La macronie dans tout son éclat………….(20/07/2018)

Malgré le licenciement du chargé de la sécurité présidentielle, l’exécutif ne parvient pas à éteindre un incendie alimenté par des révélations qui s’enchaînent et des contradictions dans sa défense.

  • Affaire Benalla : la macronie bascule dans un scandale d’Etat

Des vidéos accablantes montrant sous tous les angles un des principaux collaborateurs d’Emmanuel Macron frapper plusieurs fois un manifestant le 1er Mai ; trois policiers suspendus pour lui avoir transmis des images de vidéosurveillance de la scène ; l’Elysée et le ministère de l’Intérieur accusés d’avoir menti ; une enquête judiciaire doublée d’une enquête administrative ; des commissions d’enquête ouvertes à l’Assemblée nationale et au Sénat… Deux jours après les premières révélations du Monde, l’affaire Benalla a changé de dimension, provoquant une tétanie sans précédent au sommet de l’Etat. Mise à mal par de nombreuses contradictions et un flot de révélations, la défense du Château apparaît chaque jour un peu plus en plus fragile.

De quels privilèges Benalla a-t-il bénéficié ?

Le chef de cabinet adjoint de Macron n’en finit pas de susciter des interrogations. Vendredi matin, il a été placé en garde à vue des chefs de «violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public», «usurpation de fonction», «port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique» et «complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection». Selon la présidence, c’est cette infraction qui constituerait les «faits nouveaux» justifiant la procédure de licenciement enclenchée depuis par l’Elysée. Benalla étant suspecté d’avoir sollicité les images de la manifestation auprès de ses contacts policiers pour préparer sa défense. Celui qui apparaît sur la vidéo en policier… n’a en réalité rien d’un policier.

Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur a même refusé à plusieurs reprises de lui accorder un permis de port d’arme. Saisi d’une demande au printemps 2017, alors que Benalla fait partie du service de sécurité privée du candidat Macron, le ministère, alors dirigé par Matthias Fekl, répond par la négative après s’être renseigné auprès des officiers de sécurité du Service de la protection (SDLP) qui protègent Macron depuis la fin 2016 et le décrivent en «Rambo». Quelques mois plus tôt, il avait déjà fait valoir son statut de gendarme réserviste pour obtenir un port d’arme auprès du cabinet du précédent ministre, Bernard Cazeneuve. «Il a harcelé le ministère pendant des mois et le cabinet l’a systématiquement renvoyé vers la procédure de droit commun : dépôt normal d’une demande, instruction normale et décision normale», se souvient un ancien du ministère. Beauvau a simplement appliqué la règle générale qui veut que si une personne bénéficie de la protection officielle du ministère, celui-ci refuse le port d’arme pour un privé de son entourage. Pourquoi Benalla dispose-t-il d’une arme depuis son entrée à l’Elysée ? Mystère, puisque la présidence et la préfecture de police se renvoient la balle.

Même interrogation sur le statut dont bénéficie ce collaborateur depuis la sanction du 3 mai. Après sa suspension de deux semaines, il aurait officiellement été démis de ses fonctions de «responsable de la sécurité des déplacements du président de la République». Interrogé par Libération, l’Elysée précise qu’après le 1er Mai, «il s’est uniquement occupé d’organiser des événements au Palais, à l’exception de deux gros événements : la panthéonisation de Simone Veil et la réception des Bleus». «Cette réduction de périmètre a été strictement observée», insiste la présidence. Mais de nouvelles photos, révélées par Libération, contredisent totalement les déclarations élyséennes. Ces images ont été prises à l’occasion du défilé du 14 Juillet, l’un des événements les plus sensibles de l’année en termes de sécurité, par notre photographe Marc Chaumeil. Sur une dizaine d’entre elles, on aperçoit Alexandre Benalla s’activer au côté d’Emmanuel Macron, encadré d’agents du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). Des clichés qui ne laissent guère d’ambiguïté sur le rôle du conseiller dans le dispositif de sécurité du chef de l’Etat ce jour-là. Très loin, donc, de la version officielle.

Le conseiller aurait par ailleurs conservé de nombreux avantages : une voiture de fonction avec des équipements policiers et même un logement de fonction sous les ors de la République. Selon le Monde, Alexandre Benalla avait en effet pris ses quartiers au 11, quai Branly, dans une dépendance de l’Elysée, le 9 juillet. Ironie de l’histoire : c’est aussi à cette adresse que François Mitterrand avait discrètement installé sa famille cachée au cours de ses deux septennats.

Liberation.fr

Publié dans : "AFFAIRES" |le 20 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

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