Archive pour le 18 juin, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(18/06/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Calmels après la tempête

Telle Virginie disparue dans la tempête sous les yeux désespérés de Paul, dans un roman célèbre, Virginie Calmels succombe dans l’orage Wauquiez, sous le regard officiellement consterné de Paul-Alain Juppé. L’héroïne, il faut bien le dire, est moins candide que celle de Bernardin de Saint-Pierre. Il est vrai qu’elle a été élevée non à l’île Maurice mais à Endemol.

Seconde de Wauquiez après avoir été lieutenante de Juppé à Bordeaux, elle a lâché maints coups d’escarpin dans les tibias de son nouveau patron, qui a fini par prendre la mouche. Dans le Parisien, elle a dit combien la ligne très droitière du chef de LR lui déplaisait et combien le rouge de sa parka lui paraissait tirer vers le brun. Sa surprise était surprenante : Wauquiez affichait déjà des convictions notoirement réacs quand Calmels avait décidé de le rejoindre. On s’était alors demandé comment l’étoile montante du libéralisme mou pouvait soudain rallier la droite dure, sinon parce que les actions juppéistes étaient à la baisse et celles de Wauquiez à la hausse.

On se demande aujourd’hui pourquoi elle l’a lâché si vite. Sans doute parce que Virginie Calmels vient du privé : elle applique les lois du marché. Elle renvoie le produit Wauquiez chez le fabricant comme un presse-purée dont on a mal lu l’étiquette. Peu de temps après lui avoir fait allégeance, elle le tacle en place publique. Ses réflexes de cadre sup qui saute d’une boîte à l’autre à la recherche d’un meilleur job lui ont fait négliger qu’il est d’usage, en politique, de laisser passer un an ou deux avant de trahir celui qui vous a promu. Opportuniste éclair et sans états d’âme, Calmels est une sorte de Judas-express, de Iago-minute, de Ganelon instantané.

Elle plaide le différend idéologique soudain apparu. Ce différend étant d’origine, il y a peut-être une autre explication. Depuis qu’il s’est débondé devant un aréopage d’étudiants, promettant de ne pas leur servir «le bullshit» qu’il réservait habituellement aux plateaux de l’audiovisuel, les spectateurs ont pris Wauquiez au mot : à chaque fois qu’il passe à la télé, le mot «bullshit» clignote en haut et à droite de l’écran. Du coup, il plafonne très bas dans les enquêtes d’opinion et beaucoup de caciques de la droite se demandent s’ils ont enfourché le bon cheval.

Calmels a aussi été heurtée dans ses convictions philosophiques quand on lui a refusé la tête de liste aux élections européennes. Rien de tel qu’une déconvenue de carrière pour réveiller le scrupule idéologique. Débarquée de la dunette LR telle une passagère clandestine, elle va sans doute chercher un canot de sauvetage. L’ennui, c’est que les esquifs de rechange sont déjà occupés, par Pécresse, Bertrand et quelques autres. C’est l’inconvénient de l’opportunisme. À trop le pratiquer, on devient importun.

Et aussi

Un léger sursaut… Georges Plassat, ancien PDG de Carrefour, a renoncé à quatre des seize millions qui lui avaient été attribués par son entreprise à l’occasion de son départ. L’information initiale avait été donnée par le service Checknews de Libération et relayée dans cette lettre. L’énormité de la somme, en regard du parcours dudit Plassat à Carrefour – son successeur dit que la société va dans le mur – avait suscité l’émotion de l’opinion et le courroux du gouvernement, qui voyait ainsi caricaturé son discours sur «les premiers de cordée». Comme quoi les journaux ont parfois du bon…

La CGT-Cheminots va proposer aux autres syndicats de la SNCF de poursuivre la grève au-delà du 28 juin, de manière à perturber le départ en vacances. L’UNSA et la CFDT sont nettement moins chauds : les syndicats «réformistes» estiment qu’ils ont obtenu, grâce à la grève, des concessions certes insuffisantes, mais appréciables. Pendant ce temps, la réforme a été définitivement adoptée au Parlement, le taux de grévistes diminue, l’opinion désapprouve de plus en plus le mouvement. Citant Lénine, Laurent Brun, chef des cheminots cégétistes, n’en a cure et accentue la politisation du mouvement. La grève du départ en vacances fera du mal à la SNCF. Mais peut-être plus encore au syndicalisme.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 18 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Ca déraille à droite……………..(18/06/2018)

Le tandem a fini par dérailler. Après deux semaines de crise ouverte au sommet, la vice-présidente du parti Les Républicains (LR), Virginie Calmels, a été limogée de ses fonctions dirigeantes, dimanche 17 juin. Sans même que l’épilogue de la discorde avec le patron de la droite, Laurent Wauquiez, ne mentionne son nom.

« Après consultation de l’équipe dirigeante, Laurent Wauquiez, président des Républicains, nomme Jean Leonetti, maire d’Antibes et président du conseil national, vice-président délégué des Républicains », a très succinctement annoncé le communiqué à en-tête du président de LR, dans la soirée.

Une éviction prononcée dans la foulée de l’entretien au canon de Virginie Calmels au Parisien, dans lequel elle tance l’autoritarisme de Laurent Wauquiez, et la droitisation de son parti. « Depuis son élection, il démontre au fur et à mesure des jours qui passent qu’il semble être uniquement là pour défendre sa propre ligne. Il estime qu’il doit son élection qu’à sa seule présence. Je ne partage pas cette vision », y gronde celle qui sera restée sa numéro deux six mois, ajoutant que « ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron penche vers nos idées, qu’on doit se déporter plus vers la droite. (…) Je ne veux pas d’une droite qui se rétrécit. » Une interview valant « démission de fait », résume un cadre du parti.

Lire aussi :   Le bras de fer continue entre Virginie Calmels et Laurent Wauquiez

Tract « inutilement anxiogène »

La tension entre Laurent Wauquiez le sarkozyste et Virginie Calmels la juppéiste s’était cristallisée depuis deux semaines autour d’un tract diffusé par LR, intitulé « pour que la France reste la France », que la première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux avait jugé « un peu déséquilibré » et « inutilement anxiogène » sur France Inter, jeudi 7 juin, avant de reprocher son absence de validation par les cadres du parti, selon elle, lors d’une réunion de la direction du mouvement, mardi 12 juin.

Une nouvelle charge à l’encontre de Laurent Wauquiez, souvent critiqué pour son discours empruntant à celui de l’extrême droite, certains pointant dans cette brochure un énième rapprochement graphique autant que sémantique avec le Rassemblement national (RN, ex-Front national), qui n’a pas manqué de le copier ironiquement.

Représentante de l’aile libérale du parti, Virginie Calmels avait rallié l’ambassadeur de la ligne identitaire des Républicains il y a moins d’un an, lors de la campagne interne qui avait mené à l’élection de Laurent Wauquiez. Un « ticket » qui avait permis à celui-ci de répondre aux doutes sur sa capacité à rassembler, en intégrant un autre courant au plus haut de son organigramme. Deux lignes qui n’auront finalement pas pu cohabiter plus de six mois à la tête du parti.

Publié dans:Politique |on 18 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente