Archive pour le 3 septembre, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(03/09/2018)

Libération 03 septembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Festival de gaffes

Les emmerdes, disait poétiquement Jacques Chirac, volent toujours en escadrille. S’agissant d’Emmanuel Macron, ce n’est plus une escadrille mais une flotte aérienne. Une liste de noms propres symbolise cet été politiquement meurtrier : Benalla, Borloo, Aquarius, Hulot, Darmanin, Gaulois, Besson, Saal, Bern… Ouf ! On dit que c’est le retour de la scoumoune qui a empoisonné les prédécesseurs du président. Pas tout à fait. Cette malchance a été puissamment aidée par les gaffes, les boulettes et les bévues commises en haut lieu, sous le signe de la contradiction.

On promet une présidence irréprochable mais on nomme, puis on protège, un Rambo amateur chargé de la sécurité rapprochée du président ; on commande à Jean-Louis Borloo un «plan pauvreté» dont on savait qu’il serait ambitieux et donc dispendieux (l’auteur du rapport ne s’en cachait pas) puis on l’écarte d’un revers de main faute de crédits ; on refuse d’accueillir un bateau de migrants, puis on reproche la même chose au gouvernement italien, qui fait remarquer que l’Italie a accueilli dix fois plus de réfugiés que la France ; on nomme un ministre de la Transition écologique emblématique puis on le désavoue dans une série de dossiers sensibles, ce qui provoque son départ ; on annonce le prélèvement des impôts à la source, puis on s’avise que la réforme pourrait indisposer les contribuables et on entre dans une valse-hésitation ; on nomme un écrivain ami consul à Los Angeles au risque d’alimenter l’accusation de copinage ; on stigmatise les «Gaulois réfractaires au changement» en oubliant que les mêmes réfractaires ont voté pour un président qui promettait un changement radical ; on plaide la promotion au mérite et on promeut une dame condamnée en justice, qui reçoit une mission, un grade et une belle augmentation de salaire ; on nomme un «Monsieur Patrimoine» mais on mesure chichement ses moyens et on pond un projet de loi sur le logement qui déclenche son ire en réduisant les prérogatives des architectes des bâtiments de France. Dans cet inventaire à la Prévert, qui mêle questions de fond et anecdotes, il ne manque que le raton laveur.

Par son intensité, cette série de pas de clerc a quelque chose d’inquiétant. Certes, le président est protégé par la Constitution – il fera cinq ans quoi qu’il arrive. Mais dans quel équipage ? Un exécutif si prématurément affaibli risque l’aboulie, ce qui n’est pas rassurant pour le pays. Avec ces deux questions qui planent sur la présidence : a-t-on élu la bonne personne ? Sa stratégie de libéralisation est-elle juste ? Jupiter tonnant ou Jupiter vacillant ?

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Non classé |on 3 septembre, 2018 |Pas de commentaires »

C’est la rentrée…………….(03/09/2018)

Pièce de résistance de la réforme portée par le ministre de l’Education nationale, le contrôle généralisé des compétences n’est pas sans effets pervers.

  • L’école à l’heure de l’évaluation permanente

Douze millions d’élèves, de la maternelle au lycée, déboulent dans les classes ce lundi. «La rentrée doit être un moment de désir et de bonheur», a dit le ministre Jean-Michel Blanquer, mercredi lors de sa conférence de presse. Il en a profité pour lister tout ce qu’il avait annoncé depuis un an : le nouveau baccalauréat à l’horizon 2021 avec une classe de seconde remaniée dès cette rentrée, la rénovation de la voie professionnelle (qui reste encore bien floue), l’interdiction des portables dans les établissements (le texte ne change quasi rien dans la réalité), le déploiement de son dispositif «devoirs faits», ses chorales… Il est évidemment revenu sur la mesure phare – et symbolique – du programme présidentiel : 12 élèves par classe en CP et CE1 en éducation prioritaire : «On dédouble deux fois plus de classes cette année. A cette rentrée, 190 000 élèves seront concernés par cette mesure de justice sociale, la plus importante que je connaisse.» Politiquement, c’est aussi un atout en or, permettant de clouer le bec à ceux l’accusant de mener une politique de droite. «C’est la seule chose qui va dans le bon sens, dit froidement Francette Popineau, du principal syndicat du primaire (Snuipp-FSU). On voit aujourd’hui que la réforme s’essouffle faute de moyens suffisants et surtout, les dédoublements de CP et CE1 ne suffisent pas à camoufler ce qu’il est en train de faire à côté.» Soucieuse des projets en cours, elle a le verbe acéré : «Jean-Michel Blanquer opère une transformation profonde de l’école, un changement de paradigme.» Stéphane Crochet, de SE-Unsa n’est guère plus tendre : «Il a une vision très arrêtée de l’école, il l’assèche. A la fois conservateur sur la forme et libéral sur le fond.» Pour les représentants syndicaux, le ministre avance sur plusieurs tableaux : il annonce des mesures qui plaisent aux Français (la dictée quotidienne, l’interdiction du portable…) et «en même temps» pose des briques pour modifier en profondeur le système éducatif. Comme des morceaux de puzzle qui, mis bout à bout, dessineraient une école d’inspiration libérale. La pièce maîtresse serait ces évaluations nationales, instaurées à tous les étages.

Quel est l’objectif affiché ?

Le ministre de l’Education a décidé de multiplier les évaluations nationales, ces tests identiques permettant de mesurer le niveau de tous les élèves à un instant T. «Il doit y avoir une montée en puissance des évaluations, ce n’est pas pour le plaisir d’évaluer mais parce que c’est un levier de progrès incontestable», a défendu Blanquer mercredi. «Cela permettra de donner des outils aux enseignants pour adapter leur pédagogie au plus près des besoins des élèves, pour mieux agir en leur faveur» et arrêter ainsi de «toujours pousser la neige plus loin». Il avait déjà enclenché son projet l’année dernière avec des évaluations à l’entrée du CP et de la 6e. Vitesse supérieure à cette rentrée : il y aura une deuxième évaluation en cours de CP (janvier ou février), ainsi qu’en début de CE1 et en seconde. Lors de la conférence de presse, le ministre a laissé entendre qu’il n’était pas exclu d’en intercaler d’autres dans le futur.

Liberation.fr

desirdavenir77500

Publié dans:Education |on 3 septembre, 2018 |Pas de commentaires »

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