a pas lâché par hasard. Qui peut imaginer qu’après une année de contrôle absolu de son image, de son couple et de son gouvernement (qu’on y songe : pas un tweet, pas un couac en douze mois !), qui peut imaginer, donc, que le président de la République se soit laissé surprendre en bras de chemise à parler du « pognon de dingue » que coûterait au pays notre politique sociale ?

Evidemment non, la diffusion de cette vidéo ne doit rien au hasard, et tout à la tactique politique d’Emmanuel Macron que l’on peut résumer en une phrase : comment draguer la droite sans s’aliéner la gauche. Pour tenir les contraires et entretenir l’ambiguïté, rien de mieux que de dire les choses sans froisser les oreilles, sans utiliser de mots « totem » (pour utiliser une de ses expressions favorites) qui hystérisent tout sympathisant de gauche.

Le chef de l’Etat s’est donc forgé un vocabulaire spécifique, repris religieusement par les porteurs de sa parole, une sorte de novlangue du « ni droite ni gauche », du « et de droite et de gauche ». Pour cela, Emmanuel Macron puise dans différents registres, populaire, sportif, sophistiqué et même… marxiste. Démonstration en cinq expressions ou mots-clés.

1″Pognon de dingue »

Synonyme : assistanat

Voici donc notre président, décontracté, faisant la leçon à des conseillers − forcément invisibles − sur le discours de politique sociale qu’il doit prononcer l’après-midi. En gros « ça » (comprendre : les minima sociaux) coûte un pognon de dingue et « ça » n’empêche pas les pauvres de rester pauvres.

Est-ce qu’ils seraient encore plus pauvres, les pauvres, sans les aides sociales ? Là n’est pas la question. « Il faut sortir d’une logique de guichet », prévient Macron. Idée que ne renierait pas Laurent Wauquiez, qui l’a développée avec ses propres mots en 2011 : « Cette question de la différence entre le travail et l’assistanat est aujourd’hui l’un des vrais cancers de la société française parce que ça n’encourage pas les gens à reprendre un travail, parce que ça décourage ceux qui travaillent. »

Ah, le fameux « cancer de l’assistanat » ! Un des thèmes récurrents de la droite libérale depuis vingt ans. Mais ça passe quand même mieux quand on  parle de « pognon » plutôt que de « cancer ». C’est plus « disruptif ».

2″Emanciper »

Synonyme : libéraliser

De l’ »émancipation sociale » de Muriel Pénicaud à la « société de l’émancipation » rêvée par Benjamin Griveaux, en passant par « l’émancipation par le travail » du candidat Macron, un seul mot d’ordre pour tous les macroniens : il faut E-MAN-CI-PER.

Le recours à ce verbe et à ses dérivés est particulièrement habile. Car on le trouve chez Karl Marx comme alternative à l’esclavagisme moderne constitué par le travail salarié dans les sociétés capitalistes. Reste à savoir s’il s’agit de se libérer du travail ou de libérer le travail.

Dans la bouche d’Emmanuel Macron et de ses apôtres, c’est bien la deuxième formule qui est la bonne, comme le prouve sa dénonciation régulière des rentes et autres statuts qui entravent, selon lui, l’enrichissement de notre économie. Mais « émanciper », c’est quand même moins connoté que « travailler plus pour gagner plus ».

3″Transformation »

Synonyme : réforme

On le sait bien : trop de réformes tuent la réforme. En Macronie, on ne réforme pas, on transforme. Nuance ! Ainsi, Benjamin Griveaux, zélé porteur de la parole macronienne, explique que « la transformation de la SNCF ne se fera pas contre les cheminots mais avec les cheminots ». En août dernier, Muriel Pénicaud parlait, elle, d’une « transformation du Code du Travail inégalée, première étape d’une rénovation de notre modèle social ».

Il arrive que le chef de l’Etat, pour marquer les esprits, cumule les effets. A propos du Code du Travail, toujours, il use d’un pléonasme, évoquant une « réforme de transformation  profonde » (« le Point« , 31 août 2017).

Mais Emmanuel Macron, dont le champ lexical est large, a d’autres synonymes à sa disposition. Comme « réinventer », qu’il applique à la SNCF, l’Etat-providence, la souveraineté européenne, le monde libre… Pour ce qui est de la langue française, c’est déjà fait !

4″Premiers de cordée »

Synonyme : les riches

Le 15 octobre 2017, Emmanuel Macron, interrogé sur TF1 et LCI, donne sa vision de sa politique économique : « Je veux qu’on célèbre les réussites. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui s’effondre. »

Cette fois la métaphore n’est ni politique ni idéologique mais sportive. La « cordée » renvoie en effet à ces grimpeurs en montagne reliés entre eux par une corde et menés par le « premier » d’entre eux. Sorti du cadre strict de l’alpinisme, le « premier de cordée » est donc celui qui a le mieux réussi, le plus riche, qui tire dans son sillage le reste de la population.

Cette expression est une référence à la théorie du « ruissellement » : l’argent des riches, étant réinjecté dans l’économie par la consommation ou l’investissement, profite à l’ensemble de la population de l’endroit où ils résident. Plus un pays compte de riches, plus il est riche. A condition, bien sûr, qu’aucun de ces riches ne pratique l’évasion  fiscale, la fraude fiscale, ou pire l’exil fiscal. Il n’y a pas encore d’équivalent pour ces mots-là en Macronie.

5″Foutre le bordel »

Synonyme : gréviculture

Emmanuel Macron aime bien parler aux catégories populaires séduites par la droite avec un vocabulaire familier. Avant le « pognon de dingue », il y a eu, en octobre dernier, un déplacement dans la Creuse, durant lequel Emmanuel Macron a parlé des manifestants du site en liquidation de GM&S en ces termes : « Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent avoir des postes là-bas. » Le procédé était d’ailleurs le même que pour le « pognon », une vidéo saisie sur le vif, lors d’un échange avec le président de région socialiste Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset.

Il arrive cependant aux députés de La République en Marche de trébucher et d’employer les mots de l’ancien monde. Ainsi Gabriel Attal, en avril dernier, a évoqué la fameuse « gréviculture » française. Ce qui lui a valu une immédiate volée de bois vert de la part de certains de ses collègues LREM, qui n’auraient jamais osé un tel impair.

On ne saurait donc que trop conseiller à notre député de réviser sa novlangue la prochaine fois qu’il se présentera devant un micro.

Caroline Michel-Aguirre

L’OBS
Publié dans:Non classé |on 15 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Télé……………………………..(15/06/2018)

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Les groupes France Télévisions, TF1 et M6 s’allient pour lancer Salto, une plateforme vidéo commune en ligne
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Publié dans:Médias |on 15 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Grèves…………………..(15/06/2018)

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Réforme de la SNCF : le patron de la CGT Cheminots annonce la poursuite de la grève en juillet
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Publié dans:GREVES |on 15 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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