Jonas se prépare au pire………..(30/07/2018)

Alors que la majorité En marche est en mode contre-attaque – après avoir subi pendant les premiers jours de l’affaire Benalla -, un arc LR-socialistes-LFI-communistes aurait été une cible facile : une opposition tutti frutti aisément caricaturable en alliance politicienne de circonstance dont le seul projet commun serait d’empêcher Macron. A LREM, les éléments de langage étaient déjà partis pour dénoncer ces «séditieux». Reste que la majorité se retrouve prise en tenaille entre LR et un bloc de gauche rassemblé – le Rassemblement national (ex-FN) a annoncé qu’il votera les deux motions, histoire de se revendiquer, comme LREM, au-delà du si vieux clivage gauche-droite…

Sur le terrain de l’opinion, où se joue une partie de la capacité de l’exécutif à réformer, les premières études portant sur le mois de juillet ne montrent pas de décrochage spectaculaire pour Macron. Chacun glosant, en fonction de son bord, sur deux points de hausse ou un point de baisse. Il est trop tôt pour mesurer l’impact durable de l’affaire Benalla sur la popularité mais surtout l’image d’Emmanuel Macron. Ce qui est notable, au moins dans l’étude de Harris Interactive publiée vendredi, c’est le net décrochage à droite. Dans l’équation politique de Macron, ce n’est pas rien. Jusqu’à présent, c’est sur ce champ de l’échiquier que le Président a assis sa popularité et une bonne part de son crédit réformateur, quand beaucoup des électeurs de gauche ayant voté pour lui ont déjà pris leur distance. Au gré des orientations économiques du «président des riches» et même des «très riches» selon le mot cruel de François Hollande, mais aussi face à la très rigide politique de Collomb à l’égard des migrants. Pour Macron, le vrai test sera à la rentrée. Quand il s’agira d’ouvrir pour de bon le dossier explosif des retraites et quand la réforme constitutionnelle, dont l’examen a été reporté au début de la tempête Benalla, fera son retour à l’Assemblée. Sans parler des lois agriculture et Pacte. Dans l’opinion publique, comme dans les oppositions parlementaires, que restera-t-il de cette folle semaine au sortir du mois d’août ? Car chacun l’imagine et beaucoup l’espèrent, l’intensité politico-médiatique du feuilleton va, sauf nouvelle révélation massue, aller decrescendo.

Révélateur

Quel sera l’impact politique de ce qui n’est ni un simple fait divers ni l’affaire des affaires, mais un révélateur de la gouvernance Macron, comme l’a souligné Julien Dray lundi dans Libération ? S’il s’agit d’une «tempête dans un verre d’eau», comme l’a affirmé Macron, elle a quand même fait de sacrés remous et conduit pas mal d’acteurs à tenter de surfer sur la vague. On peut surtout se demander si, comme l’espèrent les oppositions, le sentiment d’un deux poids deux mesures au profit de Benalla puis la gestion à la petite semaine du scandale, va altérer la présidentialité du chef de l’Etat et limiter sa capacité à demander des efforts aux Français. A fortiori dans une conjoncture économique où le miracle Macron ne saute pas aux yeux, d’autant plus que la scène européenne, otage des égoïsmes nationaux, ne lui permet pas de briller davantage.

Quant aux oppositions, difficile de dire si elles ont marqué des points. Légitime pugnacité ou navrante obstruction ? Autant de questions auxquelles les enquêtes du moment ne peuvent répondre. En l’état, la première force du macronisme reste en tout cas la faiblesse de ses adversaires. Avis aux oppositions.

Liberation.fr

Publié dans : "AFFAIRES" |le 30 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

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