Archive pour février, 2019

Ce qui change au …………………(1/03/2019)

© Charly Triballeau – AFP Le prix du paquet de cigarettes devrait augmenter ce vendredi

Comme chaque début de mois, plusieurs changements sont à prévoir pour le quotidien et le portefeuille des Français à compter de vendredi. Ce 1er mars sera notamment marqué par de nouveaux tarifs sur le tabac, un nouveau permis de conduire pour les cyclomoteurs légers, une nouvelle mesure dans les entreprises en faveur de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes… Tour d’horizon.

  • Hausse du prix du tabac

Les fumeurs risquent de grincer des dents. Comme le prévoit le projet de loi de finances 2019, les taxes sur le tabac augmenteront ce vendredi. Le prix du paquet de cigarettes devrait ainsi bondir de 50 centimes vendredi. Du moins pour les marques qui décideraient de répercuter cette hausse de taxes sur le prix d’achat (80% du prix du tabac est constitué de taxes).

Les prochaines hausses sont prévues en mars 2020 (50 centimes) et en novembre 2020 (40 centimes). L’objectif du gouvernement est d’arriver au paquet à 10 euros en 2022.

  • Un index pour l’égalité salariale hommes-femmes

Objectif transparence. Ce vendredi, toutes les entreprises de plus de 1000 salariés devront publier un index de l’égalité salariale hommes-femmes. Le calcul de cet outil se base sur plusieurs indicateurs tels que les écarts de rémunération entre hommes et femmes, les écarts de taux d’augmentations et de promotions, les congés maternité…

Pour être considérées comme « bonnes élèves », les entreprises concernées devront obtenir un score d’au moins 75 sur 100, faute de quoi elle auront trois ans pour se mettre en conformité. Si aucun progrès n’est constaté à l’issu de ce délai, elles pourront écoper de sanction financière allant jusqu’à 1% de la masse salariale.

  • Nouveau permis AM

Aussi appelé BSR, le permis AM qui concerne les cyclomoteurs légers (50 cc ou moins) et les voiturettes sans permis va subir quelques modifications en ce 1er mars. Désormais, la formation pratique durera huit heures au lieu de sept. Elle sera répartie sur deux demi-journées.

L’heure supplémentaire sera consacrée à la sensibilisation aux risques routiers. Une séance au cours de laquelle la présence d’au moins un des parents des élèves mineurs (la formation est accessible à partir de 14 ans) sera obligatoire.

Par ailleurs, les élèves devront désormais porter les « équipements adaptés à la conduite d’un véhicule à deux roues à moteur », à savoir casque, gants, blouson, pantalon ou combinaison, chaussures fermées et montantes, etc.

  • L’éco-PTZ simplifié

Lancé en 2009, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est un prêt à taux nul permettant de financer des travaux d’économie d’énergie dans son logement. Jusqu’à présent, ceux qui souhaitaient en bénéficier devaient s’engager sur un « bouquet de travaux », c’est-à-dire sur « deux à six opérations » (isolation de la toiture, installation d’une production d’eau chaude sanitaire ou d’un chauffage utilisant les énergies renouvelables…). Cette condition est supprimée à compter de ce 1er mars.

À noter que l’éco-PTZ sera également ouvert à tous les logements achevés depuis plus de deux ans à partir de cet été.

  • Le French Tech Visa étendu à toutes les entreprises « innovantes »

Lancé en 2017 pour « attirer les talents » et « les entrepreneurs du monde entier », le French Tech Visa évolue. Cet outil permet aux fondateurs de start-up ou aux talents désireux de rejoindre une start-up en France de bénéficier d’une procédure « simplifiée et accélérée » pour obtenir un titre de séjour.

Jusqu’à présent, le French Tech Visa était réservé aux entreprises du numérique. Désormais, il est étendu à toutes « les entreprises identifiées comme innovantes ».

msn.

 

Publié dans:Non classé |on 28 février, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………………..(27/02/2019)

Libération 27 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Vade retro, hijab

Une polémique hystérique s’est développée hier sur le sujet du «hijab de running», en français «le hijab de course», qui dépasse en importance, chacun en conviendra, les questions secondaires du chômage, du pouvoir d’achat, de l’orientation de l’Europe ou de la réponse qu’il convient d’apporter aux revendications des gilets jaunes. Cette polémique a atteint, il faut bien le dire, les limites du grotesque.

Certaines femmes musulmanes souhaitent courir, dans la ville ou sur les stades, tout en conservant leur foulard islamique. Rappelons qu’en vertu de nos lois – laïques comme on sait –, elles en ont parfaitement le droit. La législation en vigueur proscrit les signes religieux ostensibles dans les salles de classe et dans les administrations publiques (pour les fonctionnaires) et non ailleurs. Les femmes peuvent donc porter des foulards sur la voie publique, à condition que leur visage reste visible (ceci pour des raisons de sécurité).

Présente dans de nombreux pays, la firme Décathlon, qui diffuse des articles de sport, a proposé à la vente, sur son site internet, des foulards «étudiés pour», d’une étoffe particulière, adaptée aux efforts physiques. Ces couvre-chefs étaient destinés en priorité au marché marocain, mais l’ubiquité d’Internet fait qu’ils sont présents en France, en tout cas sous une forme numérique. Aussitôt le théâtre bien réglé du débat identitaire qui empoisonne la vie publique se met en branle. Aux habituels noms d’oiseaux d’un camp – «communautarisme», «islamisme», «soumission» – répondent ceux du camp adverse – «islamophobie», «racisme», «sectarisme laïcard», etc. Jusque-là rien que du tristement banal. Mais Décathlon, au cours de la journée, reçoit des centaines de messages haineux, souvent racistes, accompagnés de menaces de mort. Soucieuse de la sécurité de ses employés, la firme, après avoir maintenu sa position, décide de battre en retraite : le foulard maudit est retiré de la vente. Vade retro hijabas.

Rappelons aux uns que la laïcité, acquis précieux de la République, suppose la neutralité religieuse de l’Etat, mais aussi la tolérance et le traitement égal envers les cultes, qui ont le droit, sous certaines conditions d’ordre public, de se manifester dans l’espace commun. Exemple : certains républicains avaient envisagé, au moment du débat sur la loi de 1905, d’interdire le port de la soutane sur la voie publique ; ils ont vite reculé devant la radicalité excessive de la mesure et les difficultés évidentes de sa mise en œuvre. Même chose pour le port du hijab. En d’autres termes, la laïcité protège le culte musulman comme les autres et ne saurait justifier des attaques insultantes, intolérantes ou xénophobes.

Mais la loi française protège aussi la liberté d’expression. On a donc parfaitement le droit, dès lors qu’on ne s’adonne ni à l’insulte, ni à la discrimination, ni a fortiori au racisme, de critiquer la religion musulmane, comme les autres. On a parfaitement le droit, dès lors qu’on s’exprime de manière respectueuse, civile, de remarquer que dans beaucoup de cas (pas tous mais beaucoup), le hijab est un signe de soumission pour la femme, que sa multiplication dans certains pays musulmans est concomitante avec la montée en puissance des partis intégristes, que dans les classements établis par divers organismes internationaux sur le droit des femmes, les dix nations les plus retardataires en la matière sont, pour l’essentiel, des pays musulmans. Nombre de musulmans, au demeurant, s’inquiètent de son apparition de plus en plus fréquente, ce qui montre que le débat n’est pas strictement communautaire. Voilà ce qu’on pourrait dire, ou contester, si nous étions dans un débat rationnel. Voltaire, réveille-toi…

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 27 février, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(26/02/2019)

Libération 26 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Diable !

C’est ce qui s’appelle revenir par la grande porte (de l’enfer). Satan vient de faire un retour spectaculaire sur la scène publique, par la grâce de celui qui en est, en principe, le pire ennemi : le pape lui-même. «La personne consacrée, a dit François, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan.» Ainsi les prêtres coupables d’actes pédophiles, asservis par leurs démons intérieurs, deviennent les marionnettes du démon en chef, Satan lui-même. La phrase est depuis commentée jusqu’à plus soif, chacun glosant sur le fait de savoir si François emploie là une métaphore ou bien s’il désigne, selon l’ancienne théologie catholique, un personnage bien réel, quoique invisible, qui rôde dans ce bas monde pour inciter chacun au mal.

L’omniprésence symbolique de l’ange déchu voué n’est pas douteuse, tant le mal est répandu à la surface de la terre. Ne serait-ce que dans le langage courant. On peut ainsi user de cette figure de style grimaçante pour décrire la situation même de l’Eglise face aux écarts de ses propres hiérarques. Diablement aveugles face à certains des leurs qui avaient le diable au corps, les sommités catholiques se sont abstenues de les envoyer au diable et ont cru devoir taire les crimes de ces diables d’hommes qui trouvaient chez certains enfants une sorte de beauté du diable, alors qu’ils n’étaient que de bons petits diables innocents. Alors qu’ils auraient pu les expédier au diable vauvert, ou dans les ténèbres extérieures et diaboliques de l’enfer, ils se sont fait les avocats du diable pour leur éviter un sort diabolique, prévoyant tout juste pour eux un vague purgatoire qui leur a épargné le royaume du diable. Le diable en question étant dans les détails, François est resté flou sur les mécanismes destinés à prévenir à l’avenir les entreprises démoniaques de Satan. D’où la polémique.

Sorte de pardon

Pour la plupart des commentateurs critiques, le pape, imputant au diable la responsabilité première, semble en exonérer les prélats défaillants, au grand dam des victimes qui le vouent aux trente-six mille diables. Mais l’affaire est plus complexe. L’invocation de Satan est habituelle, en fait, dans la philosophie catholique. Les incroyants y verront la survivance d’une croyance moyenâgeuse qui peuple le monde visible de personnages mystérieux et invisibles, les uns bienfaisants, les autres maléfiques, comme dans un tableau de Jérôme Bosch.

Mais la théologie impute à Satan une autre fonction, sur laquelle il faut réfléchir : celle de proclamer une foi dans l’humanité, somme toute bonne au naturel, mais entraînée dans l’erreur par des forces obscures. Le père Hamel, ce pauvre curé égorgé par deux islamistes, en a donné la clé. Dans son dernier soupir, avant de succomber aux derniers coups de couteau, il a seulement crié : «Va-t’en, Satan !» Il ne pensait pas, disant cela, être en présence d’un être cornu à la queue fourchue. Il voulait dire, du moins on peut légitimement le penser, que ses agresseurs, quoique lancés dans leur entreprise sanguinaire, n’étaient plus vraiment eux-mêmes, que leur humanité foncière les avait abandonnés et que, pour cette raison, suggérait-il, ils méritaient, malgré tout, une sorte de pardon. Dans le pire être, pensait ce saint homme, il reste une part d’humanité.

Ainsi, dans les Misérables, monseigneur Myriel persiste à voir dans Jean Valjean, qui vient de le voler, un être digne d’être sauvé. En appliquant cette maxime à ses propres évêques, en imputant à Satan leurs crimes, François a le tort de sembler protéger les siens. Mais il rappelle aussi cette philosophie du pardon, qui est l’essence même de l’humanisme chrétien.

Ceci étant écrit par un incroyant notoire…

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 26 février, 2019 |Pas de commentaires »

On va y arriver………………………………..(26/02/2019)

 

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Gravissime…………………………….(26/02/2019)

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Les scientifiques parlent d’un « effondrement catastrophique » : pourquoi un monde sans insectes doit vraiment nous inquiéter
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La lettre de Laurent Joffrin……………………..(25/02/2019)

Libération 25 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Algérie : le retour de la momie

Depuis très longtemps, l’Algérie est gouvernée par des pantins solennels. Ce magnifique pays aux riches ressources matérielles et humaines est affligé d’un système politique très particulier, né du dévoiement de l’indépendance nationale. Au fil des décennies, c’est la même caste de généraux et de politiques, nimbée d’une vieille auréole nationaliste, qui se partage indéfiniment le pouvoir, au fil d’intrigues impénétrables, de corruption massive, de répressions sporadiques mais impitoyables et de révolutions de palais auxquelles on ne comprend rien, tant elles se déroulent à l’abri d’un mur opaque de féroce omerta. Régulièrement, ces hiérarques de l’ombre, indéboulonnables, délèguent l’un d’entre eux à la présidence, avec pour seule maxime, cette version détournée de l’aphorisme célèbre attribuée au comte de Salina dans le Guépard : pour que rien ne change… il faut que rien ne change.

A LIRE AUSSIBouteflika, le cinquième ne passe pas

A la faveur de la cinquième candidature de Bouteflika, ancien ministre des Affaires étrangères du FLN pendant la guerre, et donc paré du prestige de l’indépendance arrachée aux Français, la logique de la marionnette est poussée à l’extrême : le Président, affecté par des accidents vasculaires cérébraux, n’a pas pris la parole en public depuis sept ans et il n’apparaît plus dans les cérémonies que sous la forme d’une photo officielle à laquelle on rend les honneurs avec componction. Ce n’est plus un homme de paille, c’est une momie.

Si la situation de l’Algérie n’était pas si grave, on pourrait en plaisanter : il y a une certaine sagesse à être gouverné par un homme qui ne fait rien et qui ne dit rien. Au moins, cela lui évite de faire ou de dire des bêtises, comme beaucoup de ses prédécesseurs. Ses partisans voient en lui une garantie de stabilité : stabilité parfaite, en effet, puisque le Président est rigoureusement muet et immobile, tel une figure du musée Grévin. Du FLN à La Fontaine… L’Algérie est dirigée par un roi soliveau, qui oppose à toute difficulté un silence de marbre et un sang-froid absolu. Une sorte d’idéal pour les tenants d’un gouvernement minimal : un chef d’Etat changé en simple photo.

Du coup, la jeunesse algérienne se rebelle, ainsi que tout ce que le pays compte de professionnels un peu modernes, qui désespèrent de voir le pays évoluer et dont beaucoup, si rien ne change, sont tentés par l’exil. Un nouveau printemps arabe ? En quelque sorte, même si les effectifs des manifestations restent très inférieurs à ceux observés ailleurs en 2010. Avec plusieurs difficultés en sus. Beaucoup d’Algériens, les plus âgés en tout cas, gardent le souvenir cruel de la guerre civile des années 90, qui a ravagé le pays. Beaucoup, également, se souviennent qu’ils n’ont eu le choix, à cette époque, qu’entre une dictature militaire corrompue et la prise de pouvoir par un parti islamiste radicalisé par la guerre, hantise partagée avec encore plus de crainte par toutes les chancelleries occidentales, la France au premier rang. Dans un pays déjà islamisé par la collusion entre les généraux et les barbus, on a peur d’une nouvelle tentative islamiste, qui plongerait le pays dans la guerre, ou bien dans une tyrannie encore plus impérieuse que l’actuelle.

A LIRE AUSSIAlgérie : «Bouteflika a passé son dernier quinquennat au lit»

Quant à l’opposition politique, elle est morcelée, cacophonique, désabusée et ne croit guère qu’il soit possible de renverser une dictature aussi coriace, qui s’appuie sur un minutieux système de clientèle et qui joue encore avec habileté du réflexe nationaliste. Une voie pourrait s’ouvrir : la naissance d’un nouveau parti, appuyé sur les forces vives du pays et poussé en avant par la rue. Espoir ténu, qu’il faut agiter avec prudence : les obstacles sur cette route sont si grands qu’un parieur préférerait à coup sûr miser sur la reconduction du président de cire. Bouteflika n’a pas plus de ressort qu’une souche. Mais cette souche tient la présidence. Avantage considérable.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 25 février, 2019 |Pas de commentaires »

Et ce sera justice………………………………….(25/02/2219)

 

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Syrie: 13 jihadistes français remis à l’Irak « seront jugés selon la loi irakienne », annonce le président irakien
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Publié dans:Non classé |on 25 février, 2019 |Pas de commentaires »

Gilets jaunes…………………………………(23/02/2019)

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« Gilets jaunes » : 46 600 manifestants en France dont 5 800 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur
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Publié dans:Non classé |on 23 février, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………………(22/02/2019)

Libération 22 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les poulets au chlore ne passeront pas

C’est une parabole utile pour comprendre les enjeux de l’amer débat en cours sur le Brexit, qui arrive à des échéances décisives dans les prochains jours. Il se trouve que, par tradition et par économie, les Américains ont l’habitude de laver au chlore les poulets qui sortent de leurs élevages, à la fois pour leur consommation intérieure et pour l’exportation. Plus écolos, plus sensibles aux scandales sanitaires, les Européens récusent ce mode de traitement. La Commission de Bruxelles, qui n’est pas «la-bureaucratie-coupée-des-réalités» qu’on décrit dans les tracts souverainistes, a décidé, depuis plusieurs années, de proscrire les poulets au chlore et d’exiger que les gallinacés destinés aux assiettes des citoyens membres de l’UE soient lavés à l’eau pure. Excès tatillon ? On discute toujours du degré de nocivité du chlore (c’est la dose qui fait le poison…) mais l’Europe a tranché : le chlore pourrait être dangereux, pas de poulets au chlore américains.

Pas de poulets au chlore, sauf si l’Union cédait tout à coup aux demandes britanniques concernant le Brexit. On sait que les discussions butent sur l’insoluble question de la frontière irlandaise. Si la Grande-Bretagne sort de l’Union, l’île sera nécessairement coupée en deux : le Nord reste dans la Royaume-Uni, le Sud reste en Europe. Mais si on rétablit une frontière sur les 500 kilomètres qui séparent l’Ulster de la république d’Irlande, on court le risque de rallumer le conflit qui a ensanglanté la région pendant quarante ans. Pour éviter de voir les postes-frontières qu’il faudrait rétablir au sud de l’Ulster attaqués au bazooka par une IRA soudain revigorée, le gouvernement de Londres propose de sortir de l’UE sans toucher à ladite frontière.

C’est là que les poulets au chlore entrent en scène. Comme la Grande-Bretagne est plus libre-échangiste que l’Europe, il est probable que la norme européenne sera abandonnée (au nom de la souveraineté britannique retrouvée). On verra alors, disent les négociateurs de l’Union, des légions compactes de poulets au chlore franchir la frontière-passoire irlandaise sur leurs petites pattes ou, plus probablement, dans des emballages yankees. Plus sensibles à cette affaire de poulets que le lion britannique, le coq gaulois et l’aigle allemand ont donc mis leur veto, quitte à encourir toutes sortes de noms d’oiseaux. D’où le «backstop» imposé aux Britanniques par Michel Barnier, qui gère le Brexit au nom de l’Union : tant que le sort de la frontière irlandaise n’est pas réglé, la Grande-Bretagne sortie de l’Europe restera au sein de l’union douanière, ce qui permettra de contrer, à la frontière commune, l’invasion des poulets au chlore, ainsi que celle des milliers de produits (veaux, vaches, cochons, couvées, mais aussi voitures, machines-outils, meubles, nains de jardin ou rouleaux à pâtisserie) qui ne satisferont pas les normes fixées par les Européens. Tel est l’enjeu : soit les Britanniques choisissent le «hard Brexit» et la frontière ressuscitera, soit ils acceptent l’accord de sortie négocié par Barnier et May, mais ensuite désavoué par la même May, et ils resteront à l’intérieur du marché unique, auquel cas, on se demande pourquoi il faut à toute force un Brexit.

Ainsi, le poulet au chlore joue désormais dans cette âpre négociation le rôle symétrique tenu avant le référendum par le plombier polonais. Les souverainistes ne voulaient pas du plombier, les Européens ne veulent pas du poulet. Pour tout être de bon sens, il apparaît que le plombier polonais était moins dangereux pour la santé que ne le serait le poulet au chlore. Mais le bon sens, dans cette affaire, joue un rôle de plus en plus mineur.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 22 février, 2019 |Pas de commentaires »

Saine justice………………………………….(22/02/2019)

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Alexandre Benalla et Vincent Crase restent en prison, leur demande d’appel examinée mardi
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Publié dans:Non classé |on 22 février, 2019 |Pas de commentaires »
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