Archive pour le 22 octobre, 2018

La lettre de Laurent Joffrin………….(22/10/2018)

Libération 22 octobre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Affaire Mélenchon : les preuves

«C’est une opération de police politique.» Beaucoup de commentateurs ont critiqué cette déclaration de Jean-Luc Mélenchon, qui stigmatisait la perquisition dont il a été victime mardi dernier. Pourtant, les preuves du complot sont là, claires comme de l’eau de roche, évidentes à quiconque échappe à la pensée unique distillée par des médias aux mains des élites financières. Il s’agissait bien évidemment, en programmant en haut lieu une perquisition le jour du remaniement, de cibler La France insoumise, principale force opposante à Emmanuel Macron, à travers un déploiement de forces organisé par des procureurs soumis au macronisme et agissant sur ordre. Le storytelling est limpide : au sang-froid du régime, qui procède à ses nominations dans la sérénité, s’opposent le désordre et le vacarme qui entourent La France insoumise, auxquels les vociférations de Jean-Luc Mélenchon n’ont bien sûr aucune part.

Certains esprits chipoteurs font remarquer que la perquisition en question est la conséquence logique d’un signalement au parquet, très antérieur à l’affaire du remaniement. Mais justement : les complots bien ourdis sont toujours préparés de longue main.

Certains esprits exigeants font remarquer que le procureur Molins ne saurait être assimilé à la macronie, puisqu’il a été nommé sous Sarkozy après avoir dirigé le cabinet de Michèle Alliot-Marie, et que son comportement et ses interventions ont suscité un respect général, notamment au moment des attentats qui ont ensanglanté le pays. Mais justement : il faut toujours, dans ce genre de manipulations, s’appuyer sur des hommes qu’on croit au-dessus de tout soupçon…

Certains esprits pointilleux soulignent que la perquisition a de surcroît été autorisée par un juge des libertés (JLD), indépendant du pouvoir politique. Mais justement : le maquillage de la réalité suppose d’utiliser en priorité des hommes étrangers au sérail.

Certains esprits tatillons font remarquer que la procureure générale de Paris, madame Champrenault, qui a soutenu publiquement la position du parquet et indiqué que cette affaire n’avait pas été préalablement «remontée» à la chancellerie, a elle aussi été nommée avant l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Même remarque : seule une femme indépendante du parti au pouvoir pouvait crédibiliser les accusations et permettre ainsi à la machine médiatique, vouée unanimement à la destruction de La France insoumise, de déclencher une campagne alimentée par des journalistes «abrutis» et «menteurs», valets cauteleux de la macronie.

Certains esprits méticuleux feront remarquer que plusieurs révélations embarrassantes pour Jean-Luc Mélenchon émanent pourtant de Mediapart, site d’info dont les positions politiques affirmées sont souvent proches des thèmes développés par LFI, et que ses journalistes ont traité tout autant d’affaires concernant En Marche, LR, le PS, les chiraquiens, les lepénistes, les centristes et bien d’autres. Mais justement : on n’est jamais trahi que par ses proches, même quand ils se donnent l’apparence de l’impartialité. D’ailleurs, d’autres révélations provenaient de Radio France, «radio d’Etat» soumise au gouvernement. C’est tout dire.

Certains esprits maniaques font remarquer que les deux rédactions de France Info et France Inter ont maintes fois donné les preuves de leur indépendance et que «l’Etat» ne contrôle en rien leur travail. Mais justement : pour accuser avec force, il faut avoir bonne réputation. D’ailleurs, comme par hasard, on a fait médiatiquement coïncider le remaniement avec la perquisition chez Jean-Luc Mélenchon.

Certains esprits chagrins feront remarquer que ce sont les inondations de l’Aude qui ont décalé l’annonce du remaniement, initialement prévue lundi et non mardi. Mais justement : qui rend public, amplifie, fait monter en sauce les inondations, sinon le service météo de Radio France, radio d’Etat ? On dit les météorologues neutres : c’est une illusion. Tout est politique, camarade, il faut toujours le rappeler. Et qui nomme ces météorologues, qui les paie, sinon l’Etat ? Rappelons que les bulletins météo sont programmés par les rédacteurs en chef de Radio France, eux-mêmes sous la coupe de la présidente du groupe, une ancienne condisciple d’Emmanuel Macron à l’ENA. La boucle est bouclée !

On dira enfin que Macron, quoique jupitérien, n’a guère d’influence sur les intempéries. Sur ce point, La France insoumise admet l’objection. Elle se garde bien, en effet, de tomber dans le complotisme…

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Non classé |on 22 octobre, 2018 |Pas de commentaires »

La saga Melenchon…………………..(22/10/2018)

Le feuilleton promet d’être long. Après les perquisitions et les auditions qui se sont succédé au cours des derniers jours, Jean-Luc Mélenchon a annoncé le dépôt de plusieurs plaintes pour «violences» ou «violation du secret de l’enquête». Une contre-attaque médiatico-judiciaire à la mesure de «l’opération de police politique» dont le leader de La France insoumise (LFI) estime être victime. Jeudi, il a été entendu cinq heures par les policiers de l’Office anticorruption. Le lendemain, c’était au tour de son ancienne chargée de communication et principale prestataire de campagne, Sophia Chikirou, de passer dix heures à Nanterre. Plus tôt dans la semaine, une quinzaine de perquisitions ont été menées au siège du parti et de plusieurs structures amies, mais aussi au domicile de Jean-Luc Mélenchon et de certains de ses collaborateurs.

«En toute légalité»

«Sans précédent dans la vie politique de ce pays», s’est offusqué le député, qui a demandé l’annulation pure et simple de ces perquisitions. Des opérations effectuées dans le cadre de deux enquêtes préliminaires distinctes ouvertes par le parquet de Paris, l’une pour «détournement de fonds publics» et l’autre pour «escroquerie», «abus de confiance», «infraction à la législation des campagnes électorales» et «travail dissimulé». La justice soupçonne notamment des surfacturations dans le cadre de la dernière campagne présidentielle des insoumis, mettant directement en cause des proches de Mélenchon (lire ci contre).

Après avoir appelé vendredi à «faire baisser le niveau de violence qui existe dans cette affaire», le leader des insoumis est reparti de plus belle, dès le lendemain, à la suite des révélations de Mediapart sur sa «relation extraprofessionnelle» avec Sophia Chikirou (lire page 5). Dans une vidéo diffusée samedi, il a qualifié le site d’information «d’infecte officine» qui serait «aux mains de la police et des juges», appelant ses ouailles à se désabonner massivement. Après une semaine de tirs nourris et de déclarations martiales, la guerre engagée par le leader insoumis promet donc d’être longue. Et surtout tous azimuts : contre les médias, la justice, et le reste de la classe politique.

Mardi, la perquisition au siège de LFI a été interrompue par l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon et de ses proches, empêchant les policiers d’emporter tous les documents nécessaires à leurs investigations. Sur les images qui ont tourné en boucle, le député appelle ses proches à «enfoncer la porte» pour entrer dans les locaux, avant de bousculer un représentant du parquet et un policier qui tente de s’interposer. Une entrave qui a poussé le parquet de Paris à ouvrir une procédure pour «menaces ou actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique». Fait rare, la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, est montée elle-même au créneau sur Europe 1 pendant le week-end pour dénoncer ce «coup de force» contre les magistrats et rappeler que ces perquisitions avaient été «diligentées en pleine légalité».

En pleine transition

Toutefois, au sein même de la magistrature, certains s’interrogent sur la méthode employée et le risque d’un tel déploiement en termes d’image. Certes, la perquisition était parfaitement bordée juridiquement, un rapport de synthèse des policiers ayant été soumis à un juge des libertés et de la détention – un magistrat du siège – pour obtenir son aval. Mais l’ampleur et la sensibilité de telles opérations apparaissent plus critiquables au stade de l’enquête préliminaire, sans contradictoire ni accès à la procédure pour les personnes visées. «Le parquet n’a pas assez anticipé la dimension politique de l’affaire, analyse un haut magistrat. Compte tenu de la personnalité de Mélenchon, seule l’ouverture d’une information judiciaire confiée à des juges indépendants aurait permis d’éviter ces suspicions.» Interrogée sur le sujet, la procureure générale a estimé que l’ouverture d’une information judiciaire était «disproportionnée» à ce stade, car «nous n’en sommes pas encore aux indices graves et concordants».

La situation apparaît d’autant plus délicate que le parquet de Paris est en pleine transition. Le successeur de François Molins, Rémy Heitz, vient d’être nommé à la suite d’une séquence controversée, sur fond de débat autour de l’indépendance de la justice (lire aussi page 24). Une fragilité institutionnelle que Jean-Luc Mélenchon a déjà commencé à exploiter. De nouvelles auditions doivent avoir lieu dans les prochains jours dans l’entourage de La France insoumise.

Emmanuel Fansten

L’OBS

desirdavenir77500

Publié dans:Non classé |on 22 octobre, 2018 |Pas de commentaires »

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