La lettre de Laurent Joffrin…………….(17/07/2018)

Libération 17 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le troll de la Maison-Blanche

Fort avec les faibles, faible avec les forts. Serait-ce l’aspect de la personnalité de Donald Trump qui avait jusque-là échappé aux observateurs ? Le bilan de la visite en Europe du troll de la Maison-Blanche peut en tout cas le laisser penser.

De plus en plus fantasque, Trump s’est ingénié au cours de ces quelques jours à embarrasser ses alliés les plus proches, quand il ne les insulte pas, puis à amadouer une Russie hostile à l’Occident et décidée à faire admettre les faits accomplis de sa politique étrangère en Crimée, en Ukraine ou en Syrie. La politique de compromis avec l’Union européenne de Theresa May est nulle, dit Trump, et aboutira à empêcher tout accord commercial avec les Etats-Unis.

Pour lui, les Européens devraient cesser de courir après la chimère d’une unité factice et, surtout, financer leur propre défense au lieu de compter sur la bienveillance américaine. Le tout couronné par la bénédiction publique donnée à Vladimir Poutine, blanchi par le président américain de toute accusation d’interférence dans la campagne présidentielle, au moment même où les indices s’accumulent. Sa conférence de presse de petit garçon a aussitôt suscité un déferlement de critiques aux Etats-Unis, chez les démocrates bien sûr, mais aussi au sein du Parti républicain, et même parmi les commentateurs ultra-trumpistes de Fox News. Il est vrai qu’on n’avait jamais vu un leader du monde libre jouer à ce point les carpettes devant un pouvoir russe que beaucoup tiennent pour tyrannique, allant jusqu’à désavouer, dans une envolée baroque, ses propres institutions judiciaires à l’étranger.

Ce Yalta bouffon entre un bloc de glace et un feu follet a évidemment une cible : l’Union européenne, constituée à l’origine avec la faveur américaine pour faire pièce aux ambitions russes et qui se retrouve maintenant prise entre deux feux, à l’est et à l’ouest. On dit souvent que seul un ennemi extérieur permet de coaliser des nations aux intérêts différents. L’Europe en a maintenant deux : à elle d’en tirer les leçons.

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique |le 17 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

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