Archive pour le 11 juillet, 2018

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/07/2018)

Libération 11 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Umtiti, un nom bien français

Un air de 1998 ? La comparaison vient naturellement sous la plume, qui renvoie à une autre finale, gagnée par un onze de France multicolore, une équipe «black-blanc-beur», censée incarner une nation métissée, multiculturelle, unie par ses valeurs de fraternité. Quelques années plus tard, Jean-Marie Le Pen se retrouvait au second tour de la présidentielle et, à peine plus tard, une émeute nationale ruinait les douces anticipations du «vivre ensemble» qui avait fait du football de Zizou l’annonce de la bonne entente nationale. Cette fois, on se méfie : surtout ne pas tirer de leçons hasardeuses des succès de l’équipe de France de Deschamps, tout aussi mélangée que celle de 1998, mais mauvaise augure politique. Dans le commentaire, «prudence petitpas»…

On a déduit des illusions de 1998 que le sport le plus populaire de France reflétait bien mal l’esprit du peuple, que le football était un monde à part, une bulle compétitive et friquée qui avait ses règles propres – une foot-bulle – bien loin des réalités sociales. Et d’ailleurs, la formule même de l’époque, diffusée par les médias – black-blanc-beur – portait en elle-même sa négation, puisqu’au lieu de fondre les différences, elle les juxtaposait, sur un mode communautaire, dans une fausse analogie, faisant du drapeau républicain le symbole d’un assemblage d’ethnies plus que l’emblème d’un creuset.

Et pourtant… Croit-on que le sport, finalement, ne signifie pas grand-chose, que cet événement national ne dit rien sur la nation ? Que ces joueurs d’exception sortent de nulle part, que la Coupe du monde n’est qu’un simple divertissement, au sens complet du terme, qu’il sert donc à divertir, autrement dit à détourner l’attention des réalités cruelles d’une société, fracturée, divisée, partagée entre groupes hostiles, bref un opium du peuple ou encore un haschich des bien-pensants, qui confondent dans un élan candide et trompeur onze joueurs et 67 millions d’habitants ? On se passionne pour Griezmann et Mbappé et on oublie le racisme et la discrimination (remarque de gauche) ou bien l’affrontement de cultures irréconciliables et le spectre du «grand remplacement» (remarque de droite ou d’extrême droite). A droite et à gauche, les obsédés de l’identité feront leur cette thèse, confortable dans son cynisme faussement réaliste.

La nouveauté, s’il y en a une, c’est que les millions de supporteurs qui ont envahi les rues et les places mardi soir se foutent comme de leurs premiers crampons de l’origine des joueurs de l’équipe de France. Pour une raison simple : vingt ans ont passé et, pour eux, la diversité est déjà une réalité admise, du haut en bas de la société. Ils agitent des drapeaux tricolores et chantent la Marseillaise, dans un patriotisme footballistique spontané et pacifique. Point de Blacks, de Blancs ou de Beurs : des attaquants, des défenseurs, des buteurs et des tacleurs. D’où qu’ils viennent, ceux-là sont les héros d’une saga inoffensive, qui réunit le pays. On pense à la chanson de Maurice Chevalier : «Et tout ça, ça fait d’excellents Français…», qui gagnent les matches et arrivent en finale.

Qui sont-ils ? Comme la majorité des footballeurs, des enfants des classes populaires, tout au plus des rejetons de la classe moyenne, depuis longtemps mélangés et donc «multiculturels» bien de chez nous. On glose sur les «territoires perdus de la République». Ils ne sont pas perdus pour l’équipe de France, qui recrute volontiers dans les cités et les quartiers difficiles, viviers du sport de masse. Du coup, la politique revient par la fenêtre. «Liberté, égalité, Mbappé», dit un supporter français nommé Moussa. Pour remplir en quelques minutes les Champs-Elysées, comme au soir du match contre la Belgique, il faut que la banlieue y soit aussi, pas seulement les habitants du VIIIe arrondissement. On vibre d’un élan unitaire dans les bistrots prolos comme dans les bars bobos.

Umtiti, né à Yaoundé, enfant de la banlieue lyonnaise, ou Mbappé, rejeton d’une famille camerounaise, né à Bondy, sont les héros du jour. Mais on n’y pense guère, comme dans un rêve. Délivrez-nous de l’obsession identitaire : c’est peut-être le message de cette Coupe du monde, comme on avait su gré à Macron pendant la campagne présidentielle – ou à Mélenchon – de nous épargner les jérémiades sur l’identité nationale. Comme si le sentiment qu’il existe encore, malgré les heurts, les fractures, les déchirements, un creuset français, républicain, égalitaire, restait vivant dans l’inconscient national. A choisir, c’est l’hypothèse qu’il faut retenir, avec les précautions d’usage. La sociologie, disent certains, est un sport de combat. Mais le sport, pied de nez utile, est une sociologie de la concorde.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

Un effet secondaire du Brexit……………….(11/07/2018)

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Publié dans:ACTUALITES |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(11/07/2018)

Libération 10 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Boris dur et Theresa molle

La démission de Boris Johnson, l’excentrique leader des «brexiters», aussi fantasque que sa blonde chevelure, n’est qu’une péripétie dans l’interminable et surréaliste vaudeville qui se déroule en Grande-Bretagne, depuis que les électeurs ont décidé par référendum de sortir de l’Union européenne. Depuis cette date (il y a deux ans…), la classe dirigeante britannique est comme une poule qui a trouvé un couteau. Elle secoue la tête en tous sens en émettant des sons inarticulés qui lui tiennent lieu de politique. Entre «Brexit dur», «Brexit mou», «Brexit doux», «Sous-Brexit» «Simili-Brexit», elle tangue et roule comme un vaisseau fantôme qui a rompu ses amarres, sans capitaine, sans cap, sans carte et sans boussole. Dernière idée, présentée en comité restreint par Theresa May : une union douanière avec le continent, ce qui reviendrait à sortir de l’Union tout en y restant, tout en faisant semblant d’en sortir. Un «remain» maquillé en «leave».

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C’est que le monde patronal, voyant l’économie flancher peu à peu, paniqué à l’idée de voir se fermer son principal marché – qui se trouve de l’autre côté de la Manche – est pendu à la sirène de détresse sans savoir comment contourner le vote populaire. «Le rêve du Brexit meurt», dit Boris Johnson. Certes. Mais le rêve alternatif d’une «Grande-Bretagne mondiale», par lui agité, débouche sur un paradoxe qui devrait faire réfléchir tous les eurosceptiques du continent. On se plaint du libéralisme de l’Union et des oukases de Bruxelles. Mais le «Hard Brexit» prôné par le courant le plus nationaliste du Parti conservateur déboucherait, selon ses promoteurs, sur une déréglementation radicale de l’économie, dans le domaine fiscal comme dans le domaine social. On voit que le libéralisme recule… Il suppose aussi des accords de libre-échange avec les grandes nations du monde, à commencer par les Etats-Unis. Mais Trump fait lanterner les Britanniques et tient un cap résolument protectionniste. On se libère de Bruxelles et on s’arrime à Washington. Drôle de souverainisme, qui accroît la dépendance britannique au nom de l’indépendance… Gribouille à Westminster : pour échapper à la pluie continentale, on se jette tout habillé dans la mare atlantique.

Dernier gag en date : le joug européen, dénoncé par les brexiters, impose aux importations des normes sanitaires jugées dictatoriales. Si elle choisissait le «Hard Brexit», la Grande-Bretagne serait enfin libre de faire venir chez elles des myriades de poulets américains traités à l’eau de Javel, prohibés par les tyrans bruxellois. En proposant une union douanière, Theresa May renonce à cette liberté essentielle. On mesure l’étendue de sa trahison…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

Cocorico……………………(11/07/2018)

L’équipe de France s’est qualifiée mardi pour la finale de la Coupe du monde en venant à bout des Diables rouges 1-0 dans un match rude.

  • Tout Bleus tout flamme vers la finale

C’est un joueur blessé, aux soins tous les jours depuis qu’il a posé le pied en Russie, qui a ouvert les portes d’une finale mondiale à l’équipe de France mardi à Saint-Pétersbourg : vainqueurs 1-0 d’une très forte sélection belge grâce à un but du défenseur Samuel Umtiti sur corner, les Bleus iront quérir dimanche à Moscou une seconde étoile symbolisant un deuxième sacre mondial contre l’Angleterre ou la Croatie, qui apparaissent l’une et l’autre moins talentueuses et moins solides que les Tricolores. Si le score minimal face aux Belges dit l’âpreté du combat, il ne raconte pas la mainmise des Bleus passée la première demi-heure, l’avant-centre Olivier Giroud ayant manqué quatre occasions d’éviter des sueurs froides aux copains. Après, dans le jeu, ça ne paye pas de mine. C’est justement le danger.

Partie d’échecs

Les Bleus étaient confrontés à deux équations inédites à l’échelle du Mondial russe : un adversaire qui les vaut sur l’addition des talents individuels et le coach de l’équipe d’en face, Roberto Martínez, qui n’avait aucune chance de traverser la partie les yeux fermés, à l’image de sélections argentine (4-3 pour les Bleus en 8e) ou uruguayenne (2-0 en quart) venues faire leur truc (le jeu pour les premiers, la destruction pour les seconds) face à Paul Pogba et consorts sans un regard pour ce que le sélectionneur tricolore, Didier Deschamps, boutiquait avec ses joueurs.

Une heure avant le match, badaboum : Martínez abandonne sa défense habituelle à trois défenseurs axiaux pour passer à quatre derrière (joueurs de côté compris), comme face au Brésil lors du tour précédent. Coup d’envoi : les quatre premiers duels aériens pour les Bleus, une cavalcade de Kylian Mbappé, les Belges mettent lourdement la main sur le match à coups de redoublements de passes (sans aucun danger pour les Tricolores) sur leur base arrière. Et l’équipe de France s’y est résolue, la partie d’échecs pouvait commencer. Basée sur un principe simple : se gagner de l’espace offensif et de la verticalité en laissant le ballon à l’adversaire. Ce qui, a contrario, oblige l’équipe qui le maîtrise à ne prendre aucun risque – une interception peut être mortelle – quand elle contrôle la sphère.

Donc, on a avancé piano. Essentielle dans cette configuration, la sûreté technique est belge, sans même parler des moments où leur star, Eden Hazard, a eu le ballon : deux minutes après que Varane a sorti d’un réflexe de la tête une frappe de Hazard sous la barre tricolore, le gardien des Bleus, Hugo Lloris, a dû décoller comme un avion de chasse dans sa lucarne droite (son bon côté) pour sortir une frappe de Toby Alderweireld (21e), faute de quoi… Lancé par Mbappé, Benjamin Pavard s’est présenté seul devant Thibaut Courtois, le portier belge : extraordinaire parade de la jambe droite du double mètre de Chelsea (39e). 0-0 aux citrons. Les Bleus ont souffert.

Pour autant, au décompte des opportunités de marquer, et c’est bien la seule chose qu’il faille compter dans un contexte aussi fourbe et mensonger (prends le ballon, j’en veux pas), l’équipe de France est à touche-touche. Après six minutes de jeu en seconde période, elle n’en est plus là : Olivier Giroud et sa grosse caisse ont obtenu un corner qu’Antoine Griezmann a expédié sur la tête de Samuel Umtiti au premier poteau (1-0, 51e). Tout a basculé là : le score, la bataille des espaces (les Belges sont obligés d’aller vers l’avant, donc d’en laisser) et même le momentum, Mbappé ­alignant ensuite les talonnades comme s’il participait à un concours d’habileté sur la dalle du ­Trocadéro.

La croix et la bannière

Les Bleus avancent depuis trois semaines avec un truc en tête : pour leur mettre un pion alors qu’ils ont un but de plus, c’est la croix et la bannière. On s’est penché sur cet art délicat de la fermeture des espaces : tout le monde s’y colle, même Giroud, ils y mettent énormément de concentration et d’intensité quand l’adversaire passe par les airs et on cible minutieusement les éléments d’en face les plus dangereux sur leur qualité, le pied droit de Kevin De Bruyne quand celui-ci repique dans l’axe par exemple (trois joueurs lui sautent alors dessus), ou encore le jeu aérien de Marouane Fellaini (Paul Pogba à ses basques sur chaque action).

On ne dédaigne pas, aussi, passer plus de temps que nécessaire à se rouler dans le gazon russe, histoire d’entendre plus à son aise l’aiguille des secondes. A deux ou trois actions confuses près, le plus gros frisson tricolore aura été l’annonce des arrêts de jeu : six minutes. On s’est dit que ça allait être long. Même pas. Griezmann puis Corentin Tolisso se sont créé les deux plus belles opportunités. Des monstres.•

Grégory Schneider Envoyé spécial à Saint-Péterbourg

Publié dans:ACTUALITES |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

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