Archive pour juin, 2018

Grèves…………………..(15/06/2018)

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Réforme de la SNCF : le patron de la CGT Cheminots annonce la poursuite de la grève en juillet
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Publié dans:GREVES |on 15 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(14/06/2018)

Libération 14 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un rêve pour l’Aquarius

L’Aquarius n’est pas tiré d’affaire. Les migrants qui sont à son bord non plus. À cause des conditions de mer difficiles – un vent annoncé à 35 nœuds et des vagues de quatre mètres – il s’est dérouté. Au lieu de gouverner directement vers Valence, où il devait arriver samedi, il longe les côtes est de la Sardaigne, rallongeant nettement le temps de voyage.

Faisons un rêve : devant cette situation, qui n’est guère conforme à la dignité humaine, ni aux règles maritimes reconnues par tous, le gouvernement français accepte d’accueillir le navire dans un port de la Corse, qui n’est guère éloignée, comme on sait, de la Sardaigne. Conformément à la proposition avancée par les responsables corses, les migrants sont accueillis, soignés, et leur situation juridique est examinée selon les lois en vigueur. Certains peuvent rester en Corse, d’autres sur le continent, d’autres encore se rendre à Valence, d’autres enfin n’auront pas vocation à s’installer en Europe, selon les procédures habituelles. Saisissant l’occasion, répondant à l’émotion suscitée par l’affaire, les grands pays européens, à la demande de la France, se réunissent en urgence à Bruxelles et ouvrent une conférence destinée à dégager une position commune équilibrée, entre l’accueil nécessaire et la régulation inévitable du flux d’immigration. Si certains – les pays de l’est notamment – refusent tout compromis, les pays attachés à l’Union et aux principes qui le fondent concluent un accord entre eux autour de règles humaines et raisonnables. Fruit de concessions réciproques, l’accord sera inévitablement critiqué. Mais au moins, l’Europe aura montré sa volonté commune et mis fin à l’impuissance qu’elle affiche en cette matière depuis plusieurs années.

Mais c’est un rêve. Entre cynisme et hypocrisie, on obligera l’Aquarius à une longue et éprouvante navigation alors que le bon sens voudrait qu’il puisse gagner le port le plus proche. Politiquement, l’Union aura démontré son inexistence dans ce dossier, laissant les Etats membres réagir en ordre dispersé et les partisans de la fermeture des frontières triompher.

Et aussi

L’absurdité nationaliste éclate une nouvelle fois. En Macédoine d’un côté, en Grèce de l’autre, les partis souverainistes protestent hautement contre le compromis passé entre les deux Etats. La Macédoine veut s’appeler Macédoine. Les Grecs, jusqu’à maintenant, combattaient cette idée en arguant qu’il y a chez eux une province également appelée Macédoine. Les deux pays se réclament de l’héritage d’Alexandre, dont les conquêtes sont parties de Macédoine – il était le fils de Philippe, roi de Macédoine, mais on considère qu’il était aussi de culture grecque. Alexandre étant mort sans laisser de mandat clair à ses lointains successeurs, l’affaire est embrouillée. Un compromis – quelque peu…byzantin – a été échafaudé : la Macédoine s’appellera «Macédoine du Nord», ce qui ménage les susceptibilités des deux parties, puisque peut exister en toute clarté, désormais, une Macédoine du Sud. Il y aurait donc deux Macédoines distinctes, qui ne courraient plus le risque de se mélanger, ce qui est un résultat remarquable pour une macédoine. Mais les nationalistes grecs et macédoniens dénoncent l’accord à partir de deux positions symétriques. Tsípras est maintenant menacé par une motion de censure. La folie chauvine est décidément dans l’air du temps.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

SNCF………………………..(14/06/2018)

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La réforme de la SNCF définitivement adoptée par le Parlement, après un ultime vote du Sénat
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Publié dans:GREVES |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(14/06/2018)

Libération 13 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Pognon de dingue

La vidéo mise en ligne par l’Elysée, où Emmanuel Macron parle à ses collaborateurs du «pognon de dingue» dépensé en vain par les pouvoirs publics en aides sociales, est l’un des objets médiatiques les plus étranges de ces dernières années. La volonté de frapper les esprits par un langage cru est patente. On passe de Jupiter à Audiard, le comique en moins. Le citoyen pénètre soudain dans le secret du bureau présidentiel (le «salon vert», pour être précis) et entend un propos de comptoir : la collision des registres est d’un baroque achevé. Jusqu’à maintenant ce genre d’aphorisme élyséen transpirait dans des confidences de témoins ou de journalistes. On s’en fait cette fois un étendard. Il y a du Trump dans cette méthode de communication. O tempora…

Car sur le fond, la réflexion présidentielle rejoint les préjugés les plus éculés de la bonne bourgeoisie, mis en forme sur le plan théorique par les économistes libéraux. Les aides sociales ne sont que de l’assistanat à effet pervers garanti : elles installent les pauvres dans la dépendance de l’Etat, les incitent à la paresse et à l’oisiveté. Alors que ces aides, dans l’immense majorité des cas (il y a des tricheurs, mais c’est une petite minorité), vont à des gens qui ne demandent qu’à travailler mais en sont empêchés par l’état du marché de l’emploi. Dans «l’ancien monde», on avait l’idée saugrenue de rendre les pauvres moins pauvres en leur donnant un peu d’argent. Désormais, il faut les «responsabiliser», ce qui les sortira de la misère. In fine, pour qu’ils soient moins pauvres… il faut leur donner moins d’argent. On concédera qu’il y a une faiblesse dans le raisonnement.

Le discours public subséquent du Président, devant la Mutualité française réunie à Montpellier mercredi, a usé d’un langage plus soutenu. Il a été rehaussé d’une confirmation : «le reste à charge» des assurés sociaux en matière d’optique, de prothèses dentaires ou auditives sera bientôt ramené à zéro. Cette réforme, pour le coup, doit être saluée sans mélange, comme une avancée sociale incontestable, puisque le coût des lunettes, des implants dentaires ou des appareils auditifs dissuade souvent les plus modestes de se les procurer.

Mais comment ne pas comprendre, pour le reste, que le raisonnement augure forcément d’une diminution, directe ou subreptice, des prestations financières dispensées aux plus défavorisés ? On retrouve, sous une forme plus abrupte, l’objectif officiellement affiché d’une baisse des dépenses publiques de quatre points de PIB, obtenue cette fois, non par une meilleure utilisation des fonds publics ou par des efforts de productivité au sein de l’Etat, mais par des coupes franches dans le budget social. Comme on a déjà, par ailleurs, détaxé sans barguigner le capital et les revenus qu’il produit, au grand bénéfice des classes les plus prospères, la conclusion s’impose d’elle-même : pour que tout aille mieux en France, il faut que les favorisés soient plus favorisés et les défavorisés, moins.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Pédant et inconscient……………(13/06/2018)

Le fait du jour : Macron, l’ »Aquarius » et le « cynisme »

Qui est le plus cynique ? Critiqué pour son silence à propos de l’incroyable situation de l’ »Aquarius », Emmanuel Macron a fini par parler. Bref rappel de la situation : le navire de SOS Méditerranée est resté plusieurs jours en mer sans savoir où accoster pour sauver les 629 migrants qu’il a secourus. Ni l’Italie ni Malte ne voulaient l’accueillir. L’ »Aquarius » rejoindra finalement l’Espagne accompagné de deux bateaux italiens.

 

Crise de l’ »Aquarius » : « Dommage qu’il n’y ait aucun grand pays entre l’Italie et l’Espagne… »

 

Lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron a dénoncé la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien » qui a refusé d’accueillir le navire, a rapporté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.  »Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster » en France car « c’est le respect du droit international », a ajouté le président qui a salué le courage de l’Espagne, selon le porte-parole.

C’était pourtant le cas ! La France, et notamment le port d’Ajaccio, en Corse, était beaucoup plus proche pour l’ »Aquarius » que les côtes espagnoles. Mais selon Emmanuel Macron :

« La France prend sa part, mais ce qui est inacceptable, c’est le comportement et l’instrumentalisation politique qui en a été faite par le gouvernement italien. »

Pas question donc d’embrayer sur la proposition d’accueil lancée par les dirigeants nationalistes corses pour « porter secours à ces personnes en détresse » − une offre spectaculaire, visant surtout à « essayer d’apporter [...] une contribution », selon le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni.

La décision « appartient à l’Etat français », a répliqué la préfète de Corse, Josiane Chevalier. Mais pour certains, la France a été la grande absente dans cette histoire, en ne proposant pas d’ouvrir ses ports pour se substituer à l’Italie dans l’accueil des migrants. Et comme lors de l’examen au Parlement de la loi asile-immigration, les doutes ont gagné jusqu’aux députés de la majorité : « La France ne peut pas rester silencieuse face au drame en Méditerranée », a lancé Fiona Lazaar dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, tandis que Sonia Krimi regrettait « la dérive » du « principe d’accueil » et qu’Anne-Christine Lang appelait à « faire une exception et à accueillir les passagers de l »Aquarius’ ».

 

Fronde sociale à LREM : la revanche des godillots

 

Face à ces critiques, le porte-parole du gouvernement a assuré que « la France n’est pas restée inactive au cours des 24 dernières heures ». Emmanuel Macron recevra le président du conseil italien Giuseppe Conte lors d’un déjeuner vendredi à l’Elysée.

La citation du jour : « Un pognon de dingue »

Même assis à son bureau, Emmanuel Macron sait s’enflammer. Dans une vidéo qui le montre en train de peaufiner son discours devant la Mutualité mercredi, le chef de l’Etat lâche :

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas. »

Dans cette vidéo tweetée par sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye, il résume sa philosophie devant ses collaborateurs dans un langage familier, à quelques heures d’un discours « stratégique » sur sa politique sociale, prévu à Montpellier, mercredi vers 11h30.

 

 

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La lettre de Laurent Joffrin…………(12/06/2018)

Libération 12 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Trump l’œil

Jour après jour, ils marquent des points. Matteo Salvini refuse d’accueillir un navire portant des migrants : l’Espagne les accueille. Salvini bombe le torse. Face au silence de la France, aux injonctions vides de l’Union européenne, il peut clamer partout que lui, à la différence des gouvernements plus humains ou plus respectueux des droits, obtient des résultats. Donald Trump insulte Kim-Jong-un, menace d’appuyer sur le bouton nucléaire, se comporte comme un garnement de cour d’école assis sur une bombe atomique : le dictateur nord-coréen sollicite une entrevue et signe un texte d’apaisement. Trump bombe le torse.

Le nationalisme, qui rend à terme le monde plus dangereux et plus dur aux faibles, est une recette payante à court terme. Il flatte les peuples en colère et intimide les chefs d’Etat raisonnables. Il n’est pas non plus cette politique incohérente et folle qu’on se plaît parfois à décrire, sans doute pour se rassurer. Au contraire, son obsession pour la stricte logique des intérêts nationaux lui donne une force politique sans cesse croissante.

Qui a gagné lors de la rencontre de Singapour ? Kim, sans doute, si l’on applique à la chose des critères rationnels. Il a gagné une reconnaissance internationale et un gage de pérennité en échange d’une absence quasi totale de concessions. Le texte signé tient en quelques phrases plutôt creuses quoique bien intentionnées, sans avancée nouvelle en comparaison des accords déjà acceptés – et violés – par la Corée du Nord. Il vaut mieux se parler que s’insulter et la paix y gagne, surtout si l’on se remémore l’hystérie qui a régné sur ce front diplomatique depuis des mois. Pour le reste, il s’agit pour l’essentiel d’un trompe-l’œil (d’un Trump-l’œil ?). Peu importe : le président américain s’en prévaudra pour justifier sa manière et sa politique. Trump applique un plan qu’on disait inapplicable : il sort de l’accord de Paris sur le climat, déplace son ambassade à Jérusalem, impose des droits de douane unilatéralement en contradiction avec toutes les procédures de l’OMC, se retire de l’Unesco, envoie le multilatéralisme par-dessus les moulins, déchire le compromis du G7 à peine signé, tweete des aphorismes plus grossiers les uns que les autres, fait valser ses collaborateurs, décrète qu’il y a des «vérités alternatives», etc. Les autres puissances peuvent protester, en appeler aux principes, invoquer les usages diplomatiques. Il taille sa route. Il n’est même pas sûr qu’il y perde en politique intérieure : l’économie américaine va bien et ses mandants lui conservent leur soutien.

Les autres puissances démocratiques, humiliées lors du G7, mises hors-jeu en Asie et au Moyen-Orient, impuissantes face aux rebuffades américaines, doivent y réfléchir plus avant. Le nationalisme ne passera pas comme un mauvais rêve. Il faut lui opposer une autre politique, tout aussi cohérente et énergique. En ces temps de populisme et d’effacement européen, elle manque cruellement.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Une honte digne de Jonas………….(12/06/2018)

 

 

Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

12 juin 2018 à 07:0

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Tribune

Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

Une femme souffrant d'Alzheimer, dans une maison de retraite à Angervilliers (Essonne). Zoom
Une femme souffrant d’Alzheimer, dans une maison de retraite à Angervilliers (Essonne). Photo Sébastien Bozon. AFP

Le Haut Commissaire à la réforme des retraites a annoncé que les pensions dépendraient de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales.

  • Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes

En France comme dans la plupart des pays, la tendance des réformes de retraite depuis les années 90 est au renforcement progressif de la contributivité du système, c’est-à-dire au resserrement du lien entre la somme des pensions perçues par une personne pendant sa retraite, et la somme actualisée des cotisations versées au cours de sa carrière (qu’on pense, par exemple, au passage des dix aux vingt-cinq meilleures années de salaire pour calculer la pension). Cette tendance s’accompagne d’une baisse de la part dans la pension des dispositifs de solidarité (minima de pension, droits familiaux liés aux enfants, etc.) attribués gratuitement, c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations. Ces dispositifs constituent le socle de la redistribution en faveur des personnes qui n’ont que peu de droits directs à la retraite, car elles n’ont pas eu une activité professionnelle suffisante du fait qu’elles ont élevé des enfants, connu des périodes de temps partiel ou de chômage, de précarité, eu de faibles salaires, etc. Les femmes sont les bénéficiaires principales de ces dispositifs. Tout renforcement du lien entre pensions et carrières professionnelles les pénalise donc plus fortement, comme l’ont déjà montré les réformes passées. Or aujourd’hui, ce qui est à l’étude est un système de retraites par points basé sur une logique purement contributive.

Dans un régime par points, on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Les paramètres sont calculés chaque année de manière à équilibrer les finances des caisses, il n’y a pas de taux de remplacement (rapport entre la pension et le salaire) fixé à l’avance, pas de visibilité sur sa future pension. L’exemple des régimes par points Agirc et Arrco n’est pas enviable : entre 1990 et 2009, le taux de remplacement a baissé de plus de 30% dans chacun d’eux. Malgré la présence de quelques droits familiaux, la pension des femmes ne représente que 60% (Arrco) et 40% (Agirc) de celle des hommes, contre 75% sur l’ensemble des régimes.

Le document du Haut Commissariat à la réforme des retraites affiche l’objectif de «proportionnalité entre les cotisations versées et les pensions versées». Le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, ayant déclaré qu’«il n’y aura pas de points gratuits», la pension dépendrait uniquement des cotisations versées, donc de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales entre les femmes et les hommes (qu’il reste indispensable de réduire par des mesures volontaristes). Selon une simulation réalisée avec le modèle Destinie de l’Insee sur les générations nées entre 1950 et 1960, la somme des salaires perçus au cours de sa carrière par une femme ne représenterait en moyenne que 58% de celle d’un homme. Le ratio serait alors le même pour les pensions !

Jean-Paul Delevoye a assuré que la réforme «maintiendra et consolidera les solidarités». Mais puisqu’il n’y a pas de points gratuits, que deviennent les droits familiaux, la réversion, les minima de pension, etc. ? Le document indique qu’il faut «redéfinir leurs objectifs et clarifier la nature de leur financement». Ne relèvent-ils pas plutôt de la solidarité nationale via l’impôt ? demande  M. Delevoye. La question préfigure la réponse, en phase avec la logique libérale.

L’évolution des retraites vers un système essentiellement contributif répond en effet à la doxa libérale qui promeut l’idée que chacun·e doit «récupérer sa mise» au moment de sa pension comme s’il s’agissait d’une épargne, avec l’illusion que l’on arbitrera soi-même le moment de partir en retraite en fonction de son nombre de points. Dans cette optique, la retraite n’a plus à assurer de solidarités puisque chacun·e est libre de décider du niveau de sa pension. Les solidarités qui resteraient nécessaires relèveraient de la responsabilité de l’État et donc de l’impôt. Dans le contexte de recherche tous azimuts de baisses de dépenses publiques et d’aides sociales, il y a là un risque majeur de régression !

Le système actuel par annuités a certes des défauts, notamment en ce qui concerne les femmes. Car il ne fait pas que répercuter sur les pensions les inégalités entre les sexes qui existent sur le marché du travail, il les amplifie : les salaires féminins, tous temps de travail confondus, valent en moyenne 74,3% des salaires masculins (2014), mais les pensions de droit direct des femmes (y compris majoration pour enfants) ne représentent que 60% de celles des hommes. Le calcul de la pension de droit direct se base en effet sur deux paramètres, le salaire moyen et la durée de carrière, qui chacun défavorise les femmes du fait de carrières insuffisantes et de salaires plus faibles. Ce calcul accentue l’inégalité et discrimine les femmes. Avant de demander, comme le fait le document de travail : «La retraite doit-elle compenser les inégalités de carrière entre les femmes et les hommes ?» il serait bienvenu de garantir qu’elle ne les augmente pas !

La bonne stratégie ne consiste pas à augmenter les droits familiaux pour les femmes, car s’ils restent indispensables pour atténuer les inégalités de pension, ils sont à double tranchant parce qu’ils enferment les femmes dans le rôle de mère. La logique à mettre en œuvre vise à augmenter leurs droits directs à pension : notamment modifier le calcul de manière à renforcer le lien entre pension et meilleurs salaires (exemple : calculer le salaire moyen sur les n meilleures années, n étant défini relativement à la durée de carrière effectuée, 25% par exemple. Pour une carrière de vingt années, calcul sur les cinq meilleures) ; réduire la durée de cotisation exigée à une durée réalisable. C’est-à-dire une direction opposée aux réformes passées et plus encore à celle projetée.

Christiane Marty est coauteure de Retraites, l’alternative cachée, Syllepse 2013.

Liberation.fr

Publié dans:SOCIAL |on 12 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Une promesse non tenue, une…………………..(12/06/2018)

POOL New / Reuters
Comment Emmanuel Macron a renié sa promesse de l’assurance chômage universelle.

POLITIQUE – C’est une promesse qui était rapidement mise en avant dans le programme d’Emmanuel Macron. Sur la petite centaine de propositions concrètes, elle apparaissait en quatrième position dans la première priorité du candidat En marche intitulée « bien vivre de son travail et inventer de nouvelles protections ». Il promettait alors un droit nouveau pour les salariés démissionnaires.

« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent », pouvait-on lire page 7. Sur son site de campagne, il était aussitôt précisé quelques petites conditions. « Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel », ajoutait l’ancien ministre de l’Economie.

Un peu plus d’un an après son accession à l’Elysée, l’heure est venue d’appliquer ce qu’Emmanuel Macron présentait comme une assurance-chômage universelle. C’est l’un des enjeux du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel que l’Assemblée nationale commence à examiner ce lundi. Porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, il est souvent présenté comme le deuxième volet plus social et plus protecteur de la réforme du marché du travail après les ordonnances de l’année 2017 qui l’ont libéralisé.

Plusieurs milliards d’euros par an

Sauf qu’entre la promesse du candidat Macron et la mise en oeuvre du président Macron, il y a un monde qui sépare les deux idées. « C’est une réformette », balaye Pascal Pavageau, nouveau leader de Force ouvrière. Même la ministre le sous-entend. Alors qu’on évoque un million de démissionnaires par an, la proposition ne concernera que 20.000 à 30.000 personnes chaque année.

« Ce texte instaure-t-il une assurance-chômage réellement universelle? Concernera-t-elle potentiellement des centaines de milliers d’indépendants et de démissionnaires? Pas vraiment », déplore Boris Vallaud, député socialiste des Landes.

La problématique financière est la cause véritable de ce rétropédalage, terme employé par l’opposition. Les partenaires sociaux qui se sont entendus pour tomber d’accord sur les conditions à remplir estiment qu’elle ne doit pas dépasser 180 millions d’euros par an. Autant dire qu’une généralisation à un million de demandeurs d’emploi aurait coûté une somme insoutenable pour le régime d’assurance-chômage.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait évoqué un peu plus d’un milliard avant que l’Institut Montaigne (classé à droite) n’évoque 2,7 milliards. À l’automne 2017, citant des sources au ministère du Travail, Les Echos avaient carrément avancé le chiffre de 5 milliards en rythme de croisière et jusqu’à 14 milliards d’euros pour la première année sous l’effet d’une possible vague de départs massifs de salariés malheureux dans leur poste actuel.

Des règles drastiques

Pour réduire petit à petit la facture, le gouvernement avait demandé aux partenaires sociaux d’établir une série de conditions à remplir pour toucher les allocations chômage en cas de démission. Syndicats et patronat avaient abouti en février à une liste drastique.

  • Pour être éligible, il faudrait justifier, au minimum, d’une ancienneté « ininterrompue » de sept ans dans l’emploi
  • Avoir un projet de reconversion nécessitant une formation qualifiante ou une formation complémentaire après une validation des acquis de l’expérience. Le projet devrait répondre « aux besoins du marché du travail ».
  • Le caractère « réel et sérieux » du projet devrait être validé en amont de la démission par une « commission paritaire régionale », sous la forme d’une délivrance « attestation ». En cas de refus, le salarié pourrait compléter son dossier dans un délai d’un mois et disposerait d’un « droit de recours amiable ».
  • Pôle emploi devrait ensuite contrôler la mise en oeuvre effective du projet, notamment au cours d’un « entretien de suivi approfondi » organisé au dernier mois de mise en oeuvre du projet. En cas de manquement, le versement des allocations serait interrompu. Dans ce cas, le demandeur d’emploi pourrait de nouveau demander une indemnisation quatre mois plus tard, en prouvant qu’il cherche activement un emploi.
  • Les salariés bénéficieraient d’une indemnisation chômage, dont le montant et la durée seraient équivalents aux allocations chômage de droit commun.
  • Le salarié devrait démissionner dans les six mois après avoir obtenu l’attestation et pourrait déposer une demande d’indemnisation à Pôle emploi.

Quant aux artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales et agriculteurs qui pouvaient eux aussi espérer obtenir un droit aux allocations chômage au regard de ce que promettait Emmanuel Macron, ils seront déçus. La loi prévoit « un droit de 800 euros par mois pendant six mois. Il sera destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10.000 euros », expliquait Muriel Pénicaud il y a quelques mois. 

Le HuffPost

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Renaissance…………………….(11/06/2018)

La renaissance du Parti Socialiste sera d’abord la renaissance des idées.

Avec les chantiers de la renaissance le PS est au travail et entend prendre à bras le corps les enjeux du monde d’aujourd’hui et de demain.

Chaque chantier sera animé par une équipe paritaire en laissant une large place à la société civile, aux acteurs de terrain, et à celles et ceux qui pensent et construisent les alternatives de demain.

Ces chantiers interrogeront les grands enjeux de ce siècle qui intéressent le quotidien des Français.e.s. La Ruche Socialiste, notre plateforme collaborative, sera le point de convergence des idées, des débats, des contributions.

Partagez vos analyses, expériences, propositions dans une réelle délibération collective et apportez votre contribution au débat !

Contribuez sur laruchesocialiste.fr et partagez vos propositions sur les réseaux sociaux #RucheSocialiste

Participez aux chantiers de la renaissance !
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La lettre de Laurent Joffrin………….(11/06/2018)

Libération 11 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les capitalistes aiment la France

Le cabinet EY nous apprend dans son étude annuelle que la France remonte en flèche dans le classement des pays les plus attractifs pour les investissements étrangers en Europe. Le nombre d’implantations, dit EY, a augmenté de 70 % en deux ans, ce qui n’est pas rien. La France est dans le trio de tête avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, à quelques points près en parts de marché : 18 % pour le premier, 17 % pour la seconde, et 15 % pour la France. Paris, de plus, devient la capitale la plus séduisante au monde pour les capitalistes. A court terme, on se disputera pour savoir s’il s’agit d’un «effet Macron» ou d’un «effet Hollande». Les deux, sans doute : les mesures du gouvernement Philippe ont pu créer un choc psychologique, même si elles n’ont pas de conséquence concrète pour le classement, qui porte sur l’année 2017, période où elles n’étaient pas encore en vigueur. Mais l’image compte. Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) ou la loi El Khomri, la réduction du déficit budgétaire, mesures antérieures ont à coup sûr joué un rôle.

A lire aussi : «La France de retour dans le peloton de tête de l’attractivité européenne»

Mais si l’on prend un peu de recul, on constatera surtout que la France, pays de fort Etat-providence, de régulation et où les dépenses publiques atteignent un quasi-record mondial plaît néanmoins aux investisseurs. Voilà qui relativise le dogme libéral selon lequel un pays aussi étatisé fait fuir les détenteurs de capitaux. Ils ne fuient pas, ils affluent. Il est même bien possible que la causalité soit inverse : ces dépenses collectives financent des services publics en bon état de marche, assurent l’entretien de l’un des systèmes de santé les plus efficaces au monde, un environnement urbain qui facilite la vie, un patrimoine et une création culturels qui sont appréciés des étrangers. Les investisseurs étrangers, leurs cadres et leurs salariés, apprécient d’être bien soignés. Ils prennent les transports en commun, vont au musée, au spectacle, se promènent en France sur des routes bien entretenues, fréquentent les festivals subventionnés, toutes choses qui facilitent la mise en valeur des villes et des paysages pour lesquels la France est renommée. On se souvient qu’elle détient aussi le record mondial du nombre de touristes par rapport au nombre d’habitants. En échange, les contribuables résidents acquittent un impôt élevé (quoique l’impôt sur les sociétés ait été nettement réduit ces dernières années). De toute évidence, les investisseurs trouvent le marché équitable. La France «pays socialiste» attire les capitalistes. Il est temps de s’en rendre compte.

Et aussi

Les palinodies de Donald Trump pendant et après le G7 qui s’est tenu au Canada recouvrent une évolution de fond : la montée du protectionnisme qui résultera inéluctablement des décisions américaines. Celui-ci protégera mieux certaines industries et certaines régions des Etats-Unis, et donc les électeurs de Donald Trump. En revanche, ces emplois protégés se paieront à l’échelle mondiale par un renchérissement des produits et une moindre création d’emplois ailleurs. Trump accuse ses partenaires de pratiquer un «libre-échange imbécile» qui nuit aux Américains. Le diagnostic est rapide. Les Etats-Unis sont depuis très longtemps en déficit commercial (pour les biens). Appauvrissement ? A vrai dire, c’est plutôt le contraire : quand on importe plus qu’on exporte, c’est qu’on dispose de plus de biens qu’on n’en produit. La vérité, c’est que les Américains vivent depuis longtemps au-dessus de leurs moyens. En termes réels, c’est un enrichissement.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 juin, 2018 |Pas de commentaires »
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