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Attention, danger……………………(08/10/2018)

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Publié dans:Non classé |on 8 octobre, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(08/10/2018)

Libération 08 octobre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Peuple contre démocratie

L’info du week-end : le cri d’alarme du Giec, bien sûr, mais aussi, bien plus que le remaniement ou les quatre buts de Mbappé, le score énorme de Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle brésilienne. Près de la moitié des électeurs du pays le plus peuplé d’Amérique latine ont voté démocratiquement… contre la démocratie. Ancien militaire inconnu il y a un an, Bolsonaro ne fait pas mystère de sa nostalgie pour la dictature qui a dominé le pays de 1964 à 1985. Les Pangloss du commentaire répondront qu’il n’a pas réussi à passer au premier tour, qu’un improbable «front républicain» peut encore le battre, qu’il a solennellement fait allégeance à l’ordre constitutionnel brésilien. Mais qui ne voit qu’une vague mondiale de rejet des valeurs démocratiques ne cesse de monter, même si elle se coule la plupart du temps dans les procédures démocratiques ? Bolsonaro est sexiste, homophobe, raciste, autoritaire, passéiste : il remporte 46% des suffrages au premier tour de l’élection. Sur le même continent américain, plus au nord cette fois, un candidat extérieur au système bipartisan, François Legault, promettant de réduire l’immigration, s’est fait élire au Québec, province policée, prospère, sociale-démocrate à bien des égards. L’homme est fort éloigné des thèses défendues par Bolsonaro. Mais il a usé de la même rhétorique du renouveau anti-système et de l’ordre rétabli. Legault, Trump, Bolsonaro : adapté à chaque pays, distinct mais cousin, le discours nationaliste étend son inluence sur tout un continent.

Vu dans un reportage télévisé : une mère de famille explique qu’elle a voté constamment pour le Parti des travailleurs de Lula, mais que cette fois, elle basculait : sous la dictature, dit-elle, il y avait moins de corruption et plus de sécurité. A la différence des leaders du PT, Bolsonaro n’a jamais été pris dans une affaire de corruption. Le Brésil est par ailleurs un des pays les plus violents au monde, une violence qui frappe en priorité les classes populaires. La leçon est claire comme de l’eau de roche : quand la démocratie ne résout pas les problèmes du peuple, le peuple se tourne démocratiquement vers les non-démocrates, ou, à tout le moins, vers les partisans d’une démocratie musclée. Elle vaut pour les pays lointains, comme pour les plus proches.

Et aussi

La gauche débat de l’immigration et se divise. Au sein du groupe parlementaire de La France insoumise, Clémentine Autain signe un texte favorable à l’accueil des migrants, si général qu’il devient flou. Les autres, Mélenchon en tête, refusent de s’y joindre. Les courants de gauche non-mélenchonistes, Hamon, les écolos, le PCF, s’en saisissent pour en faire un marqueur idéologique. Pour avoir rompu souvent des lances avec LFI, on est d’autant plus à l’aise pour le dire : sur ce point précis, Mélenchon a raison.

Le texte a une qualité et deux défauts. Il rappelle la nécessité de l’accueil et l’humanisme élémentaire qui sied à une grande démocratie : juste affirmation. Mais il présente comme une concession à l’extrême droite toute mesure qui tend à réguler l’immigration. A ce compte-là, tous les gouvernements de la France depuis 1945, de droite et de gauche, appartiennent à l’extrême droite ou bien lui font de honteuses concessions. Et tous les gouvernements de la Terre également : tous régulent, et donc contiennent, les flux migratoires. Accusation absurde et confuse…

Le texte prescrit le «droit à la libre circulation». Idéal précieux. Mais il oublie de dire que dans les textes internationaux, ce droit présente d’importantes exceptions, liées à la sécurité du territoire ou aux intérêts nationaux. Faut-il les annuler ? Mystère. La libre circulation est garantie dans l’espace Schengen, qui regroupe une vingtaine d’Etats européens, sauf exception transitoire. Faut-il étendre cette garantie aux non-Européens ? Le texte semble le dire. Mais dans ce cas, tout individu qui veut entrer en Europe, ou en France, serait autorisé à le faire de plein droit. Il faut aujourd’hui un visa pour venir d’un pays extra-européen en France. Faut-il l’abolir ? L’office des réfugiés (Ofpra) examine la situation des demandeurs d’asile, acceptant les uns, refusant les autres. Faut-il le dissoudre et donc supprimer au passage toute distinction entre réfugiés menacés dans leur pays et migrants souhaitant simplement travailler en France ? Rappelons qu’aucun gouvernement ne l’a jamais envisagé, même quand il comprenait des ministres communistes, hamonistes ou écologistes. La position des démocrates est celle de l’accueil régulé, ce qui les distingue de l’extrême droite qui tend à refuser tout accueil. Peut-on mettre ces deux forces dans le même sac ? Amalgame absurde et confus.

Tout cela se ramène à une constatation : la gauche ne s’en tirera pas en se contentant de positions de principe. Il lui faut une politique. Une politique ouverte, humaine, solidaire, mais une politique. L’irénisme n’en est pas une.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
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