Archive pour février, 2019

Fiscalité verte………………………….(14/02/2019)

Enterrée en décembre, ressuscitée en février ? Elément déclencheur de la crise des gilets jaunes, l’impopulaire «taxe carbone» – de son vrai nom «contribution climat énergie» – bouge encore. «C’est comme le cheval : quand vous tombez, il faut remonter tout de suite, sinon vous en aurez peur toute votre vie», justifie une source ministérielle. Au risque de souffler sur les braises du mouvement ?

Depuis quelques jours, trois membres du gouvernement et plusieurs dizaines de députés tentent de remettre sur de bons rails une fiscalité environnementale à la française, gelée par l’exécutif en décembre sous la pression des gilets jaunes. Dans une tribune publiée mercredi dans le Figaro,86 parlementaires issus des rangs LREM, Modem, PS et centristes poussent pour «un nouveau contrat […] autour de cette fiscalité», moyen «efficace de […] favoriser les comportements vertueux». «On n’ouvre pas le retour de la taxe carbone comme avant. Notre tribune ne devrait pas susciter la polémique», explique l’un des principaux initiateurs, le député Matthieu Orphelin.

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Pour ce proche de Nicolas Hulot qui vient de quitter le groupe LREM, il s’agit d’inciter les «acteurs [à] se saisir du sujet pour inventer une autre fiscalité écologique» «Il faut flécher, trouver des alternatives, faire de la redistribution. Ça peut être des baisses de TVA sur les transports en commun, de la rénovation énergétique à un euro pour un tiers à la moitié des ménages.» Les signataires plaident aussi pour élargir le champ des possibles afin d’engager la transition écologique : «renforcement et simplification des aides» ou encore «nouveaux secteurs professionnels couverts par la fiscalité carbone», comme celui de l’aviation. «Ce chantier, il faut l’ouvrir sur des bases nouvelles», abonde Dominique Potier (PS).

«Bon outil»

Dès mardi, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a jugé que c’était «le moment où jamais d’en débattre», rappelant que «3 centimes de hausse sur l’essence et le carburant, c’est 2 milliards d’euros» de recettes. Avant lui, ses secrétaires d’Etat Brune Poirson et Emmanuelle Wargon, ainsi que le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guérini, avaient déjà jugé plausible un redémarrage, sous conditions, de la «trajectoire carbone» française. Pas question que cela «se fasse au détriment des classes populaires», a insisté Guérini. Quant au produit de la taxe, il devrait être dédié «à 100 % à la transition écologique et aux aides pour ceux qui en ont le plus besoin», a jugé Rugy. «C’est un bon outil fiscal, mais il faut le reconstruire et l’expliquer, défend la députée LREM Bénédicte Peyrol. Il faut être transparent sur l’utilisation des recettes.»

Des contributions accueillies sans excès de flamme par Emmanuel Macron : «Le Président a souligné que nous étions entrés dans ce moment, le 17 novembre, suite à une hausse de la fiscalité et ce n’est sans doute pas par une hausse de la fiscalité qu’on répondra à la colère qui s’est exprimée», a fait savoir mercredi Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Mais la décision est renvoyée au terme du grand débat national.

Adoptée sous François Hollande et renforcée par l’actuel exécutif, la trajectoire carbone devait voir augmenter chaque année le montant des taxes sur les carburants. En janvier, celles-ci auraient dû croître de 2,9 centimes par litre d’essence et de 6,5 centimes pour le gazole. A l’automne, la perspective de cette hausse alors que les prix à la pompe grimpaient pour cause d’augmentation mondiale des prix du brut avait mis les gilets jaunes dans la rue. «Aucune taxe ne peut remettre en cause l’unité nationale», avait finalement jugé le Premier ministre en décembre, après avoir juré que le gouvernement ne reculerait pas. Certes, Philippe n’a jamais exclu son retour mais, a-t-il convenu en janvier, difficile de «voir l’hypothèse» qui permettrait de relancer proprement ce sujet.

«Oubliettes»

«Je ne comprends vraiment pas pourquoi ça ressort,s’étonne un ministre. Cela me semble un débat encore plus risqué que la réforme de la fonction publique.»«C’est de la poudre» explosive, reconnaît-on aussi dans l’entourage de Philippe, tout en faisant mine, à l’heure du grand débat, d’encourager «les ministres qui ont des idées fortes à les défendre publiquement» . «Ce qu’on accepte des Français, on ne peut l’interdire aux ministres, estime-t-on à Matignon. On laisse les roses fleurir. Si la taxe carbone n’est pas défendue, ses partisans ne devront pas déplorer qu’elle soit mise aux oubliettes.»

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Le gouvernement ne peut pas non plus donner l’impression de caler sur la fiscalité écolo à l’heure où la société civile se mobilise contre le réchauffement climatique. Un collectif d’étudiants franciliens appelle ainsi la jeunesse à manifester vendredi à Paris, avant une réplique nationale le 15 mars. «L’affaire du siècle», pétition soutenant l’initiative d’ONG d’attaquer l’Etat en justice pour inaction climatique, a recueilli plus de 2 millions de signatures. Ses représentants seront reçus ce jeudi par Philippe et Rugy. Ceux du «manifeste pour un réveil écologique», regroupant des étudiants qui s’engagent à choisir un employeur selon son engagement environnemental, seront bientôt reçus par Poirson. «Les gens de Bercy trouvent que c’est insensé de relancer le débat, rapporte une source ministérielle. Mais on a face à nous une pétition à 2 millions de signatures et un possible mouvement national.» Exactement ce qui avait poussé le gouvernement à reculer face aux gilets jaunes.

Laure Equy Lilian Alemagna Dominique Albertini

Liberation.fr

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Ca c’est du dialogue……………………..(14/02/2019)

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« Gilets jaunes » : 8 400 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement, annonce Christophe Castaner
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Cocorico…………………………………(13/02/2019)

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Ligue des champions : le PSG prend une sérieuse option pour la qualification en dominant Manchester en 8es de finale (2-0)
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Lettre de Laurent Joffrin…………………….(12/02/2019)

Libération 12 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Complotisme et antisémitisme

L’hydre toujours renaît, insidieuse ou brutale, diffuse ou violente. D’une année sur l’autre, les actes antisémites ont progressé, selon les statistiques officielles, de 74%. Chiffre effrayant, même s’il s’agit d’une résurgence après deux années d’accalmie.

On ajoute souvent, à juste titre, que des actes de même nature frappent aussi les musulmans ou les catholiques. Mais si on voulait y voir une équivalence, elle serait en trompe-l’œil. Ces agressions antisémites, verbales ou physiques, visent une minorité bien plus petite que les autres. Un sinistre ratio glace le sang : alors qu’ils forment à peine 1% de la population, les Français juifs subissent la moitié des attaques racistes recensées dans le pays. Décourageante persistance de ce mal français multiséculaire, que rien, ni la pédagogie, ni la sanction, ni la réprobation des autorités les plus diverses, ni le souvenir du génocide nazi, ne semble pouvoir réduire. Le premier réflexe est celui de la solidarité. Que nos compatriotes juifs soient insultés, harcelés, jusqu’à rendre leur vie quotidienne difficilement supportable et, dans certains cas, que cette haine ambiante aille jusqu’au meurtre, tout cela souille le drapeau de la République d’une tache de déshonneur. Cela intime aux autorités, et à toute la société, le devoir de réagir avec une ardente énergie.

On a diagnostiqué, il y a une dizaine d’années, le développement d’un «nouvel antisémitisme», lié à la montée de l’intégrisme islamiste, aux préjugés qui prévalent dans certains quartiers populaires, aux dérives d’un antisionisme qui cache mal une hostilité viscérale envers les juifs. Il est toujours à l’œuvre, à coup sûr. Mais les flambées précédentes étaient souvent liées à des spasmes du conflit au Moyen-Orient. Rien de tel en 2018 : il faut craindre que la résurgence du mal ait aussi d’autres racines.

La brutalisation du débat public, lié à la montée des partis extrêmes – même si leurs directions condamnent sans ambages toute agression de ce genre – compose une atmosphère propice aux débordements, alliée à cette fausse liberté de certaines régions du Net, qui n’est qu’une complaisance à l’égard des pulsions les plus délétères. Plus précisément, le succès numérique de la «fachosphère», qui draine, sans pratiquement aucun contrôle, des audiences de plus en plus larges sur la Toile, facilite les passages à l’acte, dont on a vu les incarnations morbides en marges de certains défilés de gilets jaunes.

Il est renforcé par un travers de plus en plus répandu, à dessein ou inconsciemment : le tropisme complotiste d’une partie croissante de l’opinion et de certains leaders politiques ou intellectuels. Ainsi la dénonciation obsessionnelle de forces plus ou moins obscures, d’oligarchies de l’ombre, de tireurs de ficelles de la finance, de réseaux subreptices et indistincts, est l’antichambre des clichés éculés mais toujours actifs inaugurés au XIXsiècle dans la France juive de Drumont, premier bréviaire français de la haine antijuive. Entre conspirationnisme et antisémitisme, le cousinage est étroit. Ceux qui professent le premier favorisent le second.

LAURENT JOFFRIN
Lettre de Laurent Joffrin.........................(12/02/2019) dans Non classé NL-POLITIQUE-300x250-20181204
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Les rats quittent-ils le navire ? (12/02/2019)

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    Le conseiller spécial d’Emmanuel Macron Ismaël Emelien annonce sa démission au «Point»

    Elysée.Chargé des missions déminage à l’Elysée, orfèvre des éléments de langage, Ismaël Emelien, le conseiller spécial d’Emmanuel Macron, a annoncé dans un entretien au Point sa prochaine démission, effective fin mars-début avril. Plus proche conseiller du chef de l’Etat, Emelien aurait convenu de cette démission avec Emmanuel Macron depuis la mi-novembre. Il indique vouloir quitter l’Elysée à l’occasion de la parution d’un livre, une «espèce de manifeste du progressisme» selon le Point, co-écrit avec un autre conseiller démissionnaire de l’Elysée, David Amiel.

    «Par éthique personnelle je me suis astreint en tant que conseiller spécial du président à un silence absolu qui n’est pas compatible avec la parution d’un tel ouvrage, a indiqué Emelien au Point. Après Bercy, la campagne présidentielle puis l’Elysée, je veux retrouver la confrontation en première ligne. On est bien seul aujourd’hui à défendre le progressisme, on a besoin de relais dans la société et au-delà de nos frontières, et je pense que c’est dans cette position que je serai le plus utile.» Son départ coïncide avec celui de Sylvain Fort la «plume» présidentielle et avec la nomination le 4 février d’un nouveau conseiller spécial, Philippe Grangeon. Le nom d’Ismaël Emelien était apparu ces derniers mois dans l’affaire Benalla : le conseiller spécial aurait été ciblé par les enquêteursqui s’intéressent à l’exploitation illégale des images de vidéo-surveillance au cœur de l’affaire.

    Liberation.fr

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Gilets jaunes………………………………..(12/02/2019)

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« Gilets jaunes » : quatre personnes suspectées d’avoir forcé l’entrée du ministère de Benjamin Griveaux le 5 janvier ont été interpellées
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La lettre de Laurent Joffrin………………..(11/02/2019)

Libération 11 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

«Ligue du LOL» et conséquences

Honteux. Le traitement infligé à plusieurs jeunes femmes ou jeunes hommes par certains membres d’un groupe informel appelé «la Ligue du LOL» soulève le cœur. Harcèlement, insultes, canulars graveleux, toute une panoplie d’agressions numériques a été utilisée dans cette entreprise. L’humour a bon dos. D’abord parce qu’il consiste, en principe, à se moquer de soi-même plus que des autres. Ensuite parce que, sous couvert d’une ironie qui se perd dans les limbes byzantins du 22e degré, il véhicule en l’espèce une tripotée de clichés sexistes, machistes, homophobes et parfois racistes. Enfin parce qu’au travers d’une agressivité systématique dont on proclame qu’elle constitue «une culture» alors qu’elle traduit surtout une régression de la culture, elle a blessé la sensibilité de jeunes gens honorables, souvent en situation plus fragile que celle de leurs courageux agresseurs.

Cette «Ligue du LOL» comprenait parmi ses animateurs ou contributeurs deux journalistes de Libération et deux autres qui y ont travaillé. Découvrant ces faits, révélés par un article du service Checknews deLibération, la direction du journal a pris, dans les meilleurs délais, les mesures qui s’imposaient en procédant à deux mises à pied conservatoires. Il n’est pas d’usage au journal de sanctionner quiconque sans effectuer auparavant une enquête interne qui permette d’établir la responsabilité des uns et des autres. Or cette «Ligue du LOL» est un groupe informel et mouvant relié sur Facebook et agissant en général sur Twitter. Certains l’ont quittée, d’autres se sont contentés d’une participation intermittente ou lointaine, d’autres enfin – en tout cas, on peut le supposer – ont posté des messages sans pour autant se livrer aux actions de harcèlement qui heurtent tout un chacun au sein de Libérationet ailleurs. D’où cette mesure, qui ne présage pas des décisions qui seront prises une fois mis au jour les éléments requis.

Le journal lancera, parallèlement, une réflexion sur les règles qui doivent présider à l’expression des journalistes sur les réseaux sociaux quand ils ne s’expriment pas au nom du journal. Chacun est libre de ses opinions. Mais le caractère public des réseaux sociaux fait que le journal est de facto concerné, de près ou de loin, par les messages postés sur Twitter ou Facebook par ceux qui y travaillent. Plusieurs médias ont déjà mis en place des règles de fonctionnement. Libération s’attellera à son tour à ce travail. Tout cela ne dispense pas d’une réflexion sur cette «culture» du clash, de l’invective, de l’insulte permanente, de la parodie cruelle, de l’attaque au-dessous de la ceinture, de l’acharnement obsessionnel, qui infeste les réseaux, et en particulier Twitter, souvent camouflés derrière des pseudonymes à l’humour douteux. La plupart du temps, ceux qui se livrent à ce sport anonyme et défoulatoire (on utilisait jadis les toilettes des cafés), sont des pleutres qui n’oseraient pas proférer le dixième de ce qu’ils postent en présence de la personne concernée.

Loin d’être une «libération de la parole», cet épandage d’immondices verbaux est avant tout une régression de la vie en commun, qui consiste à tourner en dérision le respect minimal dû aux personnes, surtout lorsqu’elles font partie d’une minorité ou d’un groupe particulier. Elle correspond à la montée concomitante de l’agressivité en politique des discours sommaires tenus aux extrêmes, des anathèmes et des imprécations qui remplacent si souvent la délibération rationnelle. Or cette délibération, qui consiste à désigner non des ennemis mais des adversaires et à s’efforcer de comprendre les arguments d’autrui, quitte à les réfuter, est un pilier du système démocratique. Pilier dangereusement fissuré avec le concours des soi-disant modernistes d’Internet.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 11 février, 2019 |Pas de commentaires »

Dramatique, lamentable…………………………………(11/02/2019)

 

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Les actes antisémites en hausse de 74% en France en 2018
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Politique macronienne……………………(11/02/2019)

© MEIGNEUX/SIPA L’efficacité revendiquée par E. Macron, affirmant que ses prédécesseurs en avaient manqué, n’est toujours pas au rendez-vous

La crise des gilets jaunes et le grand débat ont fait passer au second plan la macro-économie. Mais les statistiques montrent que l’efficacité promise par Emmanuel Macron n’est pas au rendez-vous. Loin de là même, comme vient de le dire abruptement la Cour des Comptes.

« Désormais, gouverner c’est suivre et gérer les émotions collectives. » Nulle formule ne résume mieux la situation actuelle de la France que ce propos de Régis Debray. On pourrait y ajouter que l’instantanéité de l’information a créé un état permanent d’impatience dans l’opinion, une sorte de loi du « tout/tout de suite » accompagnée du sentiment de tout savoir sur tout. Ce nouveau terreau social a à la fois bouleversé les lois de la politique, qui reposent en principe sur le temps long, et raccourci les délais de réussite accordés aux gouvernants. Nos présidents ne sont pas jugés sur cinq ans mais après quelques mois d’exercice du pouvoir, quand ce n’est pas au terme de quelques semaines. Nicolas Sakozy, François Hollande et Emmanuel Macron ont subi le même sort : l’impopularité les a frappés entre trois et six mois après leur installation à l’Elysée. Certes, tous les trois ont fait mine de se moquer de ce désamour mais, en vérité, les sondages sont devenus leur boussole et ont dicté à la fois leur comportement et leurs choix politiques. Ils se sont donc adaptés plus ou moins vite au terrain, pour essayer de retrouver les faveurs l’opinion. En vain, hier, pour Sarkozy et Hollande. Sans garantie de succès, aujourd’hui, pour Macron.

Le chef de l’Etat demeure en effet sur le fil du rasoir. Sans doute a-t-il eu tort de croire trop longtemps qu’il subirait un sort différent de celui de ses deux prédécesseurs, avançant sans s’inquiéter d’une confiance du pays qui fondait pourtant comme neige au soleil, aveugle aux signaux d’alerte et, finalement, par cécité sociale, pris de court par la crise des gilets jaunes. Il avait pourtant eu la prudence de ne s’engager sur aucun calendrier précis pour obtenir des résultats et de renvoyer au courant de cette année 2019 l’apparition des premiers signaux positifs de son action. Nous n’y sommes pas encore mais les données économiques, après 21 mois de  « macronomics », permettent d’évaluer ses chances de réussite. Alors qu’il défend les réformes entreprises et que ses troupes proclament que jamais gouvernement n’a autant agi en si peu de temps, les chiffres permettent, sans tirer des conclusions définitives, de mesurer l’efficacité réelle de sa politique dans le domaine macro-économique.

« Efficacité », tel était le mantra d’Emmanuel Macron quand il s’est installé à l’Elysée, laissant entendre, voire affirmant haut et fort, que tous ses prédécesseurs en avaient sérieusement manqué. Les statistiques, certes, ne disent pas tout mais elles ont le mérite, dans leur sécheresse, de limiter les controverses et de dépolitiser le débat.

Pas de miracle Macron

Commençons par la croissance, cette faiseuse de miracles  que tous les gouvernants agitent devant nous comme un mirage depuis le début des années 1980. Elle a abandonné en fait notre pays depuis la fin des Trente Glorieuses et ses records (5,7% en moyenne  par an entre 1960 et 1974 et une pointe à 7,1% en 1969 !). Chaotique et discontinue à partir de 1980, elle n’a plus jamais dépassé les 3% à l’exception des années 1988, 1989, 1998,1999 et 2000. Un peu revigorée entre 2004 et 2007 (2,3% de moyenne), elle s’effondre après la crise économique et financière  mondiale de 2008 et plonge même en 2009 à -2,9%. Du jamais vu depuis 1945 ! La France entre alors en récession et n’a pas vraiment rebondi par la suite avec une croissance moyenne annuelle poussive de 1,1% au cours des dix dernières années, en retrait par rapport à la moyenne annuelle de la zone euro (1,7% de 2009 à 2018).

Emmanuel Macron n’a donc pas hérité d’une situation favorable, néanmoins, pour la première fois depuis 2011, la croissance  repasse la barre des 2% en 2017 (plus 2,2%). Très brève embellie – fruit surtout du retour de la croissance mondiale et de quelques décisions de François Hollande – que le nouveau pouvoir sorti des urnes au printemps 2017 n’a pas réussi à prolonger : le taux retombe comme une crêpe à 1,5% en 2018. Certes, c’est toute l’Europe qui souffre et recule, passant de 2,4% de croissance en 2017 à 1,8% en 2018 mais  la France reste la mauvaise élève de la zone euro et se retrouve une fois de plus à la traîne.  Bref, pas de miracle Macron.

L’efficacité revendiquée par le chef de l’Etat n’est pas non plus au rendez-vous dans la lutte contre les déficits et la dette. Alors que le Président parcourt la France, volant de débat en débat dans un brillant exercice de réponse à tout, les chiffres sont implacables. La Cour des Comptes, arbitre impartial, les a résumés dans son rapport annuel présenté le 6 février dernier en une formule : « Un scénario de finances publiques préoccupant ». L’appréciation délivrée par la Cour à l’élève Macron est  éloquente : « Les efforts de redressement engagés par la France ces dernières années semblent désormais s’essouffler. » Un jugement sévère qui sous-entend qu’Emmanuel Macron est au fond moins sérieux que ses prédécesseurs qu’il a tant critiqués pour leur inefficacité. Un effet boomerang inscrit dans  le déficit budgétaire 2018, 2,7% comme en 2017, et surtout dans une prévision de 3,2%, voire pire, en 2019.

La France dernière de la classe européenne

Le fait est déjà acquis : l’hexagone sera cette année le dernier de la classe européenne dans la lutte contre les déficits. A l’exception de la France, aucun Etat membre de la zone euro ne mordra la ligne rouge des 3% de déficit. Notre pays se retrouve du coup «en décalage croissant avec les autres pays européens », précise la Cour. Difficile de donner des leçons autour de soi dans ces conditions et de prétendre au leadership européen. Difficile aussi pour le chef de l’Etat et ses troupes de continuer à s’en prendre au vieux monde d’avant mai 2017. Non seulement les 21 premiers mois du quinquennat n’ont pas été à la hauteur des promesses faites mais ils ont mis en péril le travail de redressement entrepris depuis la crise mondiale de 2008.

Le constat de la Cour des Comptes est rude : la maîtrise des dépenses publiques n’a pas été suffisante pour éviter ce dérapage et les recettes ont diminué. Surtout, selon la Cour, la suite risque fort de ne pas être placée sous le signe de l’efficacité : « Le haut niveau d’endettement et le niveau important de déficit ne laissent que peu de marges de manœuvre… » La menace est d’autant plus grande que la conjoncture internationale fléchit et  que la magie de la croissance mondiale ne sera pas au rendez-vous comme vient de l’annoncer le Fonds monétaire international : 1,6% pour la zone euro cette année au lieu des 1,9% encore espérés  l’automne dernier.

Chômage et commerce extérieur en berne

Certes, le chômage est stabilisé, voire recule à petits pas, mais il demeure à un niveau très élevé. Et la décrue a peu de chance de s’accélérer dans les mois à venir. Président « pro business », théoricien du premier de cordée, Emmanuel Macron ne peut afficher des résultats démontrant par  »A plus B » l’efficacité de sa théorie et de sa stratégie. Là encore, les statistiques sont cruelles.  La production industrielle du  pays avait connu en 2016 et 2017 un heureux rebond : plus 1,1% en 2016 et un très bon plus 4% en 2017. Ce dernier résultat permit cette année-là de créer  plus de 300.000 emplois nets dans le secteur privé. Fin de partie, hélas, en 2018 : la production industrielle a reculé de 1,4% l’an dernier et la création d’emplois a, du coup, été divisée par trois.

Ces données confirment le lent déclin industriel du pays : l’industrie manufacturière y représentait encore 22% du PIB au début des années 70, elle y pèse désormais moins de 11% (contre plus de 20% en Allemagne!). L’hémorragie n’a donc pas été garrottée depuis le printemps 2017. Les chiffres du commerce extérieur en sont la preuve : 59,9 milliards de déficit cumulé en 2018 après 57,8 milliards en 2017. La glissade est continue depuis 15 ans et n’a pas du tout été stoppée par la politique mise en œuvre depuis bientôt 22  mois.

Ce bilan macro-économique peu glorieux n’est pas, aujourd’hui, au cœur du grand débat. Le chef de l’Etat est lancé dans une incertaine opération de reconquête centrée sur le quotidien des Français et leurs revendications. Il s’est même délesté des contraintes de la macro-économie en lâchant 11 milliards au mois de décembre pour faire retomber la température sociale et endiguer le mouvement des gilets jaunes. Des sommes très importantes qui, comme le dit la Cour des Comptes, « modifient la trajectoire des finances publiques. » Rien, surtout, ne garantit pour l’heure qu’en ouvrant les vannes financières et en pariant sur le ministère de la parole à tout-va, le Président parvienne à ses fins et calme le jeu. En s’exposant en première ligne, il crée des attentes très fortes mais a peu de chance de réveiller le désir qui l’a porté au pouvoir. Il est donc impératif qu’il ne déçoive pas au terme de son marathon à travers l’hexagone car il se retrouverait face à une opinion soit désenchantée soit à la colère redoublée et un pays dont les fondamentaux seraient encore plus déséquilibrés. Qui, on ne peut que s’en inquiéter, pourrait alors croire encore à sa stratégie de l’efficacité ?

Challenges.fr

Publié dans:Non classé |on 11 février, 2019 |Pas de commentaires »

Gilets jaunes en puissance ? (11/02/2019)

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On vous explique pourquoi les auto-écoles protestent contre la réforme du permis de conduire
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Publié dans:Non classé |on 11 février, 2019 |Pas de commentaires »
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