Archive pour novembre, 2018

La lettre de Laurent Joffrin……………(30/11/2018)

Libération 30 novembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les sans-culottes

Une insurrection ? Peut-être. Elle survient – définition classique – quand ceux d’en bas ne veulent plus et ceux d’en haut ne peuvent plus. Nous n’en sommes pas loin. Le gouvernement ne parvient pas à maîtriser le mouvement, lequel se raidit, avec l’appui de quelque 80% de la population. Comme le dit François Bayrou : «On ne peut pas gouverner contre le peuple.»

Insaisissables «gilets jaunes» dont la couleur est un symbole éloquent : ni rouge, ni bleue, ni brune. Aucune force traditionnelle, à droite, à gauche ou aux extrêmes, ne peut récupérer un mouvement dont la vérité s’exprime plus dans le monde numérique que sur les ronds-points et qui refuse toute médiation, y compris la sienne, puisque ses représentants sont désavoués à peine nommés.

Les précédents ? Il n’y en a pas. Peut-être les sans-culottes, avec un gilet jaune qui remplace le pantalon tricolore. Les cahiers de doléances se retrouvent sur Facebook, le tiers état s’estime hors de la cité et dénonce l’aristocratie de la politique et de l’administration, Emmanuel Macron, par ses maladresses successives, prend le rôle non de Louis XVI mais de Marie-Antoinette, ce qui est encore moins confortable, face à un peuple qui se sent méprisé.

Analogie lointaine, évidemment : cette fois le peuple insurgé n’est pas à Paris, mais dans les villages et les campagnes ; il use peu de violence sinon verbale ; ses revendications sont contradictoires – moins d’impôts et plus de services publics, une politique écologique mais une baisse des taxes sur l’essence, plus de démocratie mais moins de représentation…

Ce qui ne rassurera pas le gouvernement. Au fond, une seule exigence réunit des contestataires, venus de plusieurs horizons idéologiques, et surtout du grand parti de l’abstention : la disparition d’Emmanuel Macron ou, à tout le moins, sa capitulation. Une guillotine symbolique. Jupiter ne tient plus la foudre : elle lui tombe sur la tête.

Il peut tenir : l’Etat fonctionne, la France n’est pas bloquée, tout cela se joue surtout dans l’univers virtuel des réseaux et des chaînes d’info. De plus les contradictions du mouvement finiront bien par éclater. Mais la sanction politique risque d’être sévère. La logique voudrait qu’une négociation ait lieu, que le gouvernement fasse des concessions sur le pouvoir d’achat, qu’on trouve un compromis. Mais cela, c’est la raison. Nous n’y sommes plus tout à fait.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Non classé |on 30 novembre, 2018 |Pas de commentaires »

Bof…………………………….(30/11/2018)

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« La porte de Matignon restera toujours ouverte », affirme Edouard Philippe après son entretien avec un « gilet jaune »
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Tout est prévu…………………(30/11/2018)

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« On a vingt ans de retard » : Katowice, la ville polonaise qui va accueillir la COP24, est aussi l’une des plus polluées au monde
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La lettre de Laurent Joffrin……………..(29/11/2018)

Libération 29 novembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Il y a le feu

A la vitesse où vont les choses (plus de 80 km/h, assurément), le taux d’approbation du mouvement des «gilets jaunes» par l’opinion dépassera bientôt les 100%… La France populaire, la France moyenne, se reconnaît comme dans un miroir à la vue des protestataires qui occupent les chaînes d’info bien plus massivement que les carrefours du pays. C’est un des paradoxes de cette révolte inédite : sa popularité est inversement proportionnelle au nombre de manifestants. Moins il y en a dans les rues et sur les routes, plus l’opinion approuve. Le discours du Président, pourtant argumenté et porteur d’une concession appréciable mais trop lointaine – la taxe flottante sur l’essence – est tombé complètement à plat.

Si la manifestation de samedi remonte en puissance et, surtout, si elle donne lieu à des débordements, le gouvernement risque de se trouver devant une crise politique majeure. Macron devait incarner une France plus confiante et réformatrice. Il a réussi à déclencher un incendie. Elu à près de 60%, le Président est désormais désavoué par quelque 80% des Français. Record historique probablement, pour un pouvoir qui se faisait fort de dépasser la crise de représentativité des partis traditionnels. Il la dépasse, en effet, mais vers le bas… Il peut se sortir d’affaire à court terme, dans la mesure où, à la différence de la grande grève des cheminots de 1995, les manifestants ne bloquent pas le pays. Mais il risque fort de le payer dans les urnes.

Il est permis, néanmoins, d’émettre quelques réserves, de formuler quelques remarques sur ce mouvement, pour rappeler des réalités qui existent en dehors des opinions des uns et des autres.

L’abaissement global des taxes sur le carburant contredirait les efforts nécessaires en faveur de la transition écologique. Ces taxes sont rejetées parce qu’elles rognent sur un pouvoir d’achat déjà insuffisant. On peut trouver d’autres moyens de rétablir ce pouvoir d’achat que l’encouragement à l’usage de l’automobile : une diminution d’autres impôts, des compensations plus tangibles et même – horresco referens – une augmentation des salaires.

Ce devrait être l’objet d’une négociation. Encore faut-il des représentants avec qui négocier. Avec dix jours de retard, le gouvernement a accepté la discussion avec les gilets jaunes. Il ne tient qu’à eux, désormais, de désigner une délégation représentative, qui ne soit pas désavouée à peine nommée. Ceux qui apparaissent au fil des directs télévisés sont souvent éloquents et rationnels. Les réseaux sociaux permettent de leur donner un mandat, par exemple en organisant un vote numérique. Sans cela, la discussion se dissoudra dans la confusion d’une fausse démocratie directe.

Les destructions de radars, dommages collatéraux de la défense de l’auto, outre leur incivisme assumé, traduisent non la nécessité de rouler, mais le désir infantile de rouler vite. C’est-à-dire d’accroître délibérément le nombre de morts et de blessés sur les routes.

Les attaques physiques contre les journalistes, même approuvées par Sophia Chikirou, proche de La France insoumise, relèvent de la recherche de boucs émissaires. Qui a popularisé, décrit, ouvert une tribune permanente aux gilets jaunes, sinon les journalistes des chaînes d’info ? Le gouvernement leur reproche même d’avoir «fait le mouvement». La haine du messager n’est pas la marque des esprits pertinents, surtout quand le message, en fait, profite aux protestataires. On peut critiquer les médias. Mais leur rejet indistinct consacre le règne des «fake news».

On déplore souvent la dissolution du «lien social». En quoi la confusion, le refus de tout intermédiaire, l’incapacité à négocier, favorisent-ils son rétablissement ?

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
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Gilets jaunes……………………(29/11/2018)

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« Gilets jaunes » : des porte-parole de la « délégation » officielle annoncent qu’ils seront reçus par le Premier ministre vendredi
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En progrès…………………………..(28/11/2018)

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« Gilets jaunes » : 84% des Français soutiennent le mouvement, un taux en progression malgré les annonces d’Emmanuel Macron
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La lettre de Laurent Joffrin……………(28/11/2018)

Libération 28 novembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les bouffons de Rome

Somnambulisme du souverainisme… Depuis des semaines, les dirigeants italiens n’ont cessé d’insulter l’Union européenne, qui leur reprochait de ne pas tenir les engagements budgétaires de l’Italie. On allait voir ce qu’on allait voir, la «dictature de Bruxelles» ravalerait ses critiques, la Commission irait se faire voir, l’Italie ferait ce qu’elle veut de son budget – une version à peine plus courtoise du «vaffanculo» cher à Beppe Grillo, fondateur du Mouvement Cinq Etoiles qui co-dirige le pays. Dans une bouffonnerie très commedia dell’arte, le gouvernement italien vient de changer soudain de langage : oui, nous allons négocier, oui, nous ferons un effort de sagesse financière, oui, nous pouvons reporter certaines dépenses, etc.

Un nouvel effet de la tyrannie bruxelloise qui oblige les peuples à passer sous ses fourches caudines ? Pas vraiment : Bruxelles a tempêté, agité la menace de sanctions, mais ces sanctions, outre qu’elles sont légères, demandent un long temps de maturation avant d’entrer en vigueur. Non : le gouvernement italien, qui avançait jusqu’à présent les yeux fermés, vient de heurter le mur de la réalité. Lourdement endetté, le pays doit se refinancer régulièrement auprès de ses prêteurs. Or la dernière émission d’obligations (procédure habituelle destinée à boucher les trous des finances publiques) s’est mal passée. Non seulement les taux consentis à l’Etat italien remontent, mais surtout les épargnants italiens (et non les marchés new-yorkais) rechignent désormais à financer leur propre Etat. Diable !

Dans un épisode beaucoup plus dramatique, Aléxis Tsípras s’était retrouvé devant le même dilemme au plus fort de la crise grecque : s’il envoyait Bruxelles sur les roses, il se retrouvait en conflit direct avec les créanciers internationaux, encore moins accommodants que l’Union. C’est le talon d’Achille des politiques trop dispendieuses : quand on emprunte, on se met dans la main des créanciers, qui veulent revoir leur argent. Au pied du mur de la dette, Tsípras, héritant d’une situation calamiteuse, a choisi le moindre mal. Salvini et Di Maio, l’auguste et le clown blanc, après avoir raconté n’importe quoi à leurs électeurs, font le dur apprentissage du gouvernement, non plus dans les pantalonnades pour meetings à grand spectacle, mais dans la triviale et contraignante réalité. Le somnambule se réveille et s’aperçoit qu’il marche au bord du toit.

Ainsi font les nationalistes à leur arrivée au pouvoir : ils se font élire en vitupérant l’Europe et constatent, une fois aux affaires, qu’ils ne peuvent pas faire sans elle. C’est la raison pour laquelle le Brexit où s’est embourbé le Royaume-Uni depuis deux ans n’a fait aucun émule en Europe, même parmi les leaders les plus populistes. L’Union, comme la démocratie churchillienne, est la pire des solutions. A l’exception de toutes les autres.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
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Il n’a plus de casseurs sous la main ? (28/11/2018)

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Edouard Philippe se dit prêt à recevoir une délégation de « gilets jaunes »
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La lettre de Laurent Joffrin……….(27/11/2018)

Libération 27 novembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Changement de ton

Comment l’esprit vient aux gouvernants… Plusieurs commentateurs (dont l’auteur de cette lettre), plusieurs acteurs syndicaux ou politiques (Berger, Royal, Faure, Hollande, et certains députés LREM) suggéraient de changer de méthode, d’ouvrir une discussion, de chercher un compromis avec cette France levée spontanément pour dénoncer ses conditions de vie et son pouvoir d’achat insuffisant. Il s’agissait, entre autres, d’insérer dans la négociation sociale ceux qui ne se sentent pas écoutés ni représentés. Dix jours plus tard, dans un discours plutôt bien écrit et bien dit, le président de la République se rallie à cette procédure. Il est temps. Comme quoi les vieilles solutions sociales-démocrates peuvent encore servir… Jupiter descend parmi les mortels et tient un langage de raison et d’ouverture. Aussi critique qu’on soit sur bien des aspects de sa politique, on aurait mauvaise grâce à se plaindre de ce mea culpa.

Qu’y a-t-il de tangible derrière ce changement de ton ? Une concession importante, le rétablissement annoncé d’une taxe pétrolière modulable selon les variations du cours du brut. Une confirmation des compensations proposées pour faciliter la transition énergétique. Une «trajectoire nucléaire» intermédiaire entre la chèvre EDF et le chou écologiste.

Pour le reste, les modalités, les amodiations, sont renvoyées à un vaste débat décentralisé et aux discussions directes entre «gilets jaunes» et exécutif. C’est là que le bât blesse : les réponses les plus concrètes sont renvoyées à trois mois, au terme d’une discussion éparpillée destinée à faire retomber la température sans autre concession majeure, par exemple sur une meilleure répartition des richesses et une justice fiscale plus convaincante. Ce report à trois mois peut aiguillonner le mouvement au lieu de la refroidir.

Une remarque toutefois : le gouvernement est désormais dans un tel état de faiblesse politique qu’il peut difficilement se contenter de déployer des écrans de fumée. Les gilets jaunes trouvent tout cela insuffisant. Au moins sont-ils écoutés et (un peu) entendus. Les délégués qu’ils ont désignés n’ont guère le profil d’extrémistes hurlants. Divers, plutôt jeunes, peu politisés, ils admettent tous la nécessité d’une lutte contre le changement climatique. Pas exactement les électeurs de Trump… Il reste une place pour la discussion. Et donc pour faire avancer les revendications.

Pour le reste, la société française prend conscience peu à peu des impératifs environnementaux et commence à en éprouver les conséquences concrètes. Elles ne sont pas toutes agréables. Mais chacun en mesure la nécessité. A quelque chose malheur est bon.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Non classé |on 27 novembre, 2018 |Pas de commentaires »

Blablabla…………………….(27/11/2018)

  14h04
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« Gilets jaunes », grande concertation, fiscalité des carburants adaptée… Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron sur la transition énergétique
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