Archive pour le 14 février, 2019

La lettre de Laurent Jofffrin………………………(14/02/219)

Libération 14 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le testament de Juppé

Les testaments d’hommes politiques font souvent événement. On se souvient de François Mitterrand exaltant «les forces de l’esprit», réflexion peu habituelle pour un leader socialiste. De Dwight Eisenhower mettant en garde son pays contre le pouvoir excessif du «complexe militaro-industriel», paradoxe pour un militaire de carrière par excellence. Ou encore de Lénine, qui n’était pas un tendre, s’inquiétant du caractère brutal de l’un de ses successeurs possibles, Joseph Staline. L’histoire de France offre d’autres exemples illustres : Louis XIV confessant qu’il a «trop aimé la guerre», ou Napoléon se justifiant à Sainte-Hélène en invoquant les acquis de la Révolution qu’il avait maintenus, ce qui a permis au bonapartisme de perdurer bien après sa mort en 1821.

Le discours d’adieu aux Bordelais prononcé ce jeudi par Alain Juppé n’aura peut-être pas la même postérité. Pourtant, il marque une borne dans la vie politique française. Avec une sincérité émue – ce qui n’efface pas les critiques qu’on peut émettre par ailleurs à son encontre – l’ancien Premier ministre a expliqué pourquoi sa décision de quitter la vie politiqueétait pour lui «un crève-cœur». Il a dénoncé «la montée de la violence sous toutes ses formes, verbales et physiques, le discrédit des hommes et des femmes politiques réputés « tous pourris », la stigmatisation des élites dont tout pays a pourtant besoin […] dans ce climat général infecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux». «L’esprit public, a-t-il ajouté, la vie publique, sont difficiles à vivre et lourdes à porter […]. Aujourd’hui, aucune fonction n’inspire plus le respect à nos concitoyens, il faut agresser, il faut insulter, systématiquement», a-t-il continué, tout en défendant d’avoir pris sa décision en raison du mouvement des «gilets jaunes», dont sa ville est un des bastions.

Tout cela mérite un brin de méditation. La dénonciation indistincte «des élites» et l’exaltation «du peuple», même si on en comprend l’origine, sont néanmoins un poison de la vie publique. «Les élites» sont-elles toutes coupables ? Et d’ailleurs, qui vise-t-on à travers ce terme confus ? Les professeurs, les médecins, les chercheurs scientifiques, les universitaires de renom, font partie «des élites». Faut-il leur couper la tête ? Et pourquoi cibler en particulier les hommes politiques ou les hauts fonctionnaires, quand on sait que la grande majorité d’entre eux sont honnêtes et s’efforcent de remplir leur tâche avec zèle et sens de l’intérêt général ? Question plus délicate mais également légitime : «le peuple» a-t-il toujours raison, est-il toujours plus pur ou plus sage ? Cette opposition simpliste, par le passé, a conduit en général à l’établissement de régimes autoritaires. L’a-t-on oublié ?

De la même manière, la violence verbale qui émaille le débat public, sur les réseaux mais aussi ailleurs, ne saurait être considérée comme un progrès démocratique. Certains y voient une «libération de la parole», une «juste expression de la colère», une «revanche sur le mépris», etc. Réflexions de révolutionnaires en peau de lapin. La liberté est la première valeur des civilisations. Mais cette liberté ne consiste pas à laisser libre cours à toutes les pulsions, comme on le voit si souvent sur Internet. La civilisation, au contraire, repose sur la maîtrise des pulsions. La violence appelle la violence, la parole conduit aux actes quand elle ne les accompagne pas. Là encore, l’histoire des dictatures démontre qu’elles ont été précédées le plus souvent d’une brutalisation de la discussion collective, d’un abandon de la retenue minimale qui sied aux polémiques entre adversaires politiques, bientôt changées en pugilats où s’entrechoquent des ennemis irréductibles. Si l’adversaire est un traître, un salaud, un félon, un «dominant» cynique et indécrottable, un cruel exploiteur du peuple, pourquoi prendre des gants avec lui ? Pourquoi respecter à son endroit les garanties individuelles offertes par les libertés publiques ? Pourquoi rester en démocratie, puisque cette démocratie n’est qu’un paravent de l’oppression la plus insidieuse ? Les «élites ennemies du peuple» ? On sait ce qu’on fait habituellement des ennemis du peuple. On les fusille.

C’est ce qu’a voulu dire, de toute évidence, Alain Juppé. Figure de l’ancien monde, il s’inquiète de l’avènement du nouveau. Suffisamment, en tout cas, pour ne pas en être. Dans sa longue vie de combats politiques, pourtant, il ne laissera pas le souvenir d’un bisounours. Plutôt celui d’un sage arrivé, après maintes épreuves, à une respectable et utile lucidité.

LAURENT JOFFRIN
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La lettre de Laurent Joffrin……………………(14/02/2019)

Libération 13 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le mur des mensonges

Tel celui de Jéricho, le mur de Trump va – probablement – s’effondrer. Ce ne sont pas les trompettes de Josué qui ont causé sa chute mais, plus prosaïquement, celles du Parti démocrate, qui a réussi à passer un compromis budgétaire avec les Républicains excluant le financement de la barrière d’acier exigée par le président américain. Un bout de muraille sera néanmoins construit, qui s’ajoutera à la barrière déjà existante sur une partie de la frontière avec le Mexique. En tout état de cause, le passage entre les deux pays sera rendu plus difficile aux migrants venus d’Amérique latine.

Le cas est symbolique. Les détracteurs de la classe politique classique, dont Trump est l’un des plus célèbres, reprochent aux élus traditionnels de ne pas tenir leurs promesses, de prononcer des discours flamboyants qui ne sont jamais suivis d’effet, de vendre à l’électeur des châteaux en Espagne, etc. Or qu’a fait Trump ? Outre sur les insultes qu’il a proférées envers Hillary Clinton – «enfermez-la !» –, il a fondé sa campagne sur la construction de ce mur continu et infranchissable, qui serait de surcroît financé par le Mexique : «Build the wall !».

Malheureusement pour lui, il apparaît que cette construction – dont l’utilité est contestée par toutes sortes de gens qui ne sont pas forcément des défenseurs échevelés des migrants – se heurte à des problèmes techniques inextricables. Les portions de la frontière aujourd’hui sans mur serpentent le long du Rio Grande, ou bien traversent des montagnes. Sa longueur et la difficulté de son édification sont très supérieures à ce qui était annoncé. Les estimations de son coût varient largement mais sont également très supérieures à celles de Trump. Quant au gouvernement mexicain, il a aussitôt prévenu qu’il ne souhaitait en rien financer le projet.

Il est clair que ces difficultés ont été grandement sous-estimées pendant la campagne, au profit d’un slogan simple, dont l’usage ne reposait pas sur une étude sérieuse du projet, mais sur son efficacité électorale. Pour un pourfendeur du mondialisme, le symbole du mur est parfait : il est censé isoler le peuple américain des dangers extérieurs, même si cette croyance est principalement mythologique. Deux ans et demi plus tard, la réalité rattrape le président : le mur est trop cher, peu efficace, il contredit de surcroît l’un des fondements historiques de la démocratie américaine, l’accueil des réprouvés du monde entier, symbolisé par Ellis Island et la Statue de la Liberté. Il suppose l’accord du Congrès, alors que les démocrates y sont hostiles, tout comme une partie des députés et sénateurs républicains.

Autrement dit, Trump a délibérément trompé ses électeurs, dégradé l’image des Etats-Unis, méprisé le fonctionnement du système politique, allant jusqu’à provoquer un «shutdown» (une interruption du fonctionnement de l’Etat) interminable, dont le coût est désormais estimé à quelque trois milliards de dollars. Ainsi ceux qui dénigrent la classe politique traditionnelle et la démocratie représentative – elles sont loin d’être parfaites – usent de pratiques autrement plus néfastes à la souveraineté populaire, en fourvoyant le peuple et en confisquant la souveraineté. La critique de la démocratie est nécessaire, utile, précieuse, même. Sauf si on la remplace par la démagogie.

LAURENT JOFFRIN
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Boeing va être content………………..(14/02/2019)

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Fiscalité verte………………………….(14/02/2019)

Enterrée en décembre, ressuscitée en février ? Elément déclencheur de la crise des gilets jaunes, l’impopulaire «taxe carbone» – de son vrai nom «contribution climat énergie» – bouge encore. «C’est comme le cheval : quand vous tombez, il faut remonter tout de suite, sinon vous en aurez peur toute votre vie», justifie une source ministérielle. Au risque de souffler sur les braises du mouvement ?

Depuis quelques jours, trois membres du gouvernement et plusieurs dizaines de députés tentent de remettre sur de bons rails une fiscalité environnementale à la française, gelée par l’exécutif en décembre sous la pression des gilets jaunes. Dans une tribune publiée mercredi dans le Figaro,86 parlementaires issus des rangs LREM, Modem, PS et centristes poussent pour «un nouveau contrat […] autour de cette fiscalité», moyen «efficace de […] favoriser les comportements vertueux». «On n’ouvre pas le retour de la taxe carbone comme avant. Notre tribune ne devrait pas susciter la polémique», explique l’un des principaux initiateurs, le député Matthieu Orphelin.

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Pour ce proche de Nicolas Hulot qui vient de quitter le groupe LREM, il s’agit d’inciter les «acteurs [à] se saisir du sujet pour inventer une autre fiscalité écologique» «Il faut flécher, trouver des alternatives, faire de la redistribution. Ça peut être des baisses de TVA sur les transports en commun, de la rénovation énergétique à un euro pour un tiers à la moitié des ménages.» Les signataires plaident aussi pour élargir le champ des possibles afin d’engager la transition écologique : «renforcement et simplification des aides» ou encore «nouveaux secteurs professionnels couverts par la fiscalité carbone», comme celui de l’aviation. «Ce chantier, il faut l’ouvrir sur des bases nouvelles», abonde Dominique Potier (PS).

«Bon outil»

Dès mardi, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a jugé que c’était «le moment où jamais d’en débattre», rappelant que «3 centimes de hausse sur l’essence et le carburant, c’est 2 milliards d’euros» de recettes. Avant lui, ses secrétaires d’Etat Brune Poirson et Emmanuelle Wargon, ainsi que le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guérini, avaient déjà jugé plausible un redémarrage, sous conditions, de la «trajectoire carbone» française. Pas question que cela «se fasse au détriment des classes populaires», a insisté Guérini. Quant au produit de la taxe, il devrait être dédié «à 100 % à la transition écologique et aux aides pour ceux qui en ont le plus besoin», a jugé Rugy. «C’est un bon outil fiscal, mais il faut le reconstruire et l’expliquer, défend la députée LREM Bénédicte Peyrol. Il faut être transparent sur l’utilisation des recettes.»

Des contributions accueillies sans excès de flamme par Emmanuel Macron : «Le Président a souligné que nous étions entrés dans ce moment, le 17 novembre, suite à une hausse de la fiscalité et ce n’est sans doute pas par une hausse de la fiscalité qu’on répondra à la colère qui s’est exprimée», a fait savoir mercredi Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Mais la décision est renvoyée au terme du grand débat national.

Adoptée sous François Hollande et renforcée par l’actuel exécutif, la trajectoire carbone devait voir augmenter chaque année le montant des taxes sur les carburants. En janvier, celles-ci auraient dû croître de 2,9 centimes par litre d’essence et de 6,5 centimes pour le gazole. A l’automne, la perspective de cette hausse alors que les prix à la pompe grimpaient pour cause d’augmentation mondiale des prix du brut avait mis les gilets jaunes dans la rue. «Aucune taxe ne peut remettre en cause l’unité nationale», avait finalement jugé le Premier ministre en décembre, après avoir juré que le gouvernement ne reculerait pas. Certes, Philippe n’a jamais exclu son retour mais, a-t-il convenu en janvier, difficile de «voir l’hypothèse» qui permettrait de relancer proprement ce sujet.

«Oubliettes»

«Je ne comprends vraiment pas pourquoi ça ressort,s’étonne un ministre. Cela me semble un débat encore plus risqué que la réforme de la fonction publique.»«C’est de la poudre» explosive, reconnaît-on aussi dans l’entourage de Philippe, tout en faisant mine, à l’heure du grand débat, d’encourager «les ministres qui ont des idées fortes à les défendre publiquement» . «Ce qu’on accepte des Français, on ne peut l’interdire aux ministres, estime-t-on à Matignon. On laisse les roses fleurir. Si la taxe carbone n’est pas défendue, ses partisans ne devront pas déplorer qu’elle soit mise aux oubliettes.»

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Le gouvernement ne peut pas non plus donner l’impression de caler sur la fiscalité écolo à l’heure où la société civile se mobilise contre le réchauffement climatique. Un collectif d’étudiants franciliens appelle ainsi la jeunesse à manifester vendredi à Paris, avant une réplique nationale le 15 mars. «L’affaire du siècle», pétition soutenant l’initiative d’ONG d’attaquer l’Etat en justice pour inaction climatique, a recueilli plus de 2 millions de signatures. Ses représentants seront reçus ce jeudi par Philippe et Rugy. Ceux du «manifeste pour un réveil écologique», regroupant des étudiants qui s’engagent à choisir un employeur selon son engagement environnemental, seront bientôt reçus par Poirson. «Les gens de Bercy trouvent que c’est insensé de relancer le débat, rapporte une source ministérielle. Mais on a face à nous une pétition à 2 millions de signatures et un possible mouvement national.» Exactement ce qui avait poussé le gouvernement à reculer face aux gilets jaunes.

Laure Equy Lilian Alemagna Dominique Albertini

Liberation.fr

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Ca c’est du dialogue……………………..(14/02/2019)

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« Gilets jaunes » : 8 400 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement, annonce Christophe Castaner
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