Et ce n’est pas fini………………..(20/07/2018)

Vincent Crase était-il armé illégalement le 1er Mai ?

C’est l’autre personnage de l’affaire qui secoue l’Elysée. Jusqu’ici moins exposé qu’Alexandre Benalla, il illustre pourtant lui aussi les folles dérives de la présidence de la République où il officiait également. Vendredi matin, Vincent Crase a été, lui aussi, placé en garde à vue des chefs de «violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public» et «usurpation de fonction». Le 1er Mai, lunettes de soleil et brassard orange «police» visible sur certaines images, c’est lui qui se charge d’évacuer le manifestant qui sera ensuite frappé par Alexandre Benalla. A la ceinture de Vincent Crase, on distingue clairement un holster d’arme à feu, équipé d’une dragonne de sécurité. Un peu plus haut, la forme d’une crosse d’arme de poing. Selon nos informations, confirmées par le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police de Paris, il ne dispose pourtant d’aucun permis de port d’arme. Sollicité à de nombreuses reprises par Libération avant d’être placé en garde à vue, Vincent Crase n’a donné aucune réponse sur la raison et la nature de cet équipement.

Ce féru de sécurité privée est bien connu de LREM. Actuellement salarié du parti présidentiel, chargé de la sécurité du bâtiment, il avait déjà été employé comme prestataire pendant la campagne. Par ailleurs gendarme réserviste, Vincent Crase «était très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République», a précisé Bruno Roger-Petit jeudi matin. Toujours selon l’Elysée, Vincent Crase était présent le 1er Mai «dans les mêmes conditions» qu’Alexandre Benalla. Pourtant, selon nos informations, sa présence n’avait pas été déclarée à la direction de la préfecture de police de Paris. Vincent Crase, n’était pas non plus associé au dispositif au titre de ses fonctions de gendarme réserviste, indique à Libération le ministère de l’Intérieur. Que faisait-il donc là ? Etait-il envoyé comme passager clandestin par l’Elysée ? Ou est-il venu à l’invitation d’Alexandre Benalla ? La présidence de la République n’a pas souhaité répondre à nos questions à ce propos.

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L’ancien chef de cabinet adjoint de Macron et Vincent Crase se connaissent en tout cas très bien. Selon des lettres confidentielles, ils ont monté une association professionnelle fantôme consacrée à la sécurité privée. Ils ont aussi travaillé ensemble pendant la campagne présidentielle au siège du parti. Plusieurs factures contenues dans la boîte mail du trésorier de la campagne et révélées par les MacronLeaks en mai 2017 permettent de documenter ses prestations sécurité. Via sa société dénommée Mars, Vincent Crase assure par exemple en janvier 2017 «un audit sécurité» et la «gestion du dispositif» pour des déplacements à Clermont-Ferrand, Nevers, Lille, Hénin-Beaumont, Quimper et Lorient. En mars 2017, il facture, plusieurs meetings, la sécurisation du QG ou de certains déplacements à Paris.

Un autre échange de mails permet de découvrir que Vincent Crase était en contact avec un armurier pour doter l’équipe de sécurité du candidat Macron de plusieurs armes. Un flash-ball, des pistolets lanceurs de petites balles en caoutchouc ou encore des boucliers de maintien de l’ordre. Un véritable attirail policier. Cette initiative sera finalement abandonnée par Jean-Marie Girier, à l’époque chef de cabinet d’Emmanuel Macron et aujourd’hui de celui de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur.

Emmanuel Fansten , Laure Bretton , Ismaël Halissat

Liberation.fr

Publié dans : Non classé |le 20 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

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