Le grand cirque macronien………….(22/01/2019)

  • Grand débat : «Sans les gilets jaunes, nous ne serions pas là»

Entre thérapie de groupe citoyenne, assemblées locales et séances de remobilisation de la majorité : le grand débat se décline depuis une semaine sur tout le territoire. Tout en fixant les lignes rouges, notamment sur sa politique fiscale et économique, le gouvernement mise beaucoup sur cette catharsis nationale pour sortir de deux mois de mobilisation des gilets jaunes. Certains manifestants ont décidé de jouer le jeu, venant aux réunions avec leurs revendications mais parfois, les organisateurs ne se sont pas donné la peine de les inviter. Libération a assisté à quatre versions de ce grand exercice qualifié par le chef de l’Etat de «démocratie délibérative» et qui doit durer jusqu’à mi-mars.

La-Colle-sur-Loup

«Nous on réfléchit, on débat, eux ils crient»

Chantal Maimon est arrivée en avance à la salle la Rose de mai. Elle a déjà réaligné les chaises pliantes et scotché des affichettes sur la porte vitrée. «Je n’animerai pas sept heures de débat. Je n’apporterai pas de réponses, écarte-t-elle. Je ne suis pas présidente de la République.» Mais Chantal est bien référente de LREM à La Colle-Sur-Loup (Alpes-Maritimes), une commune de 7 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Nice. A 70 ans, cette retraitée de la grande distribution organisait samedi «le premier débat dans une salle des Alpes-Maritimes». Pour elle, «les gilets jaunes ont pris trop de place, mais leur mouvement n’est pas que négatif. Ils n’ont pas tort sur tout. Le pouvoir d’achat par exemple : il est difficile de dire à un Français qu’il est possible de vivre correctement avec 800 euros par mois».

Cette première réunion commence donc sur ce thème mais – est-ce l’étiquette LREM des organisateurs ou l’heure matinale ? – on ne peut pas dire qu’on se presse à la Rose de mai. Au plus fort de la matinée, seize personnes s’assiéront face à Chantal. Certaines sont encartées LREM, toutes ont voté Macron et soutiennent encore ce président si peu populaire. C’est le cas de Gilles et Françoise, médecin et assistante sociale, venus en voisins de Saint-Paul-de-Vence. Leur jugement sur le mouvement déclenché le 17 novembre est sans nuance : «Plutôt que de piailler ou de tourner en rond sur un rond-point, discuter permet de faire bouger les lignes. On va s’en sortir par le haut.» Assis au deuxième rang, ils découvrent le menu concocté par Chantal à base de fiscalité, transition écologique, citoyenneté et organisation de l’Etat.

Mais finalement, la discussion va tourner à l’exercice de pédagogie pendant une heure et demie.«Ce monde basé sur les ordinateurs a besoin de relais pour aider les gens, décrypte un participant de cette réunion aux faux airs d’AG, où tous les copropriétaires sont d’accord pour résoudre le problème de l’ascenseur. On a tous entendu parler de l’histoire de la carte d’identité où il faut parcourir 20 kilomètres pour la refaire. Cette déshumanisation et ce monde virtuel nuit à la démocratie. Que les gilets jaunes se retrouvent sur les ronds-points, c’est symptomatique. On a besoin de proximité.» Le retour des cafés dans les villages, lieu de sociabilisation et de discussion, est proposé comme une des solutions. Bernard note. C’est lui qui se chargera de faire la synthèse et de la «remonter au national». Il écrit aussi les remarques sur la taxe carbone, la limitation de la vitesse à 80 km/h, les médias, les réseaux sociaux…

A la Rose de mai, tout est très studieux. Les participants ont signé une feuille de présence et s’excusent quand ils se coupent la parole. Un respect facilité par la toute petite assemblée, l’uniformité des participants et, du coup, l’absence de confrontation. L’invitation n’a été diffusée que sur les pages Facebook et le site de LREM, les gilets jaunes n’ayant pas été spécifiquement conviés. On parle d’eux avec beaucoup de distance, si ce n’est du mépris. «Nous, on réfléchit, on débat. Eux, ils crient, ils s’énervent», lâche Bernard. «Si c’est pour avoir autant de policiers que de gilets jaunes dans la salle, ce n’est pas la peine», embraye Chantal. La référente locale a prévu une nouvelle réunion vendredi. Toujours sans invitation des gilets jaunes.

Liberation.fr

desirdavenir77500

Publié dans : Non classé |le 22 janvier, 2019 |Pas de Commentaires »

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