Archive pour le 19 septembre, 2018

La lettre de Laurent Joffrin…………….(19/09/2018)

Libération 19 septembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Salut les racistes

Le niveau monte chez Thierry Ardisson. Invité de l’émission Salut les Terriens, Eric Zemmour développe son réquisitoire habituel contre les familles qui donnent à leurs enfants des prénoms de consonance étrangère. Citant de manière fautive la législation française, Zemmour affirme que les prénoms des nouveau-nés devaient, jusqu’en 1993, être choisis «dans le calendrier», c’est-à-dire, selon lui, parmi les saints de la tradition chrétienne.

Présents sur le plateau, Natacha Polony et Gilles-William Goldnadel, dotés d’un prénom russe pour l’une et anglo-saxon pour l’autre, se récrient en souriant, tout comme Hapsatou Sy, également chroniqueuse chez Ardisson. Le dialogue qui s’ensuit entre Zemmour et la jeune femme mérite d’être cité :

— Eric Zemmour : «Votre mère a eu tort de vous appeler ainsi. Elle aurait dû prendre un prénom du calendrier et vous appeler Corinne par exemple, ça vous irait très bien.»

— Hapsatou Sy : «Jamais je n’ai entendu quelque chose d’aussi blessant. Parce que pour moi qui aime ma France, que j’aime ce pays, que ça vous plaise ou ça vous déplaise, je trouve que ce que vous venez de dire n’est pas une insulte à mon égard, c’est une insulte à la France.»

— Eric Zemmour : «C’est votre prénom qui est une insulte à la France. La France n’est pas une terre vierge. C’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France.»

Soucieux de ne pas encourir de poursuites, les producteurs décident de couper le dernier échange au montage. Mais dans la polémique qui s’ensuit, alors qu’elle est violemment attaquée sur «les réseaux», ce pilori moderne, Hapsatou Sy décide de le mettre en ligne pour prouver sa bonne foi. Rappelons que le prénom, qui est le premier attribut reçu par chacun à sa naissance, fait partie du plus intime de l’individu, sans qu’il le choisisse lui-même (sauf à en changer). Lâcher d’un ton glacial que ce prénom «est une insulte à la France», c’est bien attaquer directement la personne, et non faire état d’une opinion générale, aussi contestable soit-elle. On remarquera aussi que Zemmour établit une soigneuse hiérarchie entre ses contradicteurs : Natacha ou Gilles-William, dit-il, passe encore. Mais Hapsatou, «insulte la France». Les Russes ou les Américains, on peut admettre. Mais les Africains….

Hapsatou Sy, contrainte de se défendre d’un prénom qui lui a été donné, fait remarquer au passage qu’elle voue une grande affection pour la France et qu’elle l’a représentée plusieurs fois publiquement comme cheffe d’entreprise dans des manifestations internationales. Peu importe pour Zemmour, qui refuse de s’excuser et continue de traiter avec un mépris affiché celle qu’il a attaquée en usant d’une violence verbale inédite.

Au lieu de prendre la défense de sa chroniqueuse, Ardisson, importuné dans sa grandeur par la mise en ligne de l’extrait coupé au montage, attaque à son tour Hapsatou Sy. Avec une élégance rare, il déclare publiquement que la production a avancé de l’argent à la chroniqueuse sur ses prestations à venir, affirmant qu’elle a du mal à payer ses impôts et que dans ces conditions, sous-entend-il, elle ferait mieux de ravaler l’insulte et de s’écraser. Ainsi parlent ceux qui ont un portefeuille à la place du cerveau. Au bout du compte, l’insulteur s’en tire avec les honneurs et le fiel médiatique se répand sur l’insultée. Jolie fable moderne, qui mérite une petite morale : il faut désormais appeler un chat un chat et Zemmour un raciste. Quant à ceux qui l’invitent en rangs serrés pour promouvoir son livre à coups d’insanités, ils sont renvoyés à leurs responsabilités.

Enumérons pour finir quelques citoyens ou citoyennes françaises dont le prénom, dixit Zemmour, «est une insulte à la France» : Zinédine Zidane ou Nabil Fekir, footballeurs de l’équipe de France ; Omar Sy et Jamel Debbouze, comédiens ; Rachida Dati ou Karima Delli, femmes politiques ; Leïla Slimani, prix Goncourt ; Samir Bajja, soldat de l’armée française tué au Burkina Faso ; Ahmed Merabet, policier assassiné par les jihadistes de Charlie ; etc.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
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Adieu l’artiste et merci………………(19/09/2018)

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Benalla……………………….(19/09/2018)

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Après Alexandre Benalla, le Sénat auditionne l’un de ses proches, Vincent Crase, ex-salarié de LREM : regardez notre édition spéciale
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…..et tombe à l’eau………..(19/09/2018)

Libération 18 septembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Collomb saute dans un canot

Contrairement à Christophe Colomb, Gérard du même nom, ou presque, l’un des premiers conquistadors macroniens, n’est guère séduit par le nouveau monde. Pas au point de s’y installer, en tout cas. Après une courte escale place Beauvau comme ministre d’Etat du régime, il a tout à trac annoncé son désir de revenir à Lyon, son port d’attache. On dit que la décision était prise de longue main. Peut-être. Après tout, il fut un bon maire de Lyon, il pense que ce passé lui donne un avenir. Mais outre que sa volonté de rempiler pour un quatrième mandat ne fleure guère le renouvellement, il est difficile de ne pas la rapprocher de son commentaire peu amène sur le style affiché depuis un an par l’exécutif : pas assez «humble», a-t-il dit, ce qui n’est guère aimable. Son hubris à lui se déploie sur les bords du Rhône. Bon connaisseur de l’Antiquité, il préfère la capitale des Gaules à celle de la France, et donc Belenos à Jupiter. Il n’empêchera pas les mauvais esprits de penser qu’il quitte un navire qu’il juge perdu dans l’océan du «en même temps».

Du coup, la marche triomphale de LREM commence à ressembler à une débandade. Bayrou empêché et mécontent, Hulot retiré sur l’Aventin de Saint-Lunaire, Collomb sur le départ, une députée LREM qui parle du Titanic et se réfugie sur le rafiot UDI, Flessel qui s’esquive, Nyssen proche de la roche Tarpéienne, Le Maire contesté, Ferrand neutralisé au perchoir, Kohler inquiété, Benalla devant les juges et les sénateurs : poids lourds et poids plumes sont proches du K.O. Après «la poudre de perlimpimpin» chère au Président, la poudre d’escampette, le tout sur fond de sondages en berne. Présidence verticale, chute tout aussi verticale.

La Ve est une assurance-vie : il reste quatre ans pour redresser la barre. Rien n’est encore joué. Les réformes peuvent encore agir, la présidence hautaine se réformer, l’événement, prince de la politique, jouer soudain en faveur du Président. Mais le paysage a changé du tout au tout. On était en marche, on est à la rame. On a comparé les débuts de Macron à ceux de Bonaparte. Après un an de règne, on est désormais plus proche de Waterloo que d’Austerlitz.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
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RIP Madame…………………(19/09/2018)

Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg, s’est éteinte mardi soir à 90 ans, entourée de nombreux proches, à l’hôpital Saint-Antoine où elle avait été admise il y a quelques jours. Déportée au camp d’Auschwitz-Birkenau avec Simone Veil, dont elle était restée très proche jusqu’à la mort de cette dernière, l’an dernier, la cinéaste et écrivaine était connue pour son long monologue dans le film documentaire de Jean Rouch et Edgar Morin, Chronique d’un été (1961), un des premiers témoignages filmés de la déportation, mais aussi pour son film d’écrire son film, la Petite Prairie aux bouleaux (2003), et ses livres qui constituaient autant de témoignages sur l’horreur nazie : Ma vie balagan, en 2008 (Robert Laffont), écrit avec la journaliste Elisabeth D. Inandiak, et plus récemment Et tu n’es pas revenu (2015) puis L’amour après (2018), avec la journaliste Judith Perrignon chez Grasset sous la direction de Christophe Bataille.

A relirele portrait de Marceline Loridan-Ivens, paru en 2015 

«Je me souviens de la première fois que je lui ai proposé d’écrire un nouveau livre. J’étais effrayé par la montée de l’antisémitisme et l’oubli progressif de la Shoah et je pensais que c’était important de continuer à raconter mais elle a d’abord refusé », nous a confié mardi soir Christophe Bataille. Chez Grasset, on connaît bien «cette petite femme rousse à longue jupe avec la crinière rouge, pétaradante», comme le note Bataille. Marceline Loridan-Ivens vivait en effet depuis quarante ans au 6e étage du 61 rue des Saint-Pères, à Paris, dans le même immeuble que la maison Grasset qui en occupe les étages inférieurs. Ce lieu de ses amours avec le documentariste Joris Ivens (1), elle ne l’a jamais quitté. « Un jour, beaucoup plus tard, j’ai reçu une photo où on la voyait avec le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh (rescapé des camps des Khmers rouges, avec qui Bataille a co-écrit L’élimination en 2012, ndlr), ils étaient ensemble à un festival. Et Rithy m’avait écrit un petit mot qui disait « il faut que tu recontactes Marceline »». Elle avait changé d’avis et acceptait le projet proposé par Bataille. «Ne pas y revenir était impossible, mais y revenir était difficile», explique celui-ci. Il la met aussitôt en contact avec la journaliste et écrivaine Judith Perrignon.

De cette rencontre est né Et tu n’es pas revenu, longue lettre au père de Marceline, Salomon Rozenfeld, mort pendant sa déportation. Puis L’amour après, un récit courageux sur l’amour après les camps. «Elle passait assez peu chez Grasset. Un jour elle est venue pour fêter avec nous le succès d’un de ses livres. Je la revois s’avançant seule face à une trentaine de membres de la maison d’édition, pour la plupart assez jeunes, et je me suis dit, tous ces gens auront vu, au moins une fois dans leur vie, une femme qui, à 15 ans, était internée dans les camps, se souvient son éditeur. Ce que je trouve très beau chez des personnes comme Rithy Panh et Marceline Loridan-Ivens, c’est que, non seulement ils ont survécu mais en plus ils se sont faits les témoins de leur propre histoire, et ils ont trouvé des formes de récit différentes pour le faire.»

Marceline Loridan-Ivens ne voulait pas pour autant qu’on l’enferme dans le rôle de la rescapée. Elle aimait la vie, elle aimait être entourée de jeunes, elle aimait les hommes et Saint-Germain des Prés. Elle est morte, ironie de l’histoire notaient certains proches mardi soir, le soir de Kippour, le Jour du Grand Pardon dans le judaïsme.

(1) Avec qui elle coréalisé plusieurs films documentaires, depuis  17e parallèle (1968) jusqu’à Une histoire de vent (1988).

Liberation.fr

desirdavenir77500

Publié dans:Non classé |on 19 septembre, 2018 |Pas de commentaires »

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